L'actualité de la Nature

Xanthoria parietina, au voleur !

Xanthoria parietina, la parmélie des murailles – Puiseux-Pontoise © CACP – Emilie Périé

La parmélie des murailles, ce joli lichen jaune est probablement le lichen le plus observé sur les arbres en France (d’après les résultats du protocole LichenGo!). On le trouve également sur les rochers et les murs. Nous l’avions déjà observé ici, , et encore là.

A la différence de Evernia prunesti qui se reproduit par bouturage, Xanthoria parietina utilise un système de reproduction sexuée. Il faut donc deux parents qui donneront naissance à une nouvelle génération génétiquement différente. Les spores, à l’origine des nouveaux individus, sont produites dans des organes en forme de coupelles, appelées apothécies.

Apothécies de Xanthoria parietina © CACP – Gilles Carcassès

Dans cette forme de reproduction, seul le champignon se multiplie. La spore produite doit ensuite trouver une algue avec laquelle s’associer pour reformer un lichen. Il y a  des algues qui se développent naturellement sur l’écorce des arbres, d’autres qui s’extraient de lichens voisins, mais la parmélie a une autre technique. Il lui arrive de tout simplement voler les algues d’un lichen déjà en place ! Pas étonnant que ce soit le lichen le plus fréquent …

Sources :

Les cahiers techniques de l’association CPN, Lichen de quoi ai-je l’air

Le protocole LichenGo!

Retrouvez dans nos articles d’autres histoire de lichens :

Lichens

Une biodiversité qui se porte bien

L'actualité de la Nature

La violette odorante

Viola odorata, la violette odorante – Cergy © CACP – Emilie Périé

Les violettes sont sorties dès le mois de février. Avec les véroniques, les lamiers et les perce-neiges, Viola odorata a largement participé à colorer nos talus et nos sous-bois. La violette odorante, Viola odorata, est la plus commune des 13 violettes d’Île-de-France. C’est elle qui fleurit majoritairement à Cergy-Pontoise. On la trouve sur les sols riches et frais, à faible exposition (en lisière de bois, sous les arbres des parcs ou des bords de route).

Elle appartient à la famille éponyme des Violaceae, qui regroupe les violettes et les pensées. On reconnait les formes caractéristiques de ses feuilles (en cœur, légèrement denté) et de ses fleurs :

Éperon de la violette © CACP – Gilles Carcassès

 

Deux pétales supérieurs et trois pétales inférieurs qui se rejoignent pour former un éperon, dans lequel est stocké le nectar.

 

 

Malgré son nom elle peut être violette ou blanche.

Groupe de violettes – Cergy © CACP – Emilie Périé

En revanche, elle ne trahit pas son qualificatif d’odorante, qui lui vaut un certain succès en pâtisserie et en confiserie. Il paraît même que son odeur est si puissante qu’elle pourrait bloquer notre odorat pendant quelques instants après l’avoir sentie.

Sources :

La Flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

La violette odorante, par FLORIF

Le compte Instagram de TelaBotanica

Retrouvez dans nos articles :

La violette des bois

C’est le printemps

L'actualité de la Nature

Panorpes, les éboueurs de la nature

Drôle d’allure, ces mouches-scorpions !

Panorpa vulgaris – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

Voici une panorpe mâle, reconnaissable à son abdomen relevé et terminé par un volumineux organe copulateur. Il est facile de comprendre pourquoi on surnomme ces insectes des mouches-scorpions. Bien sûr, ça ne pique pas.

Sur cet individu, les ailes sont fortement tachées et la tache basale (la plus proche de l’attache de l’aile) est bien marquée : il s’agit de l’espèce Panorpa vulgaris.

Panorpa germanica – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Cette autre espèce a les ailes bien moins tachées que Panorpa vulgaris. La disposition des taches alaires m’orientent vers l’espèce Panorpa germanica, la plus commune des espèces de panorpes en France. A l’extrémité pointue de son abdomen, on voit que c’est une femelle.

Tête de panorpe – Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès

La tête des panorpes a une forme allongée singulière, les mandibules et les palpes sont au bout de ce « bec ».

Les panorpes se nourrissent d’insectes morts ou blessés, ils n’hésitent pas à consommer les proies des araignées emballées dans leurs fils de soie. A l’occasion aussi ils profitent du nectar des fleurs et du miellat. Leurs larves carnassières vivent dans le sol.

On rencontre les mouches-scorpions dans les haies, les sous-bois, les jardins, les zones humides. Je les vois souvent sur les orties et les ronces, et au jardin dans les groseilliers.

Une toute petite famille

Le genre Panorpa ne compte que 7 espèces visibles en France. La détermination se fait par l’examen des taches et de la nervation des ailes, la forme du 6ème segment de l’abdomen du mâle, les organes sexuels. Elle est parfois rendue délicate par la variation des dessins alaires au sein d’une même espèce.

Sources :

Mécoptères de France et du Paléartique occidental, par Pierre Tillier (clés de détermination, photographies, atlas des différentes espèces)

Clé simplifiée des panorpes mâles, par Le Monde des insectes

L'actualité de la Nature

Le grand cormoran

Cormoran immature se séchant les ailes – Cergy © CACP – Emilie Périé

Phalacrocorax carbo, un bel oiseau d’eau

Grands cormorans à l’Île de Loisirs © CACP – Emilie Périé

Le grand cormoran est un oiseau que l’on rencontre assez fréquemment sur nos étendues d’eau. Bien qu’il existe plus de 40 espèces de cormoran de par le monde, Phalacrocorax carbo est la seule que l’on rencontre dans la région.

Cet oiseau aquatique est un pêcheur émérite, capable de tenir plus d’une minute en apnée pour attraper des poissons ou des invertébrés dans les fonds des eaux. Comme la plupart de ses congénères pêcheurs il est équipé d’un long et puissant bec, et de pattes palmées. En revanche, c’est un des rares oiseaux d’eau à ne pas avoir de protection contre l’eau sur ses plumes. Les oiseaux comme les cygnes, les mouettes ou les canards ont une couche de molécules graisseuses sur les plumes qui repousse l’eau lorsqu’ils plongent et les maintient au sec. Les cormorans sont eux obligés de se faire sécher au soleil après chaque pêche. On les voit souvent étendre leurs ailes, comme sur l’image ci-dessus, pour sécher plus rapidement.

Grand cormoran adulte © CACP – Marion Poiret

Les adultes ont le corps entièrement noir et la tête pouvant arborer quelques plumes blanches. Les jeunes de l’année se reconnaissent à leur ventre tout blanc. En plus de leur silhouette assez élégante, ces oiseaux ont un regard vert émeraude très charmeur.

Migrations en groupe

Vol de comorans – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Le grand cormoran est un animal grégaire et migrateur. Il niche en colonie le long des littoraux ou des plans d’eau douce et migre durant l’hiver. Vers le mois de janvier, on peut donc voir d’importants groupes de cormorans venir faire escale, ou même passer l’hiver, à Cergy-Pontoise. Souvent, ces oiseaux viennent du Danemark, des Pays-Bas ou de la Norvège.

Le dortoir des cormorans à l’Île de Loisirs © CACP – Emilie Périé

Cette année, lors du comptage des oiseaux d’eau « WetLand » nous avons compté 88 cormorans sur le dortoir de l’Île de Loisir. C’est moins que les années précédentes, mais ils étaient tout de même au rendez-vous.

Sources :

Le grand cormoran, par l’INPN

Le grand cormoran, par Oiseaux.Net

Le bilan du WetLand 2019, par la LPO

Retrouvez dans nos articles :

Le comptage WetLand de 2015

Grand choix de canards sauvages

L'actualité de la Nature

L’amaurobe féroce

Amaurobidae – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Nounours

En retournant une écorce tombée à terre au pied d’un vieux frêne, je découvre cette belle araignée. Entièrement couverte de longs poils soyeux, elle semble d’une incroyable douceur. Pour mieux l’observer, je l’invite à rentrer dans un petit bocal en verre le temps de faire quelques photos.

Amaurobius ferox mâle © CACP – Gilles Carcassès

La présence des bulbes copulatoires, extrémités renflées de ses pédipalpes en forme de gants de boxe, me renseignent sur son sexe. C’est un mâle. Il a au bout de ses palpes les clés pour ouvrir le sexe des femelles de son espèce.

Gants de boxe ou trousseaux de clés ?

Amaurobius ferox © CACP – Gilles Carcassès

La forme et la disposition des crochets des bulbes copulatoires sont des critères de détermination très importants chez les araignées.

Il a tué sa mère !

Chez cette espèce, les enfants dévorent leur mère qui se liquéfie peu à peu après la ponte. Cela leur procure les protéines nécessaires pour un bon départ dans leur vie de petites araignées.

Source :

Amaraubius ferox, fiche descriptive par l’INPN

Retrouvez d’autres portraits d’araignées :

L’épeire à quatre points

La petite bouteille

Belle blonde, à pattes de léopard

L'actualité de la Nature

Bientôt la Saint-Patrick !

Trifolium repens, le trèfle blanc – Vauréal © CACP – Léo MICOUIN

Demain, le trèfle sera à l’honneur en Irlande. D’après la légende, cette plante à trois folioles aurait été utilisée par Saint Patrick pour illustrer la Sainte Trinité au roi Aengus. Ce serait à cette occasion que l’Irlande s’est convertie au christianisme et que le trèfle est devenu le symbole national du peuple Irlandais.

Une des espèces les plus communes dans la région

Ce trèfle est présent dans toute l’Île-de-France. C’est une espèce dite ubiquiste, elle s’adapte à des milieux très variés comme les gazons, les friches ouvertes, les jachères ou encore les potagers.

Le trèfle blanc – Vauréal © CACP – Léo Micouin

Il fait partie de la famille des Fabaceae : ses fleurs présentent un étendard, deux ailes ainsi qu’un carène. Contrairement aux autres espèces de trèfle, ses tiges sont prostrées au sol : nous l’appelons aussi le trèfle rampant.

Une confusion est possible avec Trifolium fragiferum (le trèfle porte-fraise) et Trifolium pratense (le trèfle des prés), lorsqu’ils sont à l’état végétatif.

Sources :

Flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein & Olivier Nawrot

Trifolium repens, par Florif

Trifolium repens, par Telabotanica

Trèfle blanc, par aujardin.info

Le trèfle, par guide-Irlande.com

Retrouvez d’autres articles sur les trèfles :

Le trèfle pied-de-lièvre

Vive le trèfle porte-fraise !

Le trèfle des près

L'actualité de la Nature

Dans mon compost : les staphylins

Ocypus aethiops © Gilles Carcassès

On dénombre plus de 58 000 espèces de staphylins dans le Monde. En Ile-de France, 602 espèces ont été répertoriées.

Ces coléoptères, souvent de couleur sombre, sont reconnaissables à leurs élytres courts.

Ils fuient la lumière et ont des régimes alimentaires variés.

Au compost, ils sont les rois !

Les plus grosses espèces (de l’ordre de 3 centimètres) sont des prédateurs d’insectes, de vers, de gastéropodes ou de cloportes. Les plus petites sont prédatrices de collemboles et d’acariens et certaines espèces sont tout simplement détritivores. D’autres encore se nourrissent de cadavres ou d’excréments.

Voici une larve d’un staphylin de grande taille, peut-être le très commun Ocypus olens, le staphylin odorant.

Larve de staphylin – Cergy © Gilles Carcassès
Staphylin, peut-être du genre Omalium © Gilles Carcassès

J’ai trouvé cette autre espèce, très petite (4 millimètres), dans des feuilles mortes. Il pourrait bien s’agir d’un adulte du genre Omalium. Les espèces de ce genre sont réputées consommer toutes sortes de matières en décomposition.

Tachyporus hypnorum © Gilles Carcassès

Cette espèce bicolore, également très petite, vit sous les écorces et dans le bois pourri.

La détermination des staphylins n’est pas aisée et nécessite la plupart du temps d’occire l’animal pour observer de très petits détails. Je préfère leur laisser la vie sauve en faisant l’impasse sur leur identité exacte.

Observations au compost

Vous n’avez pas encore de compost chez vous et vous souhaitez pouvoir valoriser vos déchets organiques et observer la faune incroyable qui s’y développe ? Si vous habitez Cergy-Pontoise, sachez que la Communauté d’agglomération peut vous fournir des composteurs, que vous soyez en habitat pavillonnaire ou en collectif.

Sources :

Clé des sous-familles de Staphilinidae, par Quel est cet animal

Voir aussi les clés de détermination à télécharger dans Cettia Ile-de-France

Les staphylins, par Ephytia (INRA)

Retrouvez d’autres habitants du compost :

La blaniule mouchetée

La punaise élégante

Le cloporte rugueux

L'actualité de la Nature

La grande prêle

Equisetum telmateia – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

Ces étranges pousses qui émergent le long du bassin Blanche de Castille à Saint-Ouen l’Aumône sont les tiges fertiles de la grande prêle, Equisetum telmateia. 

Épis fertiles de Equisetum telmateia – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

Cette plante appartient au groupe des fougères. Elle se reproduit donc à partir de spores. Les épis que l’on voit sur les images ci-dessus sont les parties fertiles de la plante. Toutes les cellules productrices de spores (les sporanges) y sont regroupées.

La grande prêle est l’une des prêles les plus communes, parmi les 6 espèces présentes en Île-de-France. Elle sporule (« fleurit » pour une fougère) assez tôt dans le printemps. On peut donc voir dès le mois de mars ces grandes tiges blanchâtres dans les milieux relativement humides (ici la berge du bassin).

Equisetum telmateia – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

Comme toutes les prêles, Equisetum telmateia, se développe à partir d’une tige rhizomateuse (souterraine) qui donne naissance à des pousses fertiles (en blanc crème sur l’image) et non fertiles (on voit les tiges de l’an dernier, fanées et séchées sur l’image). Deux espèces, Equisetum telmateia et Equisetum arvense, partagent une particularité : les tiges fertiles sont non chlorophylliennes et non ramifiées alors que les tiges stériles sont chlorophylliennes, donc vertes (bien que sèches sur la photo) et très ramifiées.

Tige stérile de Equisetum telmateia en été © CACP – Gilles Carcassès

Pour reconnaître telmateia il faut ensuite s’intéresser à l’intérieur de la tige qui est extrêmement creux (il suffit de presser la tige pour s’en rendre compte).

Coupe de tige de Equisetum telmateia vue au microscope © CACP – Emilie Périé

Ne pas confondre

On utilise souvent une autre espèce de prêle en ornement dans les jardins ou au bord des bassins. Il s’agit d’un cultivar horticole de Equisetum hyemale, la prêle d’hiver, dont la variété sauvage est devenue très rare dans la région. Bien que grande aussi, on la différencie aisément de telmateia puisque ses tiges fertiles sont vertes.

Equisetum hyemale horticole – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Emilie Périé

Sources :

La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

La grande prêle, par FLORIF

La grande prêle, par TelaBotanica

Retrouvez dans nos articles d’autres histoires de fougères :

Le polypode

Le cétérach

Fougères des vieux murs

L'actualité de la Nature

Le repas de la chouette

Bravo à Yaël, Martine, Alain et Florence qui ont reconnu les premiers, une pelote de réjection de rapace.

Pelote de réjection de rapace © CACP – Emilie Périé

Les restes du repas d’une chouette

Les rapaces, dont les chouettes, se nourrissent de petits animaux (mammifères, insectes, amphibiens, oiseaux…) qu’ils avalent tout rond. La digestion des parties comestibles se passent directement dans l’estomac et les os et poils ou plumes restent intacts. Pour ne pas s’en encombrer le ventre, les rapaces en forment des boulettes (les fameuses pelotes) qu’ils recrachent par le bec. Rien à voir avec une crotte, il s’agit simplement d’un amas compact de poils et d’os.

Précieux indicateurs

Ces pelotes nous renseignent sur deux éléments : la présence des proies dans les environs et l’identité des prédateurs.

Par exemple en disséquant cette fameuse pelote nous y avons trouvé les restes d’une musaraigne et de deux mulots.

Contenu d’une pelote de réjection © CACP – Emilie Périé

La forme des pelotes, et l’endroit où elles sont trouvées, renseignent sur l’identité du rapace (voir le guide de la LPO). Ici, nous pensons avoir dépiauté les restes du repas d’une chouette effraie.*

*Les filaments végétaux que certains ont identifiés sont des copeaux de bois. De nombreux nichoirs à effraie sont installés dans des bâtiments (comme des clochers) et des copeaux sont disposés au sol.

Merci à la LPO Île-de-France !

Animation LPO à l’école des Hauts Toupets – Vauréal © CACP – Emilie Périé

Dans cette affaire, nous n’avons aucun mérite. C’est la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO Île-de-France) qui organisait, avec l’appui de la Maison de la Nature de Vauréal, une animation à l’école des Hauts Toupets. L’intervenant avait ramené un seau entier de pelotes, et chaque enfant (ainsi que nous) a pu en disséquer une.

Soyons attentifs

En Île-de-France, on peut rencontrer 5 rapaces nocturnes : la chouette effraie (des clochers), la chouette chevêche (d’Athéna), la chouette hulotte, le hibou moyen-duc et le hibou des marais. Mais ce ne sont pas les seuls rapaces à produire des pelotes : les éperviers, les buses, les faucons et même les hérons, les corneilles et les pies en font aussi. Heureusement, elles sont toutes distinctes. C’est un bon moyen de repérer leur présence sur le territoire.

Hibou moyen-duc © Morgane Lecoq

Sources :

Les pelotes de réjection, par FCPN

Le guide de dissection des pelotes, par la LPO

Le site de la LPO Île-de-France