L'actualité de la Nature

Le nain rouge et les deux pestes

dans le bois de Cergy, un matin d'hiver
dans le bois de Cergy, un matin d’hiver © Gilles Carcassès

Notre écureuil roux serait en danger ? La circulation automobile et les destructions de son habitat ne suffisaient pas, voici que des envahisseurs pourraient bien avoir sa peau. Ce n’est pas une pure spéculation, son compte est déjà réglé en Angleterre ! La faute à l’écureuil gris, célèbre culotté des squares londoniens, introduit d’Amérique en 1876, plus fort que lui et porteur sain d’un virus. Ce même écureuil gris est désormais présent en Italie du Nord et pourrait bien nous arriver sans avoir à traverser le Channel.

Londres : cette touriste inconsciente grignotte un gâteau : une seconde avant l'impact
Londres : cette touriste inconsciente grignote un gâteau. Une seconde avant l’impact © Gilles Carcassès

Une autre espèce exotique menaçante pour notre écureuil roux, l’écureuil à ventre rouge, originaire d’Asie, prolifère au Cap d’Antibes et fait même l’objet d’un plan national de lutte.

Ces sciuridés sont arrivés par le commerce des animaux de compagnie. Echappés ou relâchés, ils peuvent se reproduire rapidement si l’environnement leur convient. C’est ainsi qu’une autre espèce, terrestre celle-ci, l’écureuil de Corée, est présente en Picardie et en Ile-de-France. En forêt de Sénart, sa population serait de l’ordre de 10 000 individus !

un écureuil de Corée, vu en forêt de Versailles en mars 2013
un écureuil de Corée, vu à Guyancourt (étang du Val d’Or) en mars 2013 © Gilles Carcassès

Il y pose un problème de santé publique car la présence de cette espèce dans une forêt fréquentée par des chevreuils augmente le risque de contracter la maladie de Lyme, transmise par les tiques. Voir l’intéressante présentation de ce chercheur du Museum National d’Histoire Naturelle : http://www.natureparif.fr/attachments/forumdesacteurs/envahissantes/Jean-LouisChapuis-Natureparif29juin2011.pdf

Sur la maladie de Lyme et l’écureuil de Corée : http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/BE_38.pdf

aucune concurrence à craindre avec celui-ci : il ne mange que des champignons en fer
aucune concurrence à craindre avec celui-ci : il ne mange que des champignons en fer © Gilles Carcassès

Pour tout savoir sur les écureuils que l’on peut rencontrer en France : http://ecureuils.mnhn.fr

http://www.jardinsdenoe.org/la-biodiversite-des-jardins/l-ecureuil-roux

L'actualité de la Nature

Etoile de Noël

Une plante qui sait compter jusqu’à dix ?

avec les capsules sèches du compagnon blanc, on peut faire des petits sifflets
silene latifolia ou compagnon blanc, carrefour de Ham à Neuville-sur-Oise

Les fruits du compagnon blanc, succédant aux fleurs des pieds femelles, sont des capsules qui s’ouvrent par dix dents. Vidées de leurs graines, on peut en faire de petits sifflets.

Les fleurs sont odorantes le soir, pour attirer les papillons de nuit qui assurent leur pollinisation.

une larve d'orthoptère se régale d'une fleur de compagnon blanc (Osny juin 2013)
une larve d’orthoptère se régale d’une fleur de compagnon blanc (Osny Juin 2013)

En savoir plus sur le compagnon blanc : http://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-64191

Joyeuses fêtes à tous !

parc de Grouchy à Osny
parc de Grouchy à Osny
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Une odeur de jambon

Cet iris indigène croît dans les sous-bois des coteaux calcaires mais ne déteste pas les situations fraiches. On le reconnait aisément à l’odeur particulière qui se dégage de ses feuilles froissées : les français trouvent que cela sent le jambon, les anglais le rôti de bœuf. D’où son nom d’iris gigot ? J’en ai vu ces jours-ci de belles touffes dans les peupleraies de la base de loisirs de Cergy-Pontoise.

l'iris gigot montre ses fruits tout l'hiver
l’iris gigot exhibe ses perles de corail tout l’hiver

http://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-73308

L’iris gigot est souvent trouvé à l’emplacement d’anciens jardins, car c’est une plante médicinale efficace pour soigner les œdèmes. Il fallait des malades de solide constitution pour supporter le remède : déconseillé aux vieillards, aux enfants et aux femmes enceintes !

Il existe plusieurs variétés horticoles de cette espèce. La plus intéressante est une variété panachée : iris foetidissima variegata, malheureusement difficile à trouver en France.

http://lejardincesttout.typepad.com/lejardincesttout/2011/10/iris-f%C3%A9tide-panach%C3%A9-valeur-s%C3%BBre-20111.html

http://apps.rhs.org.uk/plantselector/plant?plantid=3191

Le type sauvage  et ses variétés sont très utiles pour garnir avec élégance un sous-bois sec. La persistance de leur feuillage en hiver n’est pas le moindre de leurs atouts.

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Pattes roses

La bergeronnette des ruisseaux se nourrit de petits insectes au bord des rivières et des étangs. En hiver, cette espèce fuit les grands froids et peut migrer jusqu’en Afrique du Nord. Celle-ci a fait une halte au parc François-Mitterrand à Cergy et semble apprécier la haute qualité biologique des nouveaux aménagements des bassins.

La bergeronnette des ruisseaux se distingue des autres espèces à sous-caudales jaunes par ses pattes roses.
Les bergeronnettes hochent souvent leur longue queue. La bergeronnette des ruisseaux se distingue des autres espèces au plumage en partie jaune, par ses pattes roses.

Plusieurs couples nichent régulièrement à Paris sur les berges de Seine. Verra-t-on ce bel oiseau s’installer à Cergy-Pontoise ?

http://moineaudeparis.com/oiseaux/passereaux/bergeronnette-des-ruisseaux/

élection de miss mouette 2013 au bassin de la préfecture. Très belles pattes roses...
Election de Miss mouette 2013 au bassin de la préfecture. Très belles pattes roses, aussi…

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Au pied de mon arbre

Végétaliser pour ne pas avoir à désherber, voilà une méthode alternative séduisante, mais pas toujours facile à mettre en œuvre : concurrence des racines de l’arbre, piétinement, pollution par les chiens et le salage rendent l’installation de plantes vivaces bien problématique. La Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise a testé pour vous un mélange de pestes à ne pas mettre dans tous les jardins.

place Charles de Gaulle à Cergy
place Charles de Gaulle à Cergy

Les plantes ont passé avec succès un premier hiver et deux étés sans arrosage. Sans surprise, les euphorbes Euphorbia characias Wulfenii et les armoises Artemisia ludoviciana Silver queen ont tendance à dominer. Les Aster frikartii Mönch apportent par leur floraison généreuse et souple une belle touche de couleur en fin d’été. Les autres espèces défendent fièrement leur place : Euphorbia Copton ash et amygdaloides robbiae, Kniphofia Alcasar, Stachys byzantina, Symphytum caucasicum, Carex testacea, Ceratostigma willmottianum, Nepeta faassenii

l'aster frikartii Mönch est résistant à l'oïdium et fleurit de la fin de l'été jusqu'aux gelées.
l’aster frikartii Mönch est résistant à l’oïdium et fleurit de la fin de l’été jusqu’aux gelées
la consoude du Caucase est increvable et très envahissante par ses rhyzomes
la consoude du Caucase est increvable et très envahissante par ses rhizomes puissants
L'actualité des jardins

Plantes sauvages d’Ile-de-France

Sans jeter l’opprobre sur les plantes horticoles qui ont toute leur place dans nos jardins, reconnaissons aux plantes indigènes leur parfaite adaptation à notre terroir et l’extraordinaire richesse de leurs relations avec la faune sauvage. Certaines de ces plantes ont de réelles qualités ornementales et mériteraient d’être plus employées. Dans le but d’inspirer ses jardiniers, la ville de Paris a, en interne, édité un guide pour faire connaître ces végétaux. Il contient de précieuses informations écologiques et pratiques sur chacune des 145 plantes décrites. Ce document peut être téléchargé.

http://blogs.paris.fr/casepasseaujardin/2013/11/20/planter-des-vegetaux-indigenes-dile-de-france/

La cellule Biodiversité de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise a participé à l’iconographie de ce livret. Retrouvez cette image dans le guide :

La gesse des pré, photographiée à Osny, sur les berges de la Viosne.
La gesse des prés, photographiée à Osny, sur les berges de la Viosne.

Pour mieux connaître les plantes sauvages d’Ile-de-France et les identifier, le deuxième tome de la Flore d’Ile-de-France de Philippe Jauzein et Olivier Nawrot vient de paraître. Ces deux volumes constituent une référence remarquable, et l’outil indispensable de tous les botanistes franciliens.

http://www.quae.com/fr/r3081-flore-d-ile-de-france-.html