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Qui se cache derrière le masque ?

© Marion Poiret
Quelle est donc cette chose étrange et creuse ? Un corps en 3 parties, 3 paires de pattes : aucun doute, cela appartient à un insecte, en l’occurrence un odonate. Cette exuvie a été trouvée au bord d’un étang de la base de loisirs de Cergy. © Marion Poiret

La forme générale et la taille de l’exuvie (dépouille larvaire abandonnée après chaque mue), la forme du masque, le nombre et la longueur des épines par rapport aux segments de l’abdomen, les détails de la pyramide anale (extrémité abdominale) font partie des critères importants de détermination des exuvies d’odonates qui permettront d’identifier successivement la famille, le genre, puis l’espèce. Le zoom sur l’image ci-dessus montre que l’épine latérale du segment 9 de l’abdomen est de longueur supérieure à 3/4 de la longueur du segment 10.

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Les larves d’Odonates se singularisent par la présence d’un masque, ou labium (lèvre inférieure des insectes) articulé. Cet organe, en se dépliant, permet la capture des proies. Ses caractéristiques facilitent la détermination des espèces. © Marion Poiret

 

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Masque plat, grands yeux, taille comprise entre 30 et 55 mm : quelques indices nous amenant vers la famille des Aeshnidae . © Gilles Carcassès

Après avoir observé, clé de détermination en main, la forme générale, les proportions du masque, la pyramide anale et les épines de l’abdomen notre enquête s’achève et nous identifions l’espèce : il s’agit d’Aeshna mixta.

Chez les odonates, larve et adulte vivent dans des milieux différents : la larve se développe sous l’eau en plusieurs mues successives. Cette vie aquatique est longue comparativement au temps vécu par l’adulte dans le milieu aérien.

Au terme de sa croissance, la larve sort du milieu aquatique et s’agrippe solidement sur un support (tiges et feuilles de la végétation riveraine des plans d’eau ou des rivières, rochers). L’insecte s’extrait alors de son exuvie. Cette métamorphose de la larve aquatique vers l’état adulte s’appelle l’émergence.

aeshna mixta 3 MP
Aeshna mixta, adulte mâle au parc du château de Menucourt © Marion Poiret

L’étude de ces exuvies est un complément indispensable à l’observation des adultes en odonatologie. En effet, seule la présence des exuvies (ou des larves) prouve que l’espèce est autochtone et bien présente sur un site donné et permet ainsi d’améliorer la connaissance des cortèges d’espèces et des densités de populations. Un adulte de passage peut très bien être observé mais ne pas se reproduire sur les lieux. Par ailleurs, les exuvies sont le moyen le plus facile d’attester de la présence d’espèces très discrètes à l’état adulte.

clefs de détermination Guillaume Doucet

cahier d’identification biotope

biologie et écologie des odonates partie 1 PJourde 

 

6 thoughts on “Qui se cache derrière le masque ?”

  1. Superbe article magnifiquement documenté. Cela fait plusieurs mois que j’etudie de par mes photos les odonates et malheureusement je n’ai pas encore trouvé d’exuvies car où je vais je n’ai pas accès à l’eau. Mais je ne désespère pas ….
    Bonne soirée a tous

    1. bonjour Sophie et merci. Effectivement, il faut avoir accès à un plan d’eau, bien regarder sous les feuilles des roseaux ou des Iris…et se munir d’un peu de patience. Il faudra maintenant attendre un peu, la plupart des émergences, dans nos régions, ayant lieu en général de Mars/Avril à Aôut. Mais les derniers spécimens adultes peuvent encore être observés.

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