L'actualité de la Nature

Squatteur de salle de bains

Nezara viridula forme torquata © CACP – Gilles Carcassès

Cette punaise a réussi à pénétrer chez moi. Ses intentions sont claires : dormir au chaud tout l’hiver et attendre le printemps pour retourner au jardin. Cette fois-ci ce n’est pas la célèbre punaise américaine des pins, bien connue pour se comporter de la sorte. Il s’agit d’une espèce devenue très commune dans nos jardins, Nezara viridula, l’une des punaises vertes.

Nezara © CACP – Gilles Carcassès

Vous ne la trouvez pas vraiment verte, n’est-ce pas ?  C’est qu’en hiver, cette punaise change de couleur, de verte elle passe à brune. Et ce museau bicolore et ces épaules claires ? C’est une variation individuelle. Pour ces individus présentant ce pattern particulier, on parle de la forme torquata. Et les trois points clairs alignés en travers du dos ? C’est à ce détail que l’on reconnaît l’espèce.

Je l’ai délicatement remise dehors, elle n’a qu’à aller sonner chez les poules.

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Leptoglossus

On la voit partout en ce début d’hiver ! Cette espèce invasive cherche à se mettre au chaud et rentre souvent dans les maisons.

Leptoglossus occidentalis © CACP – Gilles Carcassès

Cette punaise américaine des pins vient de se poser sur le seuil de la porte-fenêtre de mon salon. D’où vient-elle ? Les premiers pins, dans un espace vert du quartier, sont à plus de 100 mètres de là. Serait-ce la réputation d’une bonne maison qui l’aurait attirée jusque chez moi ?

L’espèce est inoffensive, mais je ne lui ai pas ouvert, je l’ai laissée discuter avec mes poules qui sont arrivées, intéressées par ma découverte. Après tout, il y a de la place au poulailler pour hiverner…

Retrouvez une autre espèce de punaise qui rentre dans les habitations :

La punaise diabolique

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2018 : les petits nouveaux

A Cergy-Pontoise, 2018 aura été une bonne année pour les observations d’insectes rares ou remarquables ! Voici le résumé de nos découvertes :

Premières observations pour l’Ile-de-France

Larve d’Aproceros leucopoda © CACP – Gilles Carcassès

Aproceros leucopoda est un hyménoptère symphyte invasif d’origine asiatique. Il nous arrive de Belgique. Nous avons observé ce nouveau ravageur de l’orme au bord de l’Oise à Vauréal en juin 2018.

Une galle de Rhopalomyia tanaceticola  sur une fleur de tanaisie © CACP – Gilles Carcassès

Rhopalomyia tanaceticola est une cécidomyie dont les larves se développent dans des galles sur les fleurs de tanaisie. Nous avons noté la présence de cet insecte dans le potager de la Ferme d’Ecancourt à Jouy-le-Moutier en juillet 2018.

En fait cette rareté n’en est pas vraiment une, il s’agit plutôt d’une espèce qui n’intéresse pas grand monde. Elle n’a aucun impact économique connu, et comme toutes les espèces qui n’ont pas fait l’objet d’études, elle ne peut pas servir pas d’indicateurs de la qualité des milieux. Alors à quoi bon l’observer ? Il faut reconnaître aussi que pour illustrer des atlas ou des études de biodiversité, les jolis oiseaux, libellules et papillons sont bien plus vendeurs que les moucherons !

Rhopalomya tanaceticola adulte au creux de ma main © CACP – Gilles Carcasses

J’avais conservé certaines de ces galles dans un bocal et quelques semaines plus tard des adultes en sont sortis. Ils n’ont pas réussi à se dégager complètement de leur pupe. Peut-être que l’atmosphère de mon élevage était trop sèche… On voit sur cette photo que ce minuscule insecte est bien un diptère, on distingue l’un des balanciers (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Premières données pour le Val d’Oise

Saperda perforata, la saperde perforée © CACP – Gilles Carcassès

Saperda perforata est un longicorne dont les larves consomment le bois mort des peupliers. Nous l’avons observé au parc de Grouchy à Osny en mai 2018.

Stephanitis takeyai , le tigre de l’andromède © CACP – Gilles Carcassès

Stephanitis takeyai est un ravageur asiatique invasif qui s’attaque aux Pieris. C’est un organisme suivi par la Fredon Ile-de-France. Nous l’avons découvert dans le patio de nos bureaux à Cergy.

Il faut ajouter à ce tableau de chasse un syrphe rare qui ressemble à s’y méprendre à certaines espèces de guêpes :

Sphiximorpha subsellis © CACP – Gilles Carcassès

Sphiximorpha subsesilis pond dans les suintements des vieux arbres pourris, dans les zones humides. Nous avons eu la chance de tomber dessus. Ce diptère a été observé dans le parc du château de Marcouville à Pontoise en mai 2018.

Retrouvez plus d’informations sur ces espèces dans nos reportages :

La tenthrède zigzag de l’orme

La galle des fleurs de tanaisie

La saperde perforée

Le tigre du Pieris

Fausse guêpe

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Saurez-vous reconnaître la punaise diabolique ?

Une grosse punaise grise ? D’habitude j’identifie celle-ci : Rhaphigaster nebulosa, la punaise nébuleuse, très commune dans les jardins.

Rhaphigaster nebulosa, la punaise nébuleuse © CACP – Gilles Carcassès

Mais cette fois-ci, c’est autre chose…

Halyomorpha halys, la punaise diabolique © CACP – Gilles Carcassès

Elle est plus sombre et surtout les taches blanches des antennes sont disposées différemment.

Détail des antennes : en haut Halyomorpha halys, en bas Rhaphigaster nebulosa © CACP – Gilles Carcassès

Il s’agit de la tristement célèbre punaise diabolique ! Je savais qu’elle était à Paris depuis 2015. Elle est manifestement sortie de la capitale puisqu’elle a été observée le 17 octobre 2018 à Villejuif et le même jour à Rosny-sous-bois. Et j’ai observé cet individu le lendemain devant la Maison de la Nature de Rueil-Malmaison.

Cette punaise d’origine asiatique a envahi les Etats-Unis au début des années 2000, y causant des dégâts considérables aux vergers de pommiers, pêchers, agrumes, et aussi aux vignobles, au maïs, au soja, et aux cultures maraichères. Elle peut aussi compromettre les récoltes de noisettes. En Europe, l’envahisseur est sous surveillance, pour l’instant il ne cause pas de dégâts significatifs en grandes cultures, mais le risque est important, d’après un rapport de l’ANSES de 2014.

Cette espèce, comme la punaise américaine du pin, cherche pour passer l’hiver un endroit où se mettre au chaud. C’est pourquoi il peut lui arriver de rentrer dans les maisons. En cas de pullulation de cette punaise, les habitants peuvent être tentés de traiter leur domicile avec des doses massives d’insecticide, ce qui serait très néfaste pour leur santé ! L’insecte en revanche est inoffensif pour l’homme et les animaux domestiques. Si l’on veut les chasser de la maison, il faut utiliser des moyens non toxiques, l’aspirateur par exemple et penser à fermer les fenêtres.

La punaise asiatique est arrivée en France en 2012, plus précisément à Strasbourg. Depuis, elle a été signalée dans une bonne dizaine de départements.

Sources :

Rentrée 2018 très invasive pour la punaise diabolique, par Romain Garrouste (MnHn) – 12 octobre 2018

Punaise diabolique, par Ephytia (INRA)

Retrouvez les portraits d’autres punaises dans ces articles :

La fausse fourmi

Sur l’épiaire

Palomena et Nezara

Qui a peur des gendarmes

La miride du chêne

Grosse manif

Les punaises du chou

La punaise de l’aubépine

Six punaises en rouge et noir

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

La cicadelle pruineuse

Nous sommes cernés !

Présente dans les régions les plus chaudes de la moitié sud de la France, la cicadelle pruineuse, d’origine américaine, a été signalée en 2014 à Nanterre, en 2016 à Paris au jardin du Luxembourg et en 2017 dans le bois de Boulogne. Je viens de l’observer à Joinville-le-Pont, à deux pas de l’école Du Breuil.

Metcalfa pruinosa, la cicadelle pruineuse sur un robinier – Joinville-le-Pont © CACP – Gilles Carcassès

Cette cicadelle est capable de se nourrir de la sève de très nombreux végétaux. Dans le petit bois à la sortie du RER que traversent tous les jours les étudiants de l’école Du Breuil, elle est en grand nombre sur les robiniers, la clématite sauvage et l’ortie dioïque. Bonne nouvelle, elle est aussi sur l’ailante, un arbre invasif qui pose par endroits de sérieux problèmes !

Cicadelle pruineuse sur Clematis vitalba © CACP – Gilles Carcassès
Cicadelle pruineuse sur une tige d’ortie © CACP – Gilles Carcassès

Metcalfa pruinosa est un ravageur important des arbres fruitiers. Il les affaiblit considérablement au point de compromettre la production, lorsque ses populations sont très nombreuses. Heureusement, un parasitoïde américain introduit dans les régions infestées régule efficacement ces pullulations : Neodryinus typhlocybae pond dans les larves de la cicadelle pruineuse.

Retrouvez notre article sur l’arrivée de la cicadelle pruineuse au jardin du Luxembourg :

La cicadelle pruineuse est en Ile-de-France !

Une autre cicadelle venue du continent américain :

La cicadelle qui n’existait pas !

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Le tigre du Pieris

Stephanitis takeyai, le tigre du Pieris – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Chétifs et décolorés, ils font grise mine les Pieris du patio du Verger, au pied de l’immeuble où je travaille. Les coupables se cachent au revers des feuilles : ce sont des tigres. Certes, de tout petits tigres, mais de terribles ravageurs ! Stephanitis takeyai nous vient du Japon, cet hémiptère de la famille des Tingidae serait arrivé aux Pays-Bas en 1994 et en Grande-Bretagne en 1995. En France, il a d’abord été repéré en 2005 en Vendée puis en Bretagne. Depuis 2014, il sévit aussi en en Ile-de-France. Je l’ai vu sur des Pieris dans des massifs de plantes de terre de bruyère à Créteil, à Cergy, à Rueil-Malmaison.

Les punaises prédatrices et les chrysopes peuvent limiter les populations de cet insecte, mais il est prolifique et capable d’enchaîner plusieurs générations dans l’année.

Stephanitis takeyai © CACP – Gilles Carcassès

Ses ailes au motif en dentelle et doublement barrées de noir miroitent au soleil. Elles sont peu fonctionnelles, aussi l’insecte est peu mobile et on retrouvera d’année en année ses générations successives sur les mêmes plantes dont il suce la sève.

Corythucha ciliata, le tigre du platane © CACP – Gilles Carcassès

Corythucha ciliata est une autre tigre, inféodé au platane. Ce sont ses attaques qui provoquent la décoloration du feuillage de cet arbre en été. Originaire d’Amérique du Nord, le tigre du platane est présent en France depuis 1975.

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La fausse fourmi

Elle trompe bien son monde, celle-là !

Drôle de fourmi, vue au Verger à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Une petite fourmi court en tous sens sur mon bras, sur ma main et sur mes doigts. Mais, petite fourmi, tu as de bien grandes antennes ! Montre moi un peu ton museau !

Himacerus mirmicoides – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Ah ! C’est bien ce que je pensais, tu n’es pas une fourmi ! Les fourmis n’ont pas un tel rostre. Tu es une larve de punaise : Himacerus mirmicoides, je t’ai reconnue !

A quoi cela peut-il bien servir à une larve de punaise de ressembler à une fourmi ? Peut-être à échapper à des prédateurs qui n’apprécient pas le goût des fourmis, ou alors à approcher des proies qui ne se méfient pas d’un insecte à l’apparence de fourmi…

Un auxiliaire pour le jardinier

Les nabides-fourmis sont des auxiliaires de jardin efficaces, ils consomment toutes sortes de petits insectes ainsi que leurs œufs.

L’espèce est commune, y compris dans Paris, mais son déguisement fonctionne bien : elle passe souvent inaperçue.

Source :

Himacerus mirmicoides, par Le jardin de Lucie

Retrouvez d’autres articles sur les punaises :

Les punaises du chou

La punaise de l’aubépine

Six punaises en rouge et noir

L'actualité de la Nature

La cicadelle qui n’existait pas

Cicadella viridis, la cicadelle verte, sur une feuille d’ortie – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

Les cicadelles vertes mâles sont bleues !

Dans la prairie humide de la ferme d’Ecancourt, les cicadelles vertes sautent et s’envolent à notre approche. Certaines sont d’un beau bleu comme celle ci-dessus, ce sont les mâles. Les femelles sont d’un vert amande. Cette espèce est assez commune dans toutes les régions de France, elle se nourrit de la sève des plantes, et pond ses œufs dans les jeunes rameaux des arbustes.

Cicadelle inconnue ?

En vacances cet été dans le Lot, j’ai cherché les cicadelles au bord d’un ruisseau. En voilà une joliment colorée ! Zone humide + coloration bleu-vert = Cicadella viridis, me dis-je… Mais celle-ci est bizarre, il lui manque les taches noires caractéristiques sur les yeux et le dessus de la tête. Elle est plus trapue, et plein de petits détails anatomiques ne collent pas. A l’évidence c’est une autre espèce, mais laquelle ? Il m’a fallu l’aide de spécialistes pour comprendre : cette cicadelle n’existe pas !

Jikradia olitoria, vue dans le Lot © CACP – Gilles Carcassès

Ce serait Jikradia olitoria, une espèce commune au Canada et aux Etats-Unis, connue pour être vecteur d’une maladie virale du fraisier. Elle a déjà été vue en Italie, en 2014 et une autre fois en Dordogne, en 2016. L’espèce n’est pas encore répertoriée dans la base de données nationale de l’INPN. Ses origines sans doute ne lui font pas craindre le froid ; aussi est-elle peut-être déjà en Ile-de-France, cachée dans les troupeaux de cicadelles vertes ? Chasseurs de cicadelles, à vos filets fauchoirs !

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A la mare de la Maison des russes

Dans le parc de la Maison des russes à Eragny-sur-Oise, une mare a été créée il y a deux ans, avec l’aide de la ville.

La mare de la Maison des russes à Eragny © CACP – Gilles Carcassès

J’ai été invité récemment à venir apprécier la biodiversité de cet endroit. Et j’y ai trouvé des habitants intéressants ! En voici quatre :

Planorbarius corneus – Eragny © CACP – Gilles Carcassès

Des planorbes de toutes tailles ont colonisé l’endroit. Ces mollusques sont peut-être arrivés en même temps que les plantes aquatiques qui y ont été installées.

Larve de salamandre – Eragny © CACP – Gilles Carcassès

Les salamandres sont venues mettre bas dans cette mare : ça, c’est un beau succès ! Cela vaudrait le coup de surveiller l’arrivée des femelles adultes, à la sortie de l’hiver, lorsqu’elles viennent dans l’eau pour donner naissance à leurs petites larves. On reconnaît la larve de la salamandre à la tache claire qui marque ses hanches postérieures.

Lemna trisulca – Eragny © CACP – Gilles Carcassès

Voici une lentille d’eau atypique. Elle dessine des couronnes ! Lemna trisulca forme des tapis ramifiés qui flottent sous la surface. Aussi est-elle peu visible : on la découvre lorsque l’épuisette la sort de l’eau. Elle serait plus sensible à la pollution que les autres lentilles d’eau. Encore un bon point pour cette mare !

Corixidae (corise) – Eragny © CACP – Gilles Carcassès

Contrairement aux notonectes qui nagent sur le dos, les corises nagent sur le ventre. Chez les corises, les pattes postérieures frangées sont utilisées comme des rames ; les longues pattes médianes sont munies de griffres dont la fonction est d’arrimer l’insecte sur le fond. Quant aux antérieures, plus courtes, elles servent à l’alimentation. Ces punaises aquatiques n’ont pas de rostre piqueur, elles consomment des algues filamenteuses, des débris de végétaux aquatiques, des vers, des larves de moustiques…

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Des petites bêtes sur mes noisettes – la suite

Voici d’autres petites bêtes observées sur les fruits de mon noisetier pourpre.

Larve de gendarme © CACP – Gilles Carcassès

Celle-ci est une larve de gendarme. Les gendarmes, Pyrrhocoris apterus, affectionnent surtout les fruits des tilleuls et des mauves.

Bruche © CACP – Gilles Carcassès

Ce coléoptère rondouillard est une bruche, probablement de l’espèce Bruchus affinis. Ses larves consomment les graines des gesses à larges feuilles qui poussent au pied de mon noisetier.

Larve de chrysope © CACP – Gilles Carcassès

Un terrible prédateur inspecte tous les recoins à la recherche de pucerons : c’est la larve d’un chrysope. Avec ses mandibules en crochets, il est bien armé pour la chasse !

Retrouvez nos articles :

Qui a peur des gendarmes ?

Une histoire de bruche

La vie de la chrysope

Des petites bêtes sur mes noisettes (épisode 1)