L'actualité de la Nature

Dans mon compost : la punaise élégante

Aphanus rolandri – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

La véloce du compost !

Très facile à reconnaître cette petite punaise avec son losange orange sur les hémélytres !

Aphanus rolandri est difficile à photographier car elle a la bougeotte, se faufile partout et en plus elle court vraiment très vite pour une punaise. Elle vit au sol dans des endroits riches en matière organique et bien pourvus en cachettes (pierres, cailloux, déchets végétaux). Un gros tas de bois broyé est pour cette punaise un lieu de vie idéal.

Sa rapidité laisserait supposer des qualités de chasseuse. En fait, elle se nourrirait de graines. Si elle court vite, c’est sans doute pour échapper à tous ceux qui voudraient la manger…

Retrouvez nos articles sur les habitants du compost :

Dans mon compost : les collemboles

Dans mon compost : la blaniule mouchetée

Dans mon compost : le cloporte rugueux

L'actualité des jardins

Fleurissement parisien : le palmarès 2019

J’ai eu le grand honneur de faire partie du jury professionnel externe du concours des décorations florales estivales de la ville de Paris. Les intentions des équipes concurrentes et les plantes qu’ils ont utilisées sont détaillés dans les fichiers en téléchargement de la présentation du concours.

Voici quelques images des réalisations des lauréats :

Jury des parisiens

Prix coup de cœur

Square Léon Serpollet (18ème) © CACP – Gilles Carcassès

Un jardin potager un peu fou, avec de bien beaux assemblages.

Square Léon Serpollet (18ème) © CACP – Gilles Carcassès

Oh, la tour Eiffel, plus belle que nature !

Prix de la décoration la plus originale

Dalle d’Ivry (13ème) © CACP – Gilles Carcassès

Une rivière sèche et ses joyeuses éclaboussures ! Des plantes aromatiques s’invitent parmi les galets pour le plus grand bonheur des abeilles.

 

Catégorie 1 : décorations inférieures à 100 m²

Prix décerné par le jury professionnel externe

square Cardinal Petit de Julleville (17ème) © CACP – Gilles Carcassès
Square Cardinal Petit de Julleville (17ème) © CACP – Gilles Carcassès

Un jardin blanc en anneau, relevé d’or et d’argent. Tout en subtilité, il invite à la méditation.

Prix décerné par le jury professionnel interne

Square Henri Huchard (18ème) © CACP – Gilles Carcassès

Le jury a admiré la maîtrise chromatique et la parfaite insertion dans l’environnement.

 

Catégorie 2 : décorations de 101 à 200 m²

Prix décerné par le jury professionnel externe

Square Villemin (10ème) © CACP – Gilles Carcassès

Un décor très fin, tout en contrastes et en transparence.

Prix décerné par le jury professionnel interne

Parc Suzanne Lenglen (15ème) © CACP – Gilles Carcassès

Une invitation au voyage, des origines les plus lointaines au futur hypothétique de l’Humanité, avec une mise en scène très poétique à découvrir tout le long d’un parcours au cœur même du massif.

 

Catégorie 3 : décorations de 201 à 500 m²

Prix décerné par le jury professionnel externe

Square Carnot (12ème) © CACP – Gilles Carcassès

On ose à peine entrer sous la « yourte » de peur de déranger les trolls qui sans doute y habitent. Nos regards indiscrets découvrent leurs mini-potagers, leurs réserves gourmandes, leurs cachettes secrètes…

Square Carnot (12ème) © CACP – Gilles Carcassès

Humains, courbez la tête pour passer sous les lourdes guirlandes de cobée !

Prix décerné par le jury professionnel interne

Square Saint-Lambert (15ème) © CACP – Gilles Carcassès

Les massifs ont été cette année éclatés en triangles pour évoquer les voyages et la dérive des continents. De nombreuses plantes, comme ces Helianthus salicifolius rappellent les jaillissements de la fontaine monumentale du square.

 

Catégorie 4 : décorations supérieures à 501 m²

Prix décerné par le jury professionnel externe

Jardin de l’Ecole Du Breuil (12ème) © CACP – Gilles Carcassès

Cette année l’école Du Breuil a présenté un jardin à la découverte des plantes psychotropes et de leurs effets, caché dans un couloir de graminées géantes ! On ne sort pas indemne de ce parcours initiatique. Cela vaut le détour !

Prix décerné par le jury professionnel interne

Parc floral de Paris (12ème) © CACP – Gilles Carcassès

La qualité esthétique d’un massif ne dépend pas forcément de la complexité de la composition ! Le parc floral nous fait cette année encore de belles démonstrations avec une talentueuse simplicité.

Parc floral de Paris (12ème) © CACP – Gilles Carcassès

Le Parc floral présente aussi un « massif fleuri du futur » faisant une très large place aux plantes indigènes et même aux adventices ! Cet aménagement durable sera adapté au fil des années en fonction du développement des vivaces présentes.

Prix spéciaux décernés par le jury professionnel interne

  • Qualité de l’entretien compte-tenu des contraintes : Esplanade des Invalides
  • Première présentation : Square des Saint-Simoniens
  • Utilisation des plantes régionales : Square du Sergent Aurélie Salel
  • Suivi du Thème « Des plantes et des hommes : les services rendus par la nature » : Darses du bassin de la Villette

Bravo et merci aux jardiniers parisiens de nous offrir de si belles inspirations !

Retrouvez nos articles :

Fleurs estivales : quoi de neuf à l’école Du Breuil ?

Fleurissement 2018 : mes coups de cœur parisiens

L'actualité de la Nature

Une punaise en or

Une punaise en or ! – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Les sauges de Russie (Perovskia atriplicifolia) qui bordent le mail Mendes France et le boulevard de l’Oise à proximité bourdonnent d’abeilles domestiques. Je fais parfois sur cette plante de belles rencontres : la punaise de la jusquiame, ou la chrysomèle du romarin par exemple. Cette fois-ci, c’est une splendeur jaune qui m’a tapé dans l’œil. A croire que cet insecte connaît le principe des couleurs complémentaires !

Nezara viridula – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Il pousse le raffinement coloré jusqu’aux yeux et aux antennes dont le brun violacé s’harmonise délicatement avec les tons de la fleur.

Nezara viridula (détail)- Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

L’examen du scutellum me permet de l’identifier : un point noir dans chaque angle encadre trois points blancs, c’est bien Nezara viridula, la punaise verte ponctuée. Les deux dragées blanches collées près de sa tête ne sont pas des friandises mais les œufs d’une mouche parasite de la famille des Tachinidae.

Couple de Nezara viridula – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Sur une autre branche, je trouve ce couple de la même espèce dans une livrée plus ordinaire. Sur fond vert, les points blancs sont plus visibles. L’un des deux individus a aussi écopé d’un œuf de tachinaire au coin de l’œil.

Nezara viridula juvénile – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Et voici, plus loin, une forme juvénile de Nezara viridula, reconnaissable à ses taches rouges et blanches sur fond noir.

Mais que fait-elle en jaune ?

La membrane est bien transparente et non laiteuse, ce qui indique que cet adulte a émergé depuis longtemps et qu’il a sa couleur définitive. Il s’agit en fait d’une forme très rare, dénommée aurantica (ou type Y) par les spécialistes. Elle a déjà été vue en Italie du Nord et peut-être aussi en Croatie. Je soupçonne une arrivée avec une plante de pépinière italienne…

Sources :

La punaise verte ponctuée, par ephytia

Polymorphism of the Southern Green Stink Bug Nezara viridula Linnaeus, 1758 (Hemiptera: Pentatomidae) In Vietnam, par Thai Thi Ngoc Lam, Truong Xuan Lam and Tran Ngoc Lan

Retrouvez notre article :

Squatteur de salle de bains (Nezara viridula dans sa forme torquata

L'actualité de la Nature

Nez-de-rat

Bravo à Thierry, Ophélie et Philippe qui ont percé le mystère !

Aelia acuminata, la punaise nez-de-rat – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

On comprend à sa figure pourquoi on nomme cet insecte la punaise nez-de-rat.

Aelia acuminata – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Les agriculteurs la connaissent sous le nom de punaise des blés. On rencontre Aelia acuminata sur les graminées sauvages ou cultivées et elle s’attaque aux grains en formation. En Europe méridionale et en Afrique du Nord, elle peut faire des dégâts sensibles dans les champs de céréales.

Retrouvez d’autres punaises de la famille des Pentatomidae (les punaises à bouclier) :

La punaise de l’épiaire

Punaises du chou

Palomena et Nezara

L'actualité de la Nature

Pammene aurana, la pyrale de la berce

Chocolat à l’orange ?

Sur une fleur de berce commune – parc du château de Grouchy (Osny) © CACP – Gilles Carcassès

Au bord d’un chemin dans le parc du château de Grouchy à Osny, j’ai rencontré ce curieux petit papillon bicolore sur une ombelle de berce.

Pammene aurana – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Visiblement il se délecte du nectar de cette fleur fraichement éclose.

Les rayons du soleil du matin font miroiter ses écailles :

Pammene aurana – Osny © CACP – Gilles Carcassès

A ses gros yeux et sa silhouette, je soupçonne la famille des Tortricidae, de petits papillons de nuit souvent nuisibles aux cultures. Malgré son look bien typé, j’ai un peu de mal à l’identifier car il n’est pas souvent photographié. Il s’agit de Pammene aurana, une espèce inféodée aux berces. Les chenilles se protègent dans des toiles collectives tissées dans les inflorescences de la berce commune puis consomment les graines de cette plante. Elles hibernent dans un cocon de soie dans le sol. L’année suivante, au début de l’été, les papillons émergent et gagnent les fleurs des berces.

Retrouvez d’autres belles découvertes faites au parc de Grouchy, dans ces articles :

Le pic mar

La saperde perforée

Deux plumes d’Indien

Encore vivante !

L'actualité des jardins

Fleurs estivales : quoi de neuf à l’école Du Breuil ?

Carrés de présentation des plantes estivales – Ecole Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Chaque été, j’aime bien rendre visite à mes amis de l’école Du Breuil qui mettent en scène avec beaucoup de passion et de talent une extraordinaire collection de plantes à massifs pour le fleurissement estival. Voici quelques-uns de mes coups de cœur 2019 :

Composition savante – Ecole Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Salvia canariensis ‘Candidissima’ au feuillage très blanc et à la floraison pourpre généreuse  associée ici au Petunia hedgiflora Tidal Wave ‘Red Velour’.

Rudbeckia triloba ‘Prairie Glow’ © CACP – Gilles Carcassès

Pas nouveau, mais toujours aussi gracieux, le léger Rudbeckia triloba ‘Prairie Glow’. Pétales en rouge et or : on dirait l’œuvre d’un peintre.

Rudbeckia hirta ‘Dever Diasy’ et Petunia hedgiflora Tidal Wave ‘Rose Cerise’ © CACP – Gilles Carcassès

Un rudbeckia un peu fou qui semble vouloir s’échapper de la composition.

Helichrysm italicum ‘Coco giant’ Ecole Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

L’école Du Breuil nous l’avait déjà montré en 2017, cet Helichrysum aux feuilles longues et étroites renouvelle un peu le genre des plantes à feuillage blanc.

Eschscholzia californica ‘Rose chiffon’ – Ecole Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

La facilité de culture bien connue de l’Eschscholzia, dans une tonalité tendre et lumineuse.

Zea mays ‘Field of dream’ © CACP – Gilles Carcassès

Pour les amateurs de curiosités colorées, les marbrures roses du maïs décoratif ‘Field of Dream’ (pas très visibles vues de loin, malheureusement).

A l’an prochain !

Aux carrés de présentation des estivales – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez mes coups de cœur de l’année précédente :

Estivales 2018

Et d’autres articles sur les jardins de l’école Du Breuil :

Le jardin d’Hélène

Retour sur la rencontre technique du 27 septembre 2016 à l’école Du Breuil

Un potager d’exception

L'actualité de la Nature

Le physocéphale à bandes

Face de beurre !

Physocephala vittata, de la famille des Conopidae – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Phycephala vittata est ainsi nommée en raison des étroites bandes dorées qui ornent son abdomen (vittata = enrubanné en latin). C’est une espèce peu commune, endoparasite de plusieurs espèces de bourdons, de l’abeille domestique, du frelon européen, de la guêpe germanique et du philanthe apivore.

Physocephala vittata – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Le cinquième segment abdominal porte un appendice permettant de s’accrocher en vol aux hyménoptères qu’elle parasite. L’œuf doté d’un crochet est solidement fixé sur le corps de l’hôte. La larve de Physocephala vittata se nourrit des organes internes de son hôte et se nymphose dans son corps au bout d’une quinzaine de jours.

Les adultes émergent à la sortie de l’hiver et consomment le nectar des fleurs de scabieuses ou d’ombellifères.

La famille des Conopidae compte 60 espèces en France.

Source :

Les conopides de la Manche, par Manche Nature

Retrouvez d’autres diptères parasites :

Peleteria iavana, belle mouche épineuse

L’anthracine morio

Malacophages

Ectophasia, jolie mouche de Grouchy

L'actualité de la Nature

Le mélampyre des champs

Melampyrum arvense – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Le mélampyre des champs est une plante annuelle assez rare, de la famille des Orobanchaceae, hémiparasite de nombreuses plantes herbacées, dont la luzerne et l’ivraie vivace. Elle peut aussi parasiter le blé. Ses graines, mêlées au blé, donnait parfois au pain une coloration violacée peu appétissante.

Carte de répartition de Melampyrum arvense en Ile-de-France – Florif

L’espèce est assez fréquente en basse vallée de la Seine aux abords des champs sur sol calcaire, ou dans les prairies rocailleuses. Nous en avons découvert quelques pieds sur un mètre carré au bord d’un champ à Vauréal, seule station à notre connaissance sur Cergy-Pontoise. A notre demande, l’exploitant de la parcelle concernée préservera le site en luttant contre son embroussaillement par une fauche tardive annuelle.

Le mélampyre des champs © CACP – Gilles Carcassès

Les bractées roses de l’épi floral portent des nectaires qui sont sans doute destinés aux fourmis. Profitant de leur visite, elles emportent des graines pourvues d’un élaïosome nutritif et disséminent ainsi la plante. Le mélampyre des champs fait en effet partie des espèces myrmécochores, comme le lamier pourpre, la chélidoine, ou le cyclamen coum.

Sources :

Fiche de Melampyrum arvense, par Florif

Mélampyre des champs : le blé noir, par Sauvages du Poitou

Retrouvez le portrait d’autres Oranbanchaceae :

L’orobanche pourprée, plante rare et protégée

L’orobanche du lierre

L'actualité de la Nature

Ceci n’est pas une mouette !

Sternes pierregarins à la toilette © CACP – Gilles Carcassès

Cet oiseau qui prend son bain n’est pas une mouette. Son bec rouge à pointe sombre et sa calotte noire sont les éléments distinctifs de la sterne pierregarin. L’oiseau qui est à gauche est un juvénile.

Sternes pierregarins (Sterna hirundo) – Carrières-sous-Poissy © CACP – Gilles Carcassès

Le jeune, ici, quémande de la nourriture. Une petite colonie de sternes pierregarins s’est établie à l’étang de la Galiotte grâce à l’installation, dans le cadre de l’aménagement du parc du peuple de l’herbe, de radeaux flottants garnis de graviers et de tuiles en U renversées permettant aux poussins de se mettre à l’abri des oiseaux prédateurs en cas d’attaque.

Pour comparer, voici sur le même rivage une mouette rieuse dans son plumage d’été, avec son capuchon couleur chocolat.

Mouette rieuse © CACP – Gilles Carcasses

Cette mouette ferait bien de se méfier : ces vieux filets de pêche sont des pièges mortels pour les oiseaux lorsqu’ils se prennent les pattes dedans.

Mouette rieuse ou sterne pierregarin ? © CACP – Emilie Périé

Sources :

La sterne pierregarin, par Oiseaux.net

La sterne pierregarin, par La Salamandre

Retrouvez nos belles histoires de mouettes :

Belle nordique, on sait où tu es née !

Zdzmouette ?

Cergy-Pontoise, on y revient !