L’asclépiade, une belle qui sait se défendre

© Gilles Carcassès

Asclepias syriaca – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

J’ai l’impression qu’elle grandit chaque année un peu plus, cette tache d’asclépiade au bord de la route près de l’Université, à Neuville-sur-Oise. Cette plante vivace drageonnante à la végétation généreuse est une échappée de jardin qui s’est naturalisée là. Elle est en passe de devenir envahissante. En Amérique du Nord, c’est elle qui nourrit les chenilles des monarques, ces célèbres papillons qui migrent par millions et passent l’hiver au Mexique.

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Fruits d’Asclepias syriaca © Gilles Carcassès

La forme recourbée de ses fruits lui vaut son surnom d’herbe aux perruches et ses graines plumeuses celui d’herbe à la ouate.

L’asclépiade commune laisse échapper lorsqu’on la blesse un abondant latex blanc qui dissuade les lapins et les chevreuils de la consommer. Pour compléter sa protection contre les brouteurs de tout genre, sa sève contient aussi des cardénolides. Ces substances toxiques à effet cardiaque sont employées en Afrique pour la fabrication de flèches empoisonnées : elles sont extraites d’espèces proches, appartenant à la même famille (les Apocynaceae).

Ses fleurs, en revanche, sont plus accueillantes : très parfumées, elles attirent bon nombre de pollinisateurs, notamment les bourdons.

A Cergy-Pontoise, j’ai repéré deux stations de cette plante : celle-ci à Neuville-sur-Oise qui est repérée dans la Flore d’Ile-de-France, et une autre près du bassin Blanche-de-Castille à Saint-Ouen l’Aumône. Dans les deux cas, elles ont très certainement pour origine un ancien dépôt sauvage de déchets de jardins.

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L’asclépiade commune en fleurs © Gilles Carcassès

Mais je vois des formes au revers de certaines feuilles… En m’approchant, je découvre des colonies d’insectes jaunes vifs.

Quelle est donc cette espèce capable, à l’instar de la chenille du monarque, de résister à l’arsenal chimique de l’asclépiade ? Je vous donne un indice : elle se régale aussi du laurier rose, une autre Apocinaceae toxique.

Ceci n’est pas un scorpion

Ocypus © Gilles Carcassès

Ocypus sp. – forêt de Saint-Germain-en-Laye, en fin d’après-midi © Gilles Carcassès

J’ai encore agacé un insecte avec ma manie de photographier tout ce qui bouge. Ce staphylin odorant  cherche à m’intimider : ses mandibules écartées sont prêtes à me mordre si je l’attrape, et l’extrémité de son abdomen relevé déploie ses glandes odorantes blanches. Cet insecte nécrophage aux mœurs nocturnes ne sent pas la rose… On dit qu’il ne mange pas que des cadavres : quantité de petits insectes, des vers et des mollusques seraient aussi à son menu.

Je ne peux vous montrer une deuxième photo, car il n’a pas demandé son reste. Et ce grand chasseur court vite ! Il s’est glissé dans un trou sous la litière et n’est pas reparu.

Les animations de la Maison de la nature de Vauréal (octobre à décembre 2016)

La maison de la nature de Vauréal a programmé de nombreuses animations pour ce quatrième trimestre 2016.

Je vous recommande particulièrement en octobre :

  • le 22 un concours de soupes de légumes,
  • les 26 et 29 deux sorties champignons,
  • le 28 un atelier de fabrication de cabanes à hérissons…

Et ne manquez pas le 27 le mystérieux monde des fourmis !

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Camponotus vagus, une très grande fourmi qui habite dans le bois sec des arbres morts © Gilles Carcassès

 

C’est la saison du bison !

Dans le jardin de la ferme d’Ecancourt, j’ai croisé un tout petit bison.

La silhouette étrange du membracide bison © Gilles Carcassès

La silhouette étrange du membracide bison © Gilles Carcassès

Stictocephala bisonia, le membracide bison, est originaire d’Amérique du Nord. Il est arrivé en France au 19 ème siècle et prospère dans les zones humides. C’est en août et septembre qu’on peut le rencontrer en marchant dans les hautes herbes. Dérangé, il s’envole et fonce tout droit sur quelques mètres. Il suffit pour l’approcher de repérer sur quelle feuille il s’est posé.

Comme beaucoup d’homoptères suceurs de sève, il produit du miellat. Ses plantes de prédilections sont le saule, l’orme, le frêne, l’aubépine… Au verger, il peut aussi s’attaquer aux pommiers.

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Stictocephala bisonia © Gilles Carcassès

La femelle insère ses œufs dans l’écorce des branches. Les larves n’éclosent qu’au printemps suivant et se nourrissent de plantes herbacées.

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Centrotus cornutus © Gilles Carcassès

Le demi-diable (Centrotus cornutus) est l’une des trois espèces de Membracidae indigènes en France. Je l’ai déjà rencontré à Cergy.

Plus que 100 jours pour passer au zéro phyto

100joursCe message du Ministère de l’Environnement est paru dans La Gazette des Communes le 19 septembre 2016. En complément, des reportages s’appuyant sur des exemples concrets seront publiés dans ce même hebdomadaire les 26 septembre et 3 octobre 2016.

Sur ce même sujet, voici un bel outil pratique mis au point par la DRIAAF Ile-de-France pour les jardiniers professionnels :

La DRIAAF est la Direction Régionale Interdépartementale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt d’Ile-de-France.

Cameraria ohridella, la mineuse des feuilles du marronnier © Gilles Carcassès

Cameraria ohridella, la mineuse des feuilles du marronnier © Gilles Carcassès

On trouve sur son site, dans la rubrique Santé et protection des végétaux, les bulletins de santé du végétal (BSV). Le dernier paru pour les zones non agricoles est celui du 16 septembre 2016. On y décrit les dégâts et les tendances régionales du moment pour de nombreux ravageurs et maladies fréquents dans les jardins et espaces verts : chenilles processionnaires du pin, pyrale du buis, mineuse du marronnier

Le jardin éphémère de l’Institut du Monde Arabe

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Jardin éphémère sur le parvis de l’Institut du Monde Arabe, à Paris © Gilles Carcassès

Ce jardin éphémère (jusqu’au 25 septembre 2016) est né de la rencontre d’un grand paysagiste, Michel Péna, et d’un artiste réputé pour ses anamorphoses, François Abélanet.

Les fleurs de jasmins et les plantes aromatiques embaument l’air… Un salon invite à la détente.

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Les structures végétalisées © Gilles Carcassès

D’étonnantes structures végétalisées semblent prendre leur envol. Le visiteur est invité à prendre de l’altitude par une rampe installée en périphérie du jardin.

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Anamorphose © Gilles Carcassès

En un point précis du circuit de visite, on découvre l’anamorphose : ce dessin en étoile n’est qu’une illusion d’optique. Epatant !

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Les rosiers en pot © Gilles Carcassès

Un double alignement de roses parfumées des pépinières Delbard encadre majestueusement un bassin d’eau vive.

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Motacilla cinerea © Gilles Carcassès

Une bergeronnette des ruisseaux y trempe ses pattes roses sans se soucier des visiteurs. Elle est sûrement en migration car c’est la pleine saison du passage post-nuptial. Elle picore de-ci de-là. Je décide de m’approcher pour étudier le menu du jour.

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Larve d’éphémère © Gilles Carcassès

Oh ! Dévinez quoi, des larves d’éphémères ! Dans le bassin d’un jardin éphémère : voilà qui coule de source… Chapeau, les artistes !

La jussie rampante

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Ludwigia peploides © Gilles Carcassès

Cette plante flottante vue dans l’étang de la Galiotte à Carrières-sous-Poissy est la jussie rampante (Ludwigia peploides). Originaire d’Amérique du Sud (comme le ragondin), elle est capable d’asphyxier rapidement des plans d’eau grâce à son extraordinaire rapidité de croissance : la masse d’une tache de jussie peut doubler en trois semaines ! C’est, avec Ludwigia grandiflora (l’autre jussie invasive) l’une des pires plantes exotiques envahissantes en France, extrèmement préjudiciable à la biodiversité des milieux aquatiques. Les jussies affectionnent les étangs, les berges au sol détrempé, les cours d’eau lents, les fossés, parfois les prairies humides.

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Fleur de Ludwigia peploides. © Gilles Carcassès

Leurs jolies fleurs sont la cause de leur présence sur notre sol : elles ont été introduites pour embellir les bassins d’ornement et puis se sont multipliées dans la nature.

Si nos cygnes et nos canards les délaissent, il semble qu’un petit coléoptère indigène puisse grignoter leurs feuilles, sans toutefois réussir à lui faire beaucoup de mal. Il s’agit de la galéruque du nymphéa qui fait parfois de la dentelle des feuilles flottantes de ces belles plantes de bassin.

Couple de Galerucella nymphaeae sur une feuille de nymphéa. © Gilles Carcassès

Couple de Galerucella nymphaeae sur une feuille de nymphéa. © Gilles Carcassès

Les jussies se bouturent naturellement à partir de très petits fragments, aussi leur éradication d’un bassin contaminé est quasiment impossible. Leur contrôle nécessite une surveillance régulière et des arrachages manuels minutieux. Depuis 2007, la vente des deux espèces de jussies est interdite en France.

Ludwigia grandiflora et Ludwigia peploides font partie de la liste des espèces végétales envahissantes considérées comme préoccupantes pour l’Union européenne (en vigueur depuis le 3 août 2016).