Un nouveau guide pour la gestion écologique des espaces collectifs

Natureparif a publié un nouveau guide de gestion écologique. Il est gratuit, en téléchargement sur le site de Natureparif.

guide-natureparif
Ce guide très complet de 190 pages vise à inciter les gestionnaires à entamer une réflexion sur leurs pratiques, et à les faire évoluer en leur proposant des techniques pour une meilleure prise en compte de la biodiversité. Alternatives à l’utilisation des pesticides, choix de végétaux locaux, maintien de murs anciens, taille douce des arbres, végétalisation des berges de rivières, création de mares, gestion en fauche tardive des bords de route, végétalisation de la voirie… Les pistes pour mieux intégrer la nature en ville sont nombreuses !

À destination des gestionnaires, publics et privés, il se compose de :

  • 10 fiches « Problématiques », pour s’interroger sur le pourquoi des pratiques actuelles,
  • 16 fiches « Réponses écologiques », pour proposer des solutions pour limiter l’empreinte écologique des gestionnaires,
  • et 22 fiches « Outils », pour la mise en place de ces actions.

Interdiction des pesticides : la loi, mode d’emploi

Le ministère de l’Environnement a publié mercredi 4 janvier 2017 le « guide des solutions » à l’usage des communes, qui ont l’obligation depuis le 1er janvier 2017, en vertu de la loi Labbé, de s’abstenir d’utiliser des produits phytosanitaires de synthèse.
le-guide-des-solutions
Je vous recommande particulièrement la lecture du chapitre 3 intitulé « LA LOI MODE D’EMPLOI » qui répond aux questions techniques des jardiniers. C’est à partir de la page 34 du guide.

La coccinelle à sept points © Gilles Carcassès

Coccinelle à sept points photographiée à Cergy (La Croix-Petit) © Gilles Carcassès

On y apprend notamment que « les cimetières et les terrains de sport ne sont concernés par l’interdiction que s’ils font l’objet d’un usage de « promenade » ou d’ « espace vert » avéré. Ces espaces nécessitent donc une appréciation au cas par cas pour déterminer s’ils font l’objet d’un usage de « promenade » ou d’ « espace vert » avéré et s’ils entrent ainsi dans le champ de la loi. »

On y trouve aussi tous les liens utiles vers les listes des produits encore autorisés.

Le communiqué de presse officiel

FAQ sur la loi Labbé par le site Ecophyto Pro

J’agis pour la biodiversité

logo-biodivaction-label

Le blog Nature en ville à Cergy-Pontoise, reconnu par le Secrétariat d’Etat chargé de la biodiversité, a rejoint les actions labellisées de la plateforme La biodiv en action, dans la catégorie « éducation à la nature ».

Ce site permet de faire connaître les initiatives d’acteurs très variés en faveur de la biodiversité. Un lien invite à accéder au webzine « changeons de regard sur la biodiversité« , plein d’informations étonnantes sur la nature.webzine-ministere

J’y ai découvert aussi les superbes livrets pédagogiques en ligne, édités par le Ministère de l’Environnement, parmi lesquels : « la biodiversité s’explique« , pour comprendre ce qu’est la biodiversité, les causes et les effets de son érosion, la situation en France et dans le monde et les outils de protection.la-biodiversite-sexplique

Découvrons les auxiliaires

Je vous recommande un petit quiz pédagogique et ludique réalisé par le GIS PICleg (Groupement d’Intérêt Scientifique pour la Protection Intégrée en Cultures Légumières). Son ambition : sensibiliser le grand public sur l’intérêt des auxiliaires de cultures.

Il propose une bonne petite révision à tous les jardiniers, amateurs ou professionnels, et des découvertes passionnantes à ceux qui ne connaissent rien sur le sujet.

Larve de la coccinelle à sept points, vue sur un iris des marais au parc François-Mitterrand à Cergy © Gilles Carcassès

Larve dévoreuse de pucerons vue au parc François-Mitterrand à Cergy © Gilles Carcassès

Sur cette photo, c’est une larve, certes, mais de quel insecte ? Syrphe ? Coccinelle ? Chrysope ?

La réponse est à chercher dans le quiz Protection des cultures légumières. A la fin du quiz, on peut même gagner un diplôme !

Les alignements d’arbres en bordure de voies de communication sont désormais protégés par la loi

Cèdres bleus de l'Atlas - boulevard de l'Oise à Cergy © Gilles Carcassès

Alignements de cèdres bleus de l’Atlas – boulevard de l’Oise à Cergy © Gilles Carcassès

La loi  n° 2016-1087 du 8 août 2016  pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, par son article 172 a institué un nouvel article L350-3 au Code de l’Environnement, dont voici le texte intégral :

Les allées d’arbres et alignements d’arbres qui bordent les voies de communication constituent un patrimoine culturel et une source d’aménités, en plus de leur rôle pour la préservation de la biodiversité et, à ce titre, font l’objet d’une protection spécifique. Ils sont protégés, appelant ainsi une conservation, à savoir leur maintien et leur renouvellement, et une mise en valeur spécifiques.

Le fait d’abattre, de porter atteinte à l’arbre, de compromettre la conservation ou de modifier radicalement l’aspect d’un ou de plusieurs arbres d’une allée ou d’un alignement d’arbres est interdit, sauf lorsqu’il est démontré que l’état sanitaire ou mécanique des arbres présente un danger pour la sécurité des personnes et des biens ou un danger sanitaire pour les autres arbres ou bien lorsque l’esthétique de la composition ne peut plus être assurée et que la préservation de la biodiversité peut être obtenue par d’autres mesures.

Des dérogations peuvent être accordées par l’autorité administrative compétente pour les besoins de projets de construction.

Le fait d’abattre ou de porter atteinte à l’arbre, de compromettre la conservation ou de modifier radicalement l’aspect d’un ou de plusieurs arbres d’une allée ou d’un alignement d’arbres donne lieu, y compris en cas d’autorisation ou de dérogation, à des mesures compensatoires locales, comprenant un volet en nature (plantations) et un volet financier destiné à assurer l’entretien ultérieur.

Cette loi s’applique à tous, aux collectivités territoriales bien sûr, mais aussi aux autres gestionnaires d’alignements d’arbres en bords de voie de communication, comme les bailleurs sociaux ou les copropriétés.

MOOC Botanique

mooc-botanique

Une série de cours gratuits par vidéos sur quelques semaines, qui ne vous demande que quelques heures par semaine pour suivre les enseignements et faire les exercices : c’est un MOOC !

Le MOOC de botanique lancé par Tela-Botanica connaît un énorme succès : plus de personnes se sont 25 000 inscrites !

Vous avez raté le lancement de ce MOOC  ? Ce n’est pas grave, vous pouvez encore vous inscrire et rattraper les cours.

 RAPPEL DU PLANNING

  • Inscription : dès le 15 avril 2016
  • Début du cours : 5 septembre 2016
  • Durée du cours : 7 semaines
  • Fin des inscriptions : 6 novembre 2016
  • Effort estimé : 2h/semaine minimum

RÉALISÉ PAR TELA BOTANICA (maîtrise d’œuvre et d’ouvrage)

logo_telabotanica

Setaria pumila est une graminée annuelle indigène

Setaria pumila est une graminée annuelle indigène – vue au Verger à Cergy

Petit lexique des pesticides

Vous avez dit pesticides ? Mais que signifie précisément ce terme ? Je vous ai préparé un petit lexique pour tenter d’y voir plus clair dans les notions plus ou moins imbriquées de phytosanitaires, biocontrôle, biocides…

Propylea quatuordecimpunctata, la coccinelle à damier, surprise en plein repas sur une eupatoire © Gilles Carcassès

Propylea quatuordecimpunctata, la coccinelle à damier, consommant un puceron © Gilles Carcassès

Biocontrôle

Le biocontrôle est l’ensemble de méthodes de protection des cultures, alternatives aux produits chimiques de synthèse, et ayant recours à des organismes vivants ou des substances naturelles. On en distingue quatre catégories, basées sur :

  • des macro-organismes (insectes, nématodes ou acariens) qui peuvent être exotiques ou indigènes, prédateurs ou parasitoïdes,
  • des micro-organismes (virus, bactéries ou champignons) et leurs extraits,
  • des médiateurs chimiques (phéromones ou kairomones),
  • des substances naturelles d’origine minérale, végétale ou animale.

Certains produits de biocontrôle sont des produits phytopharmaceutiques, notamment les micro-organismes et les médiateurs chimiques.

Le dossier de l’INRA sur le biocontrôle

Biocides

Les biocides, encadrés par une autre réglementation que celle des produits phytopharmaceutiques, sont des produits destinés à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles, à en prévenir l’action ou à les combattre, par une action chimique ou biologique. On en distingue 22 types répartis en 4 classes :

  • les désinfectants,
  • les produits de protection des matériaux,
  • les produits de lutte contre les nuisibles (rodenticides, anti-puces…),
  • les autres produits tels que les peintures anti-salissures, les fluides pour la conservation des corps…

Les produits biocides par l’ANSES

e-phyE-phy

E-phy est le site officiel de référence de tous les produits phytopharmaceutiques, de leurs usages, des matières fertilisantes et des supports de culture, autorisés en France.

Il permet notamment de trouver les produits phytopharmaceutiques dont l’emploi est autorisé dans les jardins.

Loi Labbé

Promue par le sénateur Joël Labbé, cette loi, modifiée par la loi de transition énergétique, vise à l’interdiction de l’usage des produits phytosanitaires par l’État, les collectivités locales et établissements publics pour l’entretien des espaces verts, promenades, forêts, et des voiries, à compter du 1er janvier 2017.

Les jardiniers amateurs sont également concernés : la commercialisation et la détention de produits phytosanitaires à usage non professionnel seront interdites à partir du 1er janvier 2019.

Les produits de biocontrôle, ceux qualifiés à faible risque ainsi que ceux qui sont utilisables en agriculture biologique (UAB) pourront continuer à être utilisés.

Les traitements obligatoires dans le cadre de la lutte contre les organismes réglementés échappent également à ces mesures d’interdiction.

Le tableau des produits autorisés par la loi Labbé, par Plante et Cité

Pesticides

Pour l’agence Santé publique France, le terme « pesticides » comprend les produits phytopharmaceutiques autorisés pour la protection des végétaux, les biocides et certains médicaments à usage vétérinaire et humain.

Etude sur l’exposition de la population française aux pesticides

Produits phytopharmaceutiques

Les produits phytopharmaceutiques (PPP), appelés aussi phytosanitaires, sont des substances actives ou des préparations destinées à :

  • protéger les végétaux, ou les produits végétaux, contre tous les organismes nuisibles ou à prévenir leur action,
  • exercer une action sur les processus vitaux, pour autant qu’il ne s’agisse pas de substances nutritives,
  • assurer la conservation des produits végétaux,
  • détruire les végétaux indésirables,
  • détruire les parties de végétaux, freiner ou prévenir une croissance indésirable des végétaux.

Cette définition inclut :

  • les produits issus de synthèse chimique,
  • des produits d’origine naturelle (extraits végétaux, animaux ou minéraux),
  • les micro-organismes,
  • les médiateurs chimiques,
  • les stimulateurs de défense des plantes.
Piège à phéromone © Gilles Carcassès

Piège à phéromone © Gilles Carcassès

Zéro phyto

Cette expression désigne un mode de gestion des espaces verts et de la voirie sans produits chimiques de synthèse, voire sans produits phytopharmaceutiques. Elle fait désormais partie du vocabulaire de communication des collectivités, des réseaux des professionnels territoriaux, des organismes de formation du personnel territorial, des structures d’accompagnement des collectivités.

Le répertoire zéro pesticide du CNFPT

Et pour résumé tout ça : le joli tableau de synthèse de Plante et Cité sur la protection des plantes dans les JEVI (jardins, espaces végétalisés et infrastructures).

L’histoire des produits phytosanitaires, par Emmanuel Bajard dans le dossier de Jardins de France consacré aux pesticides