L'actualité de la Nature

Mélilots

Les mélilots sont des fabacées bisannuelles de grande taille. Il en existe trois espèces en Ile-de-France, une à fleurs blanches, le mélilot banc (Melilotus albus), et deux espèces très proches à fleurs jaunes, le mélilot officinal (Trigonella officinalis) et le mélilot élevé (Trigonella altissima). Elles ont en commun d’être d’excellentes plantes mellifères, c’est pourquoi elles sont souvent présentes dans les mélanges à semer de prairies fleuries favorables aux pollinisateurs.

Mélilot blanc – parc François-Mitterrand à Cergy © CACP – Dimitri Vandewiele

Ce pied de mélilot blanc photographié au bord du bassin du parc François-Mitterrand à Cergy a une histoire. Lors de la requalification du parc en 2013, des prairies fleuries ont été semées pour favoriser les insectes pollinisateurs. Le mélilot blanc qui faisait partie du mélange de graines utilisé s’est fortement exprimé la deuxième année du semis car c’est une plante bisannuelle. Les années suivantes, il a décliné laissant la place aux plantes vivaces comme les silènes enflés, les trèfles des prés, les vesces cracca et les marguerites. Mais quelques mélilots blancs se ressèment régulièrement et apparaissent chaque année ici ou là dans les espaces les plus sauvages du parc.

Mélilot jaune – Potager du Roi à Versailles © CACP – Gilles Carcassès

Au Potager du Roi à Versailles, ces mélilots jaunes ont été semés sur cette banquette pour favoriser les pollinisateurs.

Les mélilots sont aussi utilisés comme engrais verts sur des cultures de deux ans.

Retrouvez d’autres articles :

Les plantes attractives pour les abeilles et les insectes pollinisateurs

La renaissance du sainfoin

L'actualité de la Nature

Encore vivante !

Aïe ! © CACP – Gilles Carcassès

Une surprise au parc de Grouchy

En repérage pour une animation dans les allées du parc du château de Grouchy à Osny, j’ai trouvé la tête d’un gros coléoptère sur un tas de bois. Un pic, un corvidé ou une chouette aura attaqué ce mâle Dorcus paralellipipedus, (reconnaissable à ses mandibules courtes mais fortes), ne consommant que l’abdomen et une partie du thorax.

Intéressant, me suis-je dit, pour notre animation, et j’ai ramassé le trophée. Mais je n’avais pas imaginé que la tête de cette « Petite Biche » allait me mordre ! Et si je bougeais, elle serrait plus fort ! Pas vraiment douloureux, mais impressionnant. Alors j’ai attendu, une minute ou deux, qu’elle se fatigue et tombe à terre. J’ai pris cette photo pour immortaliser l’aventure.

Je me suis demandé combien de temps la tête séparée du corps d’un insecte est encore capable d’effectuer des mouvements. Autrement dit, ai-je loupé le pic à quelques minutes près ou à quelques heures ? Et la chouette de la nuit précédente, est-elle aussi plausible ?

Pour répondre à cette question, un entomologiste du début du siècle dernier a fait des expériences. Selon les espèces, la tête reste active entre 3 heures (pour les taons) et 6 jours (pour les perce-oreilles). Pour les coléoptères, ce serait de l’ordre d’une dizaine d’heures. Et le corps des insectes décapités, gigote-t-il aussi longtemps ? Plus encore que la tête : généralement plusieurs jours, jusqu’à 18 pour certains papillons !

Source :

Résistance à la mort par décapitation ou immersion, V. Brandicourt (1901), OPIE

Retrouvez notre article :

Ma petite biche

L'actualité de la Nature

Qui mange mes carottes ?

Chenille sur une feuille de carotte © CACP – Gilles Carcassès

Qui mange mes carottes, me demande Anaïs, de la Ferme de la Cure, à Sailly ? S’agit-il de la chenille du Machaon ? Car elle ne ressemble pas à celle que l’on montre dans les livres ! Voyons cela de plus près…

Chenille de Machaon de 3ème stade (sur 5) © CACP – Gilles Carcassès

C’est bien une chenille de Machaon, mais elles changent d’aspect à mesure de leur croissance et de leurs mues successives. Les petites chenilles du Machaon naissent très sombres et couvertes d’épines. Plus tard, leurs picots s’atténuent, et la selle blanche au milieu du dos finit par disparaître.

Chenille du Machaon au 4ème stade – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Cette chenille se régalait de feuilles de Seseli gummiferum, une apiacée décorative vivace, dans une jardinière de la dalle Grand centre à Cergy. On peut observer cette chenille aussi sur le fenouil, l’aneth, le persil et aussi la rue (Ruta graveolens).

Papilio machaon, le Machaon © CACP – Gilles Carcassès

Et voici l’adulte, à ne pas confondre avec le Flambé, une espèce voisine, protégée en Ile-de-France.

Iphiclides polidarius, le Flambé © Gilles Carcassès

Les chenilles du Flambé consomment les Prunus, notamment Prunus mahaleb, le cerisier de Sainte-Lucie.

Source :

Le machaon, par André Lequet

Retrouvez un autre article :

Le Flambé

L'actualité de la Nature

L’hémérobe des haies

Micromus angulatus – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

Un auxiliaire de jardin injustement méconnu

J’ai trouvé cet charmant insecte dans ma cuisine, arrivé dans l’évier avec la salade du voisin. Je l’ai gentiment déposé sur la table de jardin et il a bien voulu que je le prenne en photo. Il s’agit d’un névroptère, d’une famille voisine de celle des chrysopes, les Hemerobiidae.

Je vous présente Micromus angulatus, l’hémérobe des haies, un auxiliaire de jardin moins connu que les coccinelles, mais tout aussi efficace. Les adultes et les larves se nourrissent de petites proies vivantes, parmi lesquelles beaucoup de pucerons. Cette espèce est utilisée en lutte intégrée en maraichage pour la protection des cultures de fraises, choux, poireaux…

J’avais déjà observé un Micromus dans mon jardin, mais d’une autre espèce : Micromus variegatus, qui a la face sombre et les ailes plus contrastées. Lui aussi est un prédateur de pucerons et d’autres petits insectes.

Micromus variegatus – Poissy  © Gilles Carcassès

J’espère qu’ils feront bon ménage !

Sources :

Micromus angulatus, par Encyclop’Aphid

Micromus angulatus et variegatus des croqueuses de… pucerons, par le blog Le jardin de Lucie

Les hémérobes, par Bruno Didier

Protéger son jardin grâce aux haies et massifs champêtres

L'actualité de la Nature

Le hanneton argenté

Un nouveau venu au bord du bassin du parc François-Mitterrand à Cergy ? Je n’avais encore jamais observé cette espèce qui serait pourtant assez commune en Ile-de-France.

Hoplia philanthus, nommée hoplie floricole ou hanneton argenté, est un coléoptère de la famille des Scarabaeidae. Il est parfois considéré comme un ravageur des gazons, car sa larve, semblable à celle du hanneton des jardins, consomme les racines des graminées. Son cycle de développement s’étend sur deux années. Il semble affectionner les sols sableux.

Hoplia philanthus posé en haut d’une armoise © CACP – Gilles Carcassès

Le hanneton argenté doit son nom aux très petites écailles brillantes qui ornent son corps.

Hoplia philanthus – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Les adultes consomment les feuilles des bouleaux et des charmes, mais ne sont pas réputés faire de gros dégâts. Leurs griffes recourbées, d’une longueur étonnante, leur servent à s’agripper aux rameaux et aux feuilles. Ils peuvent ainsi prendre tranquillement leur repas sans se faire décrocher par le vent !

L'actualité de la Nature

Fausse guêpe !

J’ai failli me faire avoir !

Sphiximorpha subsessilis – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

Dans le parc du château de Marcouville, Sophie, de la Ferme pédagogique de Pontoise m’a montré un vénérable marronnier en fin de vie. Il ne subsiste qu’un gros tronc creux car, victime peut-être de la foudre et de coups de vent, il a perdu toutes ses branches charpentières. L’eau de pluie s’accumule dans le tronc et suinte abondamment au niveau de fissures de l’écorce. Le manège d’une guêpe qui fait des va-et-vient près d’un suintement m’intrigue.

Sphiximorpha subsellis © CACP – Gilles Carcassès

Surprise, ce n’est pas une guêpe mais un diptère ! Et c’est bigrement bien imité : les rayures noires et jaunes de l’abdomen, la longueur des antennes, le bout des pattes jaunes, les taches sur le thorax, et même l’allure plissée des ailes un peu fumées ! Mais ses gros yeux la trahissent. Il s’agit d’un syrphe, et même d’une espèce rare, inféodée à ce type de milieu constitué par les suintements des vieux arbres blessés. C’est là en effet que vivent ses larves qui, paraît-il, se nourrissent des bactéries qui s’y développent.

Un syrphe rare

L’espèce, en déclin certain en France, et classée menacée au niveau européen, a déjà été observée dans le Val d’Oise lors d’un inventaire des syrphes des marais de Montgeroult et de Boissy-l’Aillerie réalisé en 2006 à l’initiative du Parc naturel régional du Vexin français. Les auteurs indiquent que sur les 68 espèces de syrphes recensés, Sphiximorpha subsellis est « sans conteste l’espèce la plus emblématique rencontrée sur le site d’étude ».

Sources :

Inventaire des syrphes des marais de Montgeroult et marais de Boissy-l’Aillerie, article dans le courrier scientifique n°5 de décembre 2011 du PNR du Vexin français.

Syrphes portraits de pollinisateurs 2017, par l’Association des entomologistes de Picardie

L'actualité de la Nature

Deux plumes d’Indien

Dans la série des bestioles rares du parc du château de Grouchy !

Drôle de mouche sur une feuille d’ortie – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Une mouche noire aux ailes fumées, avec le dessus du thorax d’un beau rouge satiné, qu’est ce que ça peut être ?

Ce sont les antennes « en plumes d’Indien » qui vont me mettre sur la piste de la famille : Stratiomyidae.

Chloromyia formosa (Stratiomyidae) – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

J’avais observé ce joli Stratiomyidae dans mon jardin. Remarquez la forme particulière des antennes. Ses larves, qui consomment de la matière organique en décomposition, habitaient peut-être dans mon composteur.

Clitellaria eppiphium – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Vu de près, ce Stratiomydae montre deux grosses épines noires sur le scutellum, juste en arrière de la partie rouge. A quoi lui servent-elles ? Je n’ai pas trouvé de réponse, il faut dire que les experts en Stratiomyidae, ça ne court pas les rues… Ce que l’on croit savoir de cette espèce, nommée Clitellaria eppiphium, se résume à peu de choses : l’espèce serait rare et sa larve vivrait dans les colonies de fourmis qui habitent le bois mort. Et justement, du bois mort plein de fourmis ce n’est pas ce qui manque au parc du château de Grouchy !

L'actualité de la Nature

Coccinelles à 10 points

Coccinelle noire à dix points orange © CACP – Gilles Carcassès

Cette petite coccinelle qui explore les feuilles de la ronce et de l’églantier n’a pas un look commun. Chouette, une nouvelle espèce à déterminer !

Adalia decempunctata © CACP – Gilles Carcassès

C’est l’une des formes d’Adalia decempunctata, la coccinelle à dix points, une chasseuse de pucerons, comme beaucoup d’autres espèces dans la famille des Coccinellidae. Elle est présente en Val d’Oise, mais est peu signalée. Avis aux amateurs : il faut la chercher dans les haies champêtres et sur les chênes.

On peut rencontrer dans les arbres une autre coccinelle à dix points, mais il sera difficile de les confondre !

Calvia decemguttata, la coccinelle à dix points blancs – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

Source:

Adalia decempunctata, par Encyclop’Aphid

Retrouvez d’autres articles sur les coccinelles :

Les coccinelles à points blancs
J’ai vu une coccinelle rose !
La reine des coccinelles
Connaissez-vous la coccinelle à damier ?
La coccinelle asiatique

L'actualité de la Nature

Sur le millepertuis

Cryptocephalus moraei © CACP – Gilles Carcassès

Le long d’une sente ensoleillée à Poissy pousse en abondance le millepertuis perforé (Hypericum perforatum). « Perforé de mille trous » nous dit son appellation vernaculaire. Mais sont-ce vraiment des trous, tous ces points clairs sur les feuilles? Non, ce sont des vésicules huileuses qui laissent un peu passer la lumière.

Cette chrysomèle noire à taches orange est très classique sur le millepertuis, il s’agit de Cryptocephalus moraei. Elle est commune mais discrète : farouche, elle se cache rapidement sous les feuilles ou derrière la tige dès qu’un individu louche approche !

Chrysolina hyperici – Poissy © Gilles Carcassès

Une autre chrysomèle tout aussi timide se cache sur cette plante : Chrysolina hyperici. Elle est nettement moins commune que la précédente.

Cette espèce a été introduite en Amérique du Nord pour lutter contre la prolifération dans les pâtures de notre millepertuis considéré là-bas comme une plante invasive, toxique pour le bétail.

Tenthredo zona – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

Cette fausse chenille en revanche était facile à voir. Elle était trop occupée à manger sa feuille de millepertuis pour s’inquiéter de la présence d’un photographe. Avec une telle ligne centrale de points noirs tout le long du dos, pas de doute, c’est Tenthredo zona, une espèce peu observée, à la répartition bien mal connue. Cette année, je l’ai vue aussi près du chalet nature de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise.

Retrouvez notre article :

Portrait de famille : les chrysomèles

Source :

La chrysomèle et le millepertuis, par Omafra (Ontario)

L'actualité de la Nature

La chélidoine et les fourmis

Chelidonium majus, la chélidoine © CACP – Gilles Carcassès

Qu’ont en commun la chélidoine, le bleuet des montagnes, le cyclamen à feuilles de lierre, la véronique de Perse, les violettes, l’épurge, le lamier pourpre ?

Ce sont toutes des plantes dont la dissémination des graines est facilitée par les fourmis. Les botanistes sérieux parlent de myrmécochorie. Leurs graines sont accompagnées d’une excroissance charnue, nommée élaïosome, très recherchée par les fourmis car elle est riche en protéines, en sucres et surtout en graisses, des nutriments essentiels pour la croissance de leurs larves.

Voici une capsule presque mûre de chélidoine que j’ai ouverte pour voir les fameuses graines à élaïosome. Les élaïosomes sont ces masses blanches et luisantes qui sont accrochées aux graines brunes. A maturité les graines, avec leur élaïosome, sont expulsées mécaniquement.

Graines de chélidoine © CACP – Gilles Carcassès

Je décide de tenter des fourmis en plaçant ma capsule entrouverte sur une corniche dans un vieux mur en pierres, pas loin d’un de leurs lieux de passage.

Fourmi et capsule de chélidoine © CACP – Gilles Carcassès

Je n’ai pas longtemps à attendre. Une éclaireuse vient voir et tente avec ses mandibules d’écarter les valves de la capsule pour accéder aux graines.

L’enlèvement des graines © CACP – Gilles Carcassès

Du renfort arrive bientôt : deux, trois puis quatre fourmis s’activent et extraient les graines une à une, qui prennent rapidement le chemin de la fourmilière ! La gousse aura été dévalisée en quelques minutes à peine.

Les graines de chélidoine seront abandonnées par les fourmis lorsqu’elles auront été débarrassées de leur précieux élaïosome. Ce mode de transport permet à la plante de coloniser des espaces inaccessibles par la simple gravité lors de la projection mécanique des graines, comme le haut des murs ou d’étroites fissures murales.

Sources :

Chélidoine par-delà les murs, par Zoom-Nature

Plantes myrmécochores en Europe tempérée

Site spécialisé sur ce sujet :

http://myrmecochorie.free.fr