L'actualité de la Nature

La petite bouteille

Les nombreux boutons floraux du Magnolia lilifora de mon jardin sont une belle promesse de fleurs pour ce printemps. Sur l’un d’eux, je distingue une toute petite chose qui me paraît joliment contrastée.

Bouton floral de Magnolia liliflora © CACP – Gilles Carcassès

C’est une minuscule araignée, elle ne dépasse pas 2 mm.

Mangore petite-bouteille (Mangora acalypha) © CACP – Gilles Carcassès

Mangora acalypha est une petite araignée des friches, des landes et des prairies. Elle est très facile à reconnaître avec le dessin de bouteille à long col qui orne son abdomen. Sa teinte orangée et sa petite taille indiquent qu’il s’agit d’un jeune. Né en juillet, il a passé l’hiver sous la mousse et s’est réveillé aux premières douceurs. L’abdomen chez l’adulte est blanc, noir et jaune.

Cette araignée, de la même famille que les épeires et l’argiope fasciée, est très commune et largement répandue dans toute l’Europe. Elle attend ses proies au milieu de la toile horizontale ou oblique qu’elle tisse dans la végétation basse.

Sources :

Fiche de Mangora acalypha, par l’INPN

L’araignée Mangora acalypha, dans le blog de Jean-Yves Cordier

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Du monde sous les écorces

Cachés sous une écorce © CACP – Gilles Carcassès

En cueillant quelques pleurotes sur le tronc d’un vieux hêtre, je ne résiste pas à l’envie de soulever un petit bout d’écorce sur une partie de bois pourri pour voir qui se cache dessous.

Le logement est très humide, mais cela n’a pas l’air de déranger. Je vous présente mes trouvailles, engourdies par le froid. De gauche à droite : une araignée du genre Philodromus, la sublime coccinelle rose Oenopia conglobata et la coccinelle asiatique Harmonia axyridis. La différence de taille entre ces deux espèces de coccinelles est ici flagrante.

Oenopia conglobata, la coccinelle rose – © CACP – Gilles Carcassès

La coccinelle rose s’est réveillée et part à la recherche d’un nouveau logement plus tranquille.

Rhaphigaster nebulosa © CACP – Gilles Carcassès

Les punaises nébuleuses, communes en forêt, profitent aussi de ces écorces décollées pour passer l’hiver en amas compacts.

Dans quelques jours ou quelques semaines, le tronc qui les héberge sera chargé sur un camion pour une destination inconnue, peut-être à l’autre bout du Monde. Beaucoup d’espèces changent ainsi de région ou de continent au gré des transports de marchandises. Ainsi naissent les espèces invasives…

Retrouvez nos articles :

J’ai vu une coccinelle rose !

Punaise nébuleuse, punaise diabolique : ne les confondez plus !

La coccinelle asiatique

Les champignons du commerce international du bois

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La petite bête qui monte

Si vous n’appréciez pas trop les araignées dans votre maison, vous allez adorer celle-ci : elle mange les autres araignées, même les grosses tégénaires !

Zoropsis spinimana © CACP – Gilles Carcassès

Tous les matins à l’heure du petit déjeuner, cette grosse araignée traverse ma cuisine d’un pas pressé, et je n’arrivais pas à la prendre en photo. Ce soir-là, elle était aimablement immobile sur le mur de l’escalier et j’ai pu lui tirer le portrait. A ses palpes en massue, j’identifie un mâle.

Le dessin sur son céphalothorax est caractéristique du genre Zoropsis. Les spécialistes croient y reconnaître les traits de Nosferatu le vampire (bon, il faut un peu d’imagination). La couleur sombre des chélicères et des pattes donne l’espèce  : Zoropsis spinimana.

Les beaux dessins de Zoropsis spinimana © CACP – Gilles Carcassès

Cette araignée est une méridionale en expansion qui progresse le long du littoral atlantique. Elle est également bien établie depuis quelques années en région parisienne.

Zoropsis spinimana ne tisse pas de toile, elle chasse la nuit en explorant son territoire. Si vous la croisez, elle ne vous fera aucun mal. Attention tout de même, cette prédatrice peut se montrer un peu agressive si elle se sent menacée. Mais sa morsure est sans danger.

Le corps de ce beau mâle fait un bon centimètre, sans les pattes. J’espère croiser un jour la femelle, encore plus imposante !

Sources :

Le genre Zoropsis en France, par Sylvain Dejean et Marina Chavernoz – 2009

Zoropsis spinimana, par l’INPN

Retrouvez dans ces articles d’autres arachnides d’origine méditerranéenne :

Le cerf qui venait du Maroc

Le pholque de Pluche

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Le pholque de Pluche

J’ai décidé de m’intéresser aux petites bêtes injustement méprisées. Après les psoques, voici les pholques.

Holocnemus pluchei, le pholque de Pluche © CACP – Gilles Carcassès

Le pholque de Pluche n’est pas un insecte, mais une araignée. On peut rencontrer cette espèce méditerranéenne hors de sa zone d’origine dans les jardineries et parfois les annexes chauffées des habitations. Celle-ci, je l’ai trouvée dans la serre tempérée de la Maison de la Nature de Rueil-Malmaison. Holocnemus pluchei tisse une toile irrégulière en dôme et se poste dessous. Elle capture des mouches, des moustiques, des cloportes, et même d’autres araignées bien plus grosses qu’elles. On reconnaît cette espèce à son ventre noir.

Voici la face dorsale, joliment ornée, d’un autre individu, observé à l’intérieur d’une véranda dans la Drôme :

Holocnemus pluchei © CACP – Gilles Carcassès

Inquiété, le pholque de Pluche a le don d’invisibilité : il oscille de haut en bas sous sa toile avec une fréquence tellement rapide qu’il en devient (presque) indiscernable !

Source :

Holocnemus pluchei, par l’INPN

Découvrez le monde fascinant des araignées avec ces articles :

Belle blonde aux pattes léopard, qui m’a tapé dans l’œil

Araignées sauteuses

L’araignée-loup

L’ombre de Napoléon

L’araignée zèbre

Mon beau sapin

Ero, l’araignée pirate

Araignées crabes

La belle à rayures

Une araignée traverse le salon

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Des petites bêtes sur mes noisettes

En récoltant mes noisettes pourpres, j’ai observé que les involucres très enveloppants de ces fruits offraient de bons abris à plein de petites bêtes. J’ai entrepris de les photographier. Mon rendement de cueilleur de noisettes en a gravement pâti.

Fruits du noisetier pourpre (Corylus maxima purpurea) © CACP – Gilles Carcassès
Forficula auricularia © CACP – Gilles Carcassès

Voici l’impressionnant mais très inoffensif « perce-oreilles ». J’en ai vu très peu cette année.

Ectobius vinzi juvénile © CACP – Gilles Carcassès

Ectobius vinzi, une petite blatte de jardin qui devient très commune et rentre parfois dans les maisons, sans faire aucun dégât (il suffit de la remettre dehors). Cet immature est facile à reconnaître avec sa barre blanche transversale.

Philodromus sp. © CACP – Gilles Carcassès

Une araignée crabe arboricole de la famille des Philodromidae.

Oulema sp. © CACP – Gilles Carcassès

Tiens ! Un Oulema, coléoptère ravageur des céréales qui grignote aussi les graminées sauvages.

Asiraca clavicornis © CACP – Gilles Carcassès

Un look incroyable celui-ci avec ses antennes en bâton et ses pattes antérieures très élargies ! Asiraca clavicornis est un homoptère Delphacidae.

Au jeu des noisettes-surprises, on trouve une bien intéressante biodiversité !  J’y retournerai sûrement et vous posterai mes autres découvertes…

Retrouvez nos articles :

Ectobius, blattes de jardin

Les araignées crabes

Asiraca clavicornis, un Popeye chez les homoptères 

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Mon araignée préférée

Micrommata virescens sur un tuteur à tomates dans un cabanon © CACP – Gilles Carcassès

La belle verte !

J’ai trouvé cette belle araignée dans un cabanon de jardin, mais ce n’est pas son habitat ordinaire car, vous l’aurez deviné, cette espèce chasse à l’affut dans la verdure où sa tenue de camouflage est parfaite. On rencontre la micrommate dans les hautes herbes, les lisières forestières, les prairies humides. Celle-ci est une femelle, car le mâle de cette espèce a l’abdomen brun. Il est plus rare de l’observer, car il vit peu de temps. On pense que la femelle en revanche peut vivre deux ans.

Micrommata virescens © CACP – Gilles Carcassès

Championne à la course

Micrommata virescens ne piège pas ses proies dans une toile, elle les capture à la course. Mais elle tisse de la soie pour confectionner un cocon entre deux feuilles pour abriter sa ponte qu’elle surveille jusqu’à l’éclosion.

Les beaux yeux de Micrommata virescens © CACP – Gilles Carcassès

Son nom de genre signifie petits yeux. Elle en possède huit, tous groupés à l’avant de sa tête.

Pour les amateurs, retrouvez nos meilleurs articles sur les araignées :

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A chacune son menu

L’hiver est une bonne saison pour observer les araignées. De nombreuses espèces sont assez faciles à trouver.

Dysdera sp © Gilles Carcassès
Dysdera crocata avec un cloporte – parc François-Mitterrand à Cergy © Gilles Carcassès

On rencontre cette belle espèce là où se tiennent les cloportes, son gibier favori. J’ai trouvé celle-ci au pied d’un arbre, sous le paillage. C’est une des rares espèces à pouvoir infliger une morsure à l’Homme, avec ses grandes chélicères (que l’on aperçoit sur cette photo entre les pattes de devant). Il est préférable de ne pas la taquiner avec les doigts.

© Gilles Carcassès
Nuctenea umbratica, l’épeire des fissures – parc François-Mitterrand à Cergy © Gilles Carcassès

Si l’épeire des fissures est aplatie c’est pour se glisser dans les fentes où elle se cache la journée. Elle sort au crépuscule, tisse une toile et capture des papillons de nuit. Celle-ci avait établi sa base arrière sous une écorce de platane.

© Gilles Carcassès
Philodromidae sous une écorce de platane – parc François-Mitterrand à Cergy © Gilles Carcassès

Cette araignée crabe appartient à la famille des Philodromidae. Elle chasse les collemboles sous les écorces de platane.

Cocon d'Argiope bruennichi © Gilles Carcassès
Cocon d’Argiope bruennichi – parc François-Mitterrand à Cergy © Gilles Carcassès

Dans les herbes, il est facile de trouver des cocons de l’araignée frelon. On dirait une montgolfière à rayures brunes, de la taille d’une petite noix. Les œufs sont stockés à l’intérieur dans un deuxième cocon gros comme un petit pois. L’éclosion aura lieu au printemps. Les adultes capturent beaucoup de criquets.

Que mangent les araignées ? par l’OPIE

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Mon beau sapin

Brigittea latens © Gilles Carcassès
Brigittea latens – Cergy © Gilles Carcassès

Cette élégante petite araignée (3 mm !) présente sur son abdomen un dessin qui rappelle la silhouette d’un sapin de Noël. Je l’ai trouvé dans la végétation d’un bord de champ à Ham, hameau de Cergy. Cette petite espèce capture les mouches imprudentes, souvent bien plus grosses qu’elle, qui se posent sur les feuilles où elle a tendu ses fils de soie collante.

Joyeux Noël à tous !

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Ero, l’araignée pirate

Cocon de Mimetidae - Menucourt © Gilles Carcassès
Cocon de Mimetidae suspendu sous une feuille de buis – Menucourt © Gilles Carcassès

On devine par transparence des œufs dans ce cocon. C’est celui d’une araignée du genre Ero, de la famille des Mimetidae. On les surnomme les araignées pirates. Elles ne tissent pas de toile mais squattent celles des autres araignées. Par les vibrations qu’elles provoquent, elles miment l’arrivée d’une proie ou d’un partenaire sexuel. L’araignée légitime propriétaire de la toile se précipite. L’araignée pirate la saisit, et la mord à la patte en lui injectant son venin spécial pour araignée : foudroyant. Et puis, elle la mange.

Le cocon de soie est protégé par une solide cotte de mailles faites de fils solides dont l’araignée pirate a le secret. Ces bouclettes sont peut-être destinées à gêner l’approche de parasites qui voudraient pondre dans le cocon.

Ero, araignée pirate par Ed Nieuwenhuys

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Sur les herbes sèches

Les prairies du parc François-Mitterrand à Cergy ont perdu leurs superbes floraisons de juin, mais les compositions ont encore du charme. Aux fleurs ont succédé les graines, prêtes à accomplir le cycle de la vie.

Prairie au parc François-Mitterrand à Cergy - septembre 2016 © Gilles Carcassès
Prairie au parc François-Mitterrand à Cergy – septembre 2016 © Gilles Carcassès

On reconnaît à gauche les gousses des vesces, les calices enflés de Silene vulgaris. Les taches marrons sont les fruits des trèfles des prés.

Prairie au parc François-Mitterrand à Cergy - juin 2016 © Gilles Carcassès
Prairie au parc François-Mitterrand à Cergy – juin 2016 (Vicia cracca, Silene vulgaris, Achillea millefolium) © Gilles Carcassès

Ne vous y trompez pas, ces herbes sèches accueillent encore toute une petite faune. Voici la sylvine, un papillon de nuit de la famille des Hepialidae, dont la chenille mange les racines des plantes herbacées.

Triodia sylvina © Gilles Carcassès
Triodia sylvina, la sylvine – Cergy © Gilles Carcassès

Cette jolie petite mouche est Scaeva pyrastri, le syrphe du poirier. Sa larve, de couleur verte, est prédatrice de pucerons.

Scaeva pyrastri © Gilles Carcasses
Scaeva pyrastri sur une picride – Cergy © Gilles Carcassès
Scaeva pyrastri - Cergy © Gilles Carcassès
Scaeva pyrastri sur un plantain – Cergy © Gilles Carcassès

Pour déterminer les diptères, l’observation détaillée des nervures des ailes, des antennes et des pattes est importante. Ici, ces grosses lunules blanches sur l’abdomen noir et les taches sous l’abdomen ne laissent guère de doute sur l’espèce.

Tibellus sp © Gilles Carcassès
Tibellus sp. – Cergy © Gilles Carcassès

Ne dit-on pas que les rayures longitudinales affinent la silhouette ? Cette araignée crabe en embuscade le long d’une tige vient de capturer un chrysope. Elle appartient à la famille des Philodromidae et est fréquente dans les prairies.

Vu à Cergy, dans le quartier Grand centre © Gilles Carcassès
Oedipoda caerulescens – Cergy © Gilles Carcassès

Nous avons retrouvé aussi dans ces prairies le criquet à ailes bleues, Oedipoda caerulescens, une espèce protégée au niveau régional !