L'actualité de la Nature

Le secret de l’accenteur

Accenteur mouchet sur le parking – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

La neige fond au soleil sur le parking du pôle multisports à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise et un petit ruisseau s’est formé. Cet élégant passereau picore vivement dans le courant.

Accenteur – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Il scrute et capture des choses minuscules. C’est un accenteur mouchet, un oiseau de jardin insectivore que l’on voit souvent se nourrir au sol sous les haies dans les jardins.

Accenteur mouchet – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Le reflet du soleil met en valeur les plumes grises de sa poitrine.

Après son départ, je suis allé voir ce qu’il mangeait. Je n’ai rien vu d’autre que des petits cailloux. Mon esprit scientifique m’amène à formuler trois hypothèses :

  1. Il mangeait des cailloux. Après tout, il en a peut-être besoin pour garnir son gésier et broyer les graines, comme mes poules. En hiver, faute d’insectes, l’accenteur consomme peut-être aussi des graines ?
  2. Mes yeux n’ont pas l’efficacité de ceux de l’accenteur, et je n’ai pas vu les microscopiques collemboles ou acariens qui étaient peut-être à la dérive.
  3. Il n’y a plus rien, parce qu’il a tout mangé !

L’accenteur est parti avec son secret…

L'actualité de la Nature

La coccinelle orange

Halyzia sedecimguttata, au revers d’une feuille d’Eleagnus x ebbingei – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Le revers des feuilles d’Eleagnus x ebbingei est joliment argenté.

Cacopsylla fulguralis © CACP – Gilles Carcassès

Cet arbuste hybride, persistant et très vigoureux, a été obtenu en 1928 par le croisement de deux espèces d’Eleagnus. Il fut très en vogue auprès des jardiniers de la fin du XXème siècle.

Il l’est un peu moins depuis l’arrivée en France en 1999 de Cacopsylla fulguralis, un psylle invasif d’origine asiatique, qui peut provoquer le jaunissement de la plante et de fortes attaques de fumagine.

Halyzia sedecimguttata © CACP – Gilles Carcassès

Toujours est-il que ses épaisses frondaisons fournissent à nombre d’insectes des sites d’hivernage. En explorant le dessous de ses rameaux, j’ai trouvé cette belle coccinelle orange, l’une de nos espèces de coccinelles à points blancs.

Elle mange des champignons !

Halyzia sedecimguttata est réputée mycophage, c’est-à-dire qu’elle broute le mycélium des champignons qui poussent sur les feuilles des arbres. En réalité, elle chasse aussi de petites proies.

A bien y regarder, ma coccinelle orange n’a pas l’œil très frais, et l’une de ses pattes a l’air bien mal en point ! Il y a fort à parier qu’elle ne se réveillera pas au printemps. Aurait-elle subi l’attaque d’un parasitoïde ?

Source :

Coccinelles mycophages, par l’OPIE

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Le cornouiller mâle

Floraison de Cornus mas, le cornouiller mâle © CACP – Gilles Carcassès

Ce cornouiller mâle joue au perce-neige ! C’est l’arbre à la floraison la plus précoce de nos contrées, juste après celle du noisetier.

L’arbre aux multiples atouts

Voilà encore une plante très appréciée des abeilles qui leur fournit du pollen en tout début de saison. En fin d’automne, on peut récolter ses fruits rouges, semblables à des olives, quand elles sont très mûres et qu’elles tombent au sol. On en fait alors de ces cornouilles d’agréables confitures. Consommées avant, c’est une aimable purge !

Bouquet de fleurs du cornouiller mâle © CACP – Gilles Carcassès

Le cornouiller mâle est très réputé pour les qualités de son bois : dense, élastique, dur et très droit. L’espèce est idéale pour les manches d’outil, les lances, les arcs, les rayons de roue des charrettes, les bâtons de berger…

Le cornouiller mâle est peu commun en Ile-de France, on le rencontre généralement dans les coteaux boisés sur sol calcaire, avec le troène et la viorne lantane. Dans le Val d’Oise, il est plus fréquent à l’extrême ouest du département.

En fleurs, à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise

A l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise, où je l’ai trouvé en fleurs (près des garages à bateaux), il a probablement été planté. C’est en effet un arbuste (ou petit arbre) souvent utilisé pour l’aménagement des espaces verts.

L'actualité de la Nature

Pipit farlouse, bel oiseau de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise

Pipit caché dans les branches : le voyez-vous ? – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Un plumage cryptique

A l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise, ce petit oiseau à la poitrine rayée se dissimule dans les branches basses d’un aulne au bord de l’eau. Malgré son camouflage, je l’ai repéré ! Alors, je ne bouge plus et j’attends.

Pipit farlouse – Cergy © CACP – Gilles Carcassès (cliquez deux fois pour voir en plein écran)

Enfin il daigne descendre de son arbre. La prairie inondée est pour lui une aubaine, j’imagine qu’il y trouve des insectes noyés ou des petites graines flottantes.

Pipit dans la neige © CACP – Gilles Carcassès

Et hop, un tour sur la neige ! Histoire de faire sa star…

Les spécialistes interrogés ont remarqué les stries larges et continues sur le flanc, le sourcil discret et les pattes claires. C’est un pipit farlouse, appelé aussi pipit des prés. A son bec fin, vous aurez reconnu un oiseau au régime largement insectivore.

Migrateur

Le pipit farlouse est un oiseau migrateur. En Ile-de-France, on le rencontre en hiver dans les prairies humides et parfois dans les champs. En été, la femelle construit son nid tout près du sol, caché dans une touffe d’herbe ou sous les branches basses d’un buisson. Cette espèce niche rarement dans notre région.

Les pipits appartiennent à la même famille que les bergeronnettes.

Retrouvez les portraits d’autres oiseaux insectivores :

Rossignol du Japon

Troglodyte mignon

Accenteur mouchet

L'actualité de la Nature

La pariétaire

Parietaria judaica – dans un escalier extérieur, au Verger à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Cette plante rugueuse qui croît en touffes au pied des murs en pierres est la pariétaire. J’en avais beaucoup au jardin, mais je n’en vois plus que des trognons : mes poules en raffolent ! Il paraît que les perdrix et les pigeons aiment beaucoup aussi la pariétaire.

Toute bonne, ou presque

On utilisait autrefois la pariétaire pour récurer les verres. La recette est simple : on en prend une poignée et on frotte. Ça marche aussi pour les assiettes, paraît-il. Comme l’ortie qui appartient à la même famille, c’est une plante comestible, mais elle est plus fade. Elle aurait plein de vertus médicinales. On la recommandait même en emplâtres contre le feu de Saint-Antoine, pour calmer les brûlures. Elle a cependant un vilain défaut, son pollen très fin est fortement allergisant !

Sources :

Les pariétaires, par Books of Dante

La pariétaire ange ou démon, par Zoom Nature

Pariétaire de Judée, par Sauvages du Poitou

Principaux pollens allergisants, par le RNSA

L'actualité de la Nature

Acericerus, cicadelle de l’érable

Bravo à Esteban qui a trouvé que la photo mystère de février 2018 était celle d’une cicadelle !

Cette tête de féroce diablotin à lunettes est le motif caractéristique du scutellum d’une cicadelle du genre Acericerus (ainsi sont les Acericerus, je vous assure).

Acericerus sp. – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

J’a trouvé celle-ci sous l’écorce d’un platane du parc François-Mitterrand à Cergy. Un excellent endroit pour passer l’hiver à labri des intempéries. Mais Acericerus ne consomme pas la sève du platane, ce sont les érables qui sont à son goût. Il y avait bien un érable sycomore à proximité. Je n’ai pas pu la prendre en photo de plus près car elle a disparu dans un saut vertigineux quand j’ai voulu l’approcher.

On trouve en France trois espèces d’Acericerus, assez difficiles à distinguer, toutes sur les érables.

Un grand merci à François pour m’avoir indiqué que ce type d’illusion qui nous fait voir le dessin d’une figure est une paréidolie. Très content d’avoir appris un nouveau mot !

Retrouvez  d’autres paréidolies dans ces articles :

La cigale bossue, inventeur de la roue dentée

J’ai trouvé un serpent cyclope !

La phalène anguleuse

L'actualité des jardins

Gros souci

Calendula officinalis dans le jardin partagé de LabBoîte – parvis de la préfecture à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Deux soucis, le gros et le petit

Le souci des jardins, Calendula officinalis, diffère peu du souci des champs, Calendula arvensis, si ce n’est par sa taille plus imposante. Ce sont toutes deux des plantes d’origine méditerranéenne. Le souci des champs est une adventice des vignes devenue rare en Ile-de-France.

Cette belle plante, qui fleurit généreusement presque toute l’année, est utilisée en cosmétique et a de nombreuses propriétés médicinales. Ses pétales sont utilisés pour colorer le beurre et certains fromages ainsi que des boissons alcoolisées. Séchés, ils sont parfois employés frauduleusement pour falsifier le safran.

Indispensables au jardin

Au jardin la plante est bien jolie, mais elle est aussi très utile. Elle permet de lutter, comme l’œillet d’Inde, contre certains nématodes. C’est de ce fait une bonne plante compagne pour la tomate, mais aussi pour l’ail et les fraisiers. Des études ont prouvé qu’elle est très bénéfique aux mirides du genre Macrolophus, des punaises auxiliaires très polyphages qui se nourrissent d’aleurodes, de pucerons, d’acariens, d’œufs de noctuelles et de ceux de la mineuse de la tomate Tuta absoluta. Il convient de maintenir les pieds de soucis l’hiver au jardin car ils sont utiles pour l’hivernage des auxiliaires. A la belle saison, ses fleurs fournissent aussi nectar et pollen aux syrphes et aux guêpes parasites. Pour cela, les variétés à fleurs simples sont bien sûr préférables.

Il existe de très nombreuses variétés de soucis dans les tons jaunes à orange, aux fleurs simples ou doubles. Certaines sont aptes au forçage pour la production de fleurs coupées.

Une variété de souci à fleurs doubles © CACP – Gilles Carcassès

Sources :

Biodiversité fonctionnelle en maraîchage biologique, par le GRAB

Les plantes nématicides, par l’INRA

Le souci, par Ecological Agriculture Project (Canada)

L'actualité des jardins

Savez-vous tailler les arbres ?

Paulownias ? © CACP – Gilles Carcassès

Voici un excellent document du CAUE 77 qui présente en quelques règles simples, illustrées de schémas clairs, les gestes techniques et les principes à respecter pour la taille des arbres.

Et rappelons toute l’importance de cette précaution de conception : le bon arbre planté au bon endroit ne nécessitera pas de tailles !

Un figuier sur le quai de la gare de Poissy © CACP – Gilles Carcassès

Planter le bon arbre au bon endroit : voilà bien le secret des aménagements réussis. Pour éviter les bévues, le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de Seine-et-Marne (CAUE 77) vous propose la méthode VECUS.

Avec cette méthode, impossible de vous tromper. Vous aurez compris, entre autres choses, que pour un petit espace, c’est bien un arbre à petit développement qu’il vous faut.

Liquidambar sur une place publique à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Besoin d’un coup de pouce sur le sujet ? Découvrez donc les 133 fiches de petits arbres présentées par ce même CAUE 77

L'actualité de la Nature

Les deux compères : Rotengle et Gardon

Leçon de pêche n°2 à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise

Voici deux poissons argentés aux nageoires rouges qui vivent en bancs dans les étangs de Cergy-Pontoise : le rotengle et le gardon. Ces deux espèces sont de bonnes proies pour le brochet.

Scardinius erythrophthalmus, le rotengle – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
Rutilus rutilus, le gardon © CACP – Gilles Carcassès

Mais comment faire pour les différencier ?

Il faut regarder les bons détails !

Le museau : le rotengle capture des proies flottantes ou près de la surface, sa bouche est logiquement tournée vers le haut et son front est moins bombé que celui du gardon qui se nourrit au fond et dont la bouche s’ouvre vers le bas. C’est le critère le plus facile.

Les nageoires : chez le rotengle, la nageoire dorsale est implantée très en arrière, en décalage par rapport aux nageoires pelviennes (ventrales), ce qui n’est pas le cas chez le gardon.

Les yeux : le gardon aurait les yeux plus rouges, mais c’est variable.

Et il paraît que les deux espèces peuvent s’hybrider, ça peut faire une bonne excuse si on ne sait pas trancher.

Application :

Rotengle ou gardon ? – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Alors pour celui-ci, l’ouverture de la bouche est vers le haut : c’est un rotengle !

Rotengles ou gardons ? – bassin Blanche de Castille à Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

En patrouille près de la surface, avec la nageoire dorsale implantée en arrière des pelviennes : encore des rotengles !

Retrouvez notre article :

Les perches de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise