L'actualité de la Nature

Le séneçon de Mazamet

Dans la laine des moutons

Senecio inaequidens – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

C’est à Mazamet à la fin des années trente que le séneçon du Cap est arrivé d’Afrique du Sud dans des ballots de laine, à l’époque de l’industrie textile florissante dans le Sud-Ouest. Les petites graines très légères s’accrochent facilement dans les toisons, mais aussi volent au vent et flottent au fil de l’eau. Aussi la plante s’est rapidement multipliée et disséminée, au point de devenir envahissante et de menacer la biodiversité de certains milieux fragiles. Au catalogue de la flore vasculaire d’Ile-de-France, elle est classée invasive au niveau 3. La plante est vivace sur quelques années, elle résiste assez bien aux incendies, et ses racines libèrent des substances qui inhibent le développement des autres espèces. Un seul pied peut produire 10 000 graines par an ! Comme si cela ne suffisait pas, c’est une plante toxique pour le bétail et fort peu d’insectes la consomment.

Séneçon du Cap – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Elle gagne du terrain en suivant les voies de communication, on peut la voir coloniser des kilomètres de bords d’autoroute de façon spectaculaire dans certaines régions. Elle est assez commune à Cergy-Pontoise, aux abords des voies ferrées, dans les friches urbaines, elle pousse aussi dans les fissures des trottoirs et au pied des immeubles.

En dehors de son berceau natal sud-africain, le séneçon du Cap est présent dans beaucoup de pays en Europe, et a été repéré en Amérique du Sud et centrale, en Australie, à Taïwan. En France, on le rencontre surtout dans le Languedoc et la vallée du Rhône, en Ile-de-France et en Alsace.

Le catalogue de la flore vasculaire d’Ile-de-France par la CBNBP

Retrouvez dans cet article :

une autre espèce invasive étonnante arrivée dans une cargaison de laine

L'actualité de la Nature

Belle découverte sur une scutellaire

Scutellaria galericulata – Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

Sur les berges de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise

La scutellaire à casque (Scutellaria galericulata) est une Lamiacée vivace aux jolies fleurs bleues. On la trouve au bord de l’eau, ses akènes sont d’ailleurs disséminés par flottaison. Celle-ci était au bord d’un bassin de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise.

C’est en voulant photographier cette petite plante que j’ai découvert cette larve contrastée, en train de manger une de ses fleurs. Avec six paires de fausses pattes, ce n’est pas une chenille, mais la larve d’une tenthrède, autrement dit une fausse chenille.

Athalia scutellariae – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Vue de près, cette fausse chenille est tout en bourrelets. Cette espèce inféodée aux scutellaires n’est pas commune et elle est rarement observée. Les adultes passent souvent inaperçus car ils sont difficiles à distinguer d’espèces proches. En revanche, la larve est tout à fait caractéristique avec ses ponctuations blanches en relief.

Retrouvez d’autres articles sur les tenthrèdes :

La tenthrède du chêne

La tenthrède du sureau yèble

L'actualité des jardins

Les moineaux des Galoubets

Au jardin partagé des Galoubets – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
Oiseau bleu © CACP – Gilles Carcassès

Ce sont les enfants de la résidence Les Galoubets qui ont décoré à leur idée les coffres à outils de leur jardin partagé. Ils sont encadrés par l’association b.a-BA qui intervient là régulièrement pour le compte du bailleur social Efidis. Le jour de l’animation, quand Sandrine entre dans le jardin, les gamins arrivent comme une volée de moineaux ! On ramasse les éventuels déchets apportés par le vent, on va remplir les arrosoirs aux récupérateurs branchés sur la gouttière, on goûte les fraises, on plante, on sème, on désherbe, on écoute une histoire, on fait des jeux. L’après-midi est vite passée.

Les visiteurs sont les bienvenus, et informés des règles du lieu © CACP – Gilles Carcassès

Cet automne, on fait un thiéboudiène !

Ce morceau de pelouse, transformé peu à peu en un petit paradis est devenu un lieu de rencontre, de détente, et c’est aussi une source de nourriture festive. Cette année, la production sera consacrée à la confection d’un grand thiéboudiène collectif ! Pour les ignares comme moi qui ne connaissent pas le thiéboudiène, sachez que c’est le plat national sénégalais. Pour faire un bon thiéboudiène, il faut du riz et du poisson, et puis des légumes comme des tomates, du chou, des carottes… Et justement au jardin partagé des Galoubets, on a fait plein de choux, de tomates, d’oignons, d’aubergines, de courgettes, de basilics… Cela sera sûrement très réussi.

Les bacs de cultures et les coffres à outils, avec des légumes et puis des fleurs pour aider la nature © CACP – Gilles Carcassès
La biodiversité locale, source d’inspiration © CACP – Gilles Carcassès
Ces tomates sont les meilleures du Monde, et c’est vrai © CACP – Gilles Carcassès
L'actualité de la Nature

Des éponges dans les bassins de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise !

Non, je ne parle pas d’éponges usagées jetées dans l’eau par des promeneurs indélicats, mais de véritables éponges bien vivantes !

Spongilia lacustris – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Voyez-vous dans l’ombre de ce saule blanc cette éponge ramifiée de taille imposante, fixée sur une grosse branche immergée ? C’est là un organisme unique composé de milliers de cellules assemblées en colonie. Spongilia lacustris forme ainsi des boules, des manchons, ou prend (mais plus rarement) une forme rameuse comme celle-ci.

Jeunes colonies de Spongilia, à fleur d’eau près de la berge – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Sur cette photo, on peut voir la structure alvéolaire caractéristique des éponges. C’est par ces trous qu’entre et sort l’eau que filtre cet organisme pour se nourrir. L’éponge consomme des bactéries, de la matière organique en suspension et du phytoplancton. En été, elle filtre jusqu’à 70 fois son propre volume en eau chaque heure !

Spongilia lacustris de forme rameuse et de couleur verte © CACP – Gilles Carcassès

Vertes ou blanches

C’est une micro algue symbiotique qui la colore en vert : les cellules d’algues se reproduisent à l’intérieur de l’éponge. Cette éponge est présente aussi dans les zones profondes moins lumineuses, elle est alors blanche ou jaunâtre. Elle vit même très bien dans l’obscurité totale des sections de rivières canalisées, à condition que le courant lui apporte de quoi se nourrir.

L’éponge pour se développer a impérativement besoin d’un support : elle se fixe sur une pierre, une branche immergée, éventuellement un coquillage, ou sur des matériaux divers comme ceux des épaves et des pontons.

Le sexe des éponges

Les éponges peuvent se multiplier en bourgeonnant. Elles pratiquent aussi la reproduction sexuée. Chez cette espèce, les éponges ont la capacité de changer de sexe, elles pourraient être mâles une année et femelles l’année suivante. Evidemment, pour que naissent les bébés éponges, il faut que des éponges mâles et femelles soient présentes en même temps dans le bassin !

L'actualité des jardins

Un célèbre coureur argentin

Un cariama huppé se cache à Cergy. On peut l’observer sous le pont routier qui descend du carrefour de Ham et franchit l’Oise. Cet oiseau coureur des steppes d’Argentine, du Paraguay et de l’Uruguay mesure 90 cm de haut et se nourrit de lézards, de serpents, de gros insectes et de petits oiseaux. Comme les faucons auxquels il est vaguement apparenté, il possède une arcade sourcilière osseuse et un bec crochu. Le matin, il braille très fort dans sa savane.

« Cariama huppé » sous le pont de la D 203 – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

L’artiste a pris quelques libertés avec l’anatomie du cariama, mais on reconnaît l’arcade sourcilière et la touffe de plumes qu’il porte sur le front juste au-dessus du bec.

Le cariama huppé s’apprivoise facilement, il est souvent présenté dans les parcs zoologiques.

Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Point de cariama sur l’autre face de la pile, mais l’expression d’un talent tout aussi ébouriffant !

Le cariama huppé, un article du site Zoom Nature

L'actualité de la Nature

La roquette vivace

Diplotaxis tenuifolia – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Vous l’avez sans doute déjà remarquée, cette plante basse à fleurs jaunes. Lorsqu’on froisse ses feuilles, elle dégage une forte odeur de roquette. Normal, c’est la roquette vivace. Cette plante est sans doute une méditerranéenne très anciennement introduite en Ile-de-France. On la rencontre aux bords des chemins, sur les talus, dans les vignes, les décombres. Elle semble affectionner particulièrement le pied des murs.

Délicieuse en salade

On peut consommer crues ses jeunes feuilles qui ont un goût semblable à celui de la roquette annuelle cultivée (Eruca vesicaria subsp. sativa), en plus piquant. Ses graines peuvent être employées pour confectionner des cataplasmes, comme celles de la moutarde. Elle a aussi la réputation d’être excitante, voire aphrodisiaque. Mais il faut la consommer avec modération car elle contient des principes toxiques à haute dose.

Les deux Diplotaxis de la flore d’Ile-de-France

Son nom de genre signifie « double rang », indiquant la manière dont sont rangées les graines dans le fruit (la silique).
Les botanistes s’aviseront de ne pas confondre cette espèce vivace, commune, avec la très rare roquette des murailles (Diplotaxis muralis), bisannuelle, qui lui ressemble beaucoup. Un des critères de distinction est la longueur du pédicelle du fruit, nettement plus court que le fruit pour Diplotaxis muralis.

Diplotaxis tenuifolia – gare de Maisons-Laffitte © CACP – Gilles Carcassès

Je serais bien allé voir de plus près ce Diplotaxis accroché à une muraille, pour satisfaire ma curiosité de botaniste, mais j’ai renoncé à franchir la voie ferrée qui me séparait d’elle. L’aspect de ses tiges feuillées fait cependant pencher nettement en faveur de l’espèce commune.

L'actualité de la Nature

L’année des méduses

Dans le bassin dédié au ski nautique – Ile de loisirs de Cergy-Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

A l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise, des skieurs nautiques ont fait une bien curieuse rencontre : dans le grand virage, près des poteaux, ils ont aperçu des méduses ! Cela mérite bien une exploration ; me voilà parti en bateau, armé d’un gros bocal, à la recherche des méduses. A l’endroit indiqué, effectivement, j’en ai vu deux, flottant près de la surface. Grosses comme des pièces d’un euro, elles ont bien voulu rentrer dans mon bocal d’observation.

Craspedacusta sowerbii © CACP – Gilles Carcassès

Sur cette vue agrandie, certains tentacules apparaissent légèrement granuleux, c’est là un critère de détermination de l’espèce Craspedacusta sowerbii. Cette méduse d’eau douce qui ne dépasse pas les 2 centimètres d’envergure consomme des rotifères et des daphnies. Les plus grosses pèsent 4 grammes et contiennent 99% d’eau.

Une espèce sans danger pour l’homme

Cette méduse est-elle urticante ? Sylvain en a courageusement saisi une à la main : test négatif ! En fait, si elles sont bien dotées de cellules capables d’immobiliser leurs proies microscopiques, elles ne piquent pas la peau humaine. Rien à voir donc avec les grosses espèces marines responsables de brûlures et de démangaisons !

Méduse d’eau douce en vue rapprochée © CACP – Gilles Carcassès

Elle apprécie les eaux de bonne qualité

C’est une espèce des eaux claires, au ph neutre et sans traces de pollutions. Sa présence est donc plutôt rassurante quant à la qualité des eaux de l’Ile de loisirs.

Méduses d’eau douce – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Avec un fond bleu (une chaise de bar !), cela fait plus cinématographique.

Ces méduses ne sont visibles qu’en été. Quand la température de l’eau est plus froide, ce sont de minuscules polypes fixés au fond de l’eau.

Source : La méduse d’eau douce par le site DORIS

L'actualité des jardins

Au pied du mur

Une même espèce, deux couleurs

Périlla de Nankin pourpre, et vert © CACP – Gilles Carcassès

Au fond d’une courette de la dalle Grand centre à Cergy, j’ai découvert ces deux plantes jumelles blotties contre un mur. Elles ont germé dans une étroite fissure. Je reconnais la plante pourpre : dans les massifs fleuris, les jardiniers l’emploient sous le nom de périlla de Nankin. De son vrai nom Perilla frutescens crispa purpurea, cette plante n’est autre que le shiso, un aromate asiatique aux vertus antiseptiques et antiallergiques. Son goût épicé et anisé fait merveille pour assaisonner les poissons, les coquillages et les légumes dans la cuisine japonaise. L’autre est la variété verte de la même plante.

Comment sont-elles arrivées là ? Indice : ces périllas partagent leur fissure avec deux pieds de tomates.

Perille de Nankin – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

A quelques mètres de là, une petite plate-bande vide a pu servir de mini potager occasionnel à un habitant du coin. Notre végétation de pied de mur serait-elle la descendance de ces hypothétiques cultures ?

L'actualité de la Nature

Coccinelle sur canapé

Sauge sclarée – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Une coccinelle bien mal en point

Sur une feuille de sauge sclarée dans une jardinière dominant la rue de la gare à Cergy, j’ai repéré une coccinelle étonnamment immobile (à droite dans la photo ci-dessus).

Coccinelle asiatique © CACP – Gilles Carcassès

A ses motifs, je reconnais Harmonia axyridis, la coccinelle asiatique, dans sa forme à quatre points rouges.

Cocon de parasitoïde sous la coccinelle © CACP – Gilles Carcassès

Une histoire de zombie

Un regard sur le côté me donne l’explication de cette immobilité : elle est victime d’un parasitoïde (1). Voici la reconstitution de cette attaque.

Un parasitoïde femelle de l’espèce Dinocampus coccinellae pond dans le cou de la coccinelle. La larve se développe dans son corps, en consommant ses réserves de graisse. En fin de croissance, elle sort de son hôte puis tisse un cocon entre ses pattes pour se nymphoser.

Mais pourquoi la coccinelle ne consomme-t-elle pas la larve quand elle quitte son corps ? L’explication est étonnante : lorsqu’elle pond, la micro-guêpe inoculerait un virus spécifique capable de proliférer dans le cerveau de la coccinelle et de modifier son comportement ! Il a été rapporté des cas de guérison spontanée de cette attaque virale (et de cet amaigrissement forcé) après l’émergence du parasitoïde ! Mais la plupart des coccinelles ainsi parasitées ne s’en remettent pas.

En élevage

Il ne me reste plus qu’à placer ma découverte dans un bocal pour vérifier l’identité du parasite.

Quelques semaines auront suffi à satisfaire ma curiosité. Un hyménoptère ailé est sorti du cocon. Il s’agit bien de Dinocampus coccinellae, de la famille des Braconidae. C’est une femelle, reconnaissable à son ovipositeur à l’extrémité de l’abdomen.

Dinocampus coccinellae femelle – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Aujourd’hui, pas de miracles, malgré tous mes efforts, je n’ai pas pu ressusciter ma coccinelle.

(1) Un parasitoïde est un parasite qui tue son hôte.

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Des pucerons avec des couvercles !

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Scène de crime dans la véranda

Joli cocon

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Coucou, le praon est sorti !

Une chenille bien fatiguée

Une nouvelle chaine alimentaire est née

L'actualité des jardins

C’est quoi ça ? A quoi ça sert ? Pourquoi c’est là ?

« Raconte ta ville » à Cergy par le collège des Touleuses

Un poulailler à roulettes, un carrousel à compost, une boîte à trognons, un composteur collectif, des Ouortous : les collégiens des Touleuses vous racontent leur formidable aventure humaine sur le site du Réseau Canopé « Raconte ta ville » !

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Le compost, ça rend heureux !

Un poulailler à roulettes

L’ouortou

Transhumance de poules à Cergy

La boîte à trognons