L'actualité de la Nature

Belles écailles

Callimorpha dominula (l’écaille marbrée) – Osny © CACP – Gilles Carcassès

L’écaille marbrée

Ce gracieux papillon volait d’arbre en arbre dans le parc de Grouchy à Osny, laissant entrevoir ses ailes postérieures rouges. En zoomant très fort, j’ai pris cette photo qui m’a permis de le déterminer. L’écaille marbrée est une espèce protégée en Ile-de-France. Elle affectionne les boisements plutôt humides et sa chenille consomme des orties, des rumex, des ronces, des consoudes, divers arbustes. Elle n’a qu’une génération par an.

Voici sa chenille, rencontrée dans le Jura :

Chenille de Callimorpha dominula © CACP – Gilles Carcassès

Comme le papillon, elle est très colorée et contrastée.

L’écaille chinée

On peut rencontrer à Cergy-Pontoise une autre grande écaille, c’est l’écaille chinée, nettement plus commune.

Euplagia quadripunctaria vue au Verger à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

On voit souvent cette espèce butiner des fleurs de couleur mauve notamment celles des eupatoires.

Ecaille chinée sur une menthe en fleurs © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez notre article sur une autre écaille :

La goutte de sang

L'actualité de la Nature

La courte vie du papillon

Lymantria dispar © Sylvain Daguenet
Lymantria dispar, la chrysalide, l’adulte et la plaque de ponte © Sylvain Daguenet

Un papillon qui ne se nourrit pas

Une chenille de bombyx disparate, repue de feuilles de chênes, s’est nymphosée sur une ardoise en une ravissante chrysalide noire à touffes de poils bruns. A peine éclos, le papillon femelle a commencé à émettre des phéromones pour attirer les mâles de son espèce. Fécondée sur place, elle a pondu plusieurs centaines d’œufs dans un feutrage constitué des poils de son abdomen. Epuisée, elle va mourir, son devoir de reproduction accompli. Comme les autres espèces de la famille des Lymantriidae, ces papillons ne se nourrissent pas. Au total, ce papillon de nuit aura vécu quelques heures et parcouru à pattes dix centimètres depuis son émergence. Bien la peine d’avoir des ailes !

Le bombyx disparate, par insectes-net.fr

Retrouvez notre article sur l’Etoilée, un autre représentant de la famille des Lymantridae

L'actualité des jardins

J’ai une bête dans mon jardin…

Ceci n'est pas une chenille, c'est une larve de syrphe, grande dévoreuse de pucerons © Gilles Carcassès
Ceci n’est pas une chenille, c’est une larve de syrphe, grande dévoreuse de pucerons © CACP – Gilles Carcassès

Comment identifier facilement les bestioles que l’on observe dans son jardin et ne plus confondre les auxiliaires avec les ravageurs ?

Deux sites de reconnaissance par l’image

Nous avons sélectionné pour vous deux sites de reconnaissance par l’image, très simples, efficaces et accessibles à tous les jardiniers :

  • VigiJardin, développé par l’INRA
  • Arena, porté par Arvalys institut du végétal

Et pour en savoir plus, consultez les fiches techniques de Jardiner Autrement, le site de référence pour jardiner sans pesticide.

L'actualité de la Nature

Le cordulégastre annelé

Une grande libellule noire et jaune

Cordulegaster boltonii – Jouy-le-Moutier © Marie-Dominique Delcayre

Une jardinière des jardins des Hauts de Jouy m’a fait parvenir cette photo prise avec son téléphone portable.

Je n’ai encore jamais observé cet odonate à Cergy-Pontoise. Cordulegaster boltonii affectionne les ruisselets d’eau claire en forêt. C’est une espèce protégée en Ile-de-France.

Ici, c’est une femelle car les ailes postérieures sont arrondies.

Cordulegaster boltonii © CACP – Gilles Carcassès

Celui-ci est un mâle car le bord postérieur des ailes postérieures forme un angle droit près de l’abdomen.

Les beaux yeux verts de Cordulegaster boltonii © CACP – Gilles Carcassès

Chez ces grandes libellules, les yeux sont composés de plusieurs dizaines de milliers d’ommatidies.

Retrouvez nos articles :

Un jardin innovant à Jouy-le-Moutier (le lieu de cette observation)

Comment observer les libellules

Sources :

Cordulegaster boltonii par Cettia Ile-de-France (Atlas des libellules)

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Cet arbre est-il un tueur en série ?

Bourdons trouvés morts au pied d’un tilleul argenté © CACP – Gilles Carcassès

Le mystère des bourdons morts

Sur un parking à Courdimanche, j’ai ramassé au pied d’un tilleul argenté une poignée de bourdons morts, de plusieurs espèces. Je connais le ferme engagement de cette ville à ne pas utiliser de pesticides, il faut donc chercher ailleurs la cause de ces décès.

Tilleul argenté – Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès

J’ai cherché sous des arbres d’autres espèces dans la rue : point de cadavres. Sous le tilleul argenté suivant : même hécatombe ! Le tilleul argenté serait-il toxique pour les bourdons ? Les études rapportées sur internet apportent plus d’interrogations que de certitudes.

Côté certitudes, le fait est bien connu et observé depuis au moins quarante ans. Des bourdons sont trouvés morts en bien plus grande quantité sous les tilleuls argentés (Tilia tomentosa, originaire de Crimée) que sous les tilleuls indigènes (Tilia cordata et Tilia platyphyllos). Les abeilles sont touchées aussi mais dans une bien moindre mesure.

Il semble que le phénomène soit plus souvent observé en période de canicule et de sècheresse. Ces conditions modifieraient-elles la composition du nectar, ou la physiologie des bourdons, ou les deux ?

Le parfum de cette espèce de tilleul est particulièrement entêtant (pour notre nez humain). Peut-être que ces effluves attirent un très grand nombre de bourdons, et que la mortalité que nous observons n’est pas anormale au regard de la quantité de visiteurs ? Une autre hypothèse serait que les bourdons meurent d’épuisement, ne trouvant dans ces fleurs à l’odeur si attirante que trop peu de nectar, ou un nectar pas assez nourrissant…

Préférons les tilleuls indigènes

Quoi qu’il en soit, souvenons-nous qu’il existe de très belles variétés de nos tilleuls indigènes, aux avantages intéressants pour nos plantations urbaines : encombrement plus ou moins réduit, résistance à la sècheresse, faible sensibilité aux pucerons… Et que jusqu’à preuve du contraire, les bourdons ne meurent pas en masse sous leurs ombrages.

Source : Note de synthèse par Pierre Rasmont de l’Université de Mons (Belgique)

L'actualité des jardins

Au potager fruitier du château de La Roche-Guyon

L’un des bassins du potager fruitier du château de La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Connaissez-vous le potager fruitier du château de La Roche-Guyon ?

C’est un endroit sublime où les jardiniers essaient plein de techniques pour produire sans pesticides des fruits et des légumes savoureux et variés. J’avais décidé de rendre visite à mon ami Jean-Luc, chef jardinier. Ce matin-là, son domaine était investi par toute une équipe de tournage pour un reportage de l’émission « Comme une envie de jardins » qui passera sur France 3 à la rentrée. Alors, je me suis fait discret pour échapper aux attaques du drone et ne pas rentrer dans le champ des caméras…

Séchage des oignons blancs © CACP – Gilles Carcassès

Les oignons blancs de semis sont récoltés : il faut les laisser bien sécher sur la parcelle avant de les rentrer pour qu’ils se conservent.

Amarante pourpre © CACP – Gilles Carcassès

Au potager fruitier du château de La Roche-Guyon, beaucoup de légumes et de fruits sont peu connus. Ci-dessus, une amarante pourpre cultivée pour ses graines comestibles.

Cétoine sur une fleur de cardon © CACP – Gilles Carcassès

On y cultive des plantes favorables aux auxiliaires

Les cardons ont bien donné, et ces plantes géantes s’épanouissent maintenant pour le régal des bourdons. Une grosse cétoine en profite aussi. Ses larves aideront à la fabrication du compost produit en tas directement dans les parcelles du jardin.

Souci dans le verger © CACP – Gilles Carcassès

Au verger, c’est la pleine production de la pomme d’été Transparente blanche, rafraichissante et acidulée. Pour aider les insectes auxiliaires à lutter contre les ravageurs, de nombreuses plantes fleuries bordent les allées. Les soucis, par exemple, sont connus pour favoriser les punaises prédatrices.

Citron sur un zinnia © CACP – Gilles Carcassès

Et les zinnias aux fleurs simples, très nectarifères, sont particulièrement bénéfiques pour les insectes pollinisateurs.

Merci Jean-Luc, les choux raves à la menthe étaient délicieux !

Retrouvez nos articles :

Une visite au potager du château de La Roche-Guyon

La larve de la cétoine

En savoir plus :

Le potager fruitier du château de La Roche-Guyon

L'actualité de la Nature

Le Petit mars changeant

Brève rencontre au parc de Grouchy

Apatura ilia, le Petit mars changeant © CACP – Gilles Carcassès

Il est descendu de la cime des arbres, a longé d’un vol rapide une allée ombragée du parc de Grouchy et s’est brièvement posé à terre pour chercher à boire. Clic-clac : deux photos réflexes, et le voilà reparti tout en haut d’un frêne.

Un bleu incroyable

Son reflet bleu métallisé est aussi spectaculaire que fugace. Il faut juste la bonne incidence pour l’apercevoir. Dés qu’il se tourne un peu ou relève les ailes, la magie disparaît. Ce reflet bleu violet est le fait d’irisations dues au microrelief des écailles qui recouvrent ses ailes. Les femelles ne présentent pas ces irisations.

Le Petit mars changeant – Osny © CACP – Gilles Carcassès

On voit que ce papillon a sorti sa trompe jaune et s’intéresse à une tache d’humidité pas plus grosse qu’une tête d’épingle, peut-être une gouttelette d’urine d’un insecte, qu’il aura repéré à l’odeur. Il n’est pas rare qu’il se pose sur la peau humaine pour en pomper la sueur.

Sur les peupliers « sauvages »

La chenille du Petit mars changeant consomme des feuilles de peupliers mais on la trouve aussi sur les saules. L’adulte se nourrit du miellat des pucerons dans les arbres. L’espèce est un bonne indicatrice de la richesse de biodiversité des boisements humides ; elle s’adapte mal aux peupleraies modernes à l’ambience trop sèche.

Un autre papillon indigène aux ailes fortement irisées

L'actualité des jardins

C’est quoi ça ? A quoi ça sert ? Pourquoi c’est là ?

« Raconte ta ville » à Cergy par le collège des Touleuses

Un poulailler à roulettes, un carrousel à compost, une boîte à trognons, un composteur collectif, des Ouortous : les collégiens des Touleuses vous racontent leur formidable aventure humaine sur le site du Réseau Canopé « Raconte ta ville » !

Retrouvez nos articles :

Le compost, ça rend heureux !

Un poulailler à roulettes

L’ouortou

Transhumance de poules à Cergy

La boîte à trognons

L'actualité de la Nature

Les dents du ragondin

crâne de ragondin © CACP – Gilles Carcassès

Ce crâne de ragondin a été trouvé à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise. Les incisives orange de ce gros rongeur invasif originaire d’Amérique du Sud sont vraiment impressionnantes. Sur l’animal vivant, on les aperçoit parfois quand il mange des plantes aquatiques ou lorsqu’il prend la pause en souriant pour le photographe, comme ci-dessous.

Ragondin à l’heure de la toilette, au bord de la Viosne à Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

Prenons connaissance des explications du Professeur Guego de l’Université de Cergy-Pontoise : « Comme chez tous les rongeurs, la face externe (orange) de l’incisive est recouverte d’émail, substance dure, contrairement à la face interne (blanche) formée uniquement d’ivoire ou dentine, substance moins résistante. La croissance continue des incisives des rongeurs (hypsodontie) combinée à une usure différentielle (plus rapide à l’arrière qu’à l’avant) leur permet d’être toujours affutées, ce qui se traduit par une forme caractéristique en ciseau à bois (pour les amateurs de bricolage …). »

Bravo à tous ceux qui ont résolu l’énigme !

Retrouvez nos articles sur le ragondin :