L'actualité des jardins

Préparez vos beaux massifs de fleurs pour 2019

Le 26 juillet 2018, l’école Du Breuil recevait dans ses carrés d’essai les professionnels du fleurissement pour une présentation de plusieurs centaines d’espèces et variétés en situation de plates-bandes fleuries. J’ai croisé dans les allées impeccablement tondues, des photographes spécialisés, des jardiniers de la ville de Paris et de communes d’Ile-de-France, des étudiants, des amoureux des plantes. Tous étaient conviés à participer à un vote sur 40 plantes sélectionnées. Celles qui obtiendront le meilleur score seront proposées au service de production de la ville de Paris afin d’enrichir leur offre aux jardiniers municipaux.

Vous n’avez pas pu vous y rendre ? Ne désespérez pas, une autre matinée est programmée : le jeudi 30 août 2018 !

Dans la sélection objet du vote, j’ai repéré ces trois pantes :

Geranium x Azure Rush © CACP – Gilles Carcassès

Le géranium Azure Rush est issu du célèbre Rozanne, en plus léger et compact à la fois. Sa floraison généreuse et de longue durée en font un des géraniums vivaces les plus recommandables au jardin.

Bidens x Pretty in Pink – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

On connaissait les Bidens jaunes, puis il y a eu la mode des blancs, et ces dernières années les orange ont fait fureur. En voici un rose !

Thunbergia alata Arizona Rose Sensation – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Parmi les plantes grimpantes, les Thunbergia, souvent utilisés en fleurissement estival, attirent l’attention avec l’œil noir de leurs fleurs. La variété à fleurs roses Arizona Rose Sensation voisine ici avec des cléomes.

D’autres fleurs roses étaient particulièrement mises en beauté par le soleil de ce début de matinée :

Lavatera trimestris Twins Hot – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès
Echinacea purpurea Feeling Pink – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès
Cosmos bipinnatus Double Click rose bonbon – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

J’ai trouvé aussi ces floraisons rouges épatantes :

Pentas lanceolata Ecarlate – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Pentas lanceolata est un arbuste africain cultivé en plante annuelle dans nos massifs. On peut lui faire passer l’hiver en véranda chauffée.

Gaillardia pulchella Plume Rouge – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Ces gaillardes annuelles ont une très longue floraison.

Zinnia x Profusion Double Hot Cherry
Zinnia x Profusion Double Hot Cherry – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Ce Zinnia a obtenu une médaille Fleuroselect en 2014. La tenue de ses fleurs aux fortes chaleurs est exceptionnelle.

Et puis cette grimpante vivace peu employée, Maurandya barclaiana, m’a tapé dans l’oeil. Jolies fleurs, feuillage gracieux, elle a tout pour plaire !

Maurandya barclaiana Angel Blue – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Au potager pédagogique, exceptionnellement ouvert au public pour l’occasion, les abeilles sauvages Halictidae s’étaient données rendez-vous sur les grandes immortelles :

Halictidae butinant Helichrysum bracteatum – école Du Breuil © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez d’autres articles sur l’école Du Breuil et le fleurissement parisien :

Retour sur la rencontre technique du 27 septembre 2016 à l’école Du Breuil

Au pays de Griffon et Crocodile

Ces jardiniers sont des magiciens

Fleurissement 2016 : mon coup de cœur parisien

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

En visite au potager fruitier de La Roche-Guyon

Un beau jardin productif conduit naturellement

L’an dernier, j’avais observé au potager fruitier de La Roche-Guyon un papillon rare en Ile-de-France, l’azuré porte-queue. Qu’allions-nous découvrir cette fois-ci ?

Au potager fruitier du château de La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Au bord de cette allée, trône un fenouil gigantesque. Si j’étais un machaon, il me tenterait.

Chenille du machaon (Papilio machaon) – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Effectivement, un femelle machaon a pondu sur ce fenouil et sa chenille est déjà bien développée ! Les plantes hôtes de cette belle espèce sont des Apiacées, essentiellement la carotte et le fenouil (sauvages ou cultivés).

Crioceris duodecimpunctata – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Sur un pied d’asperge, quelques criocères à douze points, timides, se cachent à mon approche. Leurs larves consomment les baies des pieds femelles de l’asperge.

Chenille de Polygonia c-album – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Un peu plus loin, au bord de la Seine, une chenille de Robert-le-Diable, reconnaissable à la grande tache blanche sur son dos, consommait tranquillement une feuille d’ortie dioïque, sa plante hôte préférée.

Retrouvez nos articles :

Au potager fruitier de La Roche-Guyon

Le machaon, ou grand porte-queue

Bouh, fais-moi peur !

Le criocère à douze points

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

La piéride du chou

Une chenille redoutée par les jardiniers

Eclosion d’une ponte de piéride du chou – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Au revers d’une feuille de chou, les œufs de la piéride ont éclos, donnant naissance à de minuscules chenilles. Avant de partir à l’aventure et dévorer le chou, elles consomment le chorion de l’œuf (la « coquille ») pour se donner des forces.

Sur la capucine, aussi

Chenille de piéride du chou en fin de développement sur une feuille de capucine, vue aux jardins familiaux de Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès

On rencontre parfois des chenilles de la piéride du chou sur la capucine, sans doute apprécient-elles la saveur piquante de ses feuilles, proche de celles des Brassicacées, comme la moutarde, la ravenelle et le chou qui font leur ordinaire.

Accouplement de Pieris brassicae sur un pied de haricot © CACP – Gilles Carcassès

Il existe en Ile-de-France quatre espèces de Pieris. Sur la photo ci-dessus, il s’agit de Pieris brassicae, la piéride du chou, très fréquente dans les potagers. Elle est reconnaissable à la tache noire à l’apex de l’aile antérieure qui est étendue sur les deux bords. A gauche, c’est le mâle, sa tache apicale est plus fine que celle de la femelle.

Cette espèce est bivoltine, c’est-à-dire que deux générations se succèdent dans l’année. On voit les papillons de première génération en avril, mai et ceux de la seconde en juillet, août.

Les parasitoïdes, solutions naturelles de biocontrôle

Un hyménoptère parasitoïde du genre Apanteles (famille des Braconidae), présent naturellement dans les jardins, peut réguler efficacement les pullulations des chenilles de piérides. Il pond dans les jeunes chenilles. Ce parasitoïde-ci observé sous une feuille de chou à Vauréal pondait directement dans les œufs de la piéride :

Braconidae en ponte sur des œufs de piérides du chou – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez nos articles :

Papillons des jardins, des prairies et des champs

Biocontrôle, nouvelle approche du jardin

Dans cet article Le bouillon blanc de Neuville, un autre parasitoïde de la piéride du chou

Sources :

Piéride du chou, par Jardiner Autrement

La piéride du chou par André Lequet

Pieris brassicae, par l’Atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France (Cettia)

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Le pourpier maraîcher

La première fois que je l’ai remarqué à Cergy, c’était il y a deux ans, en bordure d’un massif fleuri sur le terre-plein du boulevard de l’Hautil. Ces quelques pieds ont grainé et la plante a progressé sur quelques dizaines de mètres en direction du boulevard de l’Oise.

Pourpier rougi par la sècheresse – boulevard de l’Hautil à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Et cette année, il s’étale complaisamment à la porte de la cantine de l’hôtel d’agglomération sur la dalle du Grand centre, à cent mètres du boulevard. Comment ses grosses graines sont-elles montées sur la dalle ? Peut-être collées dans la terre sous les semelles des passants qui traversent le boulevard hors des passages piétons ?

Portulaca oleracea – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Les jardiniers connaissent bien le pourpier, aux feuilles succulentes, d’abord parce que c’est une bonne petite salade au goût acidulé, riche en vitamine C, en oméga 3 et en minéraux, ensuite parce que c’est une adventice annuelle mais tenace qui se ressème abondamment et pousse très vite dans les potagers.

Les feuilles de pourpier peuvent se consommer crues, en soupe, confites au vinaigre, frites dans l’huile, ou cuites comme des épinards.

La plante se plaît dans les sols tassés et secs en été, où on la trouve souvent en compagnie de la renouée des oiseaux et de la roquette vivace.

Retrouvez nos articles sur les compagnons du pourpier :

Le jour de la trainasse

La roquette vivace

L'actualité des jardins

Le collège Gerard Phillipe labellisé

Une démarche de développement durable

Le collège Gérard Philipe à Cergy s’est engagé en 2016 dans une démarche environnementale et vient de décrocher le niveau 1 du label E3D, « Etablissement en Démarche de Développement Durable » du Ministère de l’éducation nationale.

Jardin pédagogique au collège Gérard Philipe de Cergy © CACP – Gilles Carcassès

A l’invitation de Nicolas Louineau, professeur des sciences de la vie et de la terre, nous avons pu visiter les nouveaux aménagements nature, réalisés cette année avec l’aide du conseil départemental du Val d’Oise.

La mare © CACP – Gilles Carcassès
La prairie fleurie © CACP – Gilles Carcassès
Composteurs fournis par la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

L’espace de nature est ainsi doté d’un hôtel à insectes, de composteurs, d’une haie fruitière, d’un potager, d’une mare, d’un récupérateur d’eau de pluie, d’un verger, de nichoirs pour les oiseaux. Un rucher est en projet.

Les élèves participent au tri sélectif des déchets de repas, en plaçant les déchets qu’ils souhaitent composter dans des bio seaux. Des délégués assurent le transport de ces bio seaux chaque vendredi jusqu’aux composteurs. Les bio seaux ont été placés en cuisine, dans les réfectoires des élèves et des professeurs et dans la salle des professeurs.

Le collège est également refuge LPO.

Les petits fruits du jardin pédagogique © Nicolas Louineau

Lors de notre visite le 4 juillet 2018, nous avons observé une toute jeune chenille du Machaon sur une carotte au bord du potager. Le papillon adulte était dans les parages et pondait sur les carottes sauvages de la pelouse transformée en prairie. Depuis, cette jeune chenille a bien grossi. Nicolas Louineau nous en a envoyé une photo :

Chenille du machaon © Nicolas Louineau

Retrouvez nos articles :

Qui mange mes carottes ?

Composter c’est facile

Prendre en compte les mares dans les projets d’aménagements

Sources :

Partage d’expérience : la démarche E3D au collège Gérard Philipe de Cergy, un article sur le site de l’académie de Versailles consacré à l’Education au Développement Durable

La page développement durable du site du collège Gérard Philipe

 

L'actualité des jardins

Les trésors du cœur battant

A côté de l’hôtel de ville de Vauréal, la place du cœur battant est l’un des sites les plus joliment fleuris de notre territoire. C’est aussi l’un des plus fréquentés par les abeilles, les bourdons et les papillons. Il faut dire que ce ne sont pas les fleurs qui manquent !

Fleurissement de la place du cœur battant à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Laissez-moi vous présenter quelques-unes des espèces vivaces à floraison estivale installées là par le service Espaces publics de la commune :

Monarde © CACP – Gilles Carcassès

Les fleurs des monardes, originaires d’Amérique du Nord, sont activement visitées par les bourdons. Leur feuillage dégage une agréable odeur de bergamote. Pour que ces plantes fleurissent généreusement tout l’été, il leur faut un sol riche et maintenu suffisamment humide.

Echinacea © CACP – Gilles Carcassès

Les Echinacea sont un grand classique de l’été. De nouvelles variétés dans les tons rouges ou jaunes très lumineux viennent enrichir les possibilités de marier ces vivaces avec les annuelles ou d’autres vivaces dans les massifs floraux.

Agapanthe © CACP – Gilles Carcassès

Les agapanthes sont des plantes bulbeuses qui peuvent être rustiques dans les situations abritées sous la protection d’un paillage. Elles forment de belles touffes quand elles sont bien installées. Les variétés à petites fleurs, bleues ou blanches, me paraissent plus rustiques.

Platycodon © CACP – Gilles Carcassès

Ces grosses campanules plates qui voisinent ici avec des gauras sont en fait des platycodons. Cette belle asiatique bien rustique est de culture facile.

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Agricultures parisiennes

A l’invitation de la section potagers et fruitiers de la Société Nationale d’Horticulture de France, j’ai visité trois sites d’agriculture urbaine à Paris. Ils sont très différents dans leurs objectifs, leur conception et leurs résultats.

Sur le toit d’AgroParisTech

Sur le toit potager d’AgroParisTech des expériences scientifiques sont menées sous la conduite de chercheurs en agronomie. Des substrats de culture issus du recyclage de déchets urbains sont testés, et les teneurs en métaux lourds sont mesurées dans les légumes produits. D’autres paramètres font l’objet de batteries de mesures comme le poids des récoltes, la capacité de rétention en eau des substrats, le teneur en carbone dissous dans les eaux de drainage, l’effet de l’inoculation en vers de terre sur les rendements.

Bonnes nouvelles : un tel toit potager est à peu près aussi productif que la même surface en maraîchage biologique, et les teneurs en métaux lourds restent inférieures aux normes (sauf pour les plantes accumulatrices comme les aromatiques).

L’objectif du toit potager d’AgroParisTech :

Démontrer qu’un toit potager utilisant des substrats de culture issus du recyclage de déchets urbains permet efficacement de « participer au recyclage les déchets de la ville, produire des denrées alimentaires de bonne qualité, retenir l’eau de pluie et contribuer au stockage du carbone »

Parcelles d’essais © CACP – Gilles Carcassès

Les oiseaux exercent une forte pression sur ce toit peu fréquenté. Les filets sont une parade efficace mais il faut les réparer souvent car les oiseaux cherchent à les percer.

Jardin de toiture – AgroParisTech © CACP – Gilles Carcassès

Une partie de la terrasse est dévolue à l’expérimentation de diverses cultures, dont des légumes africains. Une friche mellifère est aussi installée. Elle a été conçue pour ne pas être irriguée, mais des arrosages de secours sont tout de même nécessaires en période de sècheresse.

Un prunier sur le toit © CACP – Gilles Carcassès

La Recyclerie – porte de Clignancourt

Sur le site d’une ancienne gare de la petite ceinture, La Recyclerie est d’abord un lieu de vie et de rencontres. Son atelier de réparation de petits matériels et son café-cantine sont bien connus des habitants du quartier. Le jardin tout en longueur le long des anciennes voies ferrées est équipé d’un poulailler, de composteurs collectifs, d’un potager écologique, d’une serre, d’un démonstrateur d’aquaponie, de diverses installations expérimentales et de mobiliers de récupération. Sur le toit du bâtiment des ruches sont installées parmi des plantes de garrigue.

L’objectif de La Recyclerie

« Sensibiliser le public aux valeurs éco-responsables, de manière ludique et positive »

« Forêt comestible » © CACP – Gilles Carcassès

A La Recyclerie, on peut emprunter un bioseau et rapporter ses déchets de cuisine à composter. Le lieu à l’ambiance particulière est proposé à la location pour des groupes. La Recyclerie propose aussi des ateliers pédagogiques et des événements culturels et festifs.

Le clapier © CACP – Gilles Carcassès

Bowie le lapin et les deux cochons d’Inde Ron et Alpe sont les chouchous des enfants qui visitent régulièrement le site. Ils valorisent une partie des épluchures du restaurant. La toiture de leur clapier est plantée de fraisiers.

Agripolis, sur le toit du collège Eugène Delacroix dans le 16ème arrondissement

Agripolis, start-up créée en 2014, gère actuellement quatre fermes urbaines sur Paris et en région parisienne. Elle prévoit de s’étendre à d’autres villes en France, et à l’international dès 2019. Elle pratique une agriculture intensive faisant appel à des techniques innovantes permettant des rendements élevés.

Les objectifs d’Agripolis

  • Produire en circuit court : « les fruits et légumes sont vendus aux consommateurs dans un rayon de 500 mètres maximum du lieu de production »
  • Sans pesticides ni engrais chimiques : « nous n’utilisons aucun pesticide et exclusivement des nutriments d’agriculture biologique »
  • Et cueillir à maturité : « le délai de mise à disposition après récolte n’excède pas 12 heures »
Sur les toits du collège © CACP – Gilles Carcassès
Les colonnes d’aéroponie © CACP – Gilles Carcassès

Les légumes sont cultivés en aéroponie. Les colonnes de culture ne sont pas remplies de terreau, elles sont creuses ; à l’intérieur, le long de leur paroi, coule de l’eau fertilisée qui baigne les racines des plantes. Cette eau circule en circuit fermé. Dans ces colonnes sont cultivées des plantes adaptées, à végétation limitée, faciles à récolter et à forte rentabilité : des fraisiers, des potimarrons, des aubergines, du basilic, des blettes…

Pot de culture © CACP – Gilles Carcassès
Production de tomates jaunes © CACP – Gilles Carcassès

Ces tomates de collection sont cultivées également en technique hors-sol, dans des tubes où circule de l’eau fertilisée.

Retrouvez d’autres articles sur des démonstrateurs d’agriculture urbaine :

Living roof

Démonstrateur d’agriculture urbaine

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Un papillon protégé observé au parc du château de Grouchy

Très coopératif, ce papillon ! © CACP – Mathilde VASSENET

Des inventaires de biodiversité, indicateurs de gestion d’une prairie

Le 5 juillet 2018, nous sommes allés au parc du château de Grouchy à Osny. La communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise y gère en fauche tardive une prairie humide dont la biodiversité est évaluée depuis plusieurs années par l’application de deux protocoles de sciences participatives pour gestionnaires d’espaces verts : Florilèges prairies urbaines (plantes) et Propage (papillons de jour).

Une belle rencontre avec une espèce protégée

Lors d’un transect, méthode d’inventaire de Propage, nous avons rencontré ce Flambé, Iphiclides podalirius. Cette espèce protégée en Ile-de-France doit son nom vernaculaire à ses belles lignes noires.

Ses chenilles consomment des feuilles de prunellier ou de cerisier.

Iphiclides podalirius – Verger du parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Marion Poiret

Tout comme les plumes des oiseaux, les écailles, qui couvrent ses ailes et forment les motifs caractéristiques de l’espèce, permettent au papillon de trouver son ou sa partenaire pour se reproduire. Elles sont aussi probablement impliquées dans la conduite du vol, ainsi que dans l’émission et sans doute la perception d’odeurs. Elles sont accrochées, telles des tuiles d’un toit, à la membrane transparente qui constitue la structure de l’aile.

Ces écailles ne sont pas plus grosses qu’un grain de pollen. Retrouvées au fond des lacs ou dans les sols anciens elles pourraient permettre, comme le pollen, de raconter l’histoire d’un site et peut être même de dater certaines couches de sédiments.

Un copieux repas de nectar © CACP – Marion Poiret

Abîmer les écailles d’un papillon ne l’empêchera pas de vivre, mais il ne sera pas reconnu par ses congénères et ne pourra pas se reproduire.

Retrouvez nos articles sur le Flambé et une espèce proche, le Machaon :

Le Flambé

Qui mange mes carottes ?

D’autres observations dans cette prairie du parc du château de Grouchy :

Deux volucelles au verger de Grouchy

La phalène anguleuse

Ectophasia, jolie mouche de Grouchy

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La cicadelle pruineuse

Nous sommes cernés !

Présente dans les régions les plus chaudes de la moitié sud de la France, la cicadelle pruineuse, d’origine américaine, a été signalée en 2014 à Nanterre, en 2016 à Paris au jardin du Luxembourg et en 2017 dans le bois de Boulogne. Je viens de l’observer à Joinville-le-Pont, à deux pas de l’école Du Breuil.

Metcalfa pruinosa, la cicadelle pruineuse sur un robinier – Joinville-le-Pont © CACP – Gilles Carcassès

Cette cicadelle est capable de se nourrir de la sève de très nombreux végétaux. Dans le petit bois à la sortie du RER que traversent tous les jours les étudiants de l’école Du Breuil, elle est en grand nombre sur les robiniers, la clématite sauvage et l’ortie dioïque. Bonne nouvelle, elle est aussi sur l’ailante, un arbre invasif qui pose par endroits de sérieux problèmes !

Cicadelle pruineuse sur Clematis vitalba © CACP – Gilles Carcassès
Cicadelle pruineuse sur une tige d’ortie © CACP – Gilles Carcassès

Metcalfa pruinosa est un ravageur important des arbres fruitiers. Il les affaiblit considérablement au point de compromettre la production, lorsque ses populations sont très nombreuses. Heureusement, un parasitoïde américain introduit dans les régions infestées régule efficacement ces pullulations : Neodryinus typhlocybae pond dans les larves de la cicadelle pruineuse.

Retrouvez notre article sur l’arrivée de la cicadelle pruineuse au jardin du Luxembourg :

La cicadelle pruineuse est en Ile-de-France !

Une autre cicadelle venue du continent américain :

La cicadelle qui n’existait pas !

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Le tigre du Pieris

Stephanitis takeyai, le tigre du Pieris – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Chétifs et décolorés, ils font grise mine les Pieris du patio du Verger, au pied de l’immeuble où je travaille. Les coupables se cachent au revers des feuilles : ce sont des tigres. Certes, de tout petits tigres, mais de terribles ravageurs ! Stephanitis takeyai nous vient du Japon, cet hémiptère de la famille des Tingidae serait arrivé aux Pays-Bas en 1994 et en Grande-Bretagne en 1995. En France, il a d’abord été repéré en 2005 en Vendée puis en Bretagne. Depuis 2014, il sévit aussi en en Ile-de-France. Je l’ai vu sur des Pieris dans des massifs de plantes de terre de bruyère à Créteil, à Cergy, à Rueil-Malmaison.

Les punaises prédatrices et les chrysopes peuvent limiter les populations de cet insecte, mais il est prolifique et capable d’enchaîner plusieurs générations dans l’année.

Stephanitis takeyai © CACP – Gilles Carcassès

Ses ailes au motif en dentelle et doublement barrées de noir miroitent au soleil. Elles sont peu fonctionnelles, aussi l’insecte est peu mobile et on retrouvera d’année en année ses générations successives sur les mêmes plantes dont il suce la sève.

Corythucha ciliata, le tigre du platane © CACP – Gilles Carcassès

Corythucha ciliata est une autre tigre, inféodé au platane. Ce sont ses attaques qui provoquent la décoloration du feuillage de cet arbre en été. Originaire d’Amérique du Nord, le tigre du platane est présent en France depuis 1975.