L'actualité de la Nature

La cucullie de la scrophulaire

Scrophularia auriculata – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

Les scrofulaires croissent au bord des étangs et sur les rives des ruisseaux. Il en existe deux espèces en Ile-de-France, celle-ci aux tiges quadrangulaires nettement ailées est la scrofulaire à oreillettes.

Des oreilles de souris ?

Deux souris aux aguets © CACP – Gilles Carcassès

Leurs curieuses fleurs évoquent des oreilles de souris.

Cucullia scrophulariae, la cucullie de la scrophulaire © CACP – Gilles Carcassès

Une chenille d’une grande beauté

Parfois, on fait de belles rencontres sur cette plante, comme cette chenille de Cucullia scrophulariae.

Sur les scrofulaires, on rencontre aussi parfois le brèche (Cucullia verbasci) qui lui ressemble beaucoup. Pour différencier ces deux chenilles, il faut observer la forme des taches. Et la brèche a de petites stries noires verticales sur chaque segment. Elle est plus fréquente sur les molènes (Verbascum sp.)

Cuccullia verbasci sur une molène © CACP – Gilles Carcassès

« D’aussi belles chenilles donnent sans doute de magnifiques papillons ? », me demanderez-vous. Pas du tout, les cucullies sont de petits papillons de nuit gris assez insignifiants.

Retrouvez notre article :

La brèche et le bouillon blanc

 

Agenda, L'actualité des jardins

Formez-vous gratuitement à la botanique des prairies

Formation Florilèges-prairies urbaines à Cergy © CACP - Gilles Carcassès
Florilèges-prairies urbaines à Cergy (parc François-Mitterrand) : prochaine formation prévue le 8 juin 2017 © CACP – Gilles Carcassès

Le protocole Florilèges-prairies urbaines se poursuit pour une quatrième année. A ce jour 101 prairies ont été suivies en Ile-de-France dans le cadre de ce programme de sciences participatives dédié aux gestionnaires d’espaces verts. Les objectifs de Florilèges-prairies urbaines sont de fournir un outil d’évaluation de l’état écologique des prairies des parcs et des jardins. Ce programme permet de caractériser la flore des prairies, de faire le lien avec les pratiques de gestion et de s’inscrire dans une démarche scientifique à l’échelle nationale.

Plusieurs formations sont prévues en Ile-de-France pour vous accompagner dans la mise en place de ce protocole sur vos prairies et vous fournir tous les outils pour réaliser vos relevés (flore, fiches terrain etc.). La formation d’une demi-journée  comprend un temps en salle de présentation du protocole et un temps sur le terrain de mise en pratique ainsi qu’une restitution des résultats locaux faite à partir des données récoltées les années précédentes. Les prairies sur lesquelles porteront ces restitutions sont précisées dans les dates des formations.

Dates des formations en Ile-de-France :

  • Le 23 mai 2017 de 9h à 12h00 au Domaine de Sceaux, 92330  Sceaux Restitution : prairies des villes et parcs du département des Hauts-de-Seine et de la ville de Versailles
  • Le 24 mai 2017 de 8h30 à 11h30 au Bois de Boulogne, 75016 Paris Restitution : prairies de la ville de Paris et du Museum
  • Le 29 mai 2017 de 9h à 12h au centre technique de Lisses en Essonne, 91090 Lisses Restitution : prairies de la CA Lacs d’Essonne et du Syndicat de l’Orge Aval
  • Le 30 mai 2017 de 8h30 à 11h30 au Bois de Vincennes, 75012 Paris Restitution : prairies de la ville de Paris et du Museum
  • Le 31 mai 2017 de 9h à 12h au parc départemental du Sausset, 93600 Aulnay-sous-Bois Restitution : prairies des villes et parcs du département de la Seine-Saint-Denis
  • Le 2 juin 2017 de 10h à 13h au Muséum national d’Histoire naturelle, 75005 Paris Restitution : prairies de la ville de Paris et du Museum
  • Le 6 juin 2017 de 9h à 12h Communauté d’Agglomération Paris – Vallée de la Marne, 77200 Torcy Restitution : prairies du territoire de la Communauté d’agglomération Paris – Vallée de la Marne
  • Le 7 juin 2017 de 9h à 12h au parc des Chanteraines, 92390 Villeneuve-la-Garenne Restitution : prairies des villes et parcs du département des Hauts-de-Seine et de la ville de Versailles
  • Le 8 juin 2017 de 9h à 12h  à la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, 95027 Cergy-Pontoise Restitution : prairies des villes de la CA de Cergy Pontoise

L’inscription est gratuite mais obligatoire dans la limite des places disponibles à cette adresse : audrey.muratet@natureparif.fr  N’oubliez pas de préciser la session à laquelle vous souhaitez vous inscrire !  Une fois votre inscription validée, il vous sera donné plus de détails sur l’organisation de la demi-journée ainsi qu’un plan détaillé pour retrouver le lieu de  formation.

Toutes les formations de Natureparif

Agenda

MOOC Botanique

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Une série de cours gratuits par vidéos sur quelques semaines, qui ne vous demande que quelques heures par semaine pour suivre les enseignements et faire les exercices : c’est un MOOC !

Le MOOC de botanique lancé par Tela-Botanica connaît un énorme succès : plus de personnes se sont 25 000 inscrites !

Vous avez raté le lancement de ce MOOC  ? Ce n’est pas grave, vous pouvez encore vous inscrire et rattraper les cours.

 RAPPEL DU PLANNING

  • Inscription : dès le 15 avril 2016
  • Début du cours : 5 septembre 2016
  • Durée du cours : 7 semaines
  • Fin des inscriptions : 6 novembre 2016
  • Effort estimé : 2h/semaine minimum

RÉALISÉ PAR TELA BOTANICA (maîtrise d’œuvre et d’ouvrage)

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Setaria pumila est une graminée annuelle indigène
Setaria pumila est une graminée annuelle indigène – vue au Verger à Cergy
L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

L’orobanche du lierre

Qu’est ce que c’est que cette forêt de chandelles sur le terre-plein central de l’avenue de l’Hautil à Cergy ? Cette fois-ci ce n’est pas une idée du paysagiste, comme les Eucomis qui fleurissent au même endroit. Cette plante est venue là toute seule et elle se régale ! C’est Orobanche hederae, qui parasite le lierre.

Avenue de l'Hautil à Cergy © Gilles Carcassès
Avenue de l’Hautil à Cergy © Gilles Carcassès
L'orobanche du lierre - Cergy © Gilles Carcassès
Les fleurs de l’orobanche du lierre – Cergy © Gilles Carcassès

Les orobanches puisent l’eau et les substances nutritives dont elles ont besoin dans les racines de leurs plantes hôtes.

On peut rencontrer en Ile-de-France 11 espèces d’orobanches dont la plupart sont rares :

  • Orobanche alba (AR) sur le thym précoce et le clinopode commun,
  • Orobanche amethystea (PC) sur le panicaut champêtre,
  • Orobanche arenaria (RRR) sur l’armoise champêtre et le genêt des teinturiers,
  • Orobanche caryophyllacea (R) sur les gaillets,
  • Orobanche gracilis (R) sur différentes fabacées,
  • Orobanche hederae (AR) sur le lierre,
  • Orobanche minor sur (R) les trèfles,
  • Orobanche picridis (PC) sur les picris, les crepis et aussi les carottes,
  • Orobanche purpurea (R) sur l’achillée mille-feuilles,
  • Orobanche rapum-genistae (RR) sur le genêt à balais,
  • Orobanche teucrii (AR) sur les germandrées.

N’ayant pas besoin de synthétiser leurs sucres, elles ont abandonné la photosynthèse. Voilà donc des plantes qui ne sont pas vertes, étant dépourvues de chlorophylle. D’autres plantes parasites ont cette même particularité, c’est le cas en Ile-de-France des lathrées (également de la famille des Orobanchaceae), des cuscutes (Convolvulaceae), des monotropes (Ericaceae), de la Néottie nid-d’oiseau (Orchidaceae).

Les monotropes parasitent les conifères - Feucherolles © Gilles Carcassès
Monotropa hypopitis – Feucherolles © Gilles Carcassès

Les monotropes parasitent les conifères.

Certaines plantes parasites sont aussi chlorophylliennes, comme le gui, les euphraises, les mélampyres, les odontites, les pédiculaires, les rhinanthes. Rappelons que le lierre, malgré ses crampons, n’est pas une plante parasite.

Les plantes parasites par botanique.org

L'actualité des jardins

Florilèges, nouvelles formations

Comme l’an dernier, Natureparif organise en Ile-de-France une série de formations au protocole Florilèges pour le suivi floristique des prairies urbaines. L’objectif de ce protocole est de fournir aux gestionnaires un outil d’évaluation de l’état écologique de leurs prairies et de faire le lien avec les modes de gestion.

La Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, partenaire de Natureparif, accueillera un groupe de stagiaires le 3 juin de 9h à 12 h. Les interprétations des relevés effectués en 2015 sur les prairies de l’agglomération et celles de la commune de Vauréal seront également présentées.

Florilèges praires, la théorie et la pratique © Gilles Carcassès
Florilèges praires, la théorie et la pratique © Gilles Carcassès

Ces matinées de formations sont gratuites mais l’inscription est obligatoire.

Pour s’inscrire aux formations 2016 au protocole Florilèges organisées par Natureparif

Retour sur la formation Florilèges 2015 à Cergy-Pontoise

Les enseignements de Florilèges prairies

L'actualité de la Nature

Les clandestins de la gare

Un figuier sur le quai de la gare de Poissy © Gilles Carcassès
Un figuier sur le quai de la gare de Poissy © Gilles Carcassès

Palissé comme une palmette, un beau figuier s’élance à l’assaut du quai de la gare de Poissy. Bien sûr, personne ne l’a planté à cet endroit, c’est une graine arrivée il y a quelques années dans la fiente d’un oiseau qui a germé dans le ballast. Au fil des ans, le va-et-vient des rames lui a donné sa forme. Un couple de voyageurs remarque cette drôle de verdure en descendant du wagon parce que je la photographie, quelques centaines d’autres passent sans rien voir.

Un clémentinier dans le ballast © Gilles Carcassès
Un clémentinier dans le ballast © Gilles Carcassès

Celui-là, quelques mètres plus loin, ce n’est pas un oiseau qui l’a semé. Ce pépin de clémentine aurait dû terminer sa course dans la poubelle du quai.

Il y a tout ce qu’il faut pour faire un merveilleux jardin méditerranéen entre ces quais de gare : la forme encaissée qui protège du vent, les cailloux qui emmagasinent la chaleur du jour et assurent un parfait drainage, les crottes des pigeons comme fertilisant et toute la pluie du ciel. On ne devrait pas y faire passer des trains, ils abiment les branches de ces belles plantes courageuses, venues de pays lointains.

L'actualité de la Nature

Guide des végétations remarquables de la région Ile-de-France

Encore un ouvrage fort utile aux naturalistes franciliens ! Il décrit de façon détaillée 55 types de végétations remarquables des landes, forêts, tourbières, pelouses, escarpements rocheux…

Et l’ouvrage, magnifiquement illustré, est librement téléchargeable.

Epipactis atrorubens -La Roche-Guyon © Gilles Carcassès
Epipactis atrorubens -La Roche-Guyon © Gilles Carcassès

Epipactis atrorubens est une orchidée qui fait partie du cortège végétal indicateur des végétations des éboulis calcaires (voir la fiche n°54 de l’ouvrage).

Le Guide des végétations remarquables de la région Ile-de-France est une publication du Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien.

L'actualité de la Nature

Elle fait la fière

Sans doute pour protéger ces jolies fleurs blanches, un radar de feux tricolores a été installé à proximité de ce carrefour près de la gare de Neuville-Université. Ainsi à l’abri des assauts des grosses broyeuses du service d’entretien des routes, gênées par ce poteau dans leurs manœuvres, ces plantes refleurissent chaque année et se ressèment spontanément.

Gaura lindheimeri - Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès
Gaura lindheimeri – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

La plante a fière allure avec ses envolées de fleurettes d’un blanc brillant. Le gaura (du grec gauros qui signifie fier) est depuis quelques décennies très en vogue dans les jardins publics, dans les massifs fleuris traditionnels comme dans les massifs de plantes vivaces. Il existe de nombreuses variétés horticoles de cette plante : à fleurs roses, à port plus ou moins trapu… Cette onagracée d’origine texane n’est pas difficile, elle supporte parfaitement la sècheresse et le calcaire, mais elle craint l’excès d’humidité.

Fleur de gaura © Gilles Carcassès
Fleur de gaura © Gilles Carcassès

Je l’ai vue timidement apparaître là, dans l’herbe, au printemps 2011.

Que fais-tu là l’américaine ?

La présence à ses côtés de quelques tulipes laissait soupçonner un apport de terre ou de déchets de jardin. Les tulipes ont disparu, mais les gauras se sont bien installés.

Gaura lindheimeri © Gilles Carcassès
Gaura lindheimeri sous la rosée – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

Cette petite population de gauras s’est un peu étoffée au fil des années. La persistance depuis 2011 de cette plante non indigène lui vaut selon moi un statut local de plante subspontanée. (On peut dire aussi « diaphyte ergasiophygophyte », ça fait son effet dans les conversations)

Assistons-nous à la naissance d’une nouvelle plante naturalisée pour l’Ile-de-France ?

Il faudrait pour cela que trois conditions soient réunies : sa persistance pendant 10 ans, une descendance importante et confirmée par semis naturel, un essaimage hors de son périmètre actuel.

Cette plante est absente de la flore d’Ile-de-France de Philippe Jauzein et Olivier Nawrot qui fait référence pour la région parisienne. Elle a été signalée subspontanée en Suisse, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Midi-Pyrénées. Elle aurait franchi le cap de la naturalisation en Australie.

La famille du gaura

 

 

 

L'actualité des jardins

Une clématite en hiver

Clematis cirrhosa © Gilles Carcassès
Clematis cirrhosa © Gilles Carcassès

Cette clématite est une méditerranéenne. On la rencontre en Espagne, en Italie, en Algérie, dans le Sud de la France, dans le maquis, parmi les pistachiers… Ici, c’est une variété aux pétales piquetés de rouge. Son origine nous pousse à lui préférer par prudence les expositions chaudes et les emplacements abrités des vents froids. En fait, elle serait assez rustique et supporterait jusqu’à -15° installée dans un sol bien drainé.

De petite végétation, elle sait accompagner avec discrétion un arbuste, ou habiller élégamment une barrière, comme ici dans le jardin d’un amateur à Pontoise.

Sa floraison tout l’hiver la rend précieuse, elle nous fait espérer le printemps.

http://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-18193-synthese

Les clématites sauvages – un article de Jardins de France