L'actualité de la Nature

Dans mon compost : le cloporte rugueux

Porcellio scaber, le cloporte rugueux © CACP – Gilles Carcassès

Faut-il s’en inquiéter ?

Plein de petits cloportes gris farfouillent dans mon compost à la recherche de débris végétaux à grignoter. La photo, et une bonne clé, me permettent de les identifier : pas de surprise, il s’agit de Porcellio scaber, l’une des espèces les plus communes dans ce type de milieu, et aussi dans les caves, la litière, sous les écorces, dans les nichoirs…

Des petites bêtes très utiles

L’appareil digestif des cloportes héberge une microflore particulière qui leur permet de digérer la cellulose. Ils sont donc très utiles dans le composteur pour transformer en humus la matière organique. Ils ne s’attaquent jamais au bois sain, et ils ne sont nuisibles en aucune façon.

Les cloportes sont des crustacés. Leurs lointains ancêtres vivaient dans la mer, ils se sont adaptés à une vie terrestre.

De nombreux animaux consomment des cloportes : des oiseaux, des musaraignes, les orvets, des crapauds, des lithobies… Il existe un genre d’araignée (Dysdera) qui est spécialisé dans la chasse des cloportes. On la rencontre dans les habitats de ces isopodes, par exemple sous les écorces de bois pourri.

Sources :

Les cloportes, par Jardiner Autrement

Clé des cloportes du Nord-Ouest de la France, par Franck Noël et Emmanuel Séchet, 2007 – cahiers Gretia

Cloportes, par Jardibiodiv

Retrouvez cet autre article sur la faune du sol :

Avec Jardibiodiv, partez à la découverte de la faune du sol de votre jardin

Et celui-ci sur le compostage :

Tous au compost !

L'actualité de la Nature

Le (petit) copain des fourmis

Platyathrus hoffmannseggi © Gilles Carcassès
Platyathrus hoffmannseggi © Gilles Carcassès

En voulant planter un arbuste dans mon jardin, j’ai pioché malencontreusement dans une fourmilière. Pendant que les fourmis rousses s’activaient à mettre à l’abri leurs larves, quelques minuscules cloportes tout blancs, désemparés, semblaient errer au hasard.

Ces cloportes dépigmentés et aveugles ne voient jamais le jour. Ils vivent le plus souvent en commensalisme avec des fourmis, se nourrissant de leurs excréments. En creusant le sujet, j’ai vu qu’ils appartiennent à une famille particulière de crustacés terrestres : les Platyarthridae. Il en existe dix espèces en France, pour la plupart méditerranéennes ou littorales. Platyarthrus hoffmannseggi est la plus répandue et la seule qui soit connue en Ile-de-France.

De meilleures photos de Platyarthrus hoffmannseggi

Le commensalisme

L'actualité de la Nature

Belle boule des bois

Roulé en boule, comme le hérisson © Gilles Carcassès
En boule, comme le hérisson ? Boisemont © Gilles Carcassès

Trouvée sous des feuilles mortes dans les bois de Boisemont, cette petite boule brillante m’intrigue. Rien ne dépasse ! Je devine un animal qui aurait rangé ses pattes et fourré sa tête sous son abdomen. Mais quel est-il ?

Après quelques recherches, j’arrive à la conclusion qu’il s’agit d’un Glomeris marginata, un diplopode (qui possède deux paires de pattes par article), à ne pas confondre avec un cloporte qui est un crustacé terrestre et compte (seulement) 7 paires de pattes. Ce Glomeris est commun dans une bonne partie de l’Europe de l’Ouest, des Pyrénées à l’Irlande et jusqu’au sud de la Suède. Il habite les litières forestières et consomme des matières organiques décomposées.

Un des cloportes les plus fréquents en forêt : Porcellio scaber © Gilles Carcassès
Un des cloportes les plus fréquents en forêt : Porcellio scaber – Boisemont © Gilles Carcassès

Certaines espèces de cloportes savent se rouler en boule. Ce n’est pas le cas de celle-ci. Son aspect marbré m’incite à penser que c’est une femelle. En cliquant sur la photo, on peut voir que ses yeux sont composés de plusieurs ommatidies.

http://www.insecte.org/forum/viewtopic.php?t=116665