L'actualité des jardins

Décembre, le mois de la phalène brumeuse

Operophtera brumata, la phalène brumeuse © CACP – Gilles Carcassès

C’est en fermant les volets que j’ai trouvé, sur la vitre de la fenêtre du salon, ce papillon de nuit aux reflets argentés. Pour un papillon de nuit, la posture n’est pas commune ! La phalène brumeuse est l’une des rares espèces à assembler ainsi les ailes au repos, comme le font communément les papillons de jour.

Détail des ailes de la phalène brumeuse © CACP – Gilles Carcassès

Des milliers d’écailles brillantes ornent ses ailes. Ce mâle a déjà un peu vécu, car il commence à lui manquer des écailles. Sa femelle, dépourvue d’ailes fonctionnelles, ne lui ressemble pas du tout. Elle se tient sur les troncs des arbres où elle attire les mâles par l’émission de phéromones. Les œufs qu’elle pond sur les rameaux résistent au gel et écloront en avril.

Operophtera brumata, l’avers © CACP – Gilles Carcassès

Quand il étale ces ailes, le mâle est d’un gris terne assez uniforme, plus ou moins brun selon les individus.

Au printemps, les chenilles arpenteuses de cette espèce consomment les feuilles d’arbres ou d’arbustes à leur convenance. Et elles ne sont pas difficiles : entrent à leur menu les arbres fruitiers, les groseilliers et framboisiers, les chênes, charmes, ormes, frênes, hêtres, érables, châtaigniers… Pour la nymphose qui se passe sous terre, elles se laissent descendre au bout d’un long fil de soie jusqu’au sol. Ce sont elles qui vous gâchent le plaisir de la promenade printanière en forêt lorsqu’elles sont nombreuses. Cette espèce très polyphage est aussi très commune, on la trouve partout où poussent des arbres. Peut-être est-elle aussi dans votre jardin ? Comme le mâle est attiré par la lumière, il suffit pour le savoir d’observer les nuits de décembre les murs éclairés par les lampadaires.

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La phalène auguleuse

L’été, sur la terrasse éclairée

Le bombyx disparate

Le grand paon de nuit

La rosette

Le vert-doré

Le géomètre à barreaux

L’écaille marbrée

L'actualité de la Nature

Mes belles nuits d’été

A la nuit tombée, de nombreuses espèces sont attirées par la lumière de la terrasse. C’est l’occasion de découvrir les papillons de nuit dont on sait qu’ils sont beaucoup plus nombreux et variés que les papillons de jour. Et certains sont vraiment superbes !

Cyclophora annularia © CACP – Gilles Carcassès

La Phalène mariée (Cyclophora annularia) est un Geometridae amateur d’érables.

Lythria purpuraria © CACP – Gilles Carcassès

L’Ensanglantée des renouées (Lythria purpuraria) se nourrit de la renouée des oiseaux. C’est aussi un Geometridae. Celui-ci est un mâle, reconnaissable à ses antennes pectinées.

Pseudoips prasinanus © CACP – Gilles Carcassès

La Halias du hêtre (Pseudoips prasinanus) apprécie aussi les chênes et les bouleaux. C’est un représentant de la famille des Nolidae.

Ptilodon cucullina © CACP – Gilles Carcassès

Le Capuchon (Ptilodon cucullina) est un Notodontidae des érables.

Oncocera semirubella © CACP – Gilles Carcassès

La Phycide incarnat (Oncocera semirubella) est un Pyralidae dont la chenille se nourrit de légumineuses.

Macroglossum stellatarum © CACP – Gilles Carcassès

Certains sont venus à pied, comme cette chenille de moro-sphinx !

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La phalène anguleuse

Un subtil camouflage

Timandra comae, la phalène anguleuse, (les anglais disent « veine de sang ») – parc de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Quand il est au repos, ce papillon aligne ses ailes de façon à faire parfaitement coïncider la ligne rose qui barre ses ailes antérieures et postérieures, donnant ainsi l’illusion d’une ligne continue. Comme pour de nombreuses autres espèces de Geometridae, les motifs sur les ailes ont sans doute pour effet de tromper des prédateurs.  Dans la photo ci-dessus, les lignes du papillon ne sont-elles pas en rapport avec celles des herbes sèches sur lesquelles il se tient ? Même quand on l’a vu se poser, il n’est pas si aisé de le retrouver, immobile dans son environnement, malgré sa couleur claire.

Timandra comae, la phalène anguleuse, est commune dans les prairies humides. Sa chenille consomme des rumex et d’autres Polygonaceae.

Ici, c’est une femelle, car ses antennes sont fines et non largement plumeuses comme celles des mâles de son espèce.

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Fausse brindille

Le géomètre à barreau

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Fausse brindille

© Gilles Carcassès
Face à un danger, cette chenille mime une brindille ! © Gilles Carcassès

Malgré sa couleur brune, cette chenille, probablement du genre Eupithecia, passe facilement inaperçue sur cette tige d’aster. Prenant appui sur ses dernières fausses pattes abdominales, elle s’étire et rassemble ses vraies pattes sous sa tête, prenant la forme d’un rameau terminé par un bouton floral. L’angle d’incidence sur la tige, parfaitement bien imité, trompe nos sens. Cette attitude permet sans doute à la chenille d’échapper à quelques prédateurs. Cette espèce fait partie de la famille des Geometridae dont les chenilles sont arpenteuses.

Camptogramma bilineata - Cergy © Gilles Carcassès
Camptogramma bilineata – Cergy © Gilles Carcassès

Camptogramma bilineata, la brocatelle d’or, est un autre membre de cette très grande famille des Geometridae (609 espèces en France).

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Le géomètre à barreaux

Chiasmia clathrata, le géomètre à barreaux © Gilles Carcassès
Chiasmia clathrata, le géomètre à barreaux butinant des fleurs de réséda © Gilles Carcassès

Voici un de ces papillons de nuit qui vole aussi le jour. Le géomètre à barreaux est commun dans toute la France. Il est « à barreaux » à cause des dessins géométriques plus ou moins foncés qui ornent ses ailes. Et c’est un géomètre (de la famille des Geometridae) parce que sa chenille progresse en arpenteuse. Cette technique très efficace  consiste à avancer alternativement l’avant du corps puis à rapprocher l’arrière.

Sa chenille consomme les trèfles, la luzerne et d’autres Fabacaea comme Vicia cracca. On le voit souvent au bord des champs. Le papillon est très présent en mai et juin pour la première génération puis en août et jusqu’en septembre pour la deuxième.