L'actualité de la Nature

Ces moules ont la frite

Anodonta cygnea © Gilles Carcassès
Anodonta cygnea © Gilles Carcassès

Cette grande coquille de moule trouvée au bord de l’étang du Corra (Saint-Germain-en-Laye) mesure 12 cm !

Il existe en France une petite dizaine d’espèces de grandes moules d’eau douce, différenciables selon les caractéristiques générales de leur coquille, ainsi que la forme des dents d’articulation des valves. Cette espèce-ci est commune, c’est l’anodonte des cygnes. Fréquente dans les étangs, cette moule habite dans la vase, elle peut vivre cinq à dix ans et mesurer jusqu’à 20 cm.

Il existe des anodontes mâles, des anodontes femelles et parfois des individus hermaphrodites. Notons que malgré les efforts de scientifiques, il n’est pas possible de différencier, à partir de la coquille, le sexe de la moule.

Sa reproduction est originale : les œufs fécondés atteignent leur maturité dans les branchies marsupiales de la femelle, puis les petites larves crochues sont expulsées. Au terme de leur voyage dans l’étang, elles iront s’enkyster pendant quelques mois sur les branchies des poissons avant de se laisser tomber au fond et de vivre leur vie de moule.

Certaines espèces de moules d’eau douce américaines présentent de véritables leurres aux poissons qui, lorsqu’ils s’approchent, sont aspergés de ces larves parasites, nommées glochidies :

Une autre espèce de moule d’eau douce, la mulette perlière, parasite exclusivement dans sa vie larvaire la truite fario ou le saumon. C’est peu dire que cette espèce autrefois très répandue dans nos rivières est en grand danger…

La mulette perlière est à l’honneur dans le dernier numéro de La Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers

Une grosse moule asiatique invasive est arrivée en France en 1982, dans les branchies de carpes chinoises, elle apprécie les eaux chaudes et colonise le bassin Rhône-Méditerranée.

Les prédateurs des anodontes sont les carpes qui cherchent les jeunes moules dans la vase. Les rats musqués et les ragondins pêchent les grosses moules et s’en régalent. Celle de la photo présente un trou : peut-être le coup de bec d’un héron ?

Il est déconseillé de consommer les anodontes : leur chair, au demeurant fade et coriace, concentre les polluants.

http://94.23.240.121/abela/www/naiades_adour_garonne/Telechargement/plaquette_1.pdf

http://www.journal-malaco.fr/documents/Malaco_2010_06_Adam_278_287.pdf

http://www.life-moule-perliere.org/perles-precieuses.php

2 thoughts on “Ces moules ont la frite”

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