L'actualité de la Nature

Champignon rose dans les branchages

Illosporiopsis christiansenii, champignon parasite de lichens © CACP – Gilles Carcassès

Sur les branches de mon figuier, j’ai trouvé cette chose rose, pas plus grosse qu’une tête d’épingle. Serait-ce la fructification d’un lichen inconnu ?

Il s’agit en fait d’un champignon qui parasite des lichens des genres Physcia, Physconia et Xanthoria. Ce curieux ascomycète est présent un peu partout en France mais il est peu observé, sans doute en raison de sa taille minuscule.

Illosporiopsis christiansenii © CACP – Gilles Carcassès

Observé à la loupe, Illosporiopsis christiansenii est d’aspect irrégulier et granuleux. Le lichen jaune vert est Xanthoria parietina, le gris aux lobes ciliés est Physcia adscendens/tenella. Ils sont tous les deux très communs sur les troncs des arbres.

J’ai déterminé les lichens grâce à la clé du programme de science participative Lichens Go !

Source :

Illosporiopsis christiansenii, par l’Association française de lichénologie

Retrouvez d’autres ascomycètes :

Les oreilles de la Terre

Les bras m’en tombent !

Les gâteaux d’Alfred

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Tachées ou perforées ?

Qu’est-il donc arrivé à ces feuilles d’érables, qui se sont parées de taches noires ?

Figures sphériques sur des feuilles d’érable – Parc des Larris © CACP – Léo Micouin

La tache goudronneuse de l’érable

Le responsable de ces figures sphériques n’est pas un artiste contemporain, ni un tatoueur, mais un champignon inféodé aux érables. Les taches sont en réalité des stromas, organes indépendants permettant la production de spores qui assurent la dispersion du champignon.

Ce champignon possède deux formes : Melasmia acerina, une forme asexuée (immature) dite « anamorphe », et Rhytisma acerinum, une forme sexuée (mature) dite « téléomorphe » que le champignon atteindra après maturation au printemps. C’est uniquement sous sa forme sexuée que le champignon pourra libérer ses spores contaminants et venir se loger sur les jeunes feuilles en mars-avril.

Rhytisma acerinum – Neuville © CACP – Gilles Carcassès

Inoffensif pour l’arbre

Les taches peuvent causer une chute prématurée des feuilles mais elles ne représentent pas un danger pour l’érable, celui-ci vit très bien avec.

Rhytisma acerinum – Neuville © CACP – Gilles Carcassès

Pour lutter contre sa propagation, il est conseillé d’évacuer les feuilles mortes du pied de l’arbre. Ainsi, le champignon ne pourra pas contaminer la prochaine génération de feuilles.

Sources :

Rhytisma acerinum, par Ephytia

Rhytisma acerinum, par ChampYves

Retrouvez un autre article sur un champignon parasite :

La rouille de l’ortie

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La pézize orangée

La pézize ornagée
La pézize orangée – forêt de Marly © Gilles Carcassès

Les bucherons sont passés par là et dans la terre remuée des ornières apparaissent, pour le régal des yeux, ces petites coupes d’un orange vif.

Aleuria aurantia, la pézize orangée, pousse souvent en troupes dans des situations éclairées, de juin à novembre, sur des sols humides et remaniés, souvent après le passage d’engins. Ainsi donc, une biodiversité particulière peut s’exprimer après des interventions humaines.

Cet ascomycète que les anglais nomment « le champignon peau d’orange » est très commun en Europe et en Amérique du Nord.

La fiche de la pézize orangée par le Club Mycologique Conflanais

Notre article « Les ascomycètes nous en font voir de toutes les couleurs »

 

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Scutellinia

© Gilles Carcassès
Scutellinia © Gilles Carcassès

Non, ce n’est pas une méduse d’eau douce, ni une plante carnivore, ni un coussin de belle-mère et encore moins le nid douillet de la galinette cendrée.

Il s’agit d’une Scutellinia scutellata, sorte de petite pézize à la marge ciliée, un champignon donc. Et même un ascomycète. Il pousse sur les bois décomposés et gorgés d’eau.

Je l’ai trouvé sur le tronc pourri d’un grand peuplier mort couché dans l’eau, dans une partie marécageuse du parc de Grouchy à Osny.

Merci à tous ceux qui ont participé et bravo à ceux qui avaient trouvé le bon genre.

Sous-bois marécageux au parc de Grouchy à Osny © Gilles Carcassès
Sous-bois marécageux au parc de Grouchy © Gilles Carcassès
Troupe de Scutellinia sur un tronc de peuplier pourri © Gilles Carcassès
Troupe de Scutellinia scutellata sur un tronc de peuplier pourri – Osny © Gilles Carcassès
Scutellinia scutellata © Marie-Louise Arnaudy
Scutellinia scutellata au microscope © Marie-Louise Arnaudy

Un grand merci à Marie-Louise Arnaudy, du Club Mycologique Conflanais qui a aidé à la détermination de l’espèce par un examen au microscope : les asques contiennent 8 spores elliptiques de 13 x 20 microns, les paraphyses sont élargies au sommet et (détail non visible sur cette vue) les poils sombres de la marge ont une base fourchue.

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Les ascomycètes nous en font voir de toutes les couleurs

Les truffes, les pézizes, les morilles et l’ergot de seigle sont les plus célèbres des ascomycètes, mais il en existe de très nombreuses autres espèces, souvent petites et diversement colorées. Cette classe représente à elle seule les trois quarts des espèces de champignons. Leur caractéristique commune réside dans le fait que leurs spores sont enfermées dans des asques. Ce critère requiert une observation au microscope. Les surfaces fertiles des ascomycètes ne sont pas organisées en pores, ni en lames, comme les cèpes ou les girolles qui sont des basidiomycètes. La détermination des ascomycètes est ardue, elle repose essentiellement sur l’observation microscopique.

Ascomycète sur une feuille morte © Gilles Carcassès
Lachnum virgineum sur une feuille de noisetier – Menucourt © Gilles Carcassès

Ces minuscules coupelles blanches sur cette feuille morte de noisetier sont les fructifications d’un champignon ascomycète.

Ascomycète jaune sur une souche © Gilles Carcassès
Orbilia delicatula sur une souche – Menucourt © Gilles Carcassès

Voici une espèce jaune qui dévore une souche de bouleau.

Ascocoryne © Gilles Carcassès
Ascocoryne – Menucourt © Gilles Carcassès

Les Ascocoryne sont aussi des champignons ascomycètes lignivores, ils présentent de belles teintes roses ou mauves et des formes étranges.

Chlorociboria © Gilles Carcassès
Chlorociboria – Rosny-sur-Seine © Gilles Carcassès

Les Chlorociboria en décomposant le bois le teintent en bleu-vert soutenu. Le bois ainsi coloré, avant qu’il ne soit trop pourri, peut être utilisé en marqueterie. On trouve facilement ce champignon en retournant le bois tombé, dans les lieux humides.

Sarcoscypha coccinea © Gilles Carcassès
Sarcoscypha coccinea – Menucourt © Gilles Carcassès

La pézize écarlate aime beaucoup le bois des branches mortes de noisetiers. C’est l’un des rares champignons que l’on peut rencontrer en hiver.

Les ascomycètes