L'actualité des jardins

Fleurissement parisien : le palmarès 2019

J’ai eu le grand honneur de faire partie du jury professionnel externe du concours des décorations florales estivales de la ville de Paris. Les intentions des équipes concurrentes et les plantes qu’ils ont utilisées sont détaillés dans les fichiers en téléchargement de la présentation du concours.

Voici quelques images des réalisations des lauréats :

Jury des parisiens

Prix coup de cœur

Square Léon Serpollet (18ème) © CACP – Gilles Carcassès

Un jardin potager un peu fou, avec de bien beaux assemblages.

Square Léon Serpollet (18ème) © CACP – Gilles Carcassès

Oh, la tour Eiffel, plus belle que nature !

Prix de la décoration la plus originale

Dalle d’Ivry (13ème) © CACP – Gilles Carcassès

Une rivière sèche et ses joyeuses éclaboussures ! Des plantes aromatiques s’invitent parmi les galets pour le plus grand bonheur des abeilles.

 

Catégorie 1 : décorations inférieures à 100 m²

Prix décerné par le jury professionnel externe

square Cardinal Petit de Julleville (17ème) © CACP – Gilles Carcassès
Square Cardinal Petit de Julleville (17ème) © CACP – Gilles Carcassès

Un jardin blanc en anneau, relevé d’or et d’argent. Tout en subtilité, il invite à la méditation.

Prix décerné par le jury professionnel interne

Square Henri Huchard (18ème) © CACP – Gilles Carcassès

Le jury a admiré la maîtrise chromatique et la parfaite insertion dans l’environnement.

 

Catégorie 2 : décorations de 101 à 200 m²

Prix décerné par le jury professionnel externe

Square Villemin (10ème) © CACP – Gilles Carcassès

Un décor très fin, tout en contrastes et en transparence.

Prix décerné par le jury professionnel interne

Parc Suzanne Lenglen (15ème) © CACP – Gilles Carcassès

Une invitation au voyage, des origines les plus lointaines au futur hypothétique de l’Humanité, avec une mise en scène très poétique à découvrir tout le long d’un parcours au cœur même du massif.

 

Catégorie 3 : décorations de 201 à 500 m²

Prix décerné par le jury professionnel externe

Square Carnot (12ème) © CACP – Gilles Carcassès

On ose à peine entrer sous la « yourte » de peur de déranger les trolls qui sans doute y habitent. Nos regards indiscrets découvrent leurs mini-potagers, leurs réserves gourmandes, leurs cachettes secrètes…

Square Carnot (12ème) © CACP – Gilles Carcassès

Humains, courbez la tête pour passer sous les lourdes guirlandes de cobée !

Prix décerné par le jury professionnel interne

Square Saint-Lambert (15ème) © CACP – Gilles Carcassès

Les massifs ont été cette année éclatés en triangles pour évoquer les voyages et la dérive des continents. De nombreuses plantes, comme ces Helianthus salicifolius rappellent les jaillissements de la fontaine monumentale du square.

 

Catégorie 4 : décorations supérieures à 501 m²

Prix décerné par le jury professionnel externe

Jardin de l’Ecole Du Breuil (12ème) © CACP – Gilles Carcassès

Cette année l’école Du Breuil a présenté un jardin à la découverte des plantes psychotropes et de leurs effets, caché dans un couloir de graminées géantes ! On ne sort pas indemne de ce parcours initiatique. Cela vaut le détour !

Prix décerné par le jury professionnel interne

Parc floral de Paris (12ème) © CACP – Gilles Carcassès

La qualité esthétique d’un massif ne dépend pas forcément de la complexité de la composition ! Le parc floral nous fait cette année encore de belles démonstrations avec une talentueuse simplicité.

Parc floral de Paris (12ème) © CACP – Gilles Carcassès

Le Parc floral présente aussi un « massif fleuri du futur » faisant une très large place aux plantes indigènes et même aux adventices ! Cet aménagement durable sera adapté au fil des années en fonction du développement des vivaces présentes.

Prix spéciaux décernés par le jury professionnel interne

  • Qualité de l’entretien compte-tenu des contraintes : Esplanade des Invalides
  • Première présentation : Square des Saint-Simoniens
  • Utilisation des plantes régionales : Square du Sergent Aurélie Salel
  • Suivi du Thème « Des plantes et des hommes : les services rendus par la nature » : Darses du bassin de la Villette

Bravo et merci aux jardiniers parisiens de nous offrir de si belles inspirations !

Retrouvez nos articles :

Fleurs estivales : quoi de neuf à l’école Du Breuil ?

Fleurissement 2018 : mes coups de cœur parisiens

L'actualité des jardins

Fleurs estivales : quoi de neuf à l’école Du Breuil ?

Carrés de présentation des plantes estivales – Ecole Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Chaque été, j’aime bien rendre visite à mes amis de l’école Du Breuil qui mettent en scène avec beaucoup de passion et de talent une extraordinaire collection de plantes à massifs pour le fleurissement estival. Voici quelques-uns de mes coups de cœur 2019 :

Composition savante – Ecole Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Salvia canariensis ‘Candidissima’ au feuillage très blanc et à la floraison pourpre généreuse  associée ici au Petunia hedgiflora Tidal Wave ‘Red Velour’.

Rudbeckia triloba ‘Prairie Glow’ © CACP – Gilles Carcassès

Pas nouveau, mais toujours aussi gracieux, le léger Rudbeckia triloba ‘Prairie Glow’. Pétales en rouge et or : on dirait l’œuvre d’un peintre.

Rudbeckia hirta ‘Dever Diasy’ et Petunia hedgiflora Tidal Wave ‘Rose Cerise’ © CACP – Gilles Carcassès

Un rudbeckia un peu fou qui semble vouloir s’échapper de la composition.

Helichrysm italicum ‘Coco giant’ Ecole Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

L’école Du Breuil nous l’avait déjà montré en 2017, cet Helichrysum aux feuilles longues et étroites renouvelle un peu le genre des plantes à feuillage blanc.

Eschscholzia californica ‘Rose chiffon’ – Ecole Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

La facilité de culture bien connue de l’Eschscholzia, dans une tonalité tendre et lumineuse.

Zea mays ‘Field of dream’ © CACP – Gilles Carcassès

Pour les amateurs de curiosités colorées, les marbrures roses du maïs décoratif ‘Field of Dream’ (pas très visibles vues de loin, malheureusement).

A l’an prochain !

Aux carrés de présentation des estivales – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez mes coups de cœur de l’année précédente :

Estivales 2018

Et d’autres articles sur les jardins de l’école Du Breuil :

Le jardin d’Hélène

Retour sur la rencontre technique du 27 septembre 2016 à l’école Du Breuil

Un potager d’exception

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

La thécla de l’orme

Satyrium w-album, la thécla de l’orme – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

En présence des salariés de l’association ACR, nous sommes allés inventorier la faune et la flore des parcelles que cette association gère selon les principes de l’agriculture biologique à Vauréal. Nous avons eu le plaisir d’y rencontrer ce papillon rare et protégé en Ile-de-France : la thécla de l’orme (Satyrium w-album). Comme son nom l’indique, la plante hôte pour la nourriture des chenilles est l’orme, la femelle y pond au niveau des bourgeons terminaux.
On reconnaît cette espèce au motif caractéristique en forme de « W » blanc bien anguleux sur son aile postérieure.

Nous avions aperçu cet élégant petit papillon au parc du château de Grouchy, à Osny, quelques jours plus tôt, mais il avait été moins coopératif pour la photo !

Sources :

Atlas des papillons de jour dans le Val d’Oise, par Alexis Borges et Xavier Houard, un ouvrage conçu par le Conseil départemental du Val d’Oise et l’OPIE

Satyrium w-album, par l’Atlas des papillons de jour et zygènes d’Ile-de-France

Retrouvez une autre espèce de la même sous-famille (les Theclinae) :

Petit papillon vert, quel est ton secret ?

D’autres observations dans les jardins d’ACR :

Une biodiversité étonnante dans les aubergines

La doublure jaune

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La grande mélianthe

Bravo à Annick et à Ophélie qui ont trouvé la solution de la photo mystère !

Melianthus major © CACP – Gilles Carcassès
Melianthus major – école de botanique au Jardin des plantes de Paris © CACP – Gilles Carcassès

Melianthus major est un arbrisseau sud-africain. Relativement bien rustique, on le cultive dans les jardins comme une grande plante vivace à rabattre chaque printemps au ras du sol. Ses feuilles composées et dentelées d’un vert bleuté aux découpes très graphiques font son succès. Mais l’odeur que dégage ses feuilles quand on les froisse est assez désagréable, elle rappelle vaguement la cacahouète.

Cette plante toxique est cependant mellifère. Il lui faut au jardin une place au soleil en terrain bien drainé et beaucoup d’espace car elle se développe sur au moins trois mètres en largeur.

Introduite en Nouvelle-Zélande, la grande mélianthe y présente un caractère invasif.

Source :

Melianthus major, par Jardin ! L’Encyclopédie

Retrouvez une autre plante originaire d’Afrique du Sud :

Eucomis, une bulbeuse étonnante

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Une sortie scolaire au parc François-Mitterrand

Le jeudi 13 juin au matin, nous avions rendez-vous à l’école des Chênes de Cergy pour une journée de découverte de la nature. La sortie fut un peu gâchée par la pluie qui nous a fait renoncer au pique-nique.

Les enfants nous ont envoyé un compte-rendu. Nous vous livrons ce texte dans son jus :

La biodiversité à Cergy

Nous sommes arrivés à l’heure normale à l’école. Nous sommes partis à 8h30 à pied au parc de la Croix-Petit et au parc François-Mitterrand. Nous ne sommes pas allés au bois de Cergy car il pleuvait.

Les pièges à chenilles

Nous étions au parc François-Mitterrand quand nous avons vu des sacs en plastique dans les pins. Il y avait de la terre avec des poils urticants toxiques de chenilles. Le moniteur nous a dit que les mésanges étaient les seuls oiseaux à pouvoir manger les chenilles urticantes et qu’il ne fallait surtout pas toucher sinon nous pouvons avoir plein de boutons.

Les toilettes sèches

Sur le chemin, nous avons vu des toilettes sèches. Le contenu était en bois. Il n’y avait pas de portes pour fermer les toilettes des garçons, elles étaient ouvertes. C »étaient des toilettes noires. Les toilettes marchent sans eau. Elles n’ont pas de chasse et on ne peut pas se laver les mains. On doit mettre une poudre.

Les étangs de la préfecture

Nous sommes allés aux étangs de la préfecture. Les animateurs nous ont dit que nous ne devons pas donner de pain aux canards et aux pigeons. L’eau est profonde. Nous avons trouvé des lotus. 

Les animaux vus

Nous avons vu des hérons, des cigognes, des canards et des poules d’eau.

On n’est pas resté longtemps car il pleuvait. Mais quand même on s’est bien amusé. Le pique-nique, on l’a mangé dans la cour.

Les CM1/CM2 de l’école des Chênes

Petit rectificatif pour les naturalistes : il n’y avait pas de cigogne, c’était bien un héron. Et les lotus étaient en fait des nymphéas.

Voici quelques photos du parc ( j’y suis retourné par beau temps ! ) pour illustrer ce compte-rendu :

Les pièges de descente des chenilles processionnaires du pin © CACP – Gilles Carcassès
L’un des nichoirs à mésanges © CACP – Gilles Carcassès
Les toilettes sèches (une belle réalisation très bien intégrée au site). A gauche la borne fontaine pour se laver les mains. © CACP – Gilles Carcassès
La poule d’eau et son poussin au bord du bassin © CACP – Gilles Carcassès

Et nous avons aussi donné des explications sur la gestion des eaux pluviales en ville et sur le rôle écologique de la prairie.

La gestion différenciée – Allée vers la Croix-Petit © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez nos articles sur ces sujets :

Chenilles processionnaires du pin : c’est maintenant qu’il faut agir

Héron petit patapon

Les poulettes du parc

Ça ne mange pas de pain !

Le choix de la prairie

Les prairies et les bassins du parc François-Mitterrand, des refuges de biodiversité

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Le lys des Incas

Alstroemeria ligtu, le lys des Incas – Jardin des plantes à Paris © CACP – Gilles Carcassès

Originaire du Chili ou du Pérou, ses rhizomes charnus sont comestibles, mais sa sève allergisante peut provoquer des dermatites. Qui est-ce ?

C’est le lys des Incas ! En fait, il existe au moins 130 espèces d’alstroemères, toutes d’Amérique centrale et du Sud. Les espèces de climat tempéré sont pollinisées par des bourdons, des abeilles sauvages et des papillons, celles des zones tropicales par des oiseaux.

De nombreux hybrides interspécifiques ont été créés avec pour parents Alstroemeria psittacina, aurea, pelegrina, hookeri, modesta… Et on trouve dans le commerce des dizaines de variétés, sélectionnées pour la production de fleurs coupées, la vente en potées fleuries, ou le décor des jardins.

Voici quelques variétés de grande taille, vues au Jardin des plantes de Paris, qui peuvent trouver leur place dans les massifs de plantes vivaces :

Alstroemeria ‘Saturne’ © CACP – Gilles Carcassès
Alstroemeria ‘Cérès’ © CACP – Gilles Carcassès
Alstroemeria ‘Vénus’ © CACP – Gilles Carcassès

Mais il convient de respecter les besoins des alstroemères : elles aiment le grand soleil et craignent l’humidité hivernale. Il faut choisir avec soin leur emplacement car leurs rhizomes sont fragiles, c’est pourquoi il peut être délicat de les déplacer. Les alstroemères ont souvent un caractère un peu conquérant, aussi si la touffe s’étend trop il faudra la limiter.

Sources :

L’alstroemère, par le Domaine du Rayol

Alstroemères, une sélection toujours à la pointe, par Jardins de France

 

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La mauve sylvestre

Malva sylvestris, la mauve sylvestre – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Malva sylvestris, la mauve sylvestre, apprécie les décombres, les bords de chemins, les haies et se cultive en plein soleil ou à mi-ombre dans un sol léger, riche et bien frais. Cette espèce en expansion est très largement répandue en Ile-de-France avec une présence encore plus marquée dans l’agglomération parisienne.

La floraison de la mauve sylvestre a lieu de mai à septembre.  Cette belle plante vivace peut mesurer jusqu’à 90 cm. Elle est souvent proposée dans les mélanges de prairies fleuries à semer, dans sa sous-espèce mauritiana (appelée aussi mauve de Mauritanie) aux grandes fleurs pourpres à cœur sombre.

Malva sylvestris subs. mauritiana – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

La petite mauve (Malva neglecta) ressemble à Malva sylvestris mais ses fleurs sont plus pâles et plus petites et elle a un port moins érigé.

On rencontre aussi dans les prairies deux autres mauves dont les feuilles sont très découpées : Malva alcea (aux poils en étoiles) et Malva moschata (aux longs poils simples).

Malva moschata – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

Les mauves sont la plante hôte préférée des gendarmes, ils se régalent de la sève de leurs fruits. On les trouve aussi sur les althéas, les roses trémières et les tilleuls qui font partie de la même famille que les mauves, les Malvaceae.

Retrouvez nos articles :

Bords de route : comment les gérer ?

Les plantes attractives pour les abeilles et les insectes pollinisateurs

Sources :

Malva sylvestris, par Tela Botanica

La grande mauve, par Sauvages du Poitou

 

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La lychnide fleur de coucou

Lychnis flos-cuculi – parc des Arènes à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Lychnis flos-cuculi est assez lent à se développer et ne forme pas de très grosses touffes mais sa floraison est généreuse. Cette plante vivace d’origine européenne se plait dans les sols riches, humides et ensoleillés. Elle peut mesurer jusqu’à 90 cm de haut ce qui fait d’elle une belle plante pour agrémenter le bord d’un bassin.

Comme chez les silènes, autres représentants de la famille des Caryophyllaceae, Lychnis flos-cuculi a des feuilles opposées. Ses pétales sont roses et profondément découpés.

La lychnide fleur de coucou a beaucoup d’atouts : une floraison étincelante, un port érigé élégant, une résistance à toute épreuve. L’entretien se limite à la coupe des fleurs fanées afin de prolonger la floraison. Il existe plusieurs variétés horticoles de cette plante : à fleurs simples ou doubles, roses ou blanches.

On rencontre cette espèce indigène dans les prairies humides, elle est en régression en Ile-de-France en raison du drainage et de la disparition de ses milieux de prédilection.

C’est une très bonne idée d’avoir installé cette belle plante peu commune dans les noues du parc des Arènes !

Source :

Le Lychnis flos-cuculis, par Tela Botanica

Le Lychnis flos-cuculis, par Sauvage du Poitou

Retrouvez nos articles :

Les habitants de la rue de l’écureuil

Etoile de Noël

L'actualité des jardins

L’acajou de Chine

Capsules à Cinq valves © CACP – Gilles Carcassès

Ce mois-ci, le mystère était, je l’avoue, bien difficile à percer. Evidemment, il y avait un piège : ce n’est pas le fruit de l’ailante, il fallait chercher dans une autre famille, celle des Meliaceae.

Car ce fruit est celui de l’acajou de Chine (Toona sinensis). Ce bel arbre rustique peut atteindre chez nous 10 mètres de haut et mérite une place de choix au jardin car il se pare de teintes dorées à l’automne. Il paraît que ses jeunes feuilles au goût d’oignon sont utilisées dans la cuisine asiatique !

Le premier exemplaire introduit en Europe a été planté aux Jardin des plantes de Paris en 1862.

La variété Flamingo présente un port colonnaire et un feuillage d’une couleur éblouissante au printemps. J’en connais un très beau à l’entrée du parc floral de Paris.

Toona sinensis ‘Flamingo’ © CACP – Gilles Carcassès

Toona sinensis, l’acajou de Chine © CACP – Gilles Carcassès

Le bois teinté de rose de l’acajou de Chine est très apprécié en ébénisterie.