L'actualité de la Nature

Une mante au Grand centre ?

Rue de la gare à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Les services de l’agglomération ont installé ces plantes grimpantes rue de la gare, créant un petit oasis de verdure fréquenté par de nombreux insectes et des araignées.

Sous la grille de ventilation © CACP – Gilles Carcassès

Ma curiosité m’a fait lever le nez vers les grilles de ventilation de l’immeuble de la CAF qui est juste au-dessus sur la dalle. Qu’est-ce que c’est que cet amas étrange collé sur le métal ?

Oothèque de mante religieuse © CACP – Gilles Carcassès

Avec le zoom de mon appareil photo, je peux détailler la chose : c’est une oothèque de mante religieuse ! Une femelle a déposé 200 à 300 œufs dans une gangue qui en séchant devient cette structure protectrice alvéolée.

Mantis religiosa, la mante religieuse – Menucourt © Gilles Carcassès

J’ai cherché la mante dans les feuillages, mais je ne l’ai pas trouvée. Apparemment, l’espèce n’est pas rare dans le secteur, on m’en a à plusieurs reprises rapporté la découverte dans des résidences de Cergy et de Pontoise. Il lui faut tout de même de la végétation pour s’installer car c’est une prédatrice d’insectes, notamment de sauterelles et de papillons.

Si l’oothèque ne fait pas le régal des oiseaux, et si des parasitoïdes n’ont pas pondu dedans, peut-être assisterons-nous en juin prochain à la naissance de jeunes mantes ?

Retrouvez notre article :

Une mante religieuse à Menucourt

Sources :

La mante religieuse – Jardiner Autrement

La mante religieuse, par André Lequet

L'actualité de la Nature

Robert-le-Diable

Un papillon très facile à reconnaître

Polygonia c-album, le Robert-le-Diable © CACP – Gilles Carcassès

Le Robert-le-Diable est un papillon commun facile à observer en lisière forestière. La forme découpée des ailes est tout à fait caractéristique.

Robert-le-Diable © CACP – Gilles Carcassès

Mais pourquoi Robert-le-Diable ?

Peut-être ce papillon évoque-t-il par son aspect les flammes de l’enfer ? Ou bien le profil de la tête d’un Robert historique ? Bien malin celui qui connaît la véritable origine de ce nom !

Polygonia c-album – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Le revers de son aile postérieure est marqué en blanc de la lettre c, d’où son nom d’espèce en latin « c-album ».

La chenille du Robert-le-Diable sur l’ortie dioïque © CACP – Gilles Carcassès

Et sa chenille ?

La chenille du Robert-le-Diable est tout aussi caractéristique que le papillon : elle est marquée d’une grande tache blanche sur le dos. Sa plante-hôte préférée est l’ortie, mais on la rencontre aussi sur le houblon et sur les feuilles de ligneux comme le noisetier, l’orme ou les saules.

Ce papillon hiberne à l’état adulte et on peut le rencontrer dès les premières belles journées de mars. Il a deux générations par an. En automne, on peut voir la deuxième génération se préparer à l’hivernage en se gorgeant de sucre sur les fruits tombés au sol dans les vergers.

Retrouvez un autre article sur ce papillon :

Bouh, fais moi peur !

Sources :

Polygonia c-album dans l’Atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France

Le Robert-le-Diable par André Lequet

L'actualité de la Nature

La coccinelle à 16 points

Tytthaspis sedecimpunctata, la coccinelle à seize points – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

Encore une espèce de coccinelle à ajouter à ma collection (de photos) !

C’est la coccinelle à seize points, soit huit par élytre, dont quatre fusionnés près du bord externe. Elle est facile à reconnaître avec sa grosse ligne noire à la jonction des deux élytres. Celle-ci avait un fond couleur ivoire, mais il est souvent jaune ou beige rosé. Cette coccinelle n’est pas spécialisée dans la chasse aux pucerons, elle se nourrit principalement de nectar et de pollen, ainsi que de spores de moisissures qui poussent à la surface des feuilles ou au sol. A l’occasion, elle peut consommer aussi des thrips, des acariens et des pucerons. Elle est commune et présente un peu partout en France, mais sa petite taille la rend discrète.

Un rond-point géré en pâturage à Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

Cette coccinelle broutait les étamines d’une fleur d’alysson blanc dans les espaces verts du rond-point de la Croix Saint-Jacques, ceux-là même qui sont maintenant gérés en pâturage avec les brebis de la Ferme d’Ecancourt.

Source :

Tytthaspis sedecimpunctata, une toute petite coccinelle, par Le jardin de Lucie

Retrouvez dans cet article une autre coccinelle à seize points :

Les coccinelles à points blancs

L'actualité de la Nature

L’argus bleu-nacré

Lysandra coridon mâle – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

En excursion sur les coteaux crayeux de La Roche-Guyon, j’ai rencontré ce charmant azuré. La présence de petits traits noirs dans la bordure blanche des ailes et sa teinte bleu pâle m’orientent vers Lysandra coridon, l’argus bleu nacré, un Lycaenidae souvent abondant sur les pelouses sèches des coteaux calcaires. L’excellent site Lepi’Net m’indique que sa plante hôte est l’hippocrépide, une Fabacae typique de ces milieux.

Couple de Lysandra coridon © CACP – Gilles Carcassès

Un peu plus loin, j’ai trouvé le couple. La femelle est celle qui a le gros abdomen, bien rempli d’œufs.

Comme chez d’autres espèces de Lycaenidae, les chenilles sont soignées et protégées par les fourmis en échange de miellat.

Retrouvez dans nos articles d’autres Lycaenidae :

Collier de corail

L’azuré de la luzerne

Le brun du pelargonium

L’azuré porte-queue

L’azuré des nerpruns

Sources :

Une clé des Lycaenidae de Champagne-Ardennes, par R. Leconte, M. et V. Baudraz

Relation entre forumis et plusieurs lycènes en France, par T. Lafranchis et P. Kan

L'actualité de la Nature

La ponte du Flambé

Bravo à Thierry qui a trouvé la bonne réponse à la photo mystère de septembre 2018. C’était bien un œuf de papillon ! La plante-hôte donne une bonne indication sur l’espèce : quelle chenille consomme le cerisier de Sainte-Lucie (et aussi le prunellier et l’aubépine) ? C’est celle du Flambé !

L’œuf du Flambé (Iphiclides podalirius) sur une feuille de Prunus mahaleb © CACP – Gilles Carcassès

Le Flambé butine les fleurs de la prairie : cirses, trèfles, luzernes, lotiers, origan, scabieuses… Au jardin, il vient souvent sur les lavandes et les buddleias.

Flambé – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

J’ai trouvé un autre œuf de Flambé sur le même arbre, mais, trop tard, il est vide (cliquez sur l’image ci-dessous pour l’agrandir) ! Peut-être que la chenille est déjà sortie ? Ou bien faut-il voir là la trace du passage d’un parasitoïde ou d’un prédateur ?

Un œuf de Flambé ouvert © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez notre article :

Un papillon protégé observé au parc du château de Grouchy

Source :

Le Flambé par André Lequet

L'actualité de la Nature

Un frelon équilibriste

En prospection dans l’espace naturel des Noirs marais à Osny, j’ai repéré un gros hyménoptère figé dans une posture inhabituelle. Était-il victime d’une araignée ?

Frelon européen – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Vu la taille, c’est un frelon. Et l’extrémité des pattes n’est pas jaune : il s’agit d’un frelon européen, et pas d’un frelon asiatique. Mais que fait-il ainsi immobile, suspendu par une patte à une fleur de berce commune ?

Vespa crabro – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Ce frelon a capturé une guêpe et s’est posé avec sa proie. J’ai déjà observé à plusieurs reprises un frelon européen suspendu par une patte, affairé sur une proie, mais c’est la première fois que j’arrive à photographier la scène.

Mais mange-t-il cette guêpe ou bien la prépare-t-il pour emmener le meilleur morceau (le thorax riche en muscles) au couvain dans son nid ?

L’abdomen d’une guêpe abandonné par un frelon © CACP – Gilles Carcassès

A quelques mètres de là, je trouve un indice : l’abdomen d’une guêpe abandonné sous une fleur de berce.

Pomme rongée par les frelons – verger, Avignon © CACP – Gilles Carcassès

Les spécialistes des frelons disent que les frelons adultes ont une alimentation essentiellement riche en sucres, qu’ils trouvent dans la sève des arbres blessés, le nectar des fleurs, le miellat des pucerons et en fin d’été les fruits mûrs.

Les proies capturées seraient majoritairement destinées aux larves. Le frelon européen chasse de gros insectes : des mouches, des chenilles (proies faciles !), des guêpes, des papillons, parfois des abeilles.

Retrouvez nos articles sur le frelon européen :

La reine des frelons

Papier mâché ?

L'actualité de la Nature

La coccinelle des roseaux

Le parc du Peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy est-il bien le paradis des insectes ? Je suis allé le vérifier avec pour challenge d’y trouver en deux heures au moins une espèce que je connaissais pas.

Bord de mare au parc du Peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy © CACP – Gilles Carcassès

Les abords de cette mare me paraissent foisonnants de vie et propices à de belles observations…

Coccinelle des roseaux – par du Peuple de l’herbe © CACP – Gilles Carcassès

Bingo ! Cette coccinelle s’ajoute à mon tableau de chasse (photographique, s’entend) ! Avec celle-ci, je connais désormais 20 espèces sur les 126 que compte la faune de France, dans cette riche famille des Coccinellidae. Il me reste encore beaucoup d’espèces à découvrir !

Anisosticta novemdecimpunctata, la coccinelle des roseaux © CACP – Gilles Carcassès

La coccinelle des roseaux est une spécialiste des zones humides. On peut la rencontrer sur les roseaux et les massettes où pullulent fréquemment les pucerons. Cette carnassière consomme aussi un peu de pollen et peut-être des champignons qui poussent à la surface des feuilles.

Anisosticta novemdecimpunctata © CACP – Gilles Carcassès

Anisosticta novemdecimpunctata existe aussi en rouge et en orange, mais la forme et la disposition particulière de ses taches noires varient peu et permettent aisément son identification. 19 points : ce sont ceux des élytres qui comptent, 9 de chaque côté plus 1 à cheval sur la suture à l’avant des élytres.

Source :

Une clé de détermination des coccinelles, par le groupe coccinelles Nord-Pas de Calais

Retrouvez sur le blog :

Tous les articles sur les coccinelles

 

L'actualité de la Nature

Petite ou grande tortue ?

Ces deux papillons se ressemblent beaucoup !

Pour ne plus les confondre, il suffit de retenir le détail qui les différencie facilement :

Les deux tortues (famille des Nymphalidae) © CACP – Gilles Carcassès

Notons aussi que la grande tortue, comme son nom le laisse deviner, est plus grande que la petite tortue. Cette dernière a aussi des couleurs plus vives.

Des deux espèces, la grande tortue est la moins observée en Ile-de-France.

Nymphalis polychloros, la grande tortue © CACP – Gilles Carcassès

Les chenilles de la grande tortue consomment des feuilles d’arbres : saules, bouleaux, ormes, peupliers, cerisiers…

Aglais urticae, la petite tortue – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Les chenilles de la petite tortue consomment des orties.

Retrouvez nos articles :

La petite tortue

Le déclin des papillons de jour

Reconnaître les chenilles sur l’ortie

Sources :

Aglais urticae, par l’Atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France

Nympahlis polychloros, par l’Atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France

L'actualité de la Nature

A la mare forestière de Boisemont

Mare forestière – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Ça et là, dans les bois de Boisemont, des mares permanentes font le bonheur de toute une faune aquatique, et des naturalistes. A en croire l’eau troublée, les sangliers aussi apprécient l’endroit. C’est dans cette mare que nous avions observé un impressionnant rassemblement de grenouilles rousses à la saison des amours.

Tentative de récupération d’exuvies d’odonates fixées sur des feuilles de massettes © CACP – Gilles Carcassès

Ces grandes exuvies d’Aeshnidae sont peut-être celles de l’anax empereur, ou de l’aeschne bleue. L’étude des exuvies est importante dans les techniques d’inventaire, car elles constituent des preuves de reproduction des espèces. En effet, les adultes observés près des mares ne sont pas forcément d’origine locale, certaines espèces étant de grandes migratrices.

Sympetrum sanguineum – Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Voici un Sympetrum sanguin mâle. On le différencie des autres espèces rouges à ses pattes uniformément noires et à la forme de son abdomen.

Utricularia sp. © CACP – Gilles Carcassès

Les fleurs jaunes qui dépassent de l’eau trahissent la présence des utriculaires, ces plantes carnivores aquatiques. Leurs fines feuilles portent de petites urnes capables d’aspirer les animaux qui s’aventurent à proximité et de les digérer. Non, les sangliers n’ont rien à craindre, elles ne capturent que des proies de moins d’un millimètre comme des daphnies.

Elophila nymphaeata –  Boisemont © CACP – Gilles Carcassès

Au revers d’une feuille de chêne, se cache cet élégant papillon de nuit, typique des abords de mares. C’est l’hydrocampe du potamot, Elophila nymphaeata. Les chenilles de ce Crambidae sont aquatiques, elles vivent dans un fourreau qu’elles confectionnent avec un morceau de feuille de potamot ou de nénuphar. Elles passent l’hiver au fond de l’eau.

L'actualité de la Nature

Cerceris rybyensis, prédateur d’abeilles sauvages

Au parc des Noirs marais à Osny

Serait-ce une guêpe qui butine ainsi les fleurs de l’angélique des bois ?

Sur une ombelle d’angélique des bois – parc des Noirs marais à Osny © CACP – Gilles Carcassès

M’approchant, je constate que ce n’est pas une guêpe

Cet abdomen à l’aspect boudiné est typique des Cerceris, dans la famille des Crabronidae. Celui-ci avec du noir sur la base de ses pattes et ses antennes noires, c’est Cerceris rybyensis, l’une des espèces les plus communes du genre. On voit butiner cette belle espèce sur la carotte sauvage, la berce commune et d’autres Apiaceae, l’achillée mille-feuille, le souci, le chardon des champs…

Cerceris rybyensis – Osny © CACP – Gilles Carcassès

La femelle de cet hyménoptère solitaire creuse un terrier au sol et y entrepose des proies paralysées comme nourriture pour ses larves. Elle est sélective pour le choix de ses proies : elle ne capture que des abeilles sauvages de la famille des Halictidae.

A quoi cela ressemble, un Halictidae ?

Halictus scabiosae © CACP – Gilles Carcassès

Sur une fleur d’Helichrysum barcteatum (immortelle) dans un jardin, voici Halictus scabiosae. Cet Halictidae commun est facile à observer sur les fleurs des Asteraceae. Ici c’est un mâle : ses pattes ne sont pas équipées de brosses pour la collecte du pollen destiné aux larves. C’est Madame qui fait les courses.

Retrouvez un autre article sur les Cerceris :

Cerceris, grands chasseurs