L'actualité de la Nature

La chrysomèle de Banks

Chrysolina bankii © CACP – Gilles Carcassès

Immanquable, cette chrysomèle sur sa fleur de zinnia ! Les élytres brillants et fortement ponctués sont noirs avec des reflets cuivrés. La tête, les palpes, les antennes, les pattes et le dessous du corps sont d’un beau rouge Bordeaux.

Chrysolina bankii, vue de profil © CACP – Gilles Carcassès

Pas de doute, c’est la chrysomèle de Banks. On rencontre Chrysolina bankii sur les menthes et d’autres Lamiaceae comme le marrube. J’ai photographiée cette espèce méridionale en Aveyron. Elle est également présente dans tout l’ouest de la France, et aurait même été vue dans le Val d’Oise, selon l’INPN. Ouvrons l’œil !

Chrysolina polita – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

Attention à ne pas la confondre avec Chrysolina polita, la chrysomèle polie, qui fréquente aussi les menthes !

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Elles mangent les lavandes

Bonbon à la menthe

Le gribouri à deux taches

Casside

Petits bijoux cachés dans les herbes

L'actualité de la Nature

Le brochet

Jeune brochet – Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © Eric Nozerac

Son museau pointu n’évoque-t-il pas une broche ?

Son nom viendrait de cette ressemblance. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il n’embroche pas ses proies, il les engloutit, au terme de l’accélération puissante mais brève que lui permet son corps musclé et profilé. Le brochet chasse en embuscade parmi les branches immergées et la végétation aquatique. Il fonce sur tout ce qui passe à sa portée : poissons de toutes sortes, écrevisses, et même canetons !

Les femelles, qui peuvent atteindre un mètre et peser jusqu’à 30 kilos, pondent des milliers d’œufs au printemps dans les herbes aquatiques à faible profondeur. Quelques-uns de ces œufs seulement donneront des brochetons d’avenir. Le jeune brochet, s’il ne s’est pas fait manger avant, peut atteindre 30 cm au terme de sa première année. Ses flancs sont marqués de barres claires qui s’estomperont avec l’âge.

Chair empoisonnée…

Comme tous les superprédateurs, sa chair accumule fortement les polluants tels que le plomb, le mercure, le PCB, les pesticides, les dioxines… Ainsi, dans les fleuves et rivières trop pollués sa consommation est interdite. Les sages pêcheurs sont bien avisés de relâcher les brochets près capture !

Source :

Le brochet, par l’INPN

Retrouvez un autre article sur les poissons de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise :

Les deux perches

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La cicadelle qui n’existait pas

Cicadella viridis, la cicadelle verte, sur une feuille d’ortie – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

Les cicadelles vertes mâles sont bleues !

Dans la prairie humide de la ferme d’Ecancourt, les cicadelles vertes sautent et s’envolent à notre approche. Certaines sont d’un beau bleu comme celle ci-dessus, ce sont les mâles. Les femelles sont d’un vert amande. Cette espèce est assez commune dans toutes les régions de France, elle se nourrit de la sève des plantes, et pond ses œufs dans les jeunes rameaux des arbustes.

Cicadelle inconnue ?

En vacances cet été dans le Lot, j’ai cherché les cicadelles au bord d’un ruisseau. En voilà une joliment colorée ! Zone humide + coloration bleu-vert = Cicadella viridis, me dis-je… Mais celle-ci est bizarre, il lui manque les taches noires caractéristiques sur les yeux et le dessus de la tête. Elle est plus trapue, et plein de petits détails anatomiques ne collent pas. A l’évidence c’est une autre espèce, mais laquelle ? Il m’a fallu l’aide de spécialistes pour comprendre : cette cicadelle n’existe pas !

Jikradia olitoria, vue dans le Lot © CACP – Gilles Carcassès

Ce serait Jikradia olitoria, une espèce commune au Canada et aux Etats-Unis, connue pour être vecteur d’une maladie virale du fraisier. Elle a déjà été vue en Italie, en 2014 et une autre fois en Dordogne, en 2016. L’espèce n’est pas encore répertoriée dans la base de données nationale de l’INPN. Ses origines sans doute ne lui font pas craindre le froid ; aussi est-elle peut-être déjà en Ile-de-France, cachée dans les troupeaux de cicadelles vertes ? Chasseurs de cicadelles, à vos filets fauchoirs !

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

A la Maison des insectes

A la maison des insectes du Parc du peuple de l’herbe, venez admirer les papillons exotiques fraichement éclos dans leur serre !

Le papillon comète de Madagascar dort sur un schefflera © CACP – Gilles Carcassès

Argema mittrei, le papillon comète des forêts de Madagascar est le plus grand lépidoptère nocturne producteur de soie. L’adulte est incapable de se nourrir et ne vit que quelques jours, le temps de se reproduire.

Heliconius melpomene sur une fleur de canna © CACP – Gilles Carcassès

Les chenilles d’Heliconius melpomene consomment des passiflores dans les forêts tropicales d’Amérique du Sud et centrale.

Dryas iulia s’est posé sur Julie ! © CACP – Gilles Carcassès

Le Flambeau est aussi un amateur de passiflores. On l’observe du Texas au Brésil et dans les Antilles.

Dytiscus marginalis © CACP – Gilles Carcassès

Le dytique bordé m’observait du fond de son aquarium. Cette espèce indigène de nos mares est présente dans le Val d’Oise. C’est un prédateur qui consomme des têtards, des alevins, des larves de tritons… L’extrémité des pattes antérieures des mâles est élargie et dotée de ventouses pour pouvoir s’agripper aux femelles.

Bien d’autres merveilles vous attendent à la maison des insectes : blattes souffleuses de Madagascar, phasmes géants, cétoines d’Afrique, scorpions, mygales… Et bien sûr les animateurs de la Maison des insectes sont là pour répondre à toutes vos questions !

Maison des insectes © CACP – Gilles Carcassès

La Maison des insectes est aussi un très bel espace, parfaitement adapté pour la présentation pédagogique de tous ces arthropodes.

Le jour de l’inauguration, il y avait trop de monde, je n’avais pas pu faire la photo avec Pupuce.

Pupuce, la mascotte © CACP – Gilles Carcassès

C’est chose faite, en compagnie de Jeanne-Flore, la créatrice de ce blog, maintenant animatrice nature au Parc du peuple de l’herbe.

Présentation de la Maison des insectes, jours d’ouverture et tarifs, c’est ici

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Le souchet vigoureux

Cyperus eragrostis – Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès

J’ai trouvé au bord de la mare des Grands jardins à Courdimanche cette jolie plante qui rappelle les papyrus que les jardiniers utilisent pour le décor des massifs fleuris.

Cyperus alternifolius, fenouil et rudbeckia annuel dans un massif fleuri parisien © CACP – Gilles Carcassès

Les deux espèces couramment utilisées en fleurissement sont le très grand Cyperus papyrus, originaire du delta du Nil et Cyperus alternifolius, de taille plus modeste, originaire de Madagascar.  Aux Grands jardins, il s’agit de Cyperus eragrostis, qui nous vient d’Amérique du Sud et est vendu en pépinière. A la différence des deux autres, cette espèce est rustique. Elle est classée invasive de niveau 0 (non encore évaluée) par le Conservatoire botanique national du Bassin parisien. Bien installée dans le Sud-Ouest, elle progresse vers le nord et est très rare en Ile-de-France. Dans cette mare, sa présence est sans doute la conséquence d’une initiative malheureuse. Elle est accompagnée en effet d’une autre plante invasive beaucoup plus dangereuse pour le milieu, le myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum) que l’on voit en arrière-plan.

Myriophyllum aquaticum, le myriophylle du Brésil © CACP – Marion Poiret

Ce myriophylle, qui se différencie des espèces de myriophylles indigènes par ses feuilles largement émergées, est une plante invasive de niveau 2 (sur une échelle de 5). Elle est encore très peu observée en Ile-de-France mais pourrait devenir problématique en raison de sa forte capacité de dispersion par boutures naturelles.

Sources :

http://www.gt-ibma.eu/espece/cyperus-eragrostis/

http://www.gt-ibma.eu/espece/myriophyllum-aquaticum/

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L’azuré porte-queue

Lampides boeticus, l’azuré porte-queue © CACP – Gilles Carcassès

J’ai profité d’une dernière belle journée de novembre pour voir si les plates-bandes fleuries du potager fruitier du château de La Roche-Guyon étaient encore visitées par des insectes. Je croyais rencontrer des bourdons sur les fleurs des grands tithonias, mais à ma grande surprise, c’est un papillon qui s’est présenté ! Celui-ci est brun avec de longs poils bleus sur le dessus du corps et des ailes ; deux ocelles noirs encadrent une fine queue sur chaque aile postérieure. C’est l’azuré porte-queue. Je ne l’avais encore jamais vu ! Sa chenille consomme de nombreuses espèces de fabacées : pois, luzernes, ajoncs, baguenaudier…

Lampides boeticus – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Au revers, il est brun marbré de beige avec une barre claire bien marquée sur l’aile postérieure. Quelques écailles vertes illuminent ses ocelles.

Un grand migrateur

Ce papillon est commun dans le sud de la France, on le trouve dans les cultures, les friches, les prairies, les jardins. Malgré sa petite taille, c’est un bon migrateur et il ne passe pas l’hiver dans notre région. Cette espèce a été vue l’été dernier à Montreuil ; peut-être fréquente-t-elle aussi Cergy-Pontoise ? Il faudra patienter jusqu’à l’été prochain pour prospecter car les observations se font généralement entre août et octobre…

La fiche de l’espèce dans l’Atlas des papillons de jour sur Cettia Ile-de-France

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Les deux perches

Je n’y connaissais rien en poissons. Jacques, animateur nature à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise et fin pêcheur, a fait mon initiation. Maintenant, je sais reconnaître les deux espèces de perches qui peuplent les bassins de l’Ile de loisirs.

La perche commune

Perca fluviatilis, la perche commune – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Toute zébrée, voici la perche commune. C’est un poisson carnassier qui peut mesurer jusqu’à 50 cm pour un poids de 3 kg. La perche commune apprécie les eaux calmes des étangs et aime se cacher sous les pontons ou parmi les rochers. Sa chair est réputée. Les pêcheurs savent qu’il faut faire attention en la manipulant car sa nageoire dorsale épineuse est très piquante. C’est un animal grégaire qui se regroupe en bancs et chasse à plusieurs les petits poissons. Cette espèce consomme aussi des crustacés, des vers, des larves d’insectes…

La perche soleil

Lepomis gibbosus, la perche soleil © CACP – Gilles Carcassès

Introduite en France en 1877, la perche soleil est une espèce invasive originaire d’Amérique du Nord. On la reconnaît aisément à ses vives couleurs. Chez cette espèce au comportement territorial, la ponte s’effectue dans un nid préparé par le mâle à très faible profondeur. Les œufs des autres poissons semblent sa nourriture préférée, aussi la perche soleil est-elle réputée nuisible. Elle peut atteindre une vingtaine de centimètres de long et n’a aucun intérêt culinaire (ce qui aggrave sérieusement son cas !).

Jeune perche soleil – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Comme chez la perche commune, la nageoire dorsale déployée de la perche soleil est impressionnante, et piquante !

Leurre pour la pêche au brochet © CACP – Gilles Carcassès

Toutes carnivores qu’elles soient, les perches sont elles-mêmes des proies de choix pour le brochet, comme l’atteste ce leurre articulé arborant les rayures de la perche commune.

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Encore une jolie mouche

Bravo à Eric, Xavier, Patrick et Denis qui ont su percer le secret de la photo mystère de novembre 2017 !

Urophora cardui © CACP – Gilles Carcassès

Je vous présente Urophora cardui, l’insecte qui sortira au printemps de la galle de la tige du chardon des champs. Ici, il s’agit d’une femelle, on voit au bout de son abdomen son ovipositeur. Et voici le mâle :

Urophora cardui mâle © CACP – Gilles Carcassès

On peut rencontrer en France une dizaine d’espèces d’Urophora. Les plus communes sont Urophora stylata que l’on peut voir sur les cirses, surtout le cirse commun (Cirsium vulgare), Urophora cardui sur le chardon des champs (Cirsium arvense), Urophora quadrifasciata essentiellement sur les centaurées, Urophora solsticialis sur les Carduus

Urophora solsticialis © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez un autre article relatif au genre Urophora :

Urophora stylata

 

 

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Ligne continue : pas doubler !

Mine sur feuille de peuplier blanc © CACP – Gilles Carcassès

Quel animal fait ces beaux dessins sinueux sur une feuille de peuplier blanc ? C’est une chenille mineuse, de la famille des Gracillariidae, très probablement Phyllocnistis xenia. Elle creuse une galerie en se nourrissant des tissus de la feuille, laissant derrière elle ses excréments de couleur brune en ligne continue dans le milieu de la galerie.

Synema globosum, l’araignée Napoléon © CACP – Gilles Carcassès

J’ai déroulé le repli de la feuille pour voir si la chenille s’y cachait. C’est un prédateur que j’ai trouvé : l’araignée Napoléon, dans sa rare forme blanche. Tout le monde aura reconnu sur l’abdomen de l’araignée le célèbre bicorne et les épaulettes de la veste !

La famille des Gracillariidae est très vaste, elle compte 144 espèces en France.

Retrouvez nos articles sur d’autres Gracillariidae :

La mineuse du platane, ça existe

Scène de crime dans ma véranda

La mineuse du marronnier

La mine digitée du robinier