L'actualité de la Nature

Panorpes, les éboueurs de la nature

Drôle d’allure, ces mouches-scorpions !

Panorpa vulgaris – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

Voici une panorpe mâle, reconnaissable à son abdomen relevé et terminé par un volumineux organe copulateur. Il est facile de comprendre pourquoi on surnomme ces insectes des mouches-scorpions. Bien sûr, ça ne pique pas.

Sur cet individu, les ailes sont fortement tachées et la tache basale (la plus proche de l’attache de l’aile) est bien marquée : il s’agit de l’espèce Panorpa vulgaris.

Panorpa germanica – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Cette autre espèce a les ailes bien moins tachées que Panorpa vulgaris. La disposition des taches alaires m’orientent vers l’espèce Panorpa germanica, la plus commune des espèces de panorpes en France. A l’extrémité pointue de son abdomen, on voit que c’est une femelle.

Tête de panorpe – Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès

La tête des panorpes a une forme allongée singulière, les mandibules et les palpes sont au bout de ce « bec ».

Les panorpes se nourrissent d’insectes morts ou blessés, ils n’hésitent pas à consommer les proies des araignées emballées dans leurs fils de soie. A l’occasion aussi ils profitent du nectar des fleurs et du miellat. Leurs larves carnassières vivent dans le sol.

On rencontre les mouches-scorpions dans les haies, les sous-bois, les jardins, les zones humides. Je les vois souvent sur les orties et les ronces, et au jardin dans les groseilliers.

Une toute petite famille

Le genre Panorpa ne compte que 7 espèces visibles en France. La détermination se fait par l’examen des taches et de la nervation des ailes, la forme du 6ème segment de l’abdomen du mâle, les organes sexuels. Elle est parfois rendue délicate par la variation des dessins alaires au sein d’une même espèce.

Sources :

Mécoptères de France et du Paléartique occidental, par Pierre Tillier (clés de détermination, photographies, atlas des différentes espèces)

Clé simplifiée des panorpes mâles, par Le Monde des insectes

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L’amaurobe féroce

Amaurobidae – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Nounours

En retournant une écorce tombée à terre au pied d’un vieux frêne, je découvre cette belle araignée. Entièrement couverte de longs poils soyeux, elle semble d’une incroyable douceur. Pour mieux l’observer, je l’invite à rentrer dans un petit bocal en verre le temps de faire quelques photos.

Amaurobius ferox mâle © CACP – Gilles Carcassès

La présence des bulbes copulatoires, extrémités renflées de ses pédipalpes en forme de gants de boxe, me renseignent sur son sexe. C’est un mâle. Il a au bout de ses palpes les clés pour ouvrir le sexe des femelles de son espèce.

Gants de boxe ou trousseaux de clés ?

Amaurobius ferox © CACP – Gilles Carcassès

La forme et la disposition des crochets des bulbes copulatoires sont des critères de détermination très importants chez les araignées.

Il a tué sa mère !

Chez cette espèce, les enfants dévorent leur mère qui se liquéfie peu à peu après la ponte. Cela leur procure les protéines nécessaires pour un bon départ dans leur vie de petites araignées.

Source :

Amaraubius ferox, fiche descriptive par l’INPN

Retrouvez d’autres portraits d’araignées :

L’épeire à quatre points

La petite bouteille

Belle blonde, à pattes de léopard

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Dans mon compost : les staphylins

Ocypus aethiops © Gilles Carcassès

On dénombre plus de 58 000 espèces de staphylins dans le Monde. En Ile-de France, 602 espèces ont été répertoriées.

Ces coléoptères, souvent de couleur sombre, sont reconnaissables à leurs élytres courts.

Ils fuient la lumière et ont des régimes alimentaires variés.

Au compost, ils sont les rois !

Les plus grosses espèces (de l’ordre de 3 centimètres) sont des prédateurs d’insectes, de vers, de gastéropodes ou de cloportes. Les plus petites sont prédatrices de collemboles et d’acariens et certaines espèces sont tout simplement détritivores. D’autres encore se nourrissent de cadavres ou d’excréments.

Voici une larve d’un staphylin de grande taille, peut-être le très commun Ocypus olens, le staphylin odorant.

Larve de staphylin – Cergy © Gilles Carcassès
Staphylin, peut-être du genre Omalium © Gilles Carcassès

J’ai trouvé cette autre espèce, très petite (4 millimètres), dans des feuilles mortes. Il pourrait bien s’agir d’un adulte du genre Omalium. Les espèces de ce genre sont réputées consommer toutes sortes de matières en décomposition.

Tachyporus hypnorum © Gilles Carcassès

Cette espèce bicolore, également très petite, vit sous les écorces et dans le bois pourri.

La détermination des staphylins n’est pas aisée et nécessite la plupart du temps d’occire l’animal pour observer de très petits détails. Je préfère leur laisser la vie sauve en faisant l’impasse sur leur identité exacte.

Observations au compost

Vous n’avez pas encore de compost chez vous et vous souhaitez pouvoir valoriser vos déchets organiques et observer la faune incroyable qui s’y développe ? Si vous habitez Cergy-Pontoise, sachez que la Communauté d’agglomération peut vous fournir des composteurs, que vous soyez en habitat pavillonnaire ou en collectif.

Sources :

Clé des sous-familles de Staphilinidae, par Quel est cet animal

Voir aussi les clés de détermination à télécharger dans Cettia Ile-de-France

Les staphylins, par Ephytia (INRA)

Retrouvez d’autres habitants du compost :

La blaniule mouchetée

La punaise élégante

Le cloporte rugueux

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Les beautés cachées du polypore soufré

polypore soufré
Laetiporus sulphureus, le polypore soufré © Gilles Carcassès

Au parc du peuple de l’herbe – septembre 2016

Je l’ai repéré de loin ! Le tronc d’un gros saule blanc cassé par une tempête est envahi par le polypore soufré, un champignon aux couleurs et aux formes exubérantes.

polypore soufré
Fructifications de Laetiporus sulphureus © Gilles Carcassès

Février 2020, au même endroit

Trois ans et demi plus tard, j’ai retrouvé le gros arbre cassé et le champignon est toujours présent. Mais il a perdu de sa superbe, ses couleurs ont passé et des morceaux sont tombés au sol.

Laetiporus sulfureus
Le vieil arbre et son polypore © Gilles Carcassès

Des locataires, on dirait ?

galeries d'insectes
Galeries d’insectes dans le polypore soufré © Gilles Carcassès

Les frondes de polypore présentent de nombreuses galeries. Mais qui donc habite là ? Je décide d’en éplucher un morceau, à la recherche des habitants. La consistance est tendre, friable et presque crémeuse. On en mangerait presque…

Ma première rencontre est un Pediacus, un tout petit coléoptère forestier de la famille des Cucujidae, famille dont j’ignorais même l’existence. Il paraît que c’est un prédateur de larves. Pour un prédateur, il n’est pas bien vif ! Il faut dire que ses proies potentielles dans le champignon ne sont pas mobiles.

Pediacus sp. © Gilles Carcassès

Un moucheron émerge entre mes doigts, il explore quelques instants le dessus de ma main avant de s’envoler. C’est un membre de la famille des Mycetophilidae, dont les larves sont mycétophages, comme leur nom l’indique.

Mycetophilidae © Gilles Carcassès

Ça y est, je crois que je tiens les responsables des trous à la surface du polypore. Ces petits coléoptères noirs sont rangés à la queue-leu-leu dans leur galerie.

Eledona
Eledona agricola © Gilles Carcassès

Il s’agit d’une petite rareté, Eledona agricola. Cet insecte de la famille des Tenebrionidae est inféodé au polypore soufré.

Un autre insecte, furtif et fusiforme, se trémousse, galope et se cache sans cesse. Pour pouvoir le photographier, je le capture en douceur et le place dans un pot en verre. Les parois sont glissantes, il ne peut plus m’échapper ! Je profite d’une petite pause pour lui tirer le portrait avant de le relâcher. Cette jolie petite espèce est un staphylin, il s’agit de Tachyporus formosus. C’est sans doute aussi une espèce mycétophage.

Tachyporus
Tachyporus formosus © Gilles Carcassès

Je ne regrette pas mon exploration à l’intérieur de ce champignon, qui m’a réservé de bien belles surprises. Je crois que je vais maintenant lorgner sur d’autres espèces de champignons de souche, il y a tant à découvrir !

Retrouvez notre article :

Qui mange les champignons ?

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Les deux rouquins

Trop choux !

Paillette
Paillette – Ferme pédagogique de Pontoise – parc du château de Marcouville © Gilles Carcassès

J’ai fait une petite visite amicale à la ferme pédagogique de Pontoise, gérée par l’association Les Z’herbes folles, pour admirer la vedette du moment : Paillette, velle jersiaise (1), née à la ferme le 31 décembre 2019. Elle a les beaux yeux de sa race. Curieuse de découvrir le Monde, elle galope et fait des sauts de cabri, sans toutefois trop s’éloigner de sa mère aux mamelles généreuses.

Ecureuil roux – parc du château de Marcouville © Gilles Carcassès

Celui-ci n’a pas de nom de baptême car c’est un animal sauvage, ce qui ne l’empêche pas d’avoir aussi une bonne bouille ! Je l’ai surpris en plein repas au fond du parc du château de Marcouville.

Venez les voir !

La ferme est ouverte au public les week-ends et les jours fériés de 13h30 à 17h30 (horaires d’hiver). Vous pouvez suivre l’actualité de la ferme sur la page facebook de l’association.

(1) velle jersiaise = veau femelle d’une race de petit gabarit originaire de l’île de Jersey. Ce sont des vaches jersiaises qui broutent les pâtures royales du parc du château de Windsor en Angleterre.

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L’amateur de fibres longues

L’écureuil à la carte

Le nain rouge et les deux pestes

L'actualité de la Nature

Un collembole rondouillard

La pêche aux collemboles est ouverte !

Armé d’une feuille morte de dipladénia, je m’amuse à recueillir les petites bêtes qui flottent à la surface de l’eau d’une grande soucoupe au jardin.

Collemboles sauvés des eaux © Gilles Carcassès

Bonne pioche !

Je crois que j’ai attrapé un représentant de la famille des Dicyrtomidae, ces sympathiques collemboles tout en rondeurs. Celui-ci est délicatement décoré.

Collembole de la famille des Dicyrtomidae © Gilles Carcassès

Cliquez sur l’image ci-dessus pour l’agrandir et admirer la finesse des dessins de ce collembole !

J’ai le plaisir de vous présenter Dicyrtomina ornata

Cette espèce très commune dépasse à peine le millimètre et est active surtout l’hiver. Elle est facile à reconnaître avec ses motifs géométriques. Dicyrtomina ornata vit au sol sous les feuilles mortes, se nourrissant de moisissures et de végétaux en décomposition. Aussi c’est un acteur très important de la fabrication de l’humus et de la fertilité des sols.

Dicyrtomina ornata © Gilles Carcassès

Cet individu est mort et l’on voit sa furca, ordinairement repliée sous son abdomen et tendue comme un ressort. Cet appendice fourchu lui sert à effectuer des sauts impressionnants, de l’ordre de 50 fois sa longueur !

Retrouvez d’autres collemboles :

Dans mon compost, les collemboles

Vertagopus arboreus, un collembole violet

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Champignon rose dans les branchages

Illosporiopsis christiansenii, champignon parasite de lichens © CACP – Gilles Carcassès

Sur les branches de mon figuier, j’ai trouvé cette chose rose, pas plus grosse qu’une tête d’épingle. Serait-ce la fructification d’un lichen inconnu ?

Il s’agit en fait d’un champignon qui parasite des lichens des genres Physcia, Physconia et Xanthoria. Ce curieux ascomycète est présent un peu partout en France mais il est peu observé, sans doute en raison de sa taille minuscule.

Illosporiopsis christiansenii © CACP – Gilles Carcassès

Observé à la loupe, Illosporiopsis christiansenii est d’aspect irrégulier et granuleux. Le lichen jaune vert est Xanthoria parietina, le gris aux lobes ciliés est Physcia adscendens/tenella. Ils sont tous les deux très communs sur les troncs des arbres.

J’ai déterminé les lichens grâce à la clé du programme de science participative Lichens Go !

Source :

Illosporiopsis christiansenii, par l’Association française de lichénologie

Retrouvez d’autres ascomycètes :

Les oreilles de la Terre

Les bras m’en tombent !

Les gâteaux d’Alfred

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Vertagopus arboreus, un collembole violet

Des invités dans l’eau de pluie © CACP – Gilles Carcassès

Dans mon jardin de Poissy, j’ai disposé une bassine qui me permet de récolter de l’eau de pluie pour l’arrosage des orchidées que je cultive à la maison. Visiblement, je n’ai pas transvasé que de l’eau dans ma bouteille : des petites bêtes sombres nagent et sautent à la surface. C’est l’occasion d’étrenner mon tout nouveau jouet, un microscope de poche adaptable sur l’objectif du smartphone.

Collemboles en famille © CACP – Gilles Carcassès

Ce sont des collemboles. De gros adultes (de l’ordre d’un millimètre) voisinent avec de plus jeunes, d’une jolie teinte violette, que je n’avais pas vus à l’œil nu.

Vertagopus arboreus © CACP – Gilles Carcassès

Les pattes claires, le corps bleu violacé d’aspect irisé et la forme des antennes m’orientent vers l’espèce Vertagopus arboreus de la famille des Isotomidae. On voit sur la tête du bébé, tout en bas, les ocelles sombres, organes rudimentaires de vision. Ces collemboles très communs vivent sur les troncs des arbres ou sur le bois mort. On peut les trouver en regardant sous les écorces. Ils consomment des déchets organiques. C’est le vent qui les aura apportés dans ma bassine sans doute.

Sources :

collembola.org

collemboles.fr

Retrouvez d’autres collemboles dans cet article :

Dans mon compost : les collemboles

Un autre beauté violette :

Le carabe purpurin

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Une biodiversité qui se porte bien !

Je suis allé pour vous à Paris aux rencontres nationales Lichens Go ! C’est un nouveau programme de science participative dédié au suivi des lichens sur le tronc des arbres en ville.

Détermination de lichens avec la clé de Lichens Go ! © CACP – Gilles Carcassès

J’ai révisé les critères de détermination des espèces les plus courantes : c’est dur mais avec une bonne loupe on peut y arriver.

Le recueil des données Lichens Go ! sur un tronc de paulownia place Jussieu © CACP – Gilles Carcassès

Ensuite je me suis exercé aux travaux pratiques sur le terrain. On a créé un attroupement de curieux…

Et l’après-midi, des conférences très intéressantes ont complété notre érudition sur le sujet. Comme pour les oiseaux et les insectes, je m’attendais à ce que l’on nous annonce le déclin de la diversité des espèces de lichens. Mais non ! Les lichens des troncs d’arbres en ville se portent comme des charmes. Pour preuve ce graphique extrait de la présentation de Simon Rivart, chercheur à l’UMS Patrimoine Naturel :

Le nombre d’espèces de lichens est en nette progression à Paris depuis 1981. Les suies de la combustion du charbon, puis le SO2 de celle des fiouls lourds avaient eu raison de la diversité lichénique de la capitale. Et si la pollution de l’air urbain n’a pas disparue, il faut bien reconnaître que l’impact dramatique des pluies acides sur la végétation est derrière nous.

Xanthoriz
Xanthoria parietina sur le tronc d’un hêtre – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez notre autre article :

Lichens

Liens utiles :

Clé de détermination de Lichens Go !

Protocole Lichens Go !

Retrouvez trois exposés sur les lichens lors des rencontres naturalistes 2018 :

Les lichens de la région Île-de-France, par Rémi Poncet

Évolution temporelle des cortèges lichéniques du 19è siècle à aujourd’hui à Paris et à l’Arboretum de Chevreloup, par Simon Rivart

Le programme de Sciences participatives Lichen Go ! par Simon Rivart

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La piéride de la rave

Chenille de Pieris rapae © CACP – Gilles Carcassès

Joli contraste !

Dans un massif fleuri automnal, ce très beau chou frisé décoratif héberge quelques chenilles. J’en dégage une des plis du feuillage pour mieux la photographier. Avec cette tête verte et une ligne jaune sur le dos, pas de doute, c’est la chenille de la piéride de la rave, Pieris rapae, de la famille des Pieridae.

Elle présente aussi une ligne jaune discontinue sur le flanc.

A quoi ressemble l’adulte ?

Pieris rapae, la piéride de la rave, sur une lavande – Maurecourt © CACP – Gilles Carcassès
Couple de piérides du chou, Pieris brassicae © CACP – Gilles Carcassès

L’adulte se différencie de la piéride du chou, Pieris brassicae, par la forme de la tache noire présente à l’apex de l’aile antérieure : vaguement rectangulaire, elle s’étend sur le bord antérieur alors que chez la piéride du chou cette tache est en forme de croissant aux deux extrémités effilées. Autre différence : la piéride de la rave est plus petite que celle du chou.

Source :

Pieris rapae, par l’Atlas des papillons de jour d’Ile-de-France (Cettia)

Retrouvez dans cet article une autre espèce de la même famille :

Mais où sont passées les femelles ?