Gestion différenciée : la sortie annuelle du Réseau des parcs

Une fois de plus, le Parc naturel régional (PNR) du Vexin français, le PNR Oise-Pays de France et la cellule biodiversité de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, ville porte de PNR du Vexin français, s’associent pour une journée de rencontres techniques de terrain sur le thème de la gestion écologique des espaces verts et naturels.

Au parc du château de Théméricourt  © Gilles Carcassès

Un pique-nique au parc du château de Théméricourt ? © Gilles Carcassès

Cette année, nous découvrirons plusieurs initiatives dans le Vexin. Le programme est en cours d’élaboration et ne peut encore être dévoilé. Mais il sera à la hauteur de vos attentes : vous pourrez comprendre le bon emploi de plantes vivaces à travers de superbes compositions faciles à gérer, vous rencontrerez des équipes municipales hyper-motivées ; il sera aussi question de biodiversité et d’inventaires, et il y aura des surprises…

Amis jardiniers professionnels des communes concernées, retenez déjà la date : le mardi 7 octobre 2014. Et n’oubliez pas de motiver vos élus pour vous accompagner ! Les modalités d’inscription vous seront précisées dès que le programme sera arrêté.

Retrouvez le compte-rendu de la précédente journée qui avait rassemblé une cinquantaine de jardiniers professionnels et d’élus, en cliquant sur l’image :6 juin 2013

J’ai cru voir un cerf-volant !

Lucanus cervus mâle, le lucane cerf-volant, vu ce matin à Pontoise devant l'école du Parc-aux-charrettes. © Isabelle Thouvenot

Ce beau mâle de lucane cerf-volant (Lucanus cervus) a été observé vendredi matin à Pontoise devant l’école du Parc-aux-charrettes. © Isabelle Thouvenot

L’Office pour les Insectes et leur Environnement (OPIE) rappelle que c’est le bon moment pour observer les lucanes cerfs-volants. Ces gros coléoptères dont les larves consomment le bois mort en forêt, font l’objet d’une enquête nationale pour mieux connaître la répartition de l’espèce.

 

lucane

Voici le lien vers la page de l’OPIE :

http://www.insectes.org/enquete/lucane-cerf-volant.html

Plus d’infos sur le lucane par Noé Conservation

http://www.insectes-net.fr/lucane/luc2.htm

 

Sous le soleil exactement

Nous sommes autour des bassins du parc François Miterrand, dans le quartier Grand centre à Cergy-Pontoise. Pendant que les canards colvert se pâment au soleil, les odonates s’activent entre les feuilles des massettes et des joncs : émergences, échauffourées, accouplements, alimentation. Autant d’agitation et de passions discrètes mais bien visibles si on se donne la peine d’observer.

Cette grosse libellule rouge postée  sur un bouton floral de butome est un sympetrom foscolombii mâle. Outre, sa couleur sanguine, il est reconnaissable au dessous gris bleu de ses yeux, à ses pattes noires rayées de jaune, à la nervation rouge à la base des ailes et à son front rouge vif, au ptérostigma jaune entouré de noir, au nombre de nervures transversales antenodales, aux tâches noires présentent à la fin de son abdomen (segments 7 et 8) © Marion Poiret

Cette grosse libellule rouge posée sur un bouton floral de butome est un Sympetrum fonscolombii mâle à la recherche d’une proie potentielle ou surveillant son territoire qu’il défendra même contre des libellules plus grandes que lui. © Marion Poiret

D’une grande voracité, les odonates chassent à l’affût ou par poursuite de nombreux petits insectes. Mais, quelquefois, des araignées, des abeilles et même d’autres odonates peuvent entrer dans leur régime alimentaire. Ils ont un arsenal bien développé pour la capture des proies : une technique de vols remarquablement efficace, des yeux à facettes permettant une vision à 360°, des pattes préhensibles, des mandibules puissantes.

Témoin d'un crime au coeur des joncs et des massettes. Ce pauvre petit ne reverra plus les rayons du soleil goulument dévoré par ce bel Agrion élégant (Ichnura elegans) © Marion Poiret

Le festin d’un agrion élégant (Ischnura elegans) ! © Marion Poiret

une dernière mue permet la métamorphose de la larve vers adulte. Cette dernière étape s'appelle l'émergence. Ici il s'agit d'une exuvie d'anisoptères (les grandes libellules) © Marion Poiret

Saviez-vous que les larves d’odonates se nourissent de larves de moustiques ? Une dernière mue, lors de la sortie de l’eau, permet la métamorphose vers l’adulte. Cette étape s’appelle l’émergence. Il s’agit ici d’une exuvie d’Anisoptère (une grosse libellule). © Marion Poiret

 Agrion porte coupe © Marion Poiret

Agrion porte-coupe (Enallagma cyathigerum). C’est une espèce très commune et très bien représentée. Elle appartient comme l’agrion élégant au sous-ordre des Zygoptères (les petites libellules en forme d’allumette). © Marion Poiret

 Quant aux plantes de la zone humide, elles fleurissent tour à tour sur le pourtour des bassins :  aux jaunes de cobalt des iris et des mimules ont succédé  le fuchsia des salicaires,  le rose tendre des ombelles des butomes ou des épilobes à petites fleurs, le bleu azuréen des myosotis des marais…

 Pondeteria cordata © Marion Poiret

Sa feuille en forme de coeur lui a donné son nom : Pontederia cordata. Il s’agit d’une plante vivace spontanée aux Etats-Unis qui prospère sur les bords de berges. En Europe elle est vendue par les horticulteurs. Elle peut devenir assez envahissante. © Marion Poiret

 Filipendula ulmaria © Marion Poiret

Filipendula ulmaria. La reine des prés est une plante herbacée des prairies humides et des bords d’eau. Cette illustre médicinale de la pharmacopée française est avec le saule blanc à l’origine d’un célèbre médicament. L’un de ses noms vernaculaires, la spirée ulmaire, a donné naissance au mot aspirine © Marion Poiret

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Eupatorium cannabinum ou chanvre d’eau. L’eupatoire, ici en bouton, est une plante mellifère, très convoitée par les insectes et particulierement les papillons. Haut lieu de butinage jusqu’en septembre, c’est aussi une plante médicinale mais…attention, pas de transgression : elle doit son nom à la ressemblance de ses feuilles avec celles du chanvre mais n’en partage pas les principes actifs © Marion Poiret

 Mimulus guttatus © Marion Poiret

Mimulus guttatus ou mimule tacheté. Cette belle américaine s’est naturalisée dans toute l’Europe. © Marion Poiret

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le jardin aquatique – jardiner autrement

créer une mare – terre vivante

des mares à Paris

Au bal des daphnies

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Spectacle fascinant : de grands nuages rouges tourbillonnent doucement dans les eaux immobiles du bassin de la Louvière à Courdimanche. © Gilles Carcassès

Non, il ne s’agit pas d’une pollution accidentelle : ces nuages sont vivants ! Ce sont des daphnies, de petits crustacés d’eau douce. Elles sont assurément plusieurs centaines de millions à tournicoter ainsi en agitant rythmiquement leurs antennes plumeuses.

Les daphnies filtrent l’eau en consommant des algues unicellulaires, des bactéries, des particules organiques. Elles ont ainsi un rôle essentiel d’épuration des eaux stagnantes.

Leur couleur rouge est due à la production d’hémoglobine qui leur permet de survivre dans des eaux peu oxygénées. Lorsque leur milieu de vie devient défavorable à leur prolifération, elles produisent des œufs qui peuvent résister à une sécheresse temporaire.

Les aquariophiles connaissent bien les daphnies séchées, utilisées pour la nourriture des poissons. Cet aliment est riche en vitamines et en protéines.

une daphnie

Une daphnie nous montre ses antennes de propulsion © Gilles Carcassès

J’ai croisé au bassin six canards colvert, un couple de bergeronnettes grises et leur petit et quelques poissons rouges : ils avaient l’air tous repus !

http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=1377

 

 

Portrait de famille : les chrysomèles

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Cryptocephalus vitttatus, le cryptocéphale à bandes, vu sur une fleur de souci au jardin partagé du Verger à Cergy, dans le quartier Grand centre. © Gilles Carcassès

Les coléoptères visibles en France se répartissent en une centaine de familles. Parmi celles-ci, les Chrysomelidae (ou chrysomèles) comptent plus de 600 espèces (plus de 30 000 dans le Monde). Certaines sont redoutées par les jardiniers, comme le doryphore qui s’attaque aux pommes de terre et aux aubergines, ou la chrysomèle américaine qui défolie les lavandes et les romarins.

Lilioceris

Lilioceris lilii, le criocère du lys, vu dans un massif fleuri de la ville de Cergy. © Gilles Carcassès

Xanthogaleruca luteola (une galéruque) défolie les ormes. Photographie prise boulevard de l'Oise à Pontoise © Gilles Carcassès

Xanthogaleruca luteola (une galéruque) défolie les ormes. Photographie prise boulevard de l’Oise à Pontoise. © Gilles Carcassès

Melasoma populi, ravageur du peuplier, photographiée dans la coulée verte de Menucourt. © Gilles Carcassès

Melasoma populi, ravageur du peuplier photographié dans la coulée verte de Menucourt. © Ollivier Monchicourt

Beaucoup de chrysomèles sont vivement colorées : elles finissent parfois épinglées dans les collections d’insectes. La photographie, c’est tout de même moins dommageable.

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Cette sublime Oreina vit au bord du Doubs sur les pétasites. © Gilles Carcassès

http://www.jardiner-autrement.fr/fiches-techniques/plantes-ornementales/812-lys-criocere

http://www.jardiner-autrement.fr/fiches-techniques/plantes-potageres/183-pomme-de-terre-doryphore

 

Les fleurs des plantes chameaux

Centurea ragusina et Delosperma cooperi devant l'hôtel d'agglomération à Cergy © Gilles Carcassès

Centurea ragusina et Delosperma cooperi dans une jardinière non arrosée, devant l’hôtel d’agglomération à Cergy © Gilles Carcassès

Voici quelques floraisons visibles en ce moment dans les jardinières de la dalle Grand Centre à Cergy. Les végétaux ont été sélectionnés pour leur bonne résistance aux conditions de vie difficile : faible volume de terre, sécheresse, courants d’air, réverbération…

Romneya coulteri. Cette grande papavéracée de Californie se propage par de puissants rhizomes. Un apport de sable à la plantation favorise la reprise. La levée de dormance des graines est levée par la fumée des incendies. © Gilles Carcassès

Romneya coulteri est une grande papavéracée originaire de Californie qui se propage par de puissants rhizomes. Un apport de sable à la plantation favorise la reprise. Pour lever la dormance de ses graines, il faut les semer dans un terreau préalablement exposé à la fumée d’un feu de broussailles. © Gilles Carcassès

Tradescantia virginiana, léphémère de Virginie se paît au bord de l'eau mais résiste aussi très bien dans des sols secs. © Gilles Carcassès

Tradescantia virginiana, l’éphémère de Virginie se plaît au bord de l’eau mais résiste aussi très bien dans des sols secs. © Gilles Carcassès

Crocosmia 'Lucifer' éclaire les compositions d'un rouge très vif. © Gilles Carcassès

Crocosmia ‘Lucifer’ éclaire les compositions d’un rouge très vif. © Gilles Carcassès

Le Fuchsia magellanica 'Ricartonii' put souffrir du gel, mais il repart toujours de la souche si le sol est bien drainé.    © Gilles Carcassès

Le Fuchsia magellanica ‘Riccartonii’ peut souffrir du gel, mais il repart de la souche si le sol est bien drainé. © Gilles Carcassès

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Les mousquetaires de la salicaire

touffe de salicaire au bord du bassin du parc François-Mitterrand à Cergy © Gilles Carcassès

Touffe de salicaire (Lythrum salicaria) au bord du bassin du parc François-Mitterrand à Cergy © Gilles Carcassès

Avec sa floraison éclatante et sa silhouette très graphique, la salicaire est une plante incontournable des jardins aquatiques. C’est aussi une plante mellifère. Et ma cousine l’utilisait pour soigner ses veaux quand ils avaient la diarrhée. Bref, elle a tout pour plaire.

Elle plût aux Américains. Introduite en 1860 sur la côte Est des Etats-Unis, elle ne tarda pas à y faire de grands ravages en se comportant comme une plante invasive des zones humides, au point de mettre en péril la flore indigène et la faune associée.

En 1986, des chercheurs américains entreprirent de mettre au point un programme de lutte biologique par acclimatation pour endiguer l’invasion. Après de nombreux essais portant sur l’innocuité vis-à-vis de la flore et de la faune natives, ils procédèrent à des lâchers d’insectes européens qui consomment cette espèce.

Leur choix se porta sur quatre mousquetaires aux actions complémentaires : deux chrysomèles mangent ses feuilles, un charançon ses racines et un dernier coléoptère ses graines.

Ces larves de chrysomèle (du genre ) sont des défoliatrices efficaces © Gilles Carcassès

Ces larves de chrysomèle (du genre Galerucella) sont des défoliatrices efficaces de la salicaire. Photographie prise à Cergy © Gilles Carcassès

Les larves de ces minuscules Nanophyes marmoratus peuvent détruire 70% de la production de graines de la salicaire. Photgraphie prise à Poissy © Gilles Carcassès

Les larves de ces minuscules Nanophyes marmoratus peuvent détruire 70% de la production de graines de la salicaire. Photgraphie prise à Poissy © Gilles Carcassès

Dix ans après les premiers lâchers d’insectes, la présence parfaitement contrôlée de la salicaire européenne n’est plus une menace pour la biodiversité américaine. La lutte biologique, ça marche !

Une page (en anglais) du Département des Ressources Naturelles du Minnesota

Une autre page (en wallon) sur ce sujet

http://www.sauvagesdupoitou.com/84/423