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Pyrale du buis : l’envol des papillons

Ils résistent encore à l’envahisseur

Un petit coucou aux amis des Hauts-de-France encore épargnés par la pyrale du buis. Voilà à quoi ils peuvent s’attendre !

Buis ravagé par la pyrale – Plaisir © CACP – Gilles Carcassès
Cydalima perspectalis © CACP – Gilles Carcassès

En touchant l’arbuste je fais décoller de nombreux papillons. Ce sont les adultes de la deuxième génération de l’année, la première émergeant en avril-mai.

Un papillon tout neuf mais mal en point

Celui-ci, pas très vif, se pose à hauteur de mes yeux et se laisse approcher de tout près. J’en profite pour le photographier sous tous les angles.

Un trou sur le côté © CACP – Gilles Carcassès

En fait, il est mal en point et son abdomen présente un trou sur le côté. Que s’est-il passé ? Un accident ? Une maladie ? Serait-ce le trou de sortie d’un parasite ? Si oui, ce serait plutôt une bonne nouvelle… pour les buis.

L'actualité de la Nature

Elles en sont où, les pyrales du buis ?

Jeune chenille de pyrale du buis dérangée pendant son hibernation - Menucourt © Gilles Carcassès
Jeune chenille de pyrale du buis dérangée pendant son hibernation – parc du château de Menucourt © Gilles Carcassès

Selon le climat, le cycle annuel de la pyrale du buis compte deux à quatre générations.

Chez cette espèce, c’est la jeune chenille qui passe l’hiver, bien cachée dans un cocon tissé entre deux feuilles de buis appliquées l’une contre l’autre. Elle se réveillera au printemps pour reprendre sa croissance. Comme elle entre en diapause, elle ne se nourrit plus en hiver. Il serait donc inefficace de la traiter pendant cette saison avec du Bacillus thuringiensis, car ce produit de traitement biologique n’agit que lorsqu’il est ingéré par la chenille.

Les papillons parents de cette dernière génération étaient présents fin septembre.

Les deux formes de la pyrale du buis © Siegfried lallemant
Les deux formes de la pyrale du buis © Siegfried Lallemant

Le papillon de la pyrale du buis existe sous deux formes : une forme bicolore et une forme brune. A noter que la forme brune conserve le petit triangle blanc sur l’aile antérieure. C’est un papillon de nuit, mais on l’aperçoit souvent en journée.

Nos articles précédents sur la pyrale du buis :

La lutte biologique contre la pyrale du buis

La pyrale du buis, un ravageur invasif

L'actualité des jardins

Du nouveau sur le front de la pyrale du buis

Feuilles de buis dévorées par la pyrale du buis © Gilles Carcassès
Feuilles de buis dévorées par la pyrale du buis © Gilles Carcassès

La  chenille de la pyrale du buis, papillon de nuit invasif d’origine asiatique, continue de faire des dégâts dans nos buis. Heureusement on voit poindre des solutions biologiques. Le programme national SaveBuxus lancé en 2014 a permis de tester l’efficacité de la lutte biologique avec des insectes auxiliaires. Sur 54 souches de 17 espèces de trichogrammes essayées, 6 ont donné des résultats satisfaisants.

Ce sont donc des trichogrammes, minuscules hyménoptères de moins de 1 mm, qui viendront au secours des buis. Les femelles de ces parasitoïdes pondent dans les œufs des chenilles de la pyrale. Les premiers élevages démarrent et la commercialisation commence en quantité limitée. Pour optimiser l’efficacité du traitement, on peut détecter l’émergence des papillons à l’aide de pièges à phéromones spécifiques, afin de disposer les trichogrammes au moment le plus opportun.