L'actualité de la Nature

Les deux compères : Rotengle et Gardon

Leçon de pêche n°2 à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise

Voici deux poissons argentés aux nageoires rouges qui vivent en bancs dans les étangs de Cergy-Pontoise : le rotengle et le gardon. Ces deux espèces sont de bonnes proies pour le brochet.

Scardinius erythrophthalmus, le rotengle – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
Rutilus rutilus, le gardon © CACP – Gilles Carcassès

Mais comment faire pour les différencier ?

Il faut regarder les bons détails !

Le museau : le rotengle capture des proies flottantes ou près de la surface, sa bouche est logiquement tournée vers le haut et son front est moins bombé que celui du gardon qui se nourrit au fond et dont la bouche s’ouvre vers le bas. C’est le critère le plus facile.

Les nageoires : chez le rotengle, la nageoire dorsale est implantée très en arrière, en décalage par rapport aux nageoires pelviennes (ventrales), ce qui n’est pas le cas chez le gardon.

Les yeux : le gardon aurait les yeux plus rouges, mais c’est variable.

Et il paraît que les deux espèces peuvent s’hybrider, ça peut faire une bonne excuse si on ne sait pas trancher.

Application :

Rotengle ou gardon ? – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Alors pour celui-ci, l’ouverture de la bouche est vers le haut : c’est un rotengle !

Rotengles ou gardons ? – bassin Blanche de Castille à Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

En patrouille près de la surface, avec la nageoire dorsale implantée en arrière des pelviennes : encore des rotengles !

Retrouvez notre article :

Les perches de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise

L'actualité de la Nature

L’Ariane et la Mégère

Ce sont les noms vernaculaires des femelles de deux espèces de papillons assez proches morphologiquement appartenant à la famille des Nymphalidae : Lasiommata maera (l’Ariane) et Lasiommata megera (la Mégère).  Les mâles portent des noms différents des femelles : le Satyre et le Némusien. Je vous laisse le soin de les apparier…

Lasiommata maera femelle (l’Ariane) – Pontoise © CACP – Marion Poiret

La Mégère se distingue de l’Ariane par la présence d’une bande fauve orangée, positionnée au dessus des ocelles sur la face supérieure des ailes postérieures. Sur les ailes postérieures de l’Ariane, seules les ocelles sont entourées d’un halo coloré.

Lasiommata megera, femelle (la Mégère) – 2008 Haute-Vienne © Alexis Borges

Les mâles de ces deux espèces sont plus ternes que les femelles : le dessus de leurs ailes antérieures présente moins de tâches orangées.

Les chenilles des deux espèces, nocturnes, se nourrissent de graminées.

En cette journée un peu fraîche de début juillet cette Ariane est venue se réchauffer derrière la  vitre de la maison – 2017 © CACP – Marion Poiret

Si Lasiommata megera est une espèce commune, Lasiommata maera est assez rare. Elle se maintient néanmoins assez bien en zone urbaine et périurbaine.

Sources :

Lasiommata maera – Observatoire francilien de la biodiversité
Lasiommata megera – Observatoire francilien de la biodiversité

Retrouvez des articles sur les papillons :

Plus du tiers des papillons d’Ile-de-France menacé ou disparu

La couleur bleue chez les lépidoptères

Notre exposition sur les papillons

Petit papillon vert, quel est ton secret ?

L’azuré porte-queue

Le déclin des papillons de jour

Le grand paon de nuit

 

 

L'actualité de la Nature

Histoire belge (la suite)

8T56413, notre mouette belge © Gilles Carcassès

En janvier 2015 au parc François-Mitterrand à Cergy, nous avions identifié cette mouette rieuse grâce aux inscriptions de la bague qu’elle porte à la patte gauche : « Brussels 8T56413 ». Le Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d’Oiseaux nous avait alors indiqué que cet oiseau avait été bagué étant encore poussin dans la région d’Anvers en juin 2013. L’hiver dernier, nous avons attendu en vain le retour de notre mouette belge au bassin du parc François-Mitterrand.

Chavençon – photo Streetview

Je viens de recevoir de ses nouvelles : notre oiseau a été repéré par un ornithologue en janvier 2016 à Chavençon dans l’Oise. Mais pourquoi a-t-elle choisi Chavençon ? Franchement, ça ne casse pas trois pattes à canard ! C’est même vexant.

 

8T56413, reviens à Cergy-Pontoise, il y aura encore des frites pour toi !

Retrouvez dans nos articles d’autres histoires de mouettes :

Histoire belge

Zdzmouette

Olomouc

Bien le bonjour de Tchéquie

Agenda

6 semaines pour découvrir l’agroécologie

Un nouveau MOOC sur l’agroécologie, porté par l’Ecole d’enseignement supérieure d’agronomie de Montpellier (Montpellier SupAgro), débute en février 2018. Le cours démarre le 2 février 2018 et les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 22 février 2018.

© CACP – Marion Poiret

Le programme du Mooc se déroulera pendant 6 semaines et abordera l’histoire et les différentes approches de l’agroécologie, ses mises en œuvre pratiques, les leviers et les freins de la transition de l’agriculture traditionnelle vers l’agroécologie.

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La scutigère, chilopode domestique

Scutigera coleoptrata © CACP – Gilles Carcassès

Un « mille-pattes » de course

Plus on va vers l’arrière, plus ses pattes sont longues. Il paraît que c’est le secret de son incroyable vélocité. La scutigère est en effet capable d’accélérations fulgurantes ! Evidemment lorsqu’elle s’est égarée dans la baignoire, malgré ses accélérations, elle patine lamentablement. Vous l’aurez deviné, cette bestiole est un grand chasseur. Elle se nourrit d’araignées, de mouches, de mites, de blattes, de lépismes, de cloportes qu’elle capture à la course et immobilise avec les deux crochets venimeux disposés sous sa tête… Un véritable auxiliaire de ménage domestique !

Astuce :

Pour permettre aux scutigères et aux tégénaires aventureuses de s’échapper de votre baignoire, vous pouvez y laisser une serviette ou un manche à balai qu’elles sauront escalader. Ça marche aussi avec un escabeau.

D’origine méditerranéenne, la scutigère fréquente les endroits chauds et humides, comme les caves, les salles de bain et les buanderies. Elle est très discrète, chassant la nuit. Elle est timide aussi : elle ne vous attaquera pas, vous n’êtes pas comestible pour elle.

Retrouvez nos articles :

Combien de pattes ont les mille-pattes ?

Dans les caves secrètes du palais de Tokyo

Sources :

Scutigera coleoptrata par le blog Moineau de Paris

La scutigère par insectes-net.fr

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Votre photo préférée

Merci à tous pour vos commentaires très sympathiques et vos votes pour désigner votre photo préférée parmi les 14 présentées dans l’article « Mille ! » publié à l’occasion de notre millième article !

Voici le tiercé gagnant :

1 er ex aequo (19 %) : les Procridinae, une sous-famille parmi les zygènes. Deux individus sur une fleur d’allium © CACP – Gilles Carcassès
1 er ex aequo (19 %) : fruits de tilleul flottant dans le bassin des otaries au zoo de Vincennes © CACP – Gilles Carcassès
3 ème (13 %) : la chenille de l’Etoilée venant de muer – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

Puisque vous aimez les zygènes, en voici un autre, pour le plaisir :

Zygaena erythrus sur une centaurée © CACP – Gilles Carcassès
Agenda

Mille !

C’est notre millième article ! Pour fêter l’événement, je vous propose une sélection de nos photos préférées.

En cliquant sur le numéro sous chaque image, vous retrouverez les articles dont sont issues ces photos.

Vous pouvez voter pour la photo que vous préférez :

n° 1 © CACP – Gilles Carcassès
n° 2 © CACP – Gilles Carcassès
n° 3 © CACP – Gilles Carcassès
n° 4 © CACP – Gilles Carcassès
n° 5 © CACP – Gilles Carcassès
n° 6 © CACP – Gilles Carcassès
n° 7 © CACP – Gilles Carcassès
n° 8 © CACP – Gilles Carcassès
n° 9 © CACP –  Gilles Carcassès
n° 10 © CACP – Gilles Carcassès
n° 11 © CACP – Gilles Carcassès
n°12 © CACP – Gilles Carcassès
n° 13 © CACP – Gilles Carcassès
n° 14 © CACP – Marion Poiret
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Ciboulette

Ciboulette – Cergy, quartier Grand centre © CACP – Gilles Carcassès

Quelle est cette herbe à la croissance généreuse au pied de ce poteau ? C’est de la ciboulette ! Une graine, sans doute portée par le vent depuis la terrasse végétalisée de la tour Suez, aura profité d’une fissure et d’un peu d’humus pour s’installer là.

Une résistance exceptionnelle à la sècheresse passagère

La ciboulette est une des meilleurs plantes pour végétaliser les toitures. Lorsqu’il fait trop sec, son feuillage fane mais les petits bulbes dans le sol restent vivants et émettent de nouvelles feuilles lorsque les conditions redeviennent favorables. Six centimètres d’épaisseur de substrat lui suffisent pour survivre et prospérer sans arrosage. En outre, sa jolie floraison produit quantité de graines qui permettent à la plante de coloniser l’espace autour d’elle.

La ciboulette fait partie des plantes qui ont bien réussi sur la toiture végétalisée de l’école Gustave Loiseau à Pontoise.

Elle est remarquablement présente sur cette toiture à la Maison des russes à Eragny :

Fétuques et ciboulettes en fleurs – Eragny-sur-Oise © Gilles Carcassès

Retrouvez un autre article sur des plantes échappées d’un mur végétalisé :

Un Erasmus pour les plantes vivaces ?

 

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Un grillon provençal

Une découverte étonnante !

Dans un magasin de fruits et légumes de Vauréal, un client a trouvé un drôle d’insecte « gros et tout noir, avec de grandes antennes ». La Maison de la nature de Vauréal qui l’a recueilli m’a alerté et j’ai pu l’observer dans son terrarium de fortune. Il s’était régalé de flocons d’avoine et s’abreuvait dans un bouchon en plastique.

Gryllus bimaculatus, le grillon provençal (ici une femelle) © CACP – Gilles Carcassès

Je m’attendais à un cafard, mais ce n’est pas ça du tout !

Il s’agit d’un grillon et même d’une espèce qui ne vit pas chez nous : le grillon provençal, qui est strictement méditerranéen. On le distingue aisément du grillon champêtre, que l’on peut rencontrer un peu partout en France, à ses ailes aussi longues que le corps et à la forme de son pronotum (le dos du thorax) qui n’est pas rétréci vers l’arrière. De plus, il n’a pas de rouge sur les pattes.

Jeune grillon champêtre (Gryllus campestris) trouvé noyé dans une piscine en été © CACP – Gilles Carcassès

Mais que faisait donc notre grillon provençal à Vauréal dans un rayon courgettes ?

Le grillon provençal ne creuse pas de terrier contrairement au grillon champêtre. Le jour, il se cache au sol sous une touffe d’herbe, des feuilles mortes, des pierres ou du bois tombé.

Peut-être que ce grillon était caché dans un cageot de légumes dans un champ en Provence, et qu’il en est sorti arrivé au magasin ? Une autre explication serait l’évasion d’un élevage. Les grillons provençaux sont en effet élevés par les amateurs de mygales et de serpents de compagnie, comme nourriture vivante. Il est préférable que ce soit un grillon qui s’échappe, d’ailleurs…

En fin d’été, les mâles stridulent tard dans la nuit pour attirer les femelles, en frottant leurs ailes. Les femelles fécondées par plusieurs mâles pondent dans le sol à l’aide de leur long ovipositeur et ce sont les œufs, chez cette espèce, qui passent l’hiver. Un pot rempli de terre humide a été proposé à cette femelle. Peut-être y pondra-t-elle quelques œufs avant de mourir ? Michka (c’est ainsi qu’elle a été nommée) va vivre une retraite heureuse dans une école maternelle de Conflans-Sainte-Honorine.

Merci à l’OPIE pour ses bons conseils en matière d’élevage de grillons !

Retrouvez une autre histoire de clandestin :

Les clandestins de la gare

Non classé

Quelle plante pour remplacer le buis nain à bordure ?

Buxus sempevirens ‘suffruticosa’ est utilisé traditionnellement pour confectionner des bordures de buis – Paris (jardins du Sénat) © CACP – Gilles Carcassès

Nos buis à bordure sont bien menacés ! La pyrale du buis oblige à multiplier les traitements de biocontrôle et les maladies cryptogamiques dues à Cylindrocladium buxicola et Volutella buxi n’ont pas de traitement biologique vraiment efficace. Quant aux trichogrammes parasitoïdes censés pondre dans les œufs de la pyrale, les échos que j’en ai eu par les collègues qui les ont testés sont assez divergents. Alors je suis allé voir les maîtres jardiniers des jardins du Luxembourg à Paris pour savoir où ils en sont. A mon étonnement, ils m’ont indiqué que ce qui leur pose le plus de problèmes, ce sont les fortes infestations par la cochenille virgule, qui aggravent considérablement la situation.

Les bordures de buis doivent être impeccables pour mettre en valeur le dessin des broderies et des massifs, et cela devient de plus en plus difficile de les maintenir en bonne santé. Des zones dégarnies apparaissent, puis des trous… Alors que faire, tout remplacer ? Mais avec quel végétal ?

Ces jardiniers ont rapidement compris, en observant la chlorose des jeunes pousses, que nos sols calcaires ne conviennent pas du tout à Ilex crenata : aucun des cultivars testés n’a donné de bons résultats. Ils ont fait aussi un essai avec un cultivar d’un buis d’une autre espèce d’origine japonaise, réputé très résistant : Buxus microphylla ‘Faulkner’. Il est peut-être costaud, mais pas indemne de dégâts.

Buxus microphylla ‘Faulkner’, au premier plan – Paris (jardins du Sénat) © CACP – Gilles Carcassès

Et puis le feuillage est nettement moins fin, la pousse plus importante, alors l’aspect taillé n’est pas très concluant.

Euonymus japonicus ‘Microphyllus’ – Paris (jardins du Sénat) © CACP – Gilles Carcassès

La solution viendra peut-être de ce fusain nain Euonymus japonicus ‘Microphyllus’ appelé aussi ‘Pulchellus’. La bordure de la photo ci-dessus a un an et a été taillée une fois. Il faudra cependant attendre quelques années pour vérifier le bon vieillissement de ces arbustes lorsqu’ils sont taillés en bordure très basse. En latin, pulchellus signifie mignon, je trouve que cela lui va plutôt bien.