L'actualité de la Nature

Des pucerons avec un couvercle !

Momies sur une tige de rose trémière © Gilles Carcassès
Momies de pucerons sur une tige de rose trémière. Certaines d’entre elles sont encore occupées par le parasitoïde alors que d’autres déjà operculées ne sont plus que des enveloppes vides © Gilles Carcassès

Ces pucerons sont immobiles, gonflés comme des baudruches, et certains présentent une ouverture ronde au sommet de leur abdomen. On dirait de drôles de récipients ventrus, équipés d’un couvercle maintenu par une charnière.

C’est là l’œuvre de micro guêpes parasitoïdes de la sous-famille des Aphidiinae. Il en existe 120 espèces en France, toutes inféodées à diverses espèces de pucerons. Les adultes se nourrissent du miellat des pucerons (ses excréments sucrés). Après l’accouplement, la femelle pond un œuf à l’intérieur du puceron avec son ovipositeur et la larve fera tout son cycle de développement à l’intérieur de son hôte. L’adulte sortira au bout de 15 jours en opérant une découpe circulaire.

Leur fécondité, la brièveté de leur cycle de vie et le grand nombre de générations potentielles par an en font des auxiliaires redoutablement efficaces. Chaque femelle peut pondre jusqu’à 300 œufs ! Certaines espèces sont disponibles dans le commerce pour la lutte biologique en serre.

Ces insectes sont très sensibles aux insecticides. Il faut évidemment s’en abstenir au jardin pour bénéficier de leurs services.

Momie de puceron sous une feuille d'hortensia. La découpe moins régulière signe sans doute l'œuvre d'un représentant d'une autre sous-famille.  © Gilles Carcassès
Momie de puceron sous une feuille d’hortensia. La découpe moins régulière signe sans doute l’œuvre d’un représentant d’une autre sous-famille. © Gilles Carcassès

Sources :

https://www6.inra.fr/encyclopedie-pucerons/Pucerons-et-milieu/Antagonistes/Parasitoïdes

http://entomofaune.qc.ca/entomofaune/Pucerons/parasitoide.html

L'actualité des jardins

Gogotte et mascaron

Très content de ma journée, j’ai appris deux mots rigolos : gogotte, et mascaron !

© Gilles Carcassès
Mascaron, bosquet des Trois Fontaines – château de Versailles © Gilles Carcassès

Ces termes du vocabulaire technique des fontainiers m’ont été expliqués dans le parc du château de Versailles lors d’une visite du groupe régional de l’association Hortis en compagnie de Louis Benech, le paysagiste qui a conçu le tout nouveau jardin du Bosquet du Théâtre d’Eau.

Un mascaron est une sculpture grotesque à visage humain souvent placée dans les clés de voûte ou les fontaines.

Les gogottes sont des pierres de grès aux formes naturelles étranges et contournées ; on en trouve dans les sables de Fontainebleau.

Une rangée de gogottes sur un mur - bosquet des trois fontaines, château de Versailles © Gilles Carcassès
Une rangée de gogottes sur un mur – Bosquet des Trois Fontaines, château de Versailles © Gilles Carcassès

Alors, ce fameux Bosquet du Théâtre d’Eau ? Surprise, ce jardin est résolument contemporain : il intègre des fontaines en perles de verre du sculpteur Jean-Michel Othoniel. Quant à la palette végétale, il faudra patienter quelques années pour apprécier pleinement les choix subtils du paysagiste.

Bosquet du théâtre d'eau - château de Versailles © Gilles Carcassès
Bosquet du Théâtre d’Eau, château de Versailles © Gilles Carcassès
Fontaine au Bosquet du Théâtre d'Eau © Gilles Carcassès
Fontaine au Bosquet du Théâtre d’Eau © Gilles Carcassès

D’autres photos du Bosquet du Théâtre d’Eau

 

L'actualité de la Nature

Un trou dans le cigare

Il roule des cigares, mais ce n’est pas pour les fumer !

Le cigarier du noisetier réalise une profonde découpe dans une feuille puis il roule la partie pendante jusqu’à former un cylindre bien serré qui servira d’abri et de nourriture à sa larve.

En formation sur les insectes au CAUE du Val d’Oise le 20 juin 2015, nous avons trouvé un de ces cigares sur un noisetier, et un autre juste à côté sur un aulne à feuilles en cœur.

 © Gilles Carcassès
Apoderus coryli, le cigarier du noisetier, ne dédaigne pas les aulnes. © Gilles Carcassès
apoderus coryli cigare troué Pontoise 24 06 2015
Le trou de sortie du cigarier © Gilles Carcassès

J’ai placé le premier dans un bocal et quelques jours plus tard, un beau coléoptère rouge avec une drôle de tête est sorti par un joli trou bien rond.

 

Apoderus coryli recouvre sa liberté.  © Gilles Carcassès
Apoderus coryli, après la séance photo, recouvre la liberté. © Gilles Carcassès
L'actualité de la Nature

La mouche des fruits de la bryone

Au jardin de l’Ecole de Botanique du Jardin des Plantes de Paris, on fait toujours de belles rencontres.

Au bord de l’allée centrale, trône un beau pied palissé de bryone femelle en pleine floraison, dûment étiqueté Bryonia dioica. Voilà une plante qui mérite une petite inspection. Comme je l’espérais, Andrena florea est bien au rendez-vous. Cette élégante abeille sauvage est spécialisée dans la collecte du pollen de la bryone.

Goniglossum wiedemanni - Paris © Gilles Carcassès
Goniglossum wiedemanni – Paris © Gilles Carcassès

Mais un autre insecte s’affaire autour des fleurs et des jeunes fruits. C’est une petite mouche aux ailes bigarrées et aux yeux verts.

Je soupçonne fort ce diptère d’appartenir à la famille des Tephritidae. Un petit tour chez Dipera.info m’apprendra qu’une espèce de cette famille est justement inféodée à la bryone : Goniglossum wiedemanni, qui pond dans les fruits de cette plante.

Ce Goniglossum est proche d’autres espèces qui gâtent les fruits, les tristement célèbres « mouche de la cerise » et « mouche de l’olive ». On ne reprochera rien au Goniglossum, car les baies de la bryone sont toxiques. On les lui laisse.

Goniglossum wiedemanni s'approche d'un bouquet de fleurs de bryone. © Gilles Carcassès
Goniglossum wiedemanni s’approche d’un bouquet de fleurs de bryone. © Gilles Carcassès

La coccinelle de la bryone

https://natornatex.wordpress.com/2015/06/26/les-insectes-de-la-bryone/

L'actualité des jardins

Une bonne coupe pour l’été

Les brebis des pâtures de Cergy-Pontoise ont été regroupées mercredi 17 juin 2015 à la ferme d’Ecancourt pour la tonte annuelle.

Dans la salle d'attente © Gilles Carcassès
Affluence record dans la salle d’attente pour la tonte © Gilles Carcassès
La tonte d'un bélier © Gilles Carcassès
Un bélier, entre les mains expertes du tondeur © Gilles Carcassès

La tonte est un exercice qui requiert de la dextérité pour ne pas blesser les animaux.

Après la tonte © Gilles Carcassès
Fraichement tondus, les ovins sont vermifugés, recomptés et triés par pâture avant de rejoindre leurs prairies. © Gilles Carcassès
 Graines de gratteron et semences de graminées accrochées dans une toison © Gilles Carcassès
Graines de gaillet gratteron et semences de graminées dans une toison © Gilles Carcassès

Les toisons sont récupérées pour le filage de la laine. Elles subissent sur place un premier nettoyage des débris végétaux qui sont accrochés dans la laine. De nombreuses graines crochues sont adaptées pour ce mode dissémination par les animaux : on parle de zoochorie.

http://www.ferme.ecancourt.fr/blog/?p=2324

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Le bouillon-blanc de Neuville

Verbascum Thapsus, le molène bouillon blanc - Neuville © Gilles Carcassès
Verbascum thapsus, le molène bouillon-blanc – Neuville © Gilles Carcassès

Tous les jours en allant au travail, je passe devant ce gros pied de bouillon-blanc, près de l’université de Cergy-Pontoise à Neuville. Ces derniers temps, la tige est montée rapidement et on voit poindre les premières fleurs. Mais la plante a l’air sinistrée ; aurait-elle fait une mauvaise rencontre ?

Cucullia verbasci © Gilles Carcassès
Chenille de la brèche, Cucullia verbasci © Gilles Carcassès

La voilà, la responsable : la chenille de la brèche. Elles sont une bonne quinzaine à dévorer les feuilles de la plante, les transformant patiemment en dentelles.

Une toute petite mouche tournicote dans le secteur. C’est un représentant de la famille des Chloropidae. Plusieurs espèces de cette famille se nourrissent de sécrétions animales, et on les voit parfois lécher des larves d’insectes. Aussi, la concentration de chenilles sur cette plante n’est peut-être pas étrangère à la présence de ce diptère.

Meromyza - Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès
Meromyza – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès
Meromyza sur un verbascum © Gilles Carcassès
Meromyza sur un verbascum © Gilles Carcassès

Avec son abdomen bien vert et ses fémurs postérieurs dodus, je verrais bien là l’espèce Meromyza femorata dont la larve consomme une graminée, le dactyle aggloméré, très répandu dans les prairies voisines.

Brachymeria © Gilles Carcassès
Brachymeria © Gilles Carcassès

Ce micro-hyménoptère, tout aussi fort en cuisses, a l’air de s’intéresser également aux chenilles. Cette espèce est un parasitoïde connu pour pondre dans les chenilles de la piéride du chou. Dans celles de la brèche aussi, apparemment…

Alors, pour protéger vos choux, semez donc au jardin des bouillons-blancs. Si ça ne favorise pas les Brachymeria, ça fera joli.

Les insectes des bouillons-blancs

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Tsip-tsap

« Tsip-stap tsip-tsap … », c’est le chant du pouillot véloce, répété inlassablement, que l’on entend dès le printemps dans les bois clairs, les parcs et les jardins. Les anglais le nomment chiffchaff, les allemands zilpzalp, et en japonais, on dit « chifuchafu ». Nous n’avons pas tous les mêmes oreilles…

Phylloscopus collybita, le pouillot véloce - Osny © Gilles Carcassès
Phylloscopus collybita, le pouillot véloce – Osny © Gilles Carcassès

Avec un bec comme ça, c’est sûr, il n’est pas équipé pour casser les noyaux. Ce petit oiseau passe ses journées à picorer de petites proies dans les branchages. Il n’est pas farouche, mais son caractère très remuant le rend difficile à observer. Celui que j’ai photographié avait décidé de venir faire un brin de toilette sur une tige sèche de berce commune. Son poids lui permet ce genre de fantaisie : 8 grammes à peine ! N’oubliez pas Mesdames, pour rester poids plume, le secret du pouillot : un régime exclusif à base de pucerons et d’araignées et beaucoup, beaucoup d’exercice !

http://www.oiseaux-birds.com/fiche-pouillot-veloce.html

L'actualité des jardins

Renards sur canapés

Affiche promotionnelle de Cergy-Pontoise (1985)
Affiche pour la promotion de Cergy-Pontoise (1985) – exposition au pavillon de l’Arsenal

J’ai cru que ces deux renards qui s’apprêtent à siroter leur jus de pomme frappé étaient là pour faire valoir les atouts de la Nature en ville.

Pas du tout : ils incarnent, paraît-il, l’audace et le dynamisme des premiers habitants de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise. Un renard, c’est drôlement futé !

Au pavillon de l’Arsenal à Paris, une exposition fort intéressante retrace quarante ans de l’histoire de Cergy-Pontoise. Vous pourrez y admirer, parmi de nombreux autres trésors, la maquette géante de l’agglomération et la tête de la statue de Gargantua qui dominait le parc d’attraction Mirapolis, aujourd’hui fermé.

Maquette de Cergy-Pontoise © Gilles Carcassès
Maquette de Cergy-Pontoise © Gilles Carcassès
La tête de Gargantua © Gilles Carcassès
La tête de Gargantua © Gilles Carcassès

L’article de 13commeune sur l’exposition

 

L'actualité de la Nature

Les airbags de Malachius

Malachius bipustulatus - Pontoise © Gilles Carcassès
Malachius bipustulatus – Pontoise © Gilles Carcassès

Malachius bipustulatus est commun sur les fleurs en été. Il consomme du pollen et du nectar, et aussi des psylles et des pucerons. Sa larve est prédatrice des insectes xylophages dans le bois mort.

Malachius bipustulatus, toutes vésicules déployées © Gilles Carcassès
Malachius bipustulatus, toutes vésicules déployées © Gilles Carcassès

Ce Malachius, vu au jardin du CAUE à Pontoise, a réagi à la proximité de mon objectif. Il a fait face à l’intrus et a gonflé des poches rouges sur les côtés de son thorax et de son abdomen.  Elles dégagent une odeur d’éther. Leur forme, leur couleur et leur odeur sont censées décourager les prédateurs. D’autres espèces de coléoptères utilisent pour leur défense de telles vésicules exsertiles,  c’est aussi le cas de certaines chenilles, comme celle du machaon.

Cryptocephalus sur une feuille de peuplier noir - Courdimanche © Gilles Carcassès
Cryptocephalus rufipes sur une feuille de peuplier noir – Courdimanche © Gilles Carcassès

Cette toute petite chrysomèle semble bien posséder aussi des vésicules thoraciques, de couleur rose.

Malachius et compagnie

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Avez-vous vu un ver luisant ?

Lampyris noctiluca femelle, le ver luisant © Jeanne-Flore Blomme-Leveneur
Lampyris noctiluca femelle, le ver luisant © Jeanne-Flore Blomme-Leveneur

Quand j’étais gamin, je voyais souvent en été des vers luisants briller dans le noir. Je n’en vois plus. Est-ce parce que je circule moins à pied la nuit ? Est-ce ma vue qui baisse ? Ou bien sont-ils réellement devenus rares ?

Et vous qui vivez ou passez à Cergy-Pontoise, avez-vous repéré ces étonnantes bestioles ? J’attends avec impatience vos commentaires !

Le ver luisant, qui ressemble effectivement à un ver, est la femelle d’un coléoptère nommé lampyre. Son corps est sombre, mou, aplati, sans ailes ni élytres.

Le signal lumineux qu’elle émet à l’extrémité de son abdomen lui sert à attirer les mâles. Avec leurs gros yeux et leurs ailes puissantes, ils ont tôt fait d’arriver pour la copulation.

La femelle pond des oeufs faiblement lumineux dans les herbes, qui donneront naissance à des larves dévoreuses d’escargots. Leur technique de chasse est rodée : approche de l’escargot, anesthésie de la proie, injection de sucs digestifs, aspiration par les mandibules acérées et creuses, abandon de la coquille vide, escargot suivant.

La luminescence est aussi un message de dissuasion adressé aux prédateurs potentiels : les lampyres ont très mauvais goût !

Le monde fascinant des insectes noctiluques

Participez à l’observatoire des vers luisants