L'actualité de la Nature

La coccinelle des friches

Hippodamia variegata – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

La coccinelle des friches ressemble à la coccinelle à sept points mais elle est de forme plus allongée et ses points sont groupés vers l’arrière de ses élytres.

Hippodamia variegata – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

J’aime beaucoup le dessin en noir et blanc qui évoque une tête de panda ou de ouistiti sur son thorax (encore une paréilodie !).

Cette coccinelle apprécie les plantes hautes dans les endroits chauds. Plusieurs générations se succèdent dans l’année. Elle consomme beaucoup de pucerons, mais aussi des cochenilles, du pollen, du nectar et du miellat.

C’est une auxiliaire très active au potager et au verger.

Sources :

Hippodamia variegata, par Encyclop’Aphid

La coccinelle des friches, par l’Atlas de biodiversité de Vauréal

L'actualité de la Nature

Vive le trèfle porte-fraise !

Strawberry fields forever ?

Champs de « fraises » à Vauréal © CACP – Emilie Périé

Des champs de fraises à Vauréal ? N’en déplaisent aux Beatles, il ne s’agit ici que du trèfle porte-fraise, Trifolium fragiferum.

Portrait d’un trèfle qui ramène sa fraise

Trifolium fragiferum, le trèfle porte-fraise – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Ce trèfle indigène qui rampe et s’enracine au niveau de ses stolons aériens forme de jolis tapis dans les pelouses sèches. Certains pépiniéristes le proposent en godets comme couvre-sol de pied d’arbres, ou comme base pour créer une pelouse naturelle en situation difficile. La plante supporte très bien le piétinement et les sols tassés. Autre avantage, ses fleurs roses très nombreuses sont mellifères !

Trifolium fragiferum, en fruits et en fleurs – Vauréal © CACP – Emilie Périé.

Quand ses fleurs sont passées, ses inflorescences ressemblent à de petites fraises rondes, pâlottes et duveteuses.

Le trèfle des prés lui ressemble, mais il est plus haut et surtout ses têtes florales sont accompagnées de petites feuilles, alors que celles du porte-fraise ne le sont pas.

Trifolium pratense, le trèfle des prés – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez d’autres plantes indigènes tapissantes :

Les bugles

La piloselle

Le lamier blanc

Agenda, L'actualité de la Nature

Retour sur la rencontre technique 2019 à Clairefontaine et Bonnelles

Cette année encore, la rencontre technique des Parcs Naturels du Vexin français et de l’Oise-Pays de France, co-organisée avec la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise a été l’occasion de réaliser de belles observations de biodiversité. Petite originalité, cette fois-ci nous nous sommes associés au Parc Naturel de la Haute Vallée de Chevreuse pour visiter deux sites d’exception sur leur territoire : la prairie des Essarts à Clairefontaine-en-Yvelines et la Réserve Naturelle Régionale des Étangs de Bonnelles.

Retraçons en quelques clichés nos découvertes de la journée

Clairefontaine-en-Yvelines

Dans la prairie humide des Essarts à Clairefontaine © CACP – Gilles Carcassès

A Clairefontaine, la prairie des Essarts est une ancienne peupleraie récemment ré-ouverte en milieu humide : un endroit particulièrement intéressant pour la biodiversité !

Chenille du paon de jour – Clairefontaine © CACP – Gilles Carcassès
On y fait de drôles de rencontres

Et de belles découvertes !

Timaspis lampsanae – Clairefontaine-en-Yvelines © CACP – Gilles Carcassès

Cette galle de la lampsane commune n’a pas été vue en Île-de-France depuis la création des bases de données naturalistes contemporaines. Son nom n’était même pas référencé dans la liste des espèces connues ! Heureusement, le manque est maintenant comblé.

Bonnelles

A Bonnelles les actions en faveur de la biodiversité ne manquent pas :

Les étangs sont classés Réserve Naturelle Régionale, pour le plus grand bonheur des libellules, des foulques et des canards.

Etangs de Bonnelles © CACP – Gilles Carcassès

Les eaux usées sont traitées localement et écologiquement, grâce à des bassins plantés en roseaux et à l’issue du processus les boues sont valorisées en compost. Lors de la présentation par M. le maire, un héron est venu saluer la démarche !

Traitement écologique des boues d’épuration – Bonnelles © CACP – Gilles Carcassès

Grâce à l’ensemble de ses démarches, la ville de Bonnelles a été élue Capitale Régionale de la Biodiversité 2018 pour l’Île-de-France. Tout effort mérite récompense !

Groseilles des bois – Bonnelles © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez plus d’informations dans notre reportage :

Retrouvez les reportages des rencontres précédentes :

L'actualité de la Nature

Le petit monde des bryones

Bryonia dioica, la bryone © CACP – Gilles Carcassès

La bryone est une plante grimpante vivace dioïque. Elle s’invite souvent dans les haies. L’hiver, elle disparaît complètement mais repousse vigoureusement chaque printemps depuis son énorme racine charnue.

Cette plante héberge une petite faune spécifique très intéressante :

Couple de Goniglossum wiedemanni – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Sur les pieds femelles, on rencontre parfois un diptère Tephritidae du nom de Goniglossum wiedemanni. Cette petite mouche très bigarrée ne pond que dans les fruits de la bryone.

Fruits de la bryone – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Les pieds mâles sont très souvent visités par de petites abeilles solitaires. Andrena florea vient y collecter le pollen indispensable à ses larves.

Andrena florea le matin au réveil – Jardin de la Maison du docteur Gachet à Auvers-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Et les feuilles des pieds mâles et femelles sont broutées par Henosepilachna argus, une coccinelle poilue et végétarienne.

Couple de coccinelles de la bryone, Henosepilachna argus © CACP – Gilles Carcassès

Les larves de ces coléoptères, hérissées de piquants, sont encore plus voraces que les adultes.

Larve de la coccinelle de la bryone – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Sources :

Bryone : une racine hors normes, par Zoom Nature

Bryone dioïque, la sorcière, par Sauvages du Poitou

Retrouvez nos articles sur ces insectes :

La mouche des fruits de la bryone

Du nectar de bryone sinon rien

Coléoptères, fins stratèges

L’inventeur du barbelé

L'actualité de la Nature

Palomena, la punaise verte des bois

Palomena prasina – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

J’ai observé cette belle punaise verte sur un Allium christophii au jardin du Belvédère à Vauréal. Très commune sur les plantes herbacées et sur les arbres, Palomena prasina, la punaise verte des bois, passe facilement inaperçue sur le feuillage.

Au verger, elle peut provoquer quelques dégâts sur les fruits : les poires piquées deviennent pierreuses, les pommes et les noisettes présentent des déformations. Cette punaise prend une teinte brune en fin de saison avant d’hiverner.

Palomena prasina (février 2019) – Clos Levallois à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Pour la différencier de l’autre punaise verte de nos jardins, Nezara viridula, qui est un ravageur redouté pour ses piqures sur les poivrons, tomates, aubergines et concombres cultivés sous serres, je vous renvoie à mon article Palomena et Nezara.

Nezara viridula © Gilles Carcassès

Sources :

Portraits de punaises, par Ashley Wood sur le site British Bugs

Palomena prasina, par Ephytia (INRA)

L'actualité de la Nature

Une aide précieuse pour la détermination des sauterelles, criquets et grillons !

Les orthoptères, c’est facile : les sauterelles (ou ensifères) ont de très longues antennes, et les criquets (ou caelifères) des antennes courtes. C’est quand on vent aller plus loin que cela se complique ! Heureusement l’OPIE et l’ARB Ile-de-France arrivent à la rescousse : le tout nouvel atlas des orthoptères qu’ils nous ont concocté est désormais en ligne sur Cettia dans la rubrique « Observatoire de la biodiversité ».

L’atlas des sauterelles, criquets et grillons d’Ile-de-France inclut aussi par commodité la mante religieuse et le phasme gaulois bien qu’ils ne soient pas des orthoptères. Cet atlas illustré permet de passer en revue les 70 espèces de cet ordre présentes en Ile-de-France. Pour chacune, sont indiquées les périodes d’observations, la carte de répartition, les préférences d’habitat. J’ai modestement participé à cet atlas avec l’unique enregistrement francilien du grillon provençal : le pauvre s’était caché dans un cageot de légumes au bord d’un champ dans sa Provence natale et s’est retrouvé dans un magasin de primeurs à Vauréal !

Conocephalus fuscus – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Voici le conocéphale bigarré, un ensifère commun des zones humides, de la famille des Tettigoniidae. Ici c’est une femelle, reconnaissable à son long ovipositeur.

Ruspolia nitidula femelle – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Le conocéphale gracieux est une espèce protégée en Ile-de-France, elle semble en expansion. Nous l’avons trouvé à Osny et aussi au parc du château de Menucourt.

Oedipoda caerulescens – Cergy © Gilles Carcassès

Aux antennes courtes, on reconnaît le sous-ordre des caelifères. L’oedipode turquoise, spécialiste des zones très chaudes sablonneuses ou rocailleuses est aussi une espèce protégée en Ile-de-France. Cela ne l’empêche pas d’être assez fréquente sur les sols artificiels dénudés (gravats, ballasts, remblais…). Cette espèce de la famille des Acrididae se fond admirablement dans son environnement. On la repère quand elle s’envole et qu’elle déploie ses ailes bleues. Nous l’avons rencontrée à Cergy, à Courdimanche aux Grands jardins, et dans la cour du lycée de l’Hautil à Jouy-le-Moutier !

Retrouvez nos articles sur des orthoptères :

A la poursuite du conocéphale bigarré

L’œdipode turquoise, espèce protégée

Un grillon provençal

Une mante au grand centre

Sources :

Conocephalus fuscus, par l’Observatoire francilien de la biodiversité (Cettia)

Oedipoda caerulescens, par l’Observatoire francilien de la biodiversité (Cettia)

Ruspolia nitidula, par l’Observatoire francilien de la biodiversité (Cettia)

L'actualité de la Nature

Le cuivré commun

Lycaena phlaeas sur des fleurs de tanaisie – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Aux abords du campus de Neuville-sur-Oise, nous observons régulièrement sur les fleurs de tanaisie le cuivré commun. Ce papillon de la famille des Lycaenidae a pour plante-hôte les rumex. On le trouve dans les formations végétales où sont présentes les différentes espèces d’oseilles sauvages : pelouses, friches, prairies humides, tourbières… Le mâle a un comportement territorial et décolle au moindre passage d’un papillon dans son champ de vision.

Lycaena phlaeas – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Celui-ci était en compagnie d’un oedemère noble.

Source :

Le cuivré commun, dans l’atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France

Retrouvez d’autres Lycaenidae :

L’argus bleu nacré

L’azuré des nerpruns

Collier de corail

L’azuré de la luzerne

L’azuré porte-queue

L'actualité des jardins

La grande mélianthe

Bravo à Annick et à Ophélie qui ont trouvé la solution de la photo mystère !

Melianthus major © CACP – Gilles Carcassès
Melianthus major – école de botanique au Jardin des plantes de Paris © CACP – Gilles Carcassès

Melianthus major est un arbrisseau sud-africain. Relativement bien rustique, on le cultive dans les jardins comme une grande plante vivace à rabattre chaque printemps au ras du sol. Ses feuilles composées et dentelées d’un vert bleuté aux découpes très graphiques font son succès. Mais l’odeur que dégage ses feuilles quand on les froisse est assez désagréable, elle rappelle vaguement la cacahouète.

Cette plante toxique est cependant mellifère. Il lui faut au jardin une place au soleil en terrain bien drainé et beaucoup d’espace car elle se développe sur au moins trois mètres en largeur.

Introduite en Nouvelle-Zélande, la grande mélianthe y présente un caractère invasif.

Source :

Melianthus major, par Jardin ! L’Encyclopédie

Retrouvez une autre plante originaire d’Afrique du Sud :

Eucomis, une bulbeuse étonnante

L'actualité de la Nature

L’anthidie à manchettes

Anthidie sur l’épiaire à feuilles de menthe – Paris © CACP – Gilles Carcassès

Stachys menthifolia, l’épiaire à feuilles de menthe, est une Lamiaceae endémique de Yougoslavie, Grèce et Albanie. On peut en voir quelques pieds dans les parterres de l’école de botanique au Jardin des plantes de Paris. A l’évidence, cette plante exerce une très forte attraction pour de nombreuses espèces d’abeilles, dont des anthidies.

Anthidium manicatum © CACP – Gilles Carcassès

Je suis cette grosse anthidie du regard : elle patrouille inlassablement dans le petit massif fleuri. En vol stationnaire, elle surveille son territoire et n’hésite pas à foncer sur les autres butineurs, en particulier les abeilles domestiques qui ne demandent pas leur reste.

Anthidium manicatum – Paris © CACP – Gilles Carcassès

Il faut dire que ses mandibules acérées ont de quoi impressionner les intrus ! La bête a aussi de redoutables épines à l’extrémité de son abdomen.

Anthidium manicatum mâle – Paris © CACP – Gilles Carcassès

De temps en temps, l’insecte fait une pose sur une feuille, ce qui me permet une approche. Je distingue la pilosité rousse sur les côtés de l’abdomen qui me confirme l’espèce Anthidium manicatum. Il s’agit d’un mâle, beaucoup plus gros que la femelle qui vient se nourrir sur les fleurs, et que je n’ai pas réussi à photographier.

Les anthidies sont dites abeilles cotonnières parce qu’elles récoltent des boules de poils avec leurs mandibules sur les feuilles de plantes très duveteuses comme les balottes, les molènes ou l’épiaire laineuse pour construire leur nid.

Sources :

L’anthidie cotonnière, un mâle vindicatif, par Alain Cipière

L’anthidie à manchettes par sparealites.be