L'actualité de la Nature

Mon inventaire éclair

A la recherche de la mythique Lucine (un papillon rare spécialisé dans les primevères) – Port-Villez (78) © CACP – Gilles Carcassès

Dimanche 14 mai 2017, j’ai participé aux inventaires éclairs de biodiversité organisés par Natureparif.

Les inventaires éclairs 2017 à Jeufosse et Port-Villez

Cette année, cela se passait à Jeufosse et Port-Villez, dans les Yvelines. Jeufosse ? Facile : c’est sur la route de Blaru, en venant de Predreauville.

Le principe des inventaires éclairs est simple, on réunit une centaine de naturalistes passionnés et d’experts patentés, on leur distribue quelques victuailles pour assurer leur survie et on les lâche 48 heures dans la nature, par équipes, avec pour mission d’inventorier le territoire. Les oiseaux, les plantes, les insectes, les chauve-souris, les escargots… tout doit y passer !

Les étudiants en BTS « Gestion et Protection de la Nature » ont fait connaissance avec leurs ainés déjà dans la carrière ; les amateurs se sont frottés avec gourmandise aux éminents spécialistes.

Quelques belles trouvailles

J’ai le plaisir de partager avec vous quelques moments d’intenses émotions :

Colias sp. en identification © CACP – Gilles Carcassès

Ce papillon Soufré complaisant est resté difficile à déterminer (« les Colias, ouh, c’est galère… »).

Belle station de scolopendres dans un éboulis instable © CACP – Gilles Carcassès

On m’a fait passer dans des endroits où la main de l’Homme n’avait jamais mis les pieds. Les inventaires éclairs, c’est pas de la tarte…

Otites jucunda de la famille des Ulidiidae © CACP – Gilles Carcassès

Celle-là, c’est moi qui l’ai trouvée : trop fier ! Quelle bille de clown, cette mouche !

Calliterea pudibunda, alias « Patte étendue » (mâle) © CACP – Gilles Carcassès

Ce papillon de nuit dormait sur son brin d’herbe.

Photographe étendue (femelle) © CACP – Gilles Carcassès

L’émergence de la petite cigale fredonnante a eu beaucoup de succès auprès des photographes. Je vous en ferai le reportage dans un autre article.

Ixodes sp. (tique) © CACP – Gilles Carcassès

Toutes griffes dehors, les tiques guettent le passage des naturalistes. Je l’ai vue, elle ne m’a pas eu.

Vivement les inventaires éclair 2018 !

L'actualité de la Nature

De vraies punks !

Avec leurs longues  soies, leurs  crêtes, leurs pustules, leurs aigrettes et leurs couleurs chamarrées, pas de doute, elles se font remarquer ! L’extravagance de ces deux chenilles n’a d’égale que la discrétion de leurs formes adultes. Elles appartiennent toutes deux à la famille des Lymantriidae (la pilosité et les brosses dorsales sont une caractéristique familiale).

Cette famille comprend une petite vingtaine d’espèces en France et appartient au sous ordre des Hétérocères (les papillons de nuit). La diversité des espèces de papillons de nuit est très grande et ils sont de loin les plus nombreux dans l’ordre des lépidoptères (ils représenteraient 95% des papillons).

L’excentrique Orgyia antiqua, appelée aussi l’étoilée ou le bombyx antique (une chenille femelle). Conflans-Sainte-Honorine © Marion Poiret
On distingue ici les deux longs pinceaux noirs dirigés vers l'avant et un troisième sur le 8ème segment abdominal de cette curieuse beauté © Gilles Carcassès
On distingue ici les deux longs pinceaux noirs dirigés vers l’avant et un troisième sur le 8ème segment abdominal de cette étrange beauté. Arboretum de Cergy © Gilles Carcassès
Calliteara pudipunda, la pudiponde ou la patte étendue. Ce nom vient du comportement de la chenille. Parc de Menucourt © Marion Poiret
Et voici sa cousine, Calliteara pudibunda avec son beau pinceau rouge framboise, dite la pudibonde ou encore la patte étendue car l’imago (le papillon adulte) étend ses pattes antérieures velues devant lui au repos. Parc de Menucourt © Marion Poiret

 

Nos deux punks dévorent gloutonnement des feuilles d’arbres et d’arbustes caduques. Mais elles ne se nourrissent plus à l’âge adulte : la trompe des imagos est atrophiée, un signe évident de la brièveté de la vie chez cette famille de papillons de nuit.

Autre caractéristique des Lymantriidae : un fort dimorphisme sexuel.

Il est particulièrement marqué chez Orgyia antiqua. Si le mâle ressemble à un papillon de nuit « classique », la femelle, blanchâtre, avec ses ailes quasi inexistantes et son abdomen rebondi ressemble davantage à un jeune phoque. Elle est condamnée à rester à proximité de son cocon jusque la mort qui surviendra peu de temps après la ponte.

Le dimorphisme sexuel chez Calliteara pudibunda s’exprime quant à lui au niveau des antennes.