Amaryllis, petit paradis

promesse de courges

Une belle promesse de courges © Gilles Carcassès

La résidence Amarillys, dans le quartier de la Croix-Petit à Cergy est gérée par le bailleur social Efidis. Son jardin intérieur est le théâtre d’expériences participatives : un jardin partagé, du compostage collectif, des animations proposées par des partenaires associatifs.

composteurs

Dans la pelouse qui héberge les composteurs, l’observation de nombreuses abeilles butinant les fleurs de trèfle rampant a conduit à la décision de leur épargner cet été la tondeuse © Gilles Carcassès

 

Samira à la bêche

Samira à la bêche © Gilles Carcassès

Le bailleur a offert de beaux outils de jardinage. Et deux baignoires de récupération ont été transformées par les résidents en jardinières magiques.

Francine au tuyau

Francine au tuyau © Gilles Carcassès

Une habitante du deuxième étage a semé des pieds de tomates sur son balcon : les voilà vivement transplantés au potager partagé.

Les premiers occupants de l'hôtel à insectes

Détail de l’hôtel à insectes © Gilles Carcassès

La Ferme d’Ecancourt a aidé à la création collective d’un hôtel à insectes. L’équipement a plu : des abeilles sauvages ont installé leur nid dans plusieurs trous des bûches percées et ont rebouché l’ouverture avec un mortier dont elles ont le secret.

Dans ce jardin, une belle dynamique s’est installée et les projets ne manquent pas : une prairie fleurie, des ruches, un poulailler pour la sensibilisation des enfants à la lutte contre le gaspillage alimentaire…

Un programme d’accueil personnalisé des locataires récompensé par un trophée de développement durable

 

Charmeuse de serpents

larves de tentrhèdes

Ces larves de tenthrèdes, appelées aussi fausses chenilles, dévorent avec méthode une feuille de peuplier. Lorsqu’elles sont dérangées (par un photographe trop curieux par exemple) elles prennent une effrayante posture de serpent. Brrr!… © Gilles Carcassès

l'approche

Un hyménoptère Mesochorinae entre en scène. Il ne cesse de vrombir en agitant ses ailes à toute vitesse. © Gilles Carcassès

on pique

La vibration qu’il provoque semble avoir un effet sur les larves : les plus proches de lui reprennent une posture de repos. Alors, très précautionneusement, il s’approche puis chevauche une larve et pond à l’intérieur avec son ovipositeur. © Gilles Carcassès

L’ affaire se corse et prend du piquant : les Mesochorinae sont connues pour être des hyperparasitoïdes. Aussi, il est probable que cette micro-guêpe n’ait pas pondu dans la fausse chenille mais dans la larve issue d’un œuf qu’un hyménoptère parasitoïde d’une autre espèce aura déjà pondu dans son corps.

http://www.supagro.fr/ress-pepites/processusecologiques/co/PP_Hyperpara.html

Florilèges : communes pilotes de Cergy-Pontoise

 Trois communes de l’agglomération de Cergy-Pontoise (Eragny-sur-Oise, Menucourt et Vauréal) se sont portées volontaires pour tester le protocole de relevé botanique du programme de sciences participatives « Florilèges », initié par Plante & Cité, le Museum National d’Histoire Naturelle, l’Observatoire Départemental de Seine Saint-Denis et Natureparif au printemps 2014.

La brunelle (Prunella vulgaris). © Marion Poiret

Brunelle commune (Prunella vulgaris). © Marion Poiret

 Nos communes pilotes ont effectué leurs inventaires botaniques entre juin et juillet. Rappelons que ce protocole expérimental a pour vocation d’améliorer la connaissance de la flore spontanée en ville et de devenir un outil de suivi de l’évolution de la biodiversité des prairies urbaines pour les gestionnaires d’espaces verts.

Mise en oeuvre du protocole d'observation des prairies urbaines à Eragny-sur-Oise par le service des espaces verts de la commune en collaboration avec la cellule biodiversité de Cergy-Pontoise. © Marion Poiret

Mise en oeuvre du protocole d’observation des prairies urbaines à Eragny-sur-Oise par le service des espaces verts de la commune en collaboration avec la cellule biodiversité de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise. © Marion Poiret

 La forme et la taille de la parcelle de prairie détermine la disposition des carrés d’inventaire. Après avoir délimité deux lots séparés de 5 carrés de un mètre par un mètre à l’aide de piquets et d’un décamètre, le recensement peut commencer.

Schéma d'organisation des carrés d’inventaire sur la prairie d'Eragny-sur-Oise. Le protocole sera répété chaque année, au même endroit (même prairie, mêmes carrés) d’où l’importance d’identifier des points de repères dans la prairie. Afin de pouvoir suivre l’évolution de la flore, les lots et les carrés sont également numérotés.

Schéma d’organisation des carrés d’inventaire sur la prairie d’Eragny-sur-Oise. Le protocole scientifique sera répété chaque année, au même endroit (même prairie, mêmes carrés) d’où l’importance d’identifier des points de repères dans la prairie. Afin de pouvoir suivre l’évolution de la flore, les lots et les carrés sont également numérotés.

Ce relevé botanique fut fort instructif puisque parmi les grands classiques des prairies urbaines (comme le trèfle blanc, le dactyle aggloméré, le plantain lancéolé ou la brunelle), se trouvaient aussi l’érythrée petite centaurée et la chlore perfoliée, des espèces communes et bien représentées en Ile-de-France mais néanmoins pas si fréquentes dans les prairies en secteur urbanisé.

Millepertuis perforé, Hypericum perforatum. © Marion Poiret

Millepertuis perforé (Hypericum perforatum). © Marion Poiret

La petite pimprenelle, Sanguisorba minor. © Gilles Carcassès

Pimprenelle (Sanguisorba minor). © Gilles Carcassès

Chlore perfolié, Blackstonia perfoliata © Gilles Carcassès

Chlore perfoliée (Blackstonia perfoliata) © Gilles Carcassès

L'erythrée, Centaurium erythraea. © Marion Poiret

Erythrée petite centaurée (Centaurium erythraea). © Marion Poiret

 En 2015, à l’issue de cette phase pilote et des adaptations éventuelles du protocole, le programme Florilèges pourra être diffusé à l’échelle nationale et mis en œuvre par tous les gestionnaires d’espaces verts (collectivités et entreprises).

L’empereur et ses cousines

Cette autre femelle d'anax emperuer pond dans des débris flottants au bassin Blanche de Castille à Saint-Ouen-l'Aumône © Jeanne-Flore Blomme-Leveneur

Cette femelle d’anax empereur (Anax imperator) pond dans des débris flottants au bassin Blanche-de-Castille à Saint-Ouen-l’Aumône. La tache bleue sur le front devant les yeux est un critère d’identification. © Jeanne-Flore Blomme-Leveneur

L’anax empereur fréquente beaucoup de nos bassins dont ceux du parc François-Mitterrand à Cergy. Il peut être confondu avec d’autres espèces de grandes libellules : l’anax parthenope, déjà vu dans ce parc en septembre 2013 (voir le lien à la fin de cet article), et aussi les aeschnes.

L'aeshne bleue (Aeschna cyanea) se reconnaît au taches bleues étendues sur les derniers articles de l'abdmonen. Cette femelle a été photographiée dans une mare forestière à Rosny-sur-Seine © Gilles Carcassès

L’aeschne bleue (Aeshna cyanea) se reconnaît aux taches bleues étendues sur les derniers articles de l’abdomen. Cette femelle qui vient de naître a été photographiée dans une mare forestière à Rosny-sur-Seine. © Gilles Carcassès

L'aeschne mixte (Aeschna mixta) vue en couple au bassin de jardin anglais de Vauréal en septembre 2013 © Gilles Carcassès

L’aeschne mixte (Aeshna mixta), vue au bassin du jardin anglais de Vauréal en septembre 2013 © Gilles Carcassès

Toutes ces grandes espèces chassent les insectes en vol en les poursuivant ; elles peuvent capturer des papillons ainsi que d’autres espèces d’odonates. Les proies sont souvent consommées en vol.

https://natureenvilleacergypontoise.wordpress.com/2013/08/20/les-demoiselles-sont-a-la-fete/http://www7.inra.fr/opie-insectes/pdf/i157jourde.pdf

 

Le choix de la prairie

Le demi-deuil (Melanargia galathea) sur une fleur de centaurée : un spectacle classique des prairies © Gilles Carcassès

Le demi-deuil (Melanargia galathea) sur une fleur de centaurée : un spectacle classique des prairies © Gilles Carcassès

Pour favoriser la biodiversité de leurs trames vertes, et en application des principes de gestion différenciée des espaces verts, les collectivités conduisent souvent certains de leurs espaces herbeux en prairies plutôt qu’en pelouses régulièrement tondues. Se pose alors la question des modalités de gestion de ces prairies, notamment pour les dates des opérations de fauche. En ville, il faut bien considérer les contraintes locales et coordonner des objectifs parfois divergents.

Mais qu’appelle-t-on prairies ? Ce sont des espaces herbeux, dominés par les graminées, dans lesquels peuvent cohabiter de nombreuses plantes vivaces locales et quelques annuelles adaptées à ce type de milieu. Pour conserver le caractère ouvert de ces espaces et empêcher l’arrivée des ronces, des arbustes et des arbres, il faudra effectuer au moins une fauche par an, ou entretenir par pâturage.

La sauge des prés est très appréciée des bourdons. © Gilles Carcassès

La sauge des prés, plante vivace des prairies, a de belle fleurs bleues appréciées des bourdons. © Gilles Carcassès

La faune sauvage qui bénéficie de la végétation de la prairie se portera très bien avec une seule fauche annuelle réalisée le plus tard possible en saison. Ainsi, une fauche tardive, classiquement réalisée en octobre, permet d’assurer le cycle de vie complet de la plupart des plantes jusqu’à la maturation des graines, et favorise la reproduction des insectes qui leur sont associés.

Pour des raisons d’esthétique, d’usage ou de sécurité, une fauche intermédiaire peut être réalisée en été.  Il ne faut pas l’effectuer avant juillet : on ménagera ainsi la floraison des orchidées sauvages, et celle de nombreuses plantes vivaces sauvages qui font l’agrément et l’intérêt biologique des prairies pendant les mois de mai et de juin. Et pour une bonne production des graines de ces plantes, il est préférable d’attendre le 15 août. Après une fauche estivale, certaines vivaces de la prairie pourront faire une deuxième floraison à l’automne, mais moins spectaculaire et sur des tiges moins hautes.

Une troisième opération de fauche est parfois ajoutée au printemps. Il faut alors prendre garde de l’effectuer avant la montée des tiges de ces plantes vivaces de prairies : pas après la fin avril en tout cas. Natureparif, dans son guide de gestion différenciée à l’usage des collectivités préconise de ne pas faucher entre le 1er mai et le 15 août.

La prairie de la coulée verte à Vauréal © Gilles Carcassès

La prairie de la coulée verte à Vauréal © Gilles Carcassès

Il existe en fonction des types de sols et de l’exposition de nombreux types naturels de prairies. Sur notre territoire, les coteaux secs et pentus d’une part, et les zones inondables d’autre part fournissent les prairies les plus riches potentiellement en terme de biodiversité. L’entretien par le pâturage constitue un excellent moyen de développer le potentiel de biodiversité de ces espaces, qu’ils soient secs ou humides. Si l’on recourt au fauchage, il faut absolument exporter soigneusement les coupes pour ne pas enrichir le sol au risque de banaliser le cortège végétal. Le fauchage par barre de coupe (ou à la faux pour les petits espaces) est bien plus respectueux de la vie de la prairie que le broyage mécanique. Enfin, le maintien d’une petite partie non fauchée permet de créer une zone refuge pour la faune qui ainsi pourra facilement recoloniser l’espace après les opérations d’entretien.

Une praire naturelle à La Roche-Guyon. On devine sa composition : fromental, trèfle des prés, rhinanthe, campanule raiponce, centaurée jacée, orchis pyramidal, dactyle aggloméré, lotier corniculé... © Gilles Carcassès

Une praire naturelle à La Roche-Guyon. On devine sa composition : fromental, trèfle des prés, rhinanthe, campanule raiponce, centaurée jacée, orchis pyramidal, dactyle aggloméré, lotier corniculé, silène enflé, sauge des prés… © Gilles Carcassès

Entretenir une prairie fleurie par Jardins de Noé

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Pour les amateurs de matériel

Un indicateur de qualité des prairies urbaines

La gestion écologique des espaces verts

L’élégante et le petit poisson

Les aigrettes fréquentent les plans d’eau, marais prairies humides et bords de rivières. Les poissons sont leur principale ressource alimentaire. © Didier Leray

Les grandes aigrettes fréquentent les plans d’eau, marais, prairies humides et bords de rivières. Les poissons sont leur principale ressource alimentaire. Une observation de cet oiseau grâcieux a été faite récemment au bassin de rétention des eaux pluviales Blanche-de-Castille à Saint-Ouen-l’Aumône. © Didier Leray

D’un blanc immaculé, la grande aigrette (Ardea alba) fait partie du groupe des grands échassiers, caractérisé par de longues pattes, un cou élancé et de larges ailes. Elle appartient plus précisémment à la famille des hérons et des butors (les Ardéidés).

On la distingue de l'aigrette garzette par sa taille (proche du héron cendré), son grand bec jaune (noir ou orangé chez les adultes en période nuptiale) et ses pattes longues et sombres. Elle a été observée récemment dans le bassin de rétention des eaux pluviales Blanche de Castille à Saint-Ouen-l'Aumône. © Didier Leray

On la distingue de l’aigrette garzette par sa haute taille (proche du héron cendré), son grand bec jaune (noir ou orangé chez les adultes en période nuptiale) et ses pattes longues et sombres. © Didier Leray

Les longues plumes qui recouvrent son dos en période nuptiale ont failli causer l’extinction de l’espèce : comptant parmi les articles incontournables de la mode féminine du XIXème et du début du XXème siècles, elles ornaient les chapeaux des dames.

Cet oiseau nicheur de l’Est de l’Europe (Ukraine, Roumanie, Russie) est une espèce migratrice partielle : les déplacements, effectués entre l’aire de reproduction et le site d’hivernage, sont moins importants que ceux des migrateurs au long cours, voire nuls lorsque certains oiseaux deviennent sédentaires. En cours de migration, si le climat est clément et le site favorable, la grande aigrette peut décider de s’y installer pour l’hiver et éventuellement s’y reproduire.

Son aire d’hivernage s’est ainsi étendu ces dernières années du bassin méditerranéen (Turquie, Syrie, Tunisie) vers l’Europe de l’Ouest.

Dès Juillet les jeunes aigrettes quittent les sites de nidification : c'est la dispersion. La migration postnuptiale des adultes est souvent plus tardive, de septembre à novembre. © Didier Leray

Dès juillet les jeunes aigrettes quittent les sites de nidification : c’est la dispersion. Les individus aperçus en été en Ile-de-France proviennent probablement du lac de Grand-Lieu (en Loire-Atlantique) comme l’indiquent les reprises de baguage. La migration postnuptiale des adultes est souvent plus tardive, de septembre à novembre. © Didier Leray

Inexistante en France avant 1990, la population de grande aigrette s’est accrue ces dernières années. Les observations actuelles comptabilisent des oiseaux en migration, en hivernage, ainsi que des individus sédentarisés qui se sont reproduits dans des sites bien circonscrits et protégés, en Loire-Atlantique, en Somme et en Camargue. Le premier cas de reproduction relevé fut dans la réserve naturelle du lac de Grand-Lieu, en  1994. En 2008, on notait en France 200 couples nicheurs pour une quizaine de colonies et en 2010, 3000 hivernants dont la majorité en Camargue et en Dombes (entre Lyon et Bourg-en-Bresse). Des cas d’hivernage en Ile-de-France ont aussi été mentionnés mais ils sont relativement rares.

La grande aigrette est inscrite à l’annexe I de la directive Oiseaux de l’Union Européenne.

Hypericum elodes : coucou le revoilà !

Hypericum elodes à la mare de l'Hautil à Triel © Gilles Carcassès

Hypericum elodes à la mare de l’Hautil à Triel © Gilles Carcassès

Le milleperthuis des marais est une drôle de petite plante toute poilue qui pousse les pieds dans l’eau. Cette espèce très rare n’existe plus en Ile-de-France qu’en quelques stations, mais pas dans notre secteur. C’est du moins ce qu’indique la toute nouvelle Flore d’Ile-de-France en signalant que l’espèce avait été vue autrefois sur les buttes de l’Hautil. Cette plante est protégée en Ile-de-France et classée « en danger » dans la liste rouge régionale de la flore vasculaire d’Ile-de-France.

La station éteinte était-elle en fait en sommeil ? La plante aurait-elle été (ré)introduite dans cette mare, volontairement ou accidentellement ?

La mare de l'Hautil est un étang de pêche en bordure de forêt. Une autre belle touffe de milleperthuis des marais © Gilles Carcassès

Une autre belle touffe de milleperthuis des marais. La mare de l’Hautil est un étang aménagé pour la pêche en bordure de forêt. © Gilles Carcassès

http://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-77099-synthese