L'actualité de la Nature

Le carabe purpurin

Carabus violaceus purpurascens – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Je l’avoue, j’ai encore dérangé une bestiole. Ce carabe dormait bien tranquillement sous une branche pourrie, près d’une mare dans les bois de Boisemont. Je l’ai extrait doucement de sa cachette et je l’ai placé sur la mousse pour vous le présenter dans un environnement plus seyant. On devine sur la marge de ses élytres finement rayées et ponctuées le reflet pourpre qui a donné son nom à cette sous-espèce.

Ces insectes n’ont pas d’ailes !

Les carabes sont incapables de voler car leurs élytres sont soudés, et ils sont dépourvus d’ailes membraneuses. Leur faible capacité de dispersion explique la multiplication des sous-espèces et la variabilité des formes géographiques. Pour un carabe, chaque forêt est comme une île dont on ne peut s’échapper qu’accidentellement (via le transport de grumes ou la musette d’un entomologiste par exemple !).

A l’aisselle de sa patte médiane est fixé un acarien (cliquez sur la photo pour l’agrandir). Souvent les coléoptères transportent ainsi des acariens. J’en ai déjà observé sur un bousier.

Ici, c’est une femelle : les mâles ont les articles des tarses des pattes antérieures nettement plus élargis. C’est une adaptation pour attraper les femelles et les saisir fermement pendant l’accouplement !

Carabus violaceus pupurascens – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Ses mandibules sont impressionnantes ! Dans la forêt ce carabe est un grand chasseur, il consomme la nuit des limaces, des escargots, des larves d’insectes et des vers. Sa tête allongée est particulièrement bien adaptée pour rentrer dans les coquilles… On retrouve cette particularité anatomique chez les silphes, ces redoutables tueurs d’escargots.

La séance photos finie, je l’ai replacé sous sa branche et j’ai remis tout en ordre pour qu’il passe cette fin d’hiver bien à l’abri.

Sources :

Carabus violaceus pupurascens, par l’INPN

Carabes alliés de la biodiversité et de l’agriculture par P. Léveillé (INRA)

Agenda, L'actualité de la Nature

Sorties champignons à Cergy-Pontoise

Dans le bois de Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Les champignons n’ont qu’à bien se tenir !

Le 7 octobre 2017, la Maison de la nature de Vauréal organisait une sortie champignons dans le bois de Boisemont. J’en ai rapporté de quoi faire une garniture de chanterelles pour mon roti de veau et quelques photos de jolies espèces :

Amanita muscaria – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès
Boletus erythropus  mordu par une limace – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

De retour au parking, chacun a déballé son panier pour la séance de détermination par les experts du Club mycologique conflanais qui encadraient la sortie.

Chlorociboria sp. – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Chlorociboria est un champignon ascomycète qui forme de petites coupes bleues sur le bois pourri. Il faut une loupe pour les observer. Son mycélium teinte en vert les fibres du bois.

Le grand tri des champignons © CACP – Gilles Carcassès

Prochaines sorties

Ne manquez pas les prochaines sorties organisées sur le territoire de Cergy-Pontoise par la Maison de la nature de Vauréal : mercredi 25 octobre de 9h30 à 12h et samedi 4 novembre de 9h30 à 12h. Renseignements et inscriptions sur la page internet de la Maison de la nature de Vauréal.

Agenda

Sortie champignons à Boisemont le 7 octobre 2017

Lycoperdon perlatum © CACP – Gilles Carcassès
Daedaleopsis confragosa © CACP – Gilles Carcassès

Comme chaque année à l’automne, la Maison de la nature de Vauréal, en partenariat avec le Club mycologique de Conflans organise dans le bois de Boisemont une sortie pour découvrir le monde fascinant des champignons.

Retenez la date : le 7 octobre 2017 à 9h30.

Pour les conditions et réservations, c’est ici : http://www.vaureal.fr/content/programme-des-animations-maison-nature

Sortie en forêt – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès
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La limace léopard

Elle n’est pas plus féroce ni rapide à la course que les autres espèces, mais elle est joliment tachetée, la limace léopard.

Limax maximus, la limace léopard - Boisemont © Gilles Carcassès
Limax maximus, la limace léopard – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Une limace qui participe au compostage

On trouve la limace léopard en forêt, dans le bois pourri. Elle consomme des matières végétales en décomposition et des champignons, et ne dédaigne pas non plus les cadavres d’autres limaces. Voilà une espèce bien utile au jardinier : elle participe à la fabrication du compost.

Les limaces, utiles au jardin ?

Et les autres espèces de limaces aussi sont utiles aux jardiniers (si,si). Sans elles, que mangeraient les carabes, les hérissons, les crapauds ? Tous ces auxiliaires qui vous aident à vous débarrasser, euh… des limaces, justement.

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Le petit silphe noir, tueur d’escargots

Phosphuga atrata, le petit sylphe noir- Boisemont © CACP - Gilles Carcassès
Phosphuga atrata, le petit silphe noir – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Si j’étais un escargot, je ferais demi-tour ! Ce petit silphe noir a une tête étroite qui lui permet d’explorer les coquilles d’escargots. Il mord sa proie, lui injecte un suc digestif toxique et le mange. On ne le voit pas souvent car il est discret le jour, se cachant sous des écorces ou dans le bois mort. Il fréquente les forêts, les bosquets et les jardins. Ce coléoptère commun dans de nombreux milieux est peu étudié par les entomologistes car il ne peut servir de bio-indicateur. Du coup, on sait assez peu de chose de sa biologie.

Silpha carinata, le silphe commun © CACP - Gilles Carcassès
Silpha carinata, le silphe commun – forêt de Saint-Germain-en-Laye © CACP – Gilles Carcassès

Voici une espèce proche, un peu plus grande, également de la famille des Silphidae. On rencontre Silpha carinata en forêt près des limaces écrasées et sous les cadavres de petits animaux. Sa larve se nourrit de charognes.

Pour différencier aisément ces deux espèces très ressemblantes, il faut bien observer la forme des quatre derniers articles des antennes.

© CACP - Gilles Carcassès
Comparez les antennes : à gauche Phosphuga atrata, à droite Silpha carinata © CACP – Gilles Carcassès
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Le bal des grenouilles

A l'eau !
A l’eau !

C’est bientôt la saison des amours pour les batraciens ! Les grenouilles rousses s’accouplent souvent dès la fin février dans les mares forestières, suivies de près par les salamandres et les crapauds. En mai et juin viendra le tour des tritons et des grenouilles vertes.

accouplement de grenouilles rousses dans le bois du Prieuré à Boisemont © Gilles Carcassès
Couples de grenouilles rousses et leur ponte, dans le bois du Prieuré à Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

La Ferme d’Ecancourt, à Jouy-le-Moutier, propose une animation pour les familles à la découverte des batraciens le mercredi 8 mars 2017. Je vous invite à prendre connaissance du programme d’animations que la Ferme a concocté pour les mois de mars et d’avril 2017. Vous trouverez aussi dans ce document les modalités d’inscription (cliquez sur l’image pour agrandir) :
bulles-dair-mars

Retrouvez nos articles sur la reproduction des grenouilles :

La ponte des grenouilles rousses

Le développement des têtards

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Trois champignons violets

© Gilles Carcassès
Laccaria amethystina – Boisemont © Gilles Carcassès

Le laccaire améthyste a un pied trop fibreux pour être consommé. On peut facilement confondre les exemplaires peu colorés de cette espèce avec deux champignons toxiques de petite taille également, Mycena pura et Inocybe geophylla lilacina. Donc, la plus grande prudence s’impose !

© Gilles Carcassès
Cortinarius violaceus – Boisemont © Gilles Carcassès

Le cortinaire violet n’est pas très fréquent. Cette belle espèce affectionne les hêtres. Il est fortement déconseillé de consommer des cortinaires car certaines espèces  de cette famille sont très toxiques. On aperçoit à mi-hauteur de son pied des fibrilles sombres et allongées qui sont les restes de la cortine qui unissait le chapeau au pied, dans la jeunesse de ce champignon.  Attention : ce détail n’est pas toujours très visible. Au moindre doute : à rejeter ! Mieux, n’y touchez pas, c’est une espèce rare.

© Gilles Carcassès
Lepista nuda – Boisemont © Gilles Carcassès

Le pied bleu est un champignon de fin de saison au goût fruité pas très délicat. Certaines personnes le digèrent mal. Et il a, dit-on, la capacité de concentrer le plomb et les nucléides radioactifs.

Alors, si vous voulez régaler votre famille sans prendre de risques, vous trouverez au marché d’excellents champignons de couche. N’oubliez pas que chaque année des ramasseurs de champignons imprudents décèdent en France pour avoir consommer leur récolte. Et d’autres en gardent de graves séquelles invalidantes. Bon appétit.

Les conseils de l’ANSES sur la cueillette des champignons

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Sortie champignons à Boisemont

Amanita rubescens, l'amanite rougissante - Boisemont © Gilles Carcassès
Amanita rubescens, l’amanite rougissante – Boisemont © Gilles Carcassès

La Maison de la Nature de Vauréal organisait mercredi 26 octobre 2016 pour un public familial sa première sortie champignons de l’automne, en partenariat avec le Club Mycologique Conflanais. Une vingtaine de personnes étaient au rendez-vous à Boisemont pour explorer la partie de forêt au-dessus de la ferme d’Ecancourt.

Le principe est simple : récolter (sans piller la forêt) le plus d’espèces possible pour alimenter l’animation pédagogique en deuxième partie de matinée.

Le tri des champignons © Gilles Carcassès
Le tri des champignons © Gilles Carcassès

Au retour des chercheurs, les mycologues de l’association trient le contenu des paniers, par famille et par genre.

La présentation des cortinaires © Gilles Carcassès
La présentation des cortinaires © Gilles Carcassès

Tout le monde est là ? Les explications peuvent commencer.

Chaque famille de champignons est présentée et l’on nous apprend les critères de reconnaissance, sans oublier les mises en garde pour les risques d’intoxication. Ici, deux cortinaires, un jaune et un violet très foncé. Sur le petit jaune, encore jeune, on distingue très bien la cortine, ces filaments qui unissent le chapeau au pied et qui ont donné son nom à la famille. Les cortinaires, ça ne se mange pas : trop d’espèces de cette famille détruisent les reins !

Avis aux amateurs : une deuxième sortie est organisée samedi 29 octobre 2016, voir ici pour s’inscrire

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Raconte-moi ta forêt

Qui n’a jamais goûté au bonheur d’une promenade en forêt ? Les cergypontains sont gâtés avec le grand massif de l’Hautil, réservoir de biodiversité à la porte de l’agglomération.

Promenade en forêt - Boisemont © Gilles Carcassès
Promenade en forêt – Boisemont © Gilles Carcassès

Pour fêter ses 50 ans, l’Office National des Forêts a ouvert un site anniversaire. J’y ai posté une brève dans la rubrique « Raconte-moi ta forêt » qui rassemble des témoignages d’amoureux de la forêt.

Promenade cergypontaine à la découverte de l’Hautil

Les forêts du Val d’Oise

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Champignons bioluminescents

 

Xylaria hypoxylon © Gilles Carcassès
Xylaria hypoxylon est très commun sur les souches – forêt de Sénart © Gilles Carcassès

Ce petit champignon très coriace est bioluminescent : il brille jour et nuit ! Il faut semble-t-il une chambre noire et un appareil photo en pose pour en percevoir la lumière. A quoi cela lui sert-il ? Mystère… Certains animaux perçoivent-ils cette faible lumière et participent-ils à la dissémination du champignon ?

D’autres champignons lignivores ont le même pouvoir étrange.

Armillaria mellea © Gilles Carcassès
Armillaria mellea au pied d’un bouleau – Boisemont © Gilles Carcassès

C’est le cas de l’armillaire couleur de miel, responsable du pourridié qui attaque les racines des vignes et des arbres fruitiers. C’est le mycélium dans le bois pourri qui est luminescent. Je connais de solides gaillards qui consomment ces champignons réputés pour le moins indigestes, voire toxiques. Peut-être en espèrent-ils des idées lumineuses ?

Cordons mycéliens d'armillaire - Menucourt © Gilles Carcassès
Cordons mycéliens d’armillaire – Menucourt © Gilles Carcassès

Ces cordons mycéliens d’armillaire s’étaient développés sous l’écorce d’un arbre. L’arbre en est mort, et l’écorce est tombée. L’armillaire a fini par mourir et ces cordons noircis ne risquent plus de briller dans la nuit. D’autres espèces de champignons ont pris la relève pour décomposer le bois mort.

Panellus sipticus © Gilles Carcassès
Panellus sipticus – forêt de Sénart © Gilles Carcassès

On pourrait confondre cet autre champignon lignivore avec un jeune pleurote. Mais il est extrêmement amer : peu de risque de le consommer et de s’empoisonner avec.

Panellus stiticus croît un peu partout dans le monde ; les spécimens de l’Est des Etats-Unis sont particulièrement bioluminescents : leurs lames brillent dans la nuit !

Champignons lumineux