Une sortie de Natureparif à Cergy-Pontoise

Jardinière sur le parvis de la préfecture - Cergy © Marion Poiret

Jardinière sur le parvis de la préfecture – Cergy © Marion Poiret

Dans le cadre du colloque « Climat et biodiversité, la nature source de solutions en Ile-de-France » que Natureparif organisait du 28 au 30 septembre 2015, un groupe de visiteurs est venu lundi 28 septembre à Cergy-Pontoise pour une sortie commentée, conduite par la mission Développement durable et Biodiversité de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise.

Le circuit de visite a permis de montrer la végétalisation des pieds d’arbres de la place Charles-de-Gaulle, l’emploi des plantes vivaces en jardinières sans arrosage, la renaturation des bassins du parc François-Mitterrand, et les dispositifs de gestion des eaux pluviales au parc de la Croix-Petit.

L'entretien écologique du bassin du parc François-Mitterrand à Cergy © Marion Poiret

L’entretien écologique des bassins du parc François-Mitterrand à Cergy © Marion Poiret

La coulée verte à La Croix-Petit - Cergy © Marion Poiret

Parc de la Croix-Petit – Cergy © Marion Poiret

Les ombres mettent ici en relief les noues d’infiltration des eaux pluviales recueillies sur les voies environnantes.

Moineau domestique femelle © Marion Poiret

Pour témoigner des bienfaits de la Nature en ville, ce moineau domestique femelle est venu saluer amicalement la délégation © Marion Poiret

Le reportage vidéo de la sortie par Natureparif

Tanaisie

Tanaisie en fleurs - Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

Tanaisie en fleurs – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

On trouve la tanaisie presque exclusivement aux bords des voies de communication : fleuves, routes et chemins. Cette voyageuse d’origine probablement asiatique a peut-être suivi les grandes invasions. On peut imaginer les hordes de Barbares apportant avec eux leur pharmacopée traditionnelle : des graines de toutes les plantes utiles pour soigner Hommes et chevaux, et les semant dans les endroits où ils établissaient des campements durables. En fermant les yeux devant ces touffes de tanaisie, on pourrait presque entendre le hennissement des chevaux des steppes et les comptines des enfants dans une langue disparue.

L’odeur aromatique et camphrée de cette plante laisse soupçonner ses vertus médicinales. On lui prête une certaine efficacité antiparasitaire. La plante était autrefois employée contre les puces et les tiques, on en mettait quelques brassées dans la niche du chien. A forte dose la plante est abortive. Appelée autrefois « l’herbe aux vers », sa culture dans les jardins était déjà recommandée au 8ème siècle.

La tanaisie fleurit en été et en automne et ses fleurs sont très durables. On utilise parfois dans les jardins une variété ornementale crispée à feuilles de fougère. Quelques pépiniéristes la commercialisent sous l’appellation Tanacetum vulgare crispum. Comme l’espèce sauvage, c’est une vivace rhizomateuse assez conquérante.

Tanacetum vulgare crispum © Gilles Carcassès

Tanacetum vulgare crispum est ici associée à des asters © Gilles Carcassès

Des chercheurs ont testé ses effets en lutte biologique sur l’eudémis, un papillon ravageur de la vigne dont les chenilles perforent les grains de raisins. La tanaisie se comporte comme une plante piège : elle attire les femelles accouplées de ces papillons et elle inhibe leur comportement de ponte. Merci les Barbares !

L’orange des Osages

Fruit de Maclura pomifera - Cergy © Gilles Carcassès

Fruit de Maclura pomifera ou oranger des Osages – Cergy © Gilles Carcassès

Une promeneuse m’a parlé d’un fruit étrange qu’elle a trouvé sous un arbre à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise. Sur ses indications, j’ai reconnu un groupe de Maclura pomifera près de la base nautique.

Un maclura pomifera dans un espace vert © Gilles Carcassès

Un Maclura pomifera dans un espace vert © Gilles Carcassès

Cet arbre de petite taille nous vient d’Amérique du Nord.

Son fruit non comestible de la taille d’une orange a de quoi surprendre. C’est ce qui fait l’intérêt décoratif de cette espèce parfois plantée dans les parcs. Aux Etats-Unis, on en fait aussi des haies taillées.

Les indiens de la tribu des Osages utilisait le latex que contient cette plante pour leurs peintures corporelles et pour teindre leurs vêtements. Il paraît que cela teint la peau en jaune. Je n’ai pas essayé. Le bois est très dur, il servait à la confection d’arcs et de poteaux.

L’oranger des Osages

Le cimetière des escargots

Près du mail Gay-Lussac à Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

Près du mail Gay-Lussac à Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

En avance pour mon cours à l’Université de Cergy-Pontoise, je fouine dans les parages à la recherche de quelque sujet de nature à photographier. Dans le coin d’un ancien parking en enrobé encombré de pierres éparses, je trouve un rassemblement d’une vingtaine de coquilles d’escargots petits gris. Iraient-ils tous mourir en cachette dans cet endroit secret ? Pas vraiment, ils sont morts de mort violente : ces coquilles sont fracassées ! Alors, qui donc est le tueur d’escargots en série qui sévit à Neuville-sur-Oise ?

coquilles fracassées - Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

coquilles fracassées – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

Coquilles de petits gris - Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

Coquilles de petits gris – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

Un oiseau sait extraire le mollusque de sa coquille : c’est la grive musicienne. Elle saisit la coquille dans son bec en la prenant par l’ouverture et la frappe violemment sur une surface dure : une pierre plate, une bordure de jardin, le chaperon d’un muret… La grive musicienne, quand elle trouve une bonne enclume y rapporte ses escargots pour les manger. Cette habitude explique les concentrations de coquilles cassées que l’on trouve parfois dans les jardins.

Elle pratique souvent ainsi lorsque le sol est trop sec et qu’elle ne peut plus accéder aux vers de terre qui font à la belle saison une part importante de son alimentation. La grive musicienne consomme aussi des fruits. Les baies de sureau et de genièvre, les prunelles, les sorbes, les mûres, les raisins, les fruits des cornouillers sanguins, des houx, des aubépines, des cotonéasters font partie de ses menus d’automne et d’hiver. En fin d’hiver, lorsque tous les autres fruits sauvages ont disparu, les fruits du lierre qui mûrissent tard sont essentiels à sa survie.

Comme le merle noir et les autres espèces de grives, elle appréciera les pommes trop mûres laissées au sol à l’intention des oiseaux dans un coin tranquille du jardin.

Grive musicienne © Gilles Carcassès

Grive musicienne © Gilles Carcassès

La grive musicienne

La léotie lubrique

Leotia © Gilles Carcassès

Leotia lubrica, la léotie lubrique – Boisemont © Gilles Carcassès

La léotie lubrique se cache dans la mousse. Ce petit champignon ressemble à un clou jaune très visqueux. Ce toxique ne doit pas être confondu avec une jeune chanterelle en tube, d’autant plus qu’il pousse dans les mêmes stations.

Ce fut l’une des espèces peu communes découvertes en forêt de Boisemont mercredi 21 octobre 2015 lors de la sortie champignons organisée par la Maison de la Nature de Vauréal et animée par les membres du Club Mycologique Conflanais.

Craterellus tubaeformis, la chanterelle en tube © Gilles Carcassès

Craterellus tubaeformis, la chanterelle en tube – Boisemont © Gilles Carcassès

La chanterelle en tube, bon comestible, présente des plis sous le chapeau.
Macrotyphula fistulosa, la clavaire fistuleuse © Gilles Carcassès

Macrotyphula fistulosa, la clavaire fistuleuse – Boisemont © Gilles Carcassès

Un champignon sur talons aiguilles ! Cette autre curiosité croît sur le bois pourri, surtout sur le bouleau.
A la fin de la sortie, Marie-Louise Arnaudy, présidente du Club Mycologique Conflanais a donné d’intéressantes explications sur les champignons rassemblés par le public.
Marie-Louise Arnaudy à Boisemont le 21 10 2015 © Gilles Carcassès

Marie-Louise Arnaudy à Boisemont le 21 octobre 2015 © Gilles Carcassès

 Les participants ont ainsi pu apprendre tous les critères pour reconnaître les dangereuses amanites panthère et tue-mouches.

Crachat de lune

Crachat de lune (« gelée d’étoile » pour les anglais), c’est ainsi que l’on nomme le nostoc parce qu’il apparaît soudainement après la pluie. A l’état sec, le nostoc se racornit tellement qu’il devient très peu visible sur le sol.

Nostoc - Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

Nostoc – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

Mais qu’est-ce donc ? Contrairement aux apparences, ce n’est pas une algue. Ces amas gélatineux sont des colonies de bactéries, plus exactement de cyanobactéries, capables de photosynthèse et fixatrices d’azote atmosphérique.

Le nostoc est une algue terrestre © Gilles Carcassès

Le nostoc est verdâtre par transparence © Gilles Carcassès

Site favorable au nostoc - Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

Site favorable au nostoc – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

On trouve le nostoc sur les sols très pauvres, là où il n’y a pas de concurrence : des allées gravillonnées ou sablées, de l’enrobé, du béton, des talus caillouteux, des déserts. C’est une forme de vie pionnière qui va, en se dégradant, former les premières traces de matière organique sur les sols vierges. Le nostoc est capable de résister à de longues périodes de dessiccation, au gel, à l’exposition aux UV. Il est sans doute présent depuis le début de la vie sur Terre.

Dans certaines contrées d’Asie et d’Amérique du Sud, les nostocs sont consommés traditionnellement et seraient même assez nutritifs, mais la plupart des espèces de nostoc contiennent aussi de nombreuses toxines, plus ou moins dangereuses pour la santé humaine. Elles sans doute destinées à décourager les éventuels prédateurs.

Autrefois, les nostocs étaient ramassés pour la fumure des potagers, en raison de leur richesse en azote.

Le nostoc, consommé en Bolivie

Le cerf qui venait du Maroc

Installé sur cette poutre, il se repose avant de partir en chasse et nous présente ses pattes bien rangées : quatre d’un côté, quatre de l’autre, pour qu’on soit bien persuadé qu’il n’est pas un insecte (les insectes n’ont que six pattes, comme chacun sait).

dicranopalpus ramosus - Cergy © Gilles Carcassès

Dicranopalpus ramosus – vu au chalet Nature de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © Gilles Carcassès

Cet arachnide est l’opilion cerf, scientifiquement parlant Dicarnopalpus ramosus. Cette espèce aux pattes tactiles incroyablement longues, surtout la deuxième paire, est d’origine marocaine. Elle a été signalée au Portugal en 1948, en Espagne en 1965, en France en 1969, en Allemagne en 2004, au Danemark en 2010. Il fait désormais partie des 120 espèces d’opilions de la faune française, qui sont réparties en 11 familles. Les opilions sont communément nommés des « faucheux ». Comme les araignées, ces animaux sont carnivores. Ils chassent surtout la nuit.

L’opilion cerf ne possède pas de glande à venin et ne tisse pas de toile. Il capture ses proies à l’aide de ses pédipalpes, dont l’aspect rameux lui vaut son nom vernaculaire d’opilion cerf.

L'opilion cerf - Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © Gilles Carcassès

L’opilion cerf – Cergy © Gilles Carcassès

Sur cette vue rapprochée, on distingue ses deux petits yeux rapprochés et perchés au sommet de sa tête. La forme en massue des apophyses des pédipalpes (les « cornes du cerf ») nous renseigne sur son sexe : c’est une femelle.

L’opilion cerf est facile à observer sur les murs des maisons de juillet à novembre.

Les opilions