L'actualité des jardins

Gros souci

Calendula officinalis dans le jardin partagé de LabBoîte – parvis de la préfecture à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Deux soucis, le gros et le petit

Le souci des jardins, Calendula officinalis, diffère peu du souci des champs, Calendula arvensis, si ce n’est par sa taille plus imposante. Ce sont toutes deux des plantes d’origine méditerranéenne. Le souci des champs est une adventice des vignes devenue rare en Ile-de-France.

Cette belle plante, qui fleurit généreusement presque toute l’année, est utilisée en cosmétique et a de nombreuses propriétés médicinales. Ses pétales sont utilisés pour colorer le beurre et certains fromages ainsi que des boissons alcoolisées. Séchés, ils sont parfois employés frauduleusement pour falsifier le safran.

Indispensables au jardin

Au jardin la plante est bien jolie, mais elle est aussi très utile. Elle permet de lutter, comme l’œillet d’Inde, contre certains nématodes. C’est de ce fait une bonne plante compagne pour la tomate, mais aussi pour l’ail et les fraisiers. Des études ont prouvé qu’elle est très bénéfique aux mirides du genre Macrolophus, des punaises auxiliaires très polyphages qui se nourrissent d’aleurodes, de pucerons, d’acariens, d’œufs de noctuelles et de ceux de la mineuse de la tomate Tuta absoluta. Il convient de maintenir les pieds de soucis l’hiver au jardin car ils sont utiles pour l’hivernage des auxiliaires. A la belle saison, ses fleurs fournissent aussi nectar et pollen aux syrphes et aux guêpes parasites. Pour cela, les variétés à fleurs simples sont bien sûr préférables.

Il existe de très nombreuses variétés de soucis dans les tons jaunes à orange, aux fleurs simples ou doubles. Certaines sont aptes au forçage pour la production de fleurs coupées.

Une variété de souci à fleurs doubles © CACP – Gilles Carcassès

Sources :

Biodiversité fonctionnelle en maraîchage biologique, par le GRAB

Les plantes nématicides, par l’INRA

Le souci, par Ecological Agriculture Project (Canada)

L'actualité des jardins

Savez-vous tailler les arbres ?

Paulownias ? © CACP – Gilles Carcassès

Voici un excellent document du CAUE 77 qui présente en quelques règles simples, illustrées de schémas clairs, les gestes techniques et les principes à respecter pour la taille des arbres.

Et rappelons toute l’importance de cette précaution de conception : le bon arbre planté au bon endroit ne nécessitera pas de tailles !

Un figuier sur le quai de la gare de Poissy © CACP – Gilles Carcassès

Planter le bon arbre au bon endroit : voilà bien le secret des aménagements réussis. Pour éviter les bévues, le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de Seine-et-Marne (CAUE 77) vous propose la méthode VECUS.

Avec cette méthode, impossible de vous tromper. Vous aurez compris, entre autres choses, que pour un petit espace, c’est bien un arbre à petit développement qu’il vous faut.

Liquidambar sur une place publique à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Besoin d’un coup de pouce sur le sujet ? Découvrez donc les 133 fiches de petits arbres présentées par ce même CAUE 77

L'actualité de la Nature

Ciboulette

Ciboulette – Cergy, quartier Grand centre © CACP – Gilles Carcassès

Quelle est cette herbe à la croissance généreuse au pied de ce poteau ? C’est de la ciboulette ! Une graine, sans doute portée par le vent depuis la terrasse végétalisée de la tour Suez, aura profité d’une fissure et d’un peu d’humus pour s’installer là.

Une résistance exceptionnelle à la sècheresse passagère

La ciboulette est une des meilleurs plantes pour végétaliser les toitures. Lorsqu’il fait trop sec, son feuillage fane mais les petits bulbes dans le sol restent vivants et émettent de nouvelles feuilles lorsque les conditions redeviennent favorables. Six centimètres d’épaisseur de substrat lui suffisent pour survivre et prospérer sans arrosage. En outre, sa jolie floraison produit quantité de graines qui permettent à la plante de coloniser l’espace autour d’elle.

La ciboulette fait partie des plantes qui ont bien réussi sur la toiture végétalisée de l’école Gustave Loiseau à Pontoise.

Elle est remarquablement présente sur cette toiture à la Maison des russes à Eragny :

Fétuques et ciboulettes en fleurs – Eragny-sur-Oise © Gilles Carcassès

Retrouvez un autre article sur des plantes échappées d’un mur végétalisé :

Un Erasmus pour les plantes vivaces ?

 

L'actualité de la Nature

La roquette vivace

Diplotaxis tenuifolia – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Vous l’avez sans doute déjà remarquée, cette plante basse à fleurs jaunes. Lorsqu’on froisse ses feuilles, elle dégage une forte odeur de roquette. Normal, c’est la roquette vivace. Cette plante est sans doute une méditerranéenne très anciennement introduite en Ile-de-France. On la rencontre aux bords des chemins, sur les talus, dans les vignes, les décombres. Elle semble affectionner particulièrement le pied des murs.

Délicieuse en salade

On peut consommer crues ses jeunes feuilles qui ont un goût semblable à celui de la roquette annuelle cultivée (Eruca vesicaria subsp. sativa), en plus piquant. Ses graines peuvent être employées pour confectionner des cataplasmes, comme celles de la moutarde. Elle a aussi la réputation d’être excitante, voire aphrodisiaque. Mais il faut la consommer avec modération car elle contient des principes toxiques à haute dose.

Les deux Diplotaxis de la flore d’Ile-de-France

Son nom de genre signifie « double rang », indiquant la manière dont sont rangées les graines dans le fruit (la silique).
Les botanistes s’aviseront de ne pas confondre cette espèce vivace, commune, avec la très rare roquette des murailles (Diplotaxis muralis), bisannuelle, qui lui ressemble beaucoup. Un des critères de distinction est la longueur du pédicelle du fruit, nettement plus court que le fruit pour Diplotaxis muralis.

Diplotaxis tenuifolia – gare de Maisons-Laffitte © CACP – Gilles Carcassès

Je serais bien allé voir de plus près ce Diplotaxis accroché à une muraille, pour satisfaire ma curiosité de botaniste, mais j’ai renoncé à franchir la voie ferrée qui me séparait d’elle. L’aspect de ses tiges feuillées fait cependant pencher nettement en faveur de l’espèce commune.

L'actualité des jardins

Au pied du mur

Une même espèce, deux couleurs

Périlla de Nankin pourpre, et vert © CACP – Gilles Carcassès

Au fond d’une courette de la dalle Grand centre à Cergy, j’ai découvert ces deux plantes jumelles blotties contre un mur. Elles ont germé dans une étroite fissure. Je reconnais la plante pourpre : dans les massifs fleuris, les jardiniers l’emploient sous le nom de périlla de Nankin. De son vrai nom Perilla frutescens crispa purpurea, cette plante n’est autre que le shiso, un aromate asiatique aux vertus antiseptiques et antiallergiques. Son goût épicé et anisé fait merveille pour assaisonner les poissons, les coquillages et les légumes dans la cuisine japonaise. L’autre est la variété verte de la même plante.

Comment sont-elles arrivées là ? Indice : ces périllas partagent leur fissure avec deux pieds de tomates.

Perille de Nankin – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

A quelques mètres de là, une petite plate-bande vide a pu servir de mini potager occasionnel à un habitant du coin. Notre végétation de pied de mur serait-elle la descendance de ces hypothétiques cultures ?

L'actualité de la Nature

Coccinelle sur canapé

Sauge sclarée – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Une coccinelle bien mal en point

Sur une feuille de sauge sclarée dans une jardinière dominant la rue de la gare à Cergy, j’ai repéré une coccinelle étonnamment immobile (à droite dans la photo ci-dessus).

Coccinelle asiatique © CACP – Gilles Carcassès

A ses motifs, je reconnais Harmonia axyridis, la coccinelle asiatique, dans sa forme à quatre points rouges.

Cocon de parasitoïde sous la coccinelle © CACP – Gilles Carcassès

Une histoire de zombie

Un regard sur le côté me donne l’explication de cette immobilité : elle est victime d’un parasitoïde (1). Voici la reconstitution de cette attaque.

Un parasitoïde femelle de l’espèce Dinocampus coccinellae pond dans le cou de la coccinelle. La larve se développe dans son corps, en consommant ses réserves de graisse. En fin de croissance, elle sort de son hôte puis tisse un cocon entre ses pattes pour se nymphoser.

Mais pourquoi la coccinelle ne consomme-t-elle pas la larve quand elle quitte son corps ? L’explication est étonnante : lorsqu’elle pond, la micro-guêpe inoculerait un virus spécifique capable de proliférer dans le cerveau de la coccinelle et de modifier son comportement ! Il a été rapporté des cas de guérison spontanée de cette attaque virale (et de cet amaigrissement forcé) après l’émergence du parasitoïde ! Mais la plupart des coccinelles ainsi parasitées ne s’en remettent pas.

En élevage

Il ne me reste plus qu’à placer ma découverte dans un bocal pour vérifier l’identité du parasite.

Quelques semaines auront suffi à satisfaire ma curiosité. Un hyménoptère ailé est sorti du cocon. Il s’agit bien de Dinocampus coccinellae, de la famille des Braconidae. C’est une femelle, reconnaissable à son ovipositeur à l’extrémité de l’abdomen.

Dinocampus coccinellae femelle – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Aujourd’hui, pas de miracles, malgré tous mes efforts, je n’ai pas pu ressusciter ma coccinelle.

(1) Un parasitoïde est un parasite qui tue son hôte.

Retrouvez nos meilleures histoires de parasitoïdes :

Des pucerons avec des couvercles !

Charmeuse de serpents

Scène de crime dans la véranda

Joli cocon

Mais que fait-elle sur ce laiteron ?

Bien fait pour la punaise

Coucou, le praon est sorti !

Une chenille bien fatiguée

Une nouvelle chaine alimentaire est née

Source :

https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/un-virus-zombifie-des-coccinelles-au-profit-d-une-guepe_100573

L'actualité de la Nature

La cigale bossue

Issus, la cigale bossue – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Cette bestiole étrange de 5 mm trottait sur le tronc d’un arbre, derrière le centre des impôts à Cergy. Sa silhouette trapue est caractéristique d’un Issus, de la toute petite famille (en France) des Issidae, parmi les homoptères. Sans doute l’espèce la plus commune de ce genre : Issus coleoptratus.

Ils ne volent pas mais ils courent vite

Les Issus ne volent pas, ils courent… Effectivement, j’ai du faire plusieurs fois le tour de ce platane pour arriver à photographier cet insecte qui avait la bougeotte. Les Issus se nourrissent de la sève de diverses espèces d’arbres et d’arbustes à l’aide de leur rostre, comme le font les cigales. Stridulent-ils ? Rien n’est moins sûr. En tout cas rien d’audible pour l’oreille humaine, sinon on le saurait. Car l’insecte, s’il est discret, est somme toute assez largement répandu.

Une larve aux capacités étonnantes

On repère mieux sur les arbustes sa larve affublée d’un drôle de pinceau au derrière. C’est une championne de saut toutes catégories ! Retrouvez notre article qui livre l’étonnant secret des performances sportives de la larve d’Issus coleoptratus.

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Flash spécial : les bébés cygnes sont sortis du nid !

Ils sont la nouvelle coqueluche du parc François-Miterrand à Cergy, les cinq bébés cygnes qui sont sortis de leur nid !

Bébés cygnes dans les pâquerettes – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
Détente en familles au parc François-Mitterrand à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez nos articles sur les bébés cygnes

Au fait, comment doit-on les nommer : cygneaux, cygnons, cygnets ? … ou signetons ? Ne restez pas dans une angoissante incertitude : le Guichet du savoir, un service gratuit de la Bibliothèque municipale de Lyon, nous éclaire doctement sur le sujet.

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A quand les bébés cygnes ?

Clôture de protection du couple de cygnes © CACP – Gilles Carcassès

Les jardiniers de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise ont installé quelques mètres de ganivelle au parc François-Mitterrand à Cergy. Chacun chez soi, et la situation sera plus sereine : le cygne sur son nid et les gamins sur la pelouse, à distance raisonnable.

Cygne au nid © CACP – Gilles Carcassès

De temps en temps, le cygne inspecte et rassemble ses gros œufs bleutés. On dirait qu’il y en a trois.

Héron – parc François-Mitterrand à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Comme s’il était jaloux d’une telle notoriété, le héron cendré est venu faire sa vedette au parc.

L'actualité des jardins

Ca y est, c’est le printemps

Au pied de l’immeuble où je travaille refleurissent chaque printemps les gros buissons épineux de cognassier du Japon. A ses fleurs écarlates succéderont à l’automne des fruits jaunes semblables à de petites pommes un peu allongées et au parfum puissant. En mélange avec des pommes, j’en fait une très bonne gelée.

Chaenomeles speciosa, le cognassier du Japon – au Verger à Cergy © CACP – Gilles Carcassès
Vinca minor, la petite pervenche © CACP – Gilles Carcassès

La petite pervenche s’étale en un tapis dense et fleurit abondamment. C’est une forestière mais elle n’est pas difficile et prospère dans les jardins dans toutes sortes de conditions de sol et d’exposition. Dans les bois en zone urbaine, il est bien difficile de savoir si  elle est spontanée ou échappée des jardins où elle souvent cultivée.

Viola odorata, la violette – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Au pied des robiniers bordant le boulevard de l’Oise, fleurit la violette au parfum délicat.

Quand ces trois-là sont en fleurs, alors je sais que le printemps est là.