L'actualité de la Nature

Trémelle, champignon parasite

Ce champignon en forme de cervelle, de consistance très molle, communément nommé « trémelle orangée » ou « beurre de sorcière », pousse sur les branches mortes mais il ne se nourrit pas de bois. Tremella aurantia est en effet un champignon parasite qui se développe aux dépens du mycélium d’un champignon décomposeur du bois, la stérée hirsute.

Tremella aurantia, la trémelle orangée – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

Les fructifications de la stérée hirsute (Stereum hirsutum), sous forme de croûtes jaunes plus ou moins appliquées sur le bois, sont visibles sur cette photo.

Voici deux autres exemples de champignons parasites :

Xerocomus parasiticus © CACP – Gilles Carcassès

Xerocomus parasiticus est un petit bolet parasite des sclérodermes.

Asterophora sp. sur Russula nigricans – Boisemont © Gilles Carcassès

Les Asterophora sont parasites des russules.

Retrouvez dans cet article d’autres champignons qui poussent sur le bois :

Mission champignons !

Sources :

Tremella aurantia, par Mycodb

Stereum hirsutum, par Mycodb

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Avec Jardibiodiv, partez à la découverte de la faune du sol de votre jardin !

Le programme de science participative Jardibiodiv proposé par Ephytia (INRA) et l’Université de Lorraine vous invite à identifier les animaux du sol de votre jardin et à aider des scientifiques qui travaillent sur la biodiversité des sols en leur transmettant vos observations.

Dysdera sp., une araignée qui chasse les cloportes sous la litière – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Pour participer il faut s’inscrire sur le site Ephytia et suivre les protocoles proposés. Le programme comprend des outils de reconnaissance par l’image et des informations très intéressantes sur la biologie des grands groupes de la faune du sol. Vous y trouverez également des conseils de jardinage écologique propres à améliorer la vie du sol. Pensez à installer des « corridors pédologiques » et à pailler votre sol !

Phosphuga atrata, le petit sylphe noir- Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Le petit sylphe noir est un grand prédateur d’escargots.

Lithobie – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Les lithobies font partie de la classe des chilopodes. Ce sont aussi des prédateurs, ils capturent des cloportes, des araignées et d’autres « mille-pattes ».

Retrouvez nos articles :

Opération vers de terre au parc du château de Menucourt

Le petit sylphe noir, tueur d’escargots

Le carabe purpurin

Combien de pattes ont les mille-pattes ?

L'actualité de la Nature

A la mare forestière de Boisemont

Mare forestière – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Ça et là, dans les bois de Boisemont, des mares permanentes font le bonheur de toute une faune aquatique, et des naturalistes. A en croire l’eau troublée, les sangliers aussi apprécient l’endroit. C’est dans cette mare que nous avions observé un impressionnant rassemblement de grenouilles rousses à la saison des amours.

Tentative de récupération d’exuvies d’odonates fixées sur des feuilles de massettes © CACP – Gilles Carcassès

Ces grandes exuvies d’Aeshnidae sont peut-être celles de l’anax empereur, ou de l’aeschne bleue. L’étude des exuvies est importante dans les techniques d’inventaire, car elles constituent des preuves de reproduction des espèces. En effet, les adultes observés près des mares ne sont pas forcément d’origine locale, certaines espèces étant de grandes migratrices.

Sympetrum sanguineum – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Voici un Sympetrum sanguin mâle. On le différencie des autres espèces rouges à ses pattes uniformément noires et à la forme de son abdomen.

Utricularia sp. © CACP – Gilles Carcassès

Les fleurs jaunes qui dépassent de l’eau trahissent la présence des utriculaires, ces plantes carnivores aquatiques. Leurs fines feuilles portent de petites urnes capables d’aspirer les animaux qui s’aventurent à proximité et de les digérer. Non, les sangliers n’ont rien à craindre, elles ne capturent que des proies de moins d’un millimètre comme des daphnies.

Elophila nymphaeata –  Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Au revers d’une feuille de chêne, se cache cet élégant papillon de nuit, typique des abords de mares. C’est l’hydrocampe du potamot, Elophila nymphaeata. Les chenilles de ce Crambidae sont aquatiques, elles vivent dans un fourreau qu’elles confectionnent avec un morceau de feuille de potamot ou de nénuphar. Elles passent l’hiver au fond de l’eau.

L'actualité de la Nature

Retournée comme une chaussette

Vendredi 20 juillet 2018 en fin d’après-midi, une grosse averse s’abat sur Cergy Préfecture. Regardant par la fenêtre de mon bureau, je me dis « c’est le moment idéal pour une sortie nature ! » Vous trouvez l’idée bizarre ?

Laissez-moi vous expliquer. L’autre jour, Marion m’a parlé d’un lavoir à Boisemont qui paraît propice à l’alyte accoucheur, une espèce d’amphibien affectionnant ce genre de milieu. Alors je file à Boisemont dans l’espoir de voir quelques-uns de ces crapauds en balade sous la pluie.

Je fais chou blanc, pas un seul crapaud en vue : à Boisemont il n’a pas plu ! En outre, ce n’est pas la période la plus favorable pour l’observation des amphibiens…

En face de ce lavoir, je remarque une bien jolie pâture pour les chevaux bordée par un chemin et un mur très ancien. Je décide de scruter ces vielles pierres à la recherche de choses intéressantes…

Mur de pierre au croisement de la Grande Rue © CACP – Mathilde Vassenet

Un vulcain me montre ses ailes en contre-jour, joli spectacle !

Vulcain – Boisemont © CACP – Mathilde Vassenet

Et plus loin, dans un trou de mur, je découvre cette peau de serpent !

Mue de reptile © CACP – Mathilde Vassenet

Je positionne cette exuvie pour qu’elle présente son meilleur profil pour la photo.

Exuvie de couleuvre © CACP – Mathilde Vassenet

Lorsqu’un serpent mue, il accroche sa peau à un objet rugueux comme une pierre ou une branche. La peau se détache d’abord au niveau de sa tête, il la retire alors en la retournant comme une chaussette. Cela explique pourquoi l’empreinte des yeux sur l’exuvie est en creux alors que ceux-ci sont saillants sur l’animal.

La carène sur les écailles du dos ainsi que le nombre et la disposition des écailles autour de l’œil me permettent de déterminer l’espèce : c’est une couleuvre à collier. Une toute jeune, à en juger par la petite taille de l’exuvie !

Retrouvez nos articles :

La couleuvre à collier

Le vulcain

Couleuvre ou vipère ?

L'actualité de la Nature

Les échappés du cocon

Un gracieux hyménoptère rouge et noir aux longues antennes est venu se poser sur ma main au bureau. Le temps de sortir l’appareil pour le photographier, il avait disparu !

Ce n’est que trois jours plus tard que j’ai fait le rapprochement avec ce cocon dans un bocal d’élevage que j’avais un peu oublié sur le dessus de l’armoire. 

C’est bien ce que je craignais, quelqu’un a fait un trou dans le voile de fermeture du bocal pour s’échapper ! A l’intérieur, il reste un cocon troué et quatre hyménoptères moins futés qui n’ont pas trouvé la sortie. Mais même morts, ils vont me permettre de tenter une identification.

Ce cocon je l’avais trouvé à Boisemont en soulevant l’écorce d’un arbre mort tombé dans la forêt. J’en espérais un magnifique papillon de nuit, un bombyx du chêne, mais la nature en a décidé autrement : ce furent des hyménoptères parasitoïdes, plus précisément des ichneumons, reconnaissables à la nervation de leurs ailes antérieures.

Ichneumon mâle © CACP – Gilles Carcassès

J’ai aussi retrouvé une femelle, morte au bas de la fenêtre du bureau !

Ichneumon femelle © CACP – Gilles Carcassès

La femelle a un aiguillon au bout de l’abdomen, c’est l’ovipositeur qui lui sert à insérer ses œufs dans sa victime, en l’occurrence une chenille. C’est bien d’avoir une femelle pour la détermination parce que la taille de l’ovipositeur est un critère important. Pour un Ichneumon, son ovipositeur est assez court. J’ai regardé dans le site Taxapad, la référence mondiale des hyménoptères parasitoïdes de chenilles, qui m’avait déjà servi dans une autre enquête à démasquer le coupable d’une scène de crime dans ma véranda.

Dans Taxapad, pas moins de 31 espèces d’Ichneumonidae sont référencées comme parasites du bombyx du chêne. Je prends le temps de comparer les photos des femelles de chacune de ces espèces avec ma femelle. Il y en a des jaunes, des rousses, des noires, des maigrichonnes, d’autres avec de très longs ovipositeurs. Agrothereutes leucorhaeus, vraiment ressemblant, semble le coupable désigné. L’espèce est bien présente en France, mais rarement observée. Peut-être s’agit-il d’une espèce proche ? L’Inventaire National du Patrimoine Naturel répertorie 6 espèces d’Agrothereutes pour lesquelles quelques rares données existent en France métropolitaine, et dont on sait fort peu de choses, alors qu’il s’agit d’auxiliaires qui régulent efficacement les ravageurs des arbres forestiers.

Cocon percé © CACP – Gilles Carcassès

Les ichneumons fraichement émergés ont fait trois trous de sortie. Je me lance dans la dissection le carnage du cocon.

L’intérieur du cocon parasité © CACP – Gilles Carcassès

A l’intérieur du cocon parasité, aucune trace de chrysalide, on ne distingue qu’un amas aggloméré de petits cocons blonds fabriqués par les larves des ichneumons qui ont mangé toute la chenille. Je compte une bonne dizaine de petits cocons vides. Faisons les comptes : 4 morts au fond du bocal, un visiteur sur ma main, une femelle près de la fenêtre. Il en manque… Je décide de ne pas en parler aux collègues de l’étage.

L'actualité de la Nature

Le beau cocon de Boisemont

Cocon – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

A l’entrée des bois de Boisemont, je vois un gros tronc d’arbre mort rangé au bord du chemin par les forestiers. L’écorce décollée me donne envie de faire mon curieux : quel trésor vais-je découvrir dessous, un petit silphe noir, une lithobie, une larve de cardinal, des polyxènes à pinceau ?

Mieux que ça, un superbe cocon de 2 cm de long. Je vais le mettre en élevage dans un bocal et attendre que le papillon émerge. Ça me rappelle vaguement un cocon de ver à soie, l’exotique bombyx du mûrier… Je regarde du côté des papillons indigènes communément nommés « bombyx ». Il y en a beaucoup, on les trouve chez les Lymantriidae (maintenant rassemblées dans la famille des Erebidae) et surtout chez les Lasiocampidae. Dans cette famille, Lasiocampa quercus, le bombyx du chêne est très commun par ici. La taille et la forme du cocon correspondent assez bien pour cette espèce.

J’ai déjà trouvé une chenille de bombyx du chêne dans le secteur, c’était dans les bois de Vauréal.

Jeune chenille de bombyx du chêne sur une feuille de viorne lantane – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

La chenille du bombyx du chêne n’est pas difficile quant à sa nourriture, elle consomme les feuilles de nombreux arbres et arbustes. On la voit sur les ronces, les bruyères, les prunelliers, les aubépines, les troènes, les saules, les aulnes, les myrtilliers, les genêts, les bouleaux… Sur les chênes ? Oui, aussi, ça arrive.

Lasiocampa quercus mâle © CACP – Gilles Carcassès

Le papillon mâle, aux larges antennes pectinées, arbore une livrée contrastée vanille chocolat caramel ; la femelle, tout caramel et fines antennes, n’est pas mal non plus.

Qui va émerger dans mon bocal : un mâle ou une femelle ? Suspense !…

Retrouvez le portrait d’un autre beau bombyx de nos bois :

Le bombyx disparate

 

L'actualité de la Nature

Le carabe purpurin

Carabus violaceus purpurascens – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Je l’avoue, j’ai encore dérangé une bestiole. Ce carabe dormait bien tranquillement sous une branche pourrie, près d’une mare dans les bois de Boisemont. Je l’ai extrait doucement de sa cachette et je l’ai placé sur la mousse pour vous le présenter dans un environnement plus seyant. On devine sur la marge de ses élytres finement rayées et ponctuées le reflet pourpre qui a donné son nom à cette sous-espèce.

Ces insectes n’ont pas d’ailes !

Les carabes sont incapables de voler car leurs élytres sont soudés, et ils sont dépourvus d’ailes membraneuses. Leur faible capacité de dispersion explique la multiplication des sous-espèces et la variabilité des formes géographiques. Pour un carabe, chaque forêt est comme une île dont on ne peut s’échapper qu’accidentellement (via le transport de grumes ou la musette d’un entomologiste par exemple !).

A l’aisselle de sa patte médiane est fixé un acarien (cliquez sur la photo pour l’agrandir). Souvent les coléoptères transportent ainsi des acariens. J’en ai déjà observé sur un bousier.

Ici, c’est une femelle : les mâles ont les articles des tarses des pattes antérieures nettement plus élargis. C’est une adaptation pour attraper les femelles et les saisir fermement pendant l’accouplement !

Carabus violaceus pupurascens – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Ses mandibules sont impressionnantes ! Dans la forêt ce carabe est un grand chasseur, il consomme la nuit des limaces, des escargots, des larves d’insectes et des vers. Sa tête allongée est particulièrement bien adaptée pour rentrer dans les coquilles… On retrouve cette particularité anatomique chez les silphes, ces redoutables tueurs d’escargots.

La séance photos finie, je l’ai replacé sous sa branche et j’ai remis tout en ordre pour qu’il passe cette fin d’hiver bien à l’abri.

Sources :

Carabus violaceus pupurascens, par l’INPN

Carabes alliés de la biodiversité et de l’agriculture par P. Léveillé (INRA)

Agenda, L'actualité de la Nature

Sorties champignons à Cergy-Pontoise

Dans le bois de Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Les champignons n’ont qu’à bien se tenir !

Le 7 octobre 2017, la Maison de la nature de Vauréal organisait une sortie champignons dans le bois de Boisemont. J’en ai rapporté de quoi faire une garniture de chanterelles pour mon roti de veau et quelques photos de jolies espèces :

Amanita muscaria – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès
Boletus erythropus  mordu par une limace – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

De retour au parking, chacun a déballé son panier pour la séance de détermination par les experts du Club mycologique conflanais qui encadraient la sortie.

Chlorociboria sp. – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Chlorociboria est un champignon ascomycète qui forme de petites coupes bleues sur le bois pourri. Il faut une loupe pour les observer. Son mycélium teinte en vert les fibres du bois.

Le grand tri des champignons © CACP – Gilles Carcassès

Prochaines sorties

Ne manquez pas les prochaines sorties organisées sur le territoire de Cergy-Pontoise par la Maison de la nature de Vauréal : mercredi 25 octobre de 9h30 à 12h et samedi 4 novembre de 9h30 à 12h. Renseignements et inscriptions sur la page internet de la Maison de la nature de Vauréal.

Agenda

Sortie champignons à Boisemont le 7 octobre 2017

Lycoperdon perlatum © CACP – Gilles Carcassès
Daedaleopsis confragosa © CACP – Gilles Carcassès

Comme chaque année à l’automne, la Maison de la nature de Vauréal, en partenariat avec le Club mycologique de Conflans organise dans le bois de Boisemont une sortie pour découvrir le monde fascinant des champignons.

Retenez la date : le 7 octobre 2017 à 9h30.

Pour les conditions et réservations, c’est ici : http://www.vaureal.fr/content/programme-des-animations-maison-nature

Sortie en forêt – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès
L'actualité de la Nature

La limace léopard

Elle n’est pas plus féroce ni rapide à la course que les autres espèces, mais elle est joliment tachetée, la limace léopard.

Limax maximus, la limace léopard - Boisemont © Gilles Carcassès
Limax maximus, la limace léopard – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Une limace qui participe au compostage

On trouve la limace léopard en forêt, dans le bois pourri. Elle consomme des matières végétales en décomposition et des champignons, et ne dédaigne pas non plus les cadavres d’autres limaces. Voilà une espèce bien utile au jardinier : elle participe à la fabrication du compost.

Les limaces, utiles au jardin ?

Et les autres espèces de limaces aussi sont utiles aux jardiniers (si,si). Sans elles, que mangeraient les carabes, les hérissons, les crapauds ? Tous ces auxiliaires qui vous aident à vous débarrasser, euh… des limaces, justement.