L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Petits migrateurs d’hiver

Platanes du parc François Mitterrand – Cergy © CACP – Emilie Périé

Ca gazouille fort dans les platanes du parc François Mitterrand ! Et pour cause, les petits oiseaux sont nombreux.

Passereaux dans les branches – Cergy © CACP – Emilie Périé

Sur ces quelques branches, ils ne sont pas moins de 8 oiseaux. Presque tout l’arbre est couvert. Des dizaines de chardonnerets élégants et de verdiers d’Europe disputent la place aux étourneaux sansonnets.

Des migrateurs venus du froid

On reconnait le chardonneret à son élégant masque rouge et ses plumes délicatement ornées de jaune, de noir et de blanc.

Le chardonneret élégant – Cergy © CACP – Emilie Périé

Et le verdier à sa couleur olive, sa bande jaune le long de l’aile et ses joues grises.

Le verdier d’Europe – Cergy © CACP – Emilie Périé

Ces deux petits passereaux sont des oiseaux migrateurs, grégaires et granivores. Ce qui signifie plusieurs choses. En hiver les chardonnerets et verdiers qui nichent au Nord de l’Europe viennent profiter de températures plus clémentes chez nous, profitant de la place laissée par les oiseaux nicheurs franciliens qui sont partis plus au Sud. En dehors de la période de nidification (pendant laquelle les oiseaux restent en couple) ces petits oiseaux aiment rester en groupe. Ils se nourrissent essentiellement de graines et à cette époque il reste surtout celles des grands arbres. Au total, il est fréquent de rencontrer ces volatiles en grands groupes occupés à becqueter les fruits des platanes, liquidambars ou aulnes.

Un comportement étrange

Nous avons cependant assisté à une scène pour le moins étonnante. En plus de s’attaquer aux fruits du platane (des akènes réunis en boules piquantes que l’on voit pendre dans l’arbre), certains oiseaux avaient l’air de s’intéresser également aux pédoncules des fruits (les tiges raccrochant les fruits au rameau).

Un verdier sur les fruits du platane – Cergy © CACP – Emilie Périé

Or ce n’est pas la saison de construire des nids avec de grandes fibres comme celles-là …

Un chardonneret au milieu de pédoncules déchiquetés © CACP – Emilie Périé

Nous avons demandé leur avis aux experts de la Ligue de Protection des Oiseaux. L’aspect déchiqueté des pédoncules et sans doute le fait du vent, qui en les faisant cogner contre les rameaux, abîme l’écorce tendre. Cependant, l’intérêt des oiseaux pour ces fibres ne leur était pas familier. Ils nous conseillent donc de suivre avec attention le comportement de ces oiseaux.

Évacuation d’urgence  © CACP – Emilie Périé

Mais nous avons dû prestement abandonner nos investigations quand notre poste d’observation a été pris d’assaut à l’heure de la sortie de l’école maternelle !

Tant pis, nous éluciderons ce mystère une prochaine fois.

 

Et vous, les avez-vous vus dans les platanes avoisinants ?

Pour en savoir plus :

Le suivi du chardonneret, pas Oiseaux des Jardins

Le suivi du verdier, par Oiseaux des Jardins

Retrouvez dans nos articles :

Le portrait du chardonneret élégant

Le portrait du verdier d’Europe

L'actualité de la Nature

Pourquoi les saules font-ils tant de bourre ?

Saule blanc – Port Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Au bord de l’Oise, les fruits des grands saules blancs commencent à murir et libèrent leurs paquets de ouate.

Fructification du saule blanc © CACP – Gilles Carcassès

Les fines graines de cet arbre seront ainsi emportées au loin au moindre souffle de vent.

Chardonneret – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Cette manne intéresse beaucoup ce chardonneret. Il a trouvé là le matériau parfait pour rendre son nid bien douillet.

Chardonneret © CACP – Gilles Carcassès

Il faut s’en mettre plein le bec pour rentabiliser le voyage !

Retrouvez nos articles sur le chardonneret :

Les princes de la friche

Deux beaux oiseaux

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

L’arbre et l’oiseau

Liquidambar à Cergy © Gilles Carcassès
Liquidambar à Cergy © Gilles Carcassès

Le copalme (Liquidambar styraciflua) est un bel arbre américain souvent utilisé en espaces verts en raison des couleurs flamboyantes de son feuillage à l’automne. Ses fruits, de petites samares, sont enfermées dans des capsules groupées en boules épineuses qui participent aussi au charme de cet arbre en hiver. Les fruits ailés s’en échappent à maturité à la fin de l’automne. C’est le moment que choisissent les chardonnerets pour prélever leur dîme car ils apprécient ces graines, tout comme celles du platane.

Chardonneret sur un liquidambar © Michel Noël
Chardonneret sur un liquidambar © Michel Noël

Cette belle photo aimablement fournie par un naturaliste francilien montre que ces oiseaux savent s’adapter à la vie en ville et tirer profit d’une nourriture parfois exotique.

Retrouvez notre précédent article sur le chardonneret

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Reconnaitre les oiseaux du jardin

Quel est cet oiseau dans ma mangeoire ? Ces photos vous montrent les cinq visiteurs ailés du jardin les plus fréquemment observés aux mangeoires. Nous indiquons pour chacun si son régime alimentaire est plutôt à base d’insectes (insectivore) ou de graines (granivore). Les insectivores ont le bec plus fin que les granivores.

Mésange charbonnière (insectivore) - Parus major © Gilles Carcassès
Mésange charbonnière (insectivore) – Parus major © Gilles Carcassès
Mésange bleue (insectivore) - Cyanistes caeruleus © Gilles Carcassès
Mésange bleue (insectivore) – Cyanistes caeruleus © Gilles Carcassès

Ces deux espèces de mésanges représentent à elles seules presque la moitié des observations. Arrivent ensuite le chardonneret élégant, le verdier d’Europe, le rouge-gorge familier, le moineau domestique, le pinson des arbres, la sittelle torchepot

Chardonneret élégant(granivore) © Gilles Carcassès
Chardonneret élégant (granivore) – Carduelis carduelis © Gilles Carcassès
Verdier (granivore) © Gilles Carcassès
Verdier d’Europe (granivore) – Chloris chloris © Gilles Carcasses
Rouge-gorge (insectivore) © Gilles Carcassès
Rouge-gorge familier (insectivore) – Erythacus rubecula © Gilles Carcassès

Téléchargez ici les quatre posters d’identification des oiseaux de jardins édités par Bird Lab (24 espèces en tout)

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Deux beaux oiseaux que l’on peut voir en ce moment

Carduelis carduelis, le chardonneret élégant © Gilles Carcassès
Carduelis carduelis, le chardonneret élégant – Cergy © Gilles Carcassès

Sur les talus herbeux de l’Axe majeur à Cergy, ce chardonneret, grand amateur de graines de plantes herbacées, visitait avec ses congénères les touffes de laiterons en fruits. Devinette : ces chardonnerets viendraient-ils si la pelouse était régulièrement tondue comme une moquette ? Bien sûr que non, car il leur faut des plantes montées en graines. Il fait ici la démonstration vivante que le gestion différenciée des espaces verts est bénéfique pour la biodiversité.

Gallinula chloropus, la gallinule poule d'eau © Gilles Carcassès
Gallinula chloropus, la gallinule poule d’eau – Cergy © Gilles Carcassès

Et ces poules d’eau, mascottes des bassins du parc François-Mitterrand à Cergy seraient-elles là si les berges étaient restées bétonnées ? Non plus : c’est dans les touffes de plantes aquatiques qu’elles établissent leur nid et se nourrissent.

Moralité : protéger la biodiversité sur un territoire, ce n’est pas sorcier, quand les aménagements bien conçus bénéficient des modes de gestion adaptés.

Un autre article sur les chardonnerets

Un autre article sur les poules d’eau