L'actualité de la Nature

La fausse fourmi

Elle trompe bien son monde, celle-là !

Drôle de fourmi, vue au Verger à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Une petite fourmi court en tous sens sur mon bras, sur ma main et sur mes doigts. Mais, petite fourmi, tu as de bien grandes antennes ! Montre moi un peu ton museau !

Himacerus mirmicoides – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Ah ! C’est bien ce que je pensais, tu n’es pas une fourmi ! Les fourmis n’ont pas un tel rostre. Tu es une larve de punaise : Himacerus mirmicoides, je t’ai reconnue !

A quoi cela peut-il bien servir à une larve de punaise de ressembler à une fourmi ? Peut-être à échapper à des prédateurs qui n’apprécient pas le goût des fourmis, ou alors à approcher des proies qui ne se méfient pas d’un insecte à l’apparence de fourmi…

Un auxiliaire pour le jardinier

Les nabides-fourmis sont des auxiliaires de jardin efficaces, ils consomment toutes sortes de petits insectes ainsi que leurs œufs.

L’espèce est commune, y compris dans Paris, mais son déguisement fonctionne bien : elle passe souvent inaperçue.

Source :

Himacerus mirmicoides, par Le jardin de Lucie

Retrouvez d’autres articles sur les punaises :

Les punaises du chou

La punaise de l’aubépine

Six punaises en rouge et noir

Agenda

Le bon usage du biocontrôle

Après la fiche sur la pyrale du buis, le site Jardiner Autrement s’est enrichi de nouvelles fiches sur les outils de biocontrôle. Voici celle qui concerne la lutte contre le carpocapse, ce papillon dont la chenille fait des trous dans les pommes !

Dégât de carpocapse sur pomme © CACP – Gilles Carcassès

Pour lutter contre les carpocapses, vous pouvez notamment installer des nichoirs à mésanges, à chauves-souris et des abris pour les forficules.

Sur la page du site Jardiner Autrement dédiée aux fiches techniques, la catégorie « Biocontrôle » va progressivement s’enrichir de nouvelles fiches détaillées et très pratiques, fruit d’une collaboration efficace entre la Société Nationale d’Horticulture de France (SNHF), la Fédération Nationale des Métiers de la Jardinerie (FNMJ) et l’Académie du Biocontrôle. Une visite s’impose !

L'actualité de la Nature

L’alliaire

Belle station d’alliaires à Neuville-sur-Oise, ici en compagnie du gaillet gratteron © CACP – Gilles Carcassès

Alliaria petiolata, communément nommée alliaire, apprécie les sols riches des bords de haies et des bois. On la rencontre souvent à proximité d’autres plantes nitrophiles ou des boisements rudéralisés, comme la ronce bleue, l’ortie dioïque, la chélidoine, l’herbe à Robert, la benoîte des villes, le lierre terrestre, le gaillet gratteron. Elle est très commune partout en Ile-de-France, surtout près des zones habitées.

Voilà encore une plante allélopathique : les exsudats produits par ses racines inhibent la croissance d’autres espèces qui pourraient la concurrencer.

Une délicieuse salade sauvage

Jeune touffe d’alliaire à côté d’un crâne de cheval (photo aimablement prêtée par l’auteur du blog Zoom Nature)

C’est une plante sauvage comestible appréciée au printemps, le léger goût d’ail de ses jeunes feuilles crues fait merveille sur une simple tartine beurrée de pain de seigle. Une plante agréablement parfumée et très digeste : le délicat goût de l’ail, sans l’haleine de cheval !

Tiens un crâne de cheval dans un jardin, cela me rappelle mon article La vérité si jument !

Aux Etats-Unis, l’alliaire est devenue une invasive redoutée. Elle y a fait l’objet d’études de lutte biologique par l’introduction contrôlée de charançons européens spécifiques de l’alliaire.

Les parties aériennes de cette plante sont consommées en Ile-de-France par plusieurs lépidoptères, dont la piéride du navet et l’aurore de la cardamine.

Pieris napi, la piéride du navet, dont les chenilles consomment l’alliaire © CACP – Gilles Carcassès

Sources :

Alliaire, l’herbe à l’ail, par Sauvages du Poitou (2015)

Biology and biological control of garlic mustard, par Forest Health Technology Enterprise Team (2013)

L’hypothèse de l’arme chimique inédite de l’alliaire officinale, par Zoom-Nature (2015)

Alliaire officinale : Mustard Garlic wanted, par Zoom-Nature (2015)

L’alliaire officinale avait tout pour réussir outre-Atlantique, par Zoom-Nature (2015)

L’alliaire officinale, une tueuse de champignons du sol, par Zoom-Nature (2015)

Retrouvez d’autres autres articles en lien avec ce sujet :

L’oreille de souris, plante allélopathique

L’ail des ours

 

L'actualité des jardins

Les amis du melon

Il est souvent préconisé de faire cohabiter au jardin les plantes fleuries et les légumes, afin de profiter des bénéfices biologiques de ces associations. Ces pratiques plus ou moins empiriques ont des fondements scientifiques. Vous pouvez retrouvez dans notre article Plantes compagnes l’explication de ces mécanismes.

Cyanus segetum, le bleuet © CACP – Gilles Carcassès

Des chercheurs ont récemment testé l’effet de la proximité de bandes fleuries dans la culture du melon. Leur idée était de proposer des plantes nourricières ou relais aux auxiliaires susceptibles de contrôler les pullulations de pucerons. Et cela a très bien fonctionné : les melons des planches bénéficiant de ce compagnonnage ont été significativement moins attaqués par les virus transmis par les pucerons que ceux des planches témoins. Les plantes composant la bande fleurie étaient adaptées au climat méditerranéen car cet essai a été conduit par une équipe de l’INRA d’Avignon.

Le mélange qui a prouvé son efficacité est composé de cinq espèces, deux annuelles, le bleuet et la gesse commune (Lathyrus sativus), et trois vivaces, le sainfoin, la petite pimprenelle et la marjolaine (Origanum majorana).

Sanguisorba minor, la petite pimprenelle © CACP – Gilles Carcassès

Je suggère aux jardiniers amateurs qui voudraient s’inspirer de ces résultats de remplacer la marjolaine par un origan, plante très proche et plus facile à trouver. De même, la gesse commune peut sans doute être remplacée par le pois de senteur (Lathyrus sativus) qui est aussi une gesse. Evidemment, il ne faut pas choisir des cultivars à fleurs doubles qui ont très peu à offrir aux insectes ! Attention en particulier au bleuet, souvent vendu en mélange de fleurs doubles de différents coloris.

La vrai difficulté consiste au bon respect du calendrier de cultures. Le système pour être efficace nécessite impérativement que les plantes compagnes soient déjà en fleurs au moment où l’on installe les plants de melon.

A chacun de faire ses essais selon sa région. Racontez-nous vos expériences !

Source :

Résistance et agroécologie, des fleurs pour ‘Margot’ le melon, un article de Jardins de France, l’excellente revue de la SNHF

L'actualité de la Nature

Des insectes bien de chez nous au secours de l’Amérique

De gauche à droite et de haut en bas, je vous présente : Nanophyes marmoratus (petit charançon de la salicaire), Calophasia lunula (la Linariette), Urophora stylata (mouche des chardons), Tyria jacobeae (la Goutte de sang).

Qu’ont-ils en commun ?

Ces insectes ont fait l’objet de programmes de biocontrôle par acclimatation en Amérique du Nord pour réguler les populations de plantes invasives d’origine européenne, respectivement la salicaire, la linaire commune, le chardon des champs et le séneçon jacobée.

Au Canada, les pantes exotiques envahissantes proviennent à 80 % d’Europe, de Méditerranée et de l’ouest de la Russie. La deuxième origine géographique, pour 15 %, est la Chine et le Japon. On dénombre 486 plantes exotiques envahissantes au Canada, selon l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Retrouvez les aventures de ces quatre insectes dans nos articles :

Les mousquetaires de la salicaire

Jardin magique !

Urophora stylata

La Goutte de sang

Voir aussi :

Plantes exotiques envahissantes, où trouver les bonnes informations ?

Sources :

Plantes exotiques envahissantes au Canada, par l’Agence canadienne d’inspection des aliments

Biological control of purple loosestrife, par Department of Natural Resources (Minnesota)

Biocontrol Agent on Invasive Plant Matrix, par Invasive plant program (British Columbia)

Calophasia lunula, par Invasive plant program (British Columbia)

Urophora stylata, par Invasive plant program (British Columbia)

Tyria jacobeae, par Invasive plant program (British Columbia)

 

L'actualité de la Nature

Lutte biologique contre l’ambroisie

L’ambroisie à feuille d’armoise, Ambrosia artemisiifolia, plante d’origine américaine au pollen très allergisant, pose un grave problème de santé publique dans les régions où elle prolifère, en France particulièrement en vallée du Rhône et plus généralement au sud de la Loire. Elle apprécie les stations chaudes au bord des rivières, les friches maigres, les ballastières.

Depuis quelques années déjà, elle est naturalisée ponctuellement en Ile-de-France et n’y pose pas encore de réel problème, mais il faut être vigilant !

Attention aux graines pour les oiseaux !

Sa présence accidentelle dans des sacs de graines pour oiseaux est l’une des causes de dissémination de l’espèce. La fiche ci-dessous (cliquez sur l’image pour télécharger le document), éditée par l’Observatoire des ambroisies, donne de judicieux conseils aux personnes qui nourrissent les oiseaux des jardins : comment reconnaître et éliminer la semence de cette plante dans les graines pour oiseaux, comment repérer avec certitude et éliminer les ambroisies qui auraient éventuellement germé près des postes de nourrissage.

Extrait du feuillet « Les oiseaux peuvent semer l’ambroisie », par l’Observatoire des ambroisies (cliquez sur l’image pour télécharger le document)

Pas de panique, ne passez le jardin au lance-flammes à la première armoise vue ! Il faut apprendre à observer et bien distinguer les plantes, c’est l’objet de ce document de sensibilisation très bien fait.

Un agent de biocontrôle ?

Mais n’existe-t-il pas des moyens de lutte biologique pour juguler la prolifération de cette plante ? Justement, les chercheurs observent depuis quelques années le travail d’une galéruque (Ophraella communa, coléoptère de la famille des Chrysomelidae) arrivée accidentellement d’Amérique du Nord en Italie en 2013. Dans les sites étudiés, les larves gloutonnes défolient les ambroisies avec un taux de 90 à 100%, provoquant une chute très importante de production de pollen et de graines. Ce coléoptère est aussi signalé en Chine, au Japon et en Corée du Sud.

Extrait du feuillet  » Reconnaître Ophraella, ravageur de l’ambroisie », par l’Observatoire des ambroisies (cliquez sur l’image pour télécharger le document)

En janvier 2017, l’ANSES a publié un avis sur l’efficacité du coléoptère Ophraella communa utilisé comme agent de lutte biologique contre les ambroisies et l’efficacité des éventuels risques associés.

Ces galéruques très actives sur les ambroisies peuvent fréquenter les cultures de tournesol et de topinambour, mais en n’y provoquant que des dégâts négligeables. En revanche elles consomment les lampourdes, adventices des champs de tournesols, et puis d’autres plantes de friches comme l’armoise annuelle, l’inule fétide… Il reste encore quelques études à conduire et des précautions à prendre, mais la voie semble très prometteuse.

Xanthium strumarium, la lampourde glouteron en bordure d’un champ de tournesols © CACP – Gilles Carcassès

Quels bénéfices ?

Son efficacité sur le genre Ambrosia fait espérer un vrai soulagement pour les populations allergiques exposées, avec une baisse globale de 80% du coût des soins associés à cette allergie. La lutte biologique par ce ravageur permettra en outre une économie importante sur les travaux d’arrachage manuel dans les friches alluviales et sur les berges de rivières, seul moyen de lutte efficace actuellement contre cette plante dans ses secteurs de prédilection.

Ce coléoptère est-il déjà en France ?

Apparemment pas, mais cela paraît inéluctable à terme, compte tenu de la proximité de l’Italie du Nord et des capacités de dispersion de cette espèce.

Voir aussi :

La vidéo de l’Observatoire des ambroisies : Ophraella communa, un agent de lutte biologique possible contre l’ambroisie ?

L’Observatoire des ambroisies

Le réseau national de surveillance aérobiologique

Deux de nos articles sur d’autres galéruques :

La galéruque de la viorne

La galéruque de l’aulne

L'actualité des jardins

Surveillez vos buis !

Jeune chenille de pyrale du buis dans son cocon de diapause hivernale  – Menucourt © Gilles Carcassès

Avec le redoux, les petites chenilles de la pyrale du buis qui hivernent entre deux feuilles pourraient bientôt se réveiller. Profitez de la sortie de l’hiver pour éliminer à la main un maximum de ces hivernantes cachées dans leur cocon de protection.

Et révisez les techniques de lutte pour la suite des événements :

La Société Nationale d’Horticulture de France (SNHF), la Fédération Nationale des Métiers de la Jardinerie (FNMJ) et l’Académie du Biocontrôle vous propose cette fiche très complète en téléchargement sur le site Jardiner Autrement.

Extrait de la fiche à télécharger sur Jardiner Autrement. Cliquez sur l’image pour accéder au document !
Les deux formes de la pyrale du buis © Siegfried Lallemant
L'actualité des jardins

Biocontrôle, la nouvelle approche du jardin

Le pyrèthre ? Les oiseaux insectivores ? Les punaises prédatrices ? Les hyménoptères parasitoïdes ? Les pièges à phéromones ? Les syrphes ? Les chrysopes ? Les coccinelles ? Les poules ? Tout ça, c’est du biocontrôle !

Dès le 1er janvier 2019, les jardiniers amateurs devront se passer  des produits phytosanitaires chimiques de synthèse. La Société Nationale d’Horticulture de France (SNHF) et la Fédération Nationale des Métiers de la Jardinerie (FNMJ) se sont associées afin d’accompagner les jardiniers dans l’évolution de leurs pratiques et l’adoption des méthodes de biocontrôle, pour protéger les plantes de leurs jardins grâce à des mécanismes naturels. De leur collaboration sont nées une brochure pédagogique (1) et une vidéo (2). Des fiches thématiques suivront bientôt, je vous les présenterai dans un prochain article.

Découvrez :

(1) La brochure « Protéger les plantes de son jardin avec le biocontrôle » sur le site Jardiner Autrement

(2) La vidéo « Biocontrôle, nouvelle approche du jardin » sur la chaîne vidéo de Jardiner Autrement

La liste officielle des produits de biocontrôle, version du 22 janvier 2018

L'actualité de la Nature

La mine digitée du robinier

D’origine américaine, Parectopa robiniella est arrivée accidentellement en Italie en 1970. Cette mineuse du robinier est aujourd’hui en passe de coloniser toute l’Europe.

Nouveau : la mineuse du robinier est à Cergy

Je l’ai vue à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise, sur deux arbres près du parcours d’eau vive. Sa mine digitée est caractéristique de l’espèce.

La chenille de Parectopa robiniella est visible par transparence dans un « doigt » de la mine (cliquez pour agrandir l’image) © CACP – Gilles Carcassès

La chenille mine l’intérieur de la feuille provoquant le blanchiment de la partie correspondant à sa loge. Je l’ai invité à se montrer et je vous livre son portrait : une petite chenille verdâtre et dodue.

La chenille de Parectopa robiniella © CACP – Gilles Carcassès

Réservoir de parasitoïdes !

Ce ravageur peut nuire à l’esthétique de l’arbre quand l’infestation est importante mais il ne semble pas affecter sa croissance. Aussi la progression de cette espèce invasive n’est pas considérée comme un problème phytosanitaire majeur. Des chercheurs italiens ont même montré que la proximité de robiniers fortement infestés par ce micro-lépidoptère influait favorablement sur le contrôle biologique de la mineuse de la vigne, un autre Gracillaridae invasif présent en Italie. En effet au moins sept espèces d’hyménoptères parasitoïdes attaquent les chenilles mineuses des deux espèces. Le robinier est alors un réservoir de parasitoïdes utiles pour la protection des vignobles.

Belle attaque de Parectopa robiniella (Tarn) © CACP – Gilles Carcassès

source : http://www.revuevitiarbohorti.ch/artikel/2011_04_f_217.pdf

L'actualité de la Nature

La larve de coccinelle qui se prenait pour un mouton

Scymninae au revers d’une feuille de chêne à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Quelle drôle de toison !

Quand on ne sait pas ce que c’est, c’est une cochenille. Cette larve qui porte une abondante toison de cire sur le dos échappe à la règle. Elle ressemble fort à une cochenille, mais elle se déplace bien trop vite : c’est en fait un prédateur des cochenilles, une larve de coccinelle de la sous-famille des Scymninae.

Celle-ci est d’ailleurs peut-être une larve de Scymus.

Scymnus sp. – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Les Scymnus sont des coccinelles de très petite taille. J’ai observé celle-ci sur un pied de patate douce d’ornement dans une jardinière fleurie.

Salade australienne

Plusieurs espèces de coccinelles sont utilisées en lutte biologique pour contrôler les cochenilles. La plus connue est Cryptolaemus montrouzieri. Originaire d’Australie, cette Scymninae est utilisée en serres pour protéger les cultures d’orchidées, mais aussi les agrumes, concombres, melons, aubergines, et diverses plantes vertes d’origine tropicale. En extérieur, elle peut s’attaquer aux cochenilles farineuses des hortensias, tilleuls, houx, marronniers… Cette espèce s’est acclimatée sur la Côte d’Azur, et sans doute ailleurs en France.

Cochenille australienne © CACP – Gilles Carcassès

Cette grosse espèce de cochenille a fait le tour du Monde. La cochenille australienne (Icerya purchasi) a débarqué en Californie en 1868, où elle a fait de gros dégâts dans les vergers d’agrumes. Elle est maintenant cosmopolite et régulée par Rodolia cardinalis (Coccidulinae), une autre coccinelle australienne, qui a été introduite et acclimatée avec succès à mesure des pullulations de ce ravageur : 1887 en Californie, 1912 à Menton, 1999 au Jardins des Plantes à Paris pour soigner des tamaris et des citronniers épineux infestés.

Retrouvez notre article sur d’autres mangeuses de cochenilles