Une Grosse bête dans notre chalet…

Posée sur la fenêtre du chalet nature de l’Ile de Loisirs de Cergy, elle se fait bronzer au soleil du printemps. Cet étrange insecte nous interpelle par ses couleurs et sa forme. Il a une tête de punaise…Sortons nos livres !

PUNAISE 1

Au chalet de l’Ile de Loisirs de Cergy-Pontoise © Sylvain Daguenet

Pas de punaise dans nos pages avec des pattes aussi épineuses. Heureusement nous avons le plan G : envoyer les photos à Gilles pour détermination.

PUNAISE 2

Résultat : Leptoglossus occidentalis © Sylain Daguenet

Ah oui, l’image de l’article du blog de Gilles correspond tout à fait à notre visiteuse.

Pas étonnant pour une punaise des pins, notre chalet est en bois de pin ! Plus sérieusement le chalet est entouré de pins.

Drôle de moineau !

Ce n’en est pas un…

© Marion Poiret

Accenteur mouchet (Prunella modularis) vu à la gare d’Osny, perché sur un érable © Marion Poiret

Très discret, sauf lorsqu’il se perche pour chanter, ce petit oiseau ressemble fort au moineau domestique par sa taille et son plumage gris brun. Mais il s’en distingue par une dominante plus grise et une silhouette plus svelte. Et son bec long et fin trahit son régime alimentaire : c’est un insectivore.

© Marion Poiret

Accenteur mouchet  : un dos brun strié de noir, un bec fin et long © Marion Poiret

Le moineau domestique ne peut plus nicher sur certains bâtiments modernes dépourvus de cavités. © Gilles Carcassès

Moineau domestique femelle (Passer domesticus) : un bec court et large de granivore © Gilles Carcassès

Les accenteurs mouchets qui nichent sur notre territoire sont sédentaires mais la population hivernale de cette espèce est largement renforcée par des migrateurs en provenance d’Europe du Nord (jusqu’en Norvège). Cet oiseau se contente d’un territoire restreint, aussi il est fréquent de l’observer en ville, y compris dans les jardins de très petite taille.

Il installe son nid bien caché dans un buisson, souvent à moins de 1,50 mètre de hauteur. Sa vie amoureuse est un peu scandaleuse : les trios sont fréquents…

Son caractère sédentaire lui fait modifier son régime alimentaire en hiver : faute d’insectes, il se nourrit alors de graines au sol et de petites baies dans les arbustes.

Le chant de l’accenteur mouchet

Dans la série des grosses larves

Chenille d'hépiale © Gilles Carcassès

Chenille d’hépiale © Gilles Carcassès

Presque 4 cm de long : assurément, c’est une belle larve ! Elle était dans la terre d’une zone de friche au parc du château de Menucourt, sous une touffe d’herbe. On aperçoit ses trois paires de vraies pattes munies d’une griffe et plus loin sous l’abdomen ses fausses pattes qui l’aident dans sa progression souterraine. De sa chrysalide émergera un papillon de nuit assez discret aux ailes disposées en toit au repos. Les chenilles d’hépiales consomment les racines de nombreuses plantes, elles peuvent parfois causer des dégâts aux cultures. On ne compte dans cette famille que 9 espèces en France.

La petite hépiale du houblon par l’INRA

Les deux autres grosses larves que l’on peut trouver dans la terre du jardin

Zéro pesticide : en progrès mais peut mieux faire !

Natureparif vient de publier son nouveau rapport sur l’état des lieux de l’usage des pesticides par les communes en Ile-de-France. Ce rapport est accompagné de la carte mise à jour des déclarations des communes.

zéro phyto mars 2016Premier constat : les communes ont répondu plus nombreuses au questionnaire de Natureparif, ce qui permet de se faire une idée plus précise de la situation. Force est de constater que les communes dans leur majorité n’ont pas anticipé l’échéance du 1er janvier 2017 qui verra l’interdiction de l’usage des pesticides sur les espaces verts et la voirie. Seulement 18 % des communes déclarent ne plus utiliser de produits phytosanitaires. La chose pourtant est possible, comme le démontrent les communes les plus engagées. Natureparif, le Ministère de l’Agriculture et le CNFPT ont diffusé leurs bonnes pratiques. Deux de nos articles s’en étaient fait l’écho :

Rappelons pour ceux qui utilisent encore des produits phytosanitaires la nécessité de respecter la règlementation. Et pour y voir clair dans les dernières obligations, le site Ecophyto pro en zone non agricole tient une veille règlementaire bien utile.

Coccinelle à sept points - Cergy © Gilles Carcassès

Coccinelle à sept points – Cergy © Gilles Carcassès

 

 

Morilles, ou pas morilles ?

Alors, 2016 sera-t-elle un bonne année pour les morilles ? A Cergy-Pontoise, on commence à désespérer…
Mais cette jolie découverte est venue me réconforter.

Helvella monachella © Gilles Carcassès

Helvella monachella, l’helvelle petite-nonne – Cergy © Gilles Carcassès

Avec son chapeau marron foncé sur un pied blanc, cette helvelle printanière joue à fausse-morille. Les mycologues locaux signalent sa rareté. Pourtant, le 19 avril 2016, j’en ai vu deux belles stations : dans la pelouse d’un square public de Cergy et à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise. La consommation de cette espèce n’est pas recommandée, elle est même franchement toxique à l’état cru.

Faute de morilles, je suis allé ramasser quelques mousserons de printemps, au parfum envoûtant, en forêt de Saint-Germain-en-Laye.

Calocybe gambosa © Gilles Carcassès

Calocybe gambosa, le mousseron de printemps © Gilles Carcassès

En faisant ma cueillette, j’ai surpris ce Scaphidium quadrimaculatum, un beau coléoptère forestier amateur de champignons. J’ai pu faire une photo avant qu’il se laisse tomber dans les feuilles mortes.

Scaphidium quadrimaculatum © Gilles Carcassès

Scaphidium quadrimaculatum © Gilles Carcassès

En visite à Rosny-sous-bois

Natureparif avait convié à Rosny-sous-bois, le 5 avril 2016, son réseau d’animateurs nature à une journée de réflexion sur la place de la biodiversité dans la construction.

L'école maternelle des Boutours à Rosny-sous-bois © Gilles Carcassès

L’école maternelle des Boutours à Rosny-sous-bois. Derrière le muret arrondi se trouve la mare. © Gilles Carcassès

Lors de cette journée, nous avons pu visiter une éco-école inaugurée en 2014 et primée par l’Ademe. Cette réalisation innovante, de performance passive, est construite en bois, en terre et en paille (oui, oui, comme la maison des trois petits cochons !). Les sols intérieurs sont en vrai linoleum et les peintures ont été fabriquées à base d’huile de colza d’origine locale. La ventilation du bâtiment utilise un système de puits canadien et les façades sont respirantes, il paraît que c’est bien.

Evidemment, je me suis intéressé au jardin. La première chose que je remarque depuis la rue, c’est la belle friche plantée d’arbres et d’arbustes fruitiers. Enfin autre chose que de la pelouse et des platanes !… Son sol encore assez nu est colonisé par une bourgade de petites abeilles solitaires. Ces bonnes pollinisatrices parfaitement inoffensives sont en pleine activité. Une multitude d’espèces d’insectes habite cet endroit : les jardiniers de la ville n’utilisent plus de produits phytosanitaires dans les espaces verts.

Les eaux pluviales de la rampe d’accès technique alimentent une mare bien végétalisée où somnolaient jusqu’à notre arrivée deux canards de passage.

Plus loin, des saules tressés en forme de cabanes invitent au repos (mais quelle idée bizarre d’attacher les branches des arbustes avec des colliers de serrage en plastique qui blessent les écorces ?). Sous le paillage de certains massifs en copeaux de bois, je remarque les habituels mais évitables textiles non-tissés.

La toiture jardin de l'école des Boutours © Gilles Carcassès

La toiture jardin de l’école des Boutours © Gilles Carcassès

Nous grimpons sur le toit par de très beaux escaliers intérieurs tout en bois garanti non exotique. Et là, surprise, c’est un vrai grand jardin, avec des arbres fruitiers, des framboisiers, des légumes, des prairies fleuries, des composteurs et des bacs de récupération des eaux de pluie ! Quelques semis de carottes bien trop serrés montrent que le jardin est vraiment utilisé par les enfants.

Toiture végétalisé à l'école des Boutours © Gilles Carcassès

Terrasse végétalisée à l’école des Boutours © Gilles Carcassès

Une partie ordinairement non accessible de la toiture, de conception plus classique, est équipée d’un jardin sec avec du thym, des sedums et une autre plante qui pourrait être un Petrorhagia saxifraga.

Sur le chemin du retour, nous traversons le réfectoire à l’heure du goûter ; chacun évoque ses souvenirs d’école maternelle. Les enfants d’aujourd’hui ont bien de la chance.

La fenêtre du couloir avec vue sur la paille © Gilles Carcassès

La fenêtre du couloir avec vue sur la paille de construction © Gilles Carcassès

Pour en savoir plus sur cette réalisation : Présentation de l’école maternelle des Boutours

Merci à Natureparif pour cette journée instructive et aux collègues de Rosny-sous-bois pour leur accueil chaleureux.

 

Trésor des fèves et fleur des pois

Le trèfle porte-fraise Trifolium fragiferum photographié au Verger à Cergy le jour de la formation © Gilles Carcassès

Le trèfle porte-fraise, Trifolium fragiferum, photographié au Verger à Cergy © Gilles Carcassès

Qu’ont en commun le trèfle, le pois de senteur, le haricot, le robinier, l’ajonc, la gesse, le mimosa, la luzerne, l’arachide ? Toutes ces plantes sont des légumineuses. Maintenant, les botanistes utilisent le terme de Fabaceae (de Faba, la fève) pour désigner cette grande famille. La Société Nationale d’Horticulture de France organise un colloque scientifique le 20 mai 2016 à Paris : Trésor des fèves et fleur des pois, le génie des légumineuses. Vous pourrez lors de cette journée faire le tour de l’actualité des légumineuses avec les meilleurs spécialistes du moment.

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