Ni bonnes, ni mauvaises

Elles s’immiscent dans les moindres fissures de murs et de  trottoirs, s’installent entre les pavés, s’invitent au sein des pelouses de nos jardins, dans les massifs fleuris et les jardinières. Une nature conquérante contre notre désir de nature domestiquée ?

Geranium molle, géranium mou. Ce petit géranium se distingue des autres espèces de géraniums par la présence sur sa tige de nombreux poils courts et longs en mélange. © Marion Poiret

Si aujourd’hui les préceptes esthétiques et de salubrité publique évoluent vers un retour du sauvage en ville, vers un peu moins de maîtrise et un peu plus de tolérance, les plantes sauvages ordinaires qui investissent nos villes ont encore mauvaise réputation. Elles interrogent notre perception de la propreté et de l’ordonnancement.

Et pourtant ces petites plantes méritent toute notre attention :

  • Parfois l’adventice vient au secours du concepteur pour inventer des mariages heureux de formes et de couleurs, entre une nature composée et une nature spontanée.
Stellaria media et Euphorbia characias © Marion Poiret

Stellaria media et Euphorbia characias. Ici, un mouron des oiseaux, espèce indigène, crée un joli contraste avec le gris bleuté d’une euphorbe characias. © Marion Poiret

  • La plupart de ces plantes sont des pionnières, capables de coloniser des espaces vierges et d’engendrer à partir de ce premier stade de nouveaux écosystèmes.
  • Elles ont aussi de nombreuses vertus médicinales. J’ai testé l’incroyable pouvoir du suc frais des feuilles de plantains contre une piqure de guêpe cet été sur mon petit garçon : épatant…Il sait fort bien reconnaître le plantain à présent.
plantago major, plantain

Plantago major, grand plantain © Marion Poiret

  • Elles sont une source de nourriture nécessaire à la survie des insectes et des oiseaux en ville. Mais l’homme s’en est également nourri pendant des siècles avant de les oublier. Les très jeunes feuilles et les épis floraux des plantains sont consommables cuits ou en salade. Les oiseaux sont friands de ses graines et de celles du mouron blanc.
sonchus oleraceus 01 MP cergy5nov- lght

Sonchus oleraceus, laiteron maraîcher. Riche en vitamine C, ses jeunes feuilles se dégustent en salade ou en omelette. Le laiteron maraicher a été longtemps utilisé comme fourrage pour les lapins. © Marion Poiret

Senecio vulgaris, séneçon commun. Les oiseaux apprécient les feuilles, les fleurs et les fruits du séneçon commun. © Marion Poiret

chénopode

Chenopodium album. Le chénopode blanc, comme le chénopode Bon-Henri, a une saveur proche de l’épinard, leur cousin…Cette plante a été consommée par nos ancêtres dès la préhistoire. © Marion Poiret

  • Les plantes ne poussent pas au hasard. Chaque espèce s’épanouit à un temps donné dans le milieu auquel elle est adaptée. Les plantes sauvages constituent donc en retour d’excellents témoins de l’état de nos sols. Sachons donc les observer. Le mouron blanc prolifère par exemple dans des sols riches en matière organique. C’est une plante indicatrice du bon équilibre du sol et d’une bonne minéralisation. Sur ce type de sol, nul besoin de fumure.

sauvages de ma rue : les outils d’identifications

sauvages de ma rue : participer au programme de sciences participatives

La cabane de Tellus : pour découvrir les « mauvaises herbes »

plantnet : photographiez et identifiez les plantes sauvages

Advertisements

2 réflexions sur “Ni bonnes, ni mauvaises

  1. Gilles Carcasses bonjourLes informations, que vous avez diffusées sur votre Blog, portant sur « l’éclairage au 21ème siècle et la biodiversité » et sur les adventices  » ni bonnes ni mauvaises »  sont en ligne sur le site internet de Grisy-les-Plâtres dans les articles de la page d’accueil « Au fil de l’actualité sur le territoire » et  » Des mauvaises herbes ” dans le paysage de Grisy :  » cheminement ethnologique dans le Vexin français »  Elles sont également diffusées dans la dernière newsletter de l’association « Jardinons ensemble en Vexin » ; voir en fichier joint. En vous remerciant de vos publications régulières et riches, je vous souhaite un joyeux Noël. Respectueusement. A RochetteAdjoint au maire de Grisy -les- Plâtres Secrétaire de l’association « Jardinons ensemble en Vexin ».

  2. Pingback: « Villages en herbes  | «Nature en ville à Cergy-Pontoise

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s