L'actualité de la Nature

Quelques insectes du Fond de Vaux

Je connaissais le fond de veau, cette préparation culinaire à la base de tant de savoureuses recettes de la cuisine bourgeoise. Le Fond de Vaux, c’est autre chose, un lieu-dit de Saint-Ouen l’Aumône, près de Vaux, hameau de Méry-sur-Oise. On y trouve de belles friches caillouteuses entretenues par des armées de lapins. Voici quelques-uns des insectes que nous y avons rencontrés :

Vanessa atalanta – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

Le vulcain était bien trop occupé à butiner les fleurs des aubépines pour se méfier du photographe.

Diaphora mendica – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

De la famille des Erebidae, l’écaille mendiante nous montre sa robe soyeuse et son collier de fourrure. La chenille de ce papillon de nuit très commun se nourrit de diverses plantes basses.

Adalia decempunctata – Saint-Ouen l’Aumône© CACP – Gilles Carcassès

Cette coccinelle à dix points est tout près de son repas, de tendres pucerons sans doute du genre Hyadaphis, cachés dans une feuille enroulée de chèvrefeuille des haies.

Aricia agestis – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

Le collier de corail voletait autour des érodiums et des géraniums, plantes hôtes de ses chenilles. Ici, on voit que c’est un mâle car son abdomen allongé dépasse de l’arrière des ailes.

Retrouvez nos articles :

Belles écailles

Le réveil du vulcain

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Rencontres odonatologiques

Avec la création de CETTIA il y a 3 ans (portail de saisie en ligne des données naturalistes) et la mise en place de l’atlas des libellules d’Ile-de-France début 2015, les résultats de l’année écoulée sont intéressants : 127 observateurs ont fait remonter plus de 7000 données et sur les 60 espèces d’odonates d’Ile-de-France, 57 ont été observées.

Cette carte fait état des données de terrain recueillies sur CETTIA : les utilisateurs sont peu nombreux dans le Nord-Ouest de l’Ile-de-France.

L’après-midi, une grande partie du groupe s’est attelée à la détermination d’exuvies (mues rigides laissées par les larves lors de leur transformation en adultes). Ce fut l’occasion pour moi de déterminer enfin les petits squelettes récoltés en Août 2014 au bord du bassin du parc François-Mitterrand à Cergy.

détermination à la loupe binoculaire des exuvies précautionneusement conservées depuis 2 ans © Marion Poiret
Détermination à la loupe binoculaire des exuvies précautionneusement conservées depuis plus d’un an dans cette petite boîte © Marion Poiret

Un masque en cuillère sans sillon apparent, de beaux yeux globuleux, des épines dorsales sur l’abdomen… Alors qui est-ce ? Après une observation détaillée, il s’agit de Sympetrum fonscolombii que nous avions déjà identifié au stade adulte le 15 Juin 2014.

La recherche d’exuvies lors des prospections de terrain est très pertinente. Ces dernières permettent non seulement d’attester de la présence certaine de l’espèce sur le site car elles sont le signe indéniable de sa reproduction, mais aussi de vérifier la fiabilité de la détermination du taxon.

Cette grosse libellule rouge postée sur un bouton floral de butome est un sympetrom foscolombii mâle. Outre, sa couleur sanguine, il est reconnaissable au dessous gris bleu de ses yeux, à ses pattes noires rayées de jaune, à la nervation rouge à la base des ailes et à son front rouge vif, au ptérostigma jaune entouré de noir, au nombre de nervures transversales antenodales, aux tâches noires présentent à la fin de son abdomen (segments 7 et 8) © Marion Poiret
Sympetrum fonscolombii mâle, posé sur une inflorescence de butome au bord du bassin du parc François-Mitterrand à Cergy © Marion Poiret

Si vous souhaitez contribuer, vous trouverez sur le site de l’observatoire des odonates franciliens un guide vidéo d’utilisation de Cettia pour saisir une donnée ainsi que des conseils de prospection (comment organiser sa journée, où chercher les exuvies).

Nos autres articles sur le sujet :

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Les plantes favorables aux insectes auxiliaires

La coccinelle Hippodamia variegata en chasse sur le fenouil © Gilles Carcassès
La coccinelle Hippodamia variegata en chasse sur le fenouil – Cergy © Gilles Carcassès

Au jardin, un certain nombre d’insectes protègent les cultures des ravageurs et certaines plantes leur sont nécessaires pour leur cycle de vie. Cultiver ces plantes au jardin est donc a priori bénéfique pour la régulation naturelle des ravageurs. Mais quelles sont ces plantes ? Les informations qui suivent sont une compilation non exhaustive à partir de comptes-rendus d’essais scientifiques et de mes observations personnelles. Je prends le risque d’être affreusement simpliste, tant les relations entre les plantes et les insectes sont complexes et variables, en vous proposant un classement en quatre catégories :

  • Les plantes qui hébergent des proies pour les larves prédatrices ou parasitoïdes

Toutes les plantes susceptibles d’être fortement attaquées par des pucerons sont potentiellement des foyers de production d’auxiliaires prédateurs ou parasitoïdes. Certaines espèces de pucerons sont inféodées à des plantes. Ainsi les pucerons spécifiques de l’ortie dioïque, du lierre, du bleuet, du compagnon blanc, de l’achillée mille-feuilles, du sureau noir ne risquent pas d’envahir vos autres plantes mais serviront de garde-manger aux auxiliaires.

On constate fréquemment la présence de coccinelles et de pontes de syrphes près des colonies de pucerons sur de très nombreuses plantes : fenouil, tanaisie, bardane, aubépine, laiteron, eupatoire, origan, cardamines, véroniques, chardons… Des momies de pucerons attaqués par des hyménoptères parasitoïdes sont souvent visibles sur les orties et sur les ronces.

Les punaises prédatrices fréquentent les orties, l’origan, la rose trémière, la potentille arbustive…

  •  Les plantes qui nourrissent les insectes auxiliaires adultes

Généralement, les insectes prédateurs ou parasitoïdes changent de régime alimentaire au cours de leur vie. Par exemple, de nombreuses espèces de coccinelles, de chrysopes, de syrphes, d’hyménoptères ou de diptères sont floricoles dans leur forme adulte : ils consomment du nectar et/ou du pollen. C’est pourquoi, il est recommandé de cultiver des plantes à fleurs variées à proximité des plantes à protéger.

Le syrphe Episyrphus balteatus se nourrit sur une vipérine © Gilles Carcassès
Ce syrphe Episyrphus balteatus se nourrit sur une vipérine – Neuville © Gilles Carcassès

Les syrphes aiment bien visiter les fleurs des soucis, potentilles arbustives, alysses, zinnias, scaevolas, bidens, luzernes, asters, caenothus, forsythias, vipérines, inules, pruniers, campanules, aegopodium

Les chrysopes consomment du pollen de chicorée, de tilleul, de campanule, de viperine, de luzerne, de bourrache, de panais

Les coccinelles butinent parfois les fleurs de fenouil et de pissenlit.

Les mouches tachinaires sont vues sur les asters, les carottes sauvages, les aegopodium

Toutes sortes d’hyménoptères dont de nombreux auxiliaires, fréquentent les fleurs des panicauts, des inules, des résédas, du panais, du persil

Un hyménoptère parasitoïde sur des fleurs de panais - Saint-Ouen l'Aumône © Gilles Carcassès
Un hyménoptère parasitoïde sur des fleurs de panais – Saint-Ouen l’Aumône © Gilles Carcassès
  • Les plantes qui servent d’abri hivernal

Le charme, le lierre, le houx offrent des abris hivernaux à de nombreuses espèces, parmi lesquelles les chrysopes.

Geranium macrorrhyzum et Erodium manescavi seraient de bons abris pour les punaises prédatrices.

  •   Les plantes nécessaires à la croissance des larves d’adultes prédateurs

Le chêne est nécessaire à la miride du chêne, punaise prédatrice dont les larves sont phytophages et inféodées à cet arbre.

Sources :

http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/aa82web_p21-22_cle8da495.pdf

http://draaf.aquitaine.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Annales_3e_Conf_ZNA_cle8ab3c9.pdf

http://www.grab.fr/wp-content/uploads/2010/09/3-dossier-punaises-pr%C3%A9datrices-lambion-mbi-2%C3%A8me-trim-2013.pdf

http://www.valhor.fr/ftp/AI-11-MF-09.pdf

http://jardinsdenoe.org/le-conseils-de-noe/sheet/les-predateurs-naturels

 

 

L'actualité de la Nature

Fête de la Nature 2015 : le reportage de nos sorties

Découvrez les images de nos sorties dans le cadre de la semaine de la fête de la Nature 2015 à Cergy-Pontoise :

A Courdimanche, un groupe de collégiens et d’écoliers nous attendait lundi 18 mai 2015 pour découvrir les habitants de la mare Bicourt. La libellule déprimée faisait son tour de mare et se précipitait sur tout mâle de son espèce qui osait s’aventurer au-dessus de son domaine. Dans le lavoir, une pêche à l’épuisette a permis d’identifier le triton palmé. Il a été placé quelques instants dans un bocal, pour que tous les enfants puissent l’observer. Animal protégé, il a retrouvé bien vite son habitat.

Triton palmé - Courdimanche © Gilles Carcassès
Triton palmé – Courdimanche © Gilles Carcassès

Mercredi 20 mai 2015, au parc du château de Menucourt, une vingtaine de visiteurs, dont certains venus de fort loin, ont pu découvrir la biodiversité de ce bel espace naturel.

Sous le gros marronnier blanc, une chasse aux insectes a permis de débusquer la mineuse des feuilles du marronnier, ravageur invasif important de cet espèce d’arbre.

Cameraria ohridella, minuscule pailloon aux ailes ornées de trois bandes argentées - Menucourt © Gilles Carcassès
Cameraria ohridella, la mineuse du marronnier, minuscule papillon aux ailes ornées de trois bandes argentées – Menucourt © Gilles Carcassès

Et pour terminer en beauté : jeudi 21 mai 2015, trois sorties en canoës neuf places sur l’étang de l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise.

Le canoë est un moyen de locomotion idéal pour observer les libellules et les oiseaux d'eau - Ile de loisirs, Cergy © Gilles Carcassès
Le canoë est un moyen de locomotion idéal pour observer les libellules et les oiseaux d’eau – Ile de loisirs, Cergy © Gilles Carcassès
Erythromma viridulum © Gilles Carcassès
Une naïade aux yeux rouges (Erythromma) – Ile de loisirs, Cergy © Gilles Carcassès

Débarqués sur l’île astronomique ou dans la zone nature de l’espace de baignade, les groupes ont pu s’initier à la botanique et observer le comportement des insectes.

Orchis pyramidal, Ile de loisirs, Cergy © Gilles Carcassès
Orchis pyramidal, Ile de loisirs, Cergy © Gilles Carcassès
Couple de Lycaenidae - Ile de loisirs, Cergy © Gilles Carcassès
Couple d’argus bleus (Polyommatus icarus) – Ile de loisirs, Cergy © Gilles Carcassès

Nous accompagnant dans la traversée de l’étang, la guifette noire et la sterne pierregarin nous ont fait de belles démonstrations d’acrobaties aériennes, et Madame cane mandarin nous a montré sa couvée.

Madame cane mandarin et ses quatre canetons dans la fraicheur du soir - Ile de loisirs, Cergy © Gilles Carcassès
Cane mandarin et ses quatre canetons dans la fraicheur du soir – Ile de loisirs, Cergy © Gilles Carcassès
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A la découverte des insectes de nos jardins

Le CAUE du Val d’Oise organise le 20 juin 2015 une matinée de formation intitulée A la découverte des insectes de nos jardins, pour vous faire découvrir la richesse entomologique des jardins et vous donner des clés de compréhension sur les interactions de ces insectes entre eux, avec les plantes, et avec les autres habitants du jardin.

Si le temps le permet, le jardin du moulin de la Couleuvre, siège du CAUE95, sera largement mis à contribution pour des observations et l’entrainement à la reconnaissance des différents ordres et des espèces communes les plus faciles à identifier.

Tachicixius venustulus, un hémiptère sur les egopodes de mon jardin. © Gilles Carcassès
Tachycixius venustulus, un drôle d’homoptère sur les égopodes de mon jardin. © Gilles Carcassès

Homoptère ? Oui, comme les pucerons, les cigales, les psylles, les aleurodes et les cicadelles… Ami ou ennemi de mon jardin ? Pas si simple. Il suce la sève de mes égopodes mais ne prolifère pas au point de les affaiblir. Mais peut-être peut-il transporter comme les cicadelles quelques virus de plantes en plantes ? En tout cas, j’ai été bien content de le rencontrer et de connaître sa famille (les Cixiidae).

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La photographie des insectes – suite

Panorpa, la "mouche scorpion" vue lors de la journée du 2 octobre 2014 © Gilles Carcassès
Panorpa, la « mouche scorpion » vue lors de la journée de formation sur la photographie des insectes le 2 octobre 2014 à Pontoise. Ici, c’est un mâle, facilement reconnaissable à son impressionnant organe copulateur © Gilles Carcassès

Le CAUE du Val d’Oise vient de mettre en ligne une petite animation sur la journée de formation du 2 octobre dernier consacrée à la photographie des insectes : http://www.caue95.org/content/gros-plan-sur-les-insectes

Les participants auront plaisir à retrouver les bons moments de cette journée coorganisée avec la cellule Biodiversité de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise. Ces images tournées au Moulin de la Couleuvre à Pontoise (le siège du CAUE95) feront découvrir à tous ceux qui ne connaissent pas ce lieu le charme d’un jardin naturel riche en biodiversité.

Le jardin de la Couleuvre à Pontoise © Gilles Carcassès
Le jardin de la Couleuvre à Pontoise © Gilles Carcassès

https://natureenvilleacergypontoise.wordpress.com/2014/10/08/la-photographie-des-insectes/

Quelques sites incontournables sur le monde des insectes :

http://aramel.free.fr/

http://www.insecte.org/

http://www.insectes.org/opie/monde-des-insectes.html

Le coup de cœur de la semaine :

http://sophielphotos.wordpress.com/2014/10/30/cache-cahce/

 

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Gros plan sur les insectes – derniers jours pour s’inscrire

Aglais io, le paon de jour © Gilles Carcassès
Aglais io, le paon de jour © Gilles Carcassès

 

Le CAUE du Val-d’Oise organise le jeudi 2 octobre 2014 toute la journée une formation sur la technique photographique et la connaissance des insectes. Un temps de chasse photo et d’observation est prévu dans le jardin de la Couleuvre.

Il ne vous reste que quelques jours pour vous inscrire en ligne ici  !

Agenda

Gros plan sur les insectes

Pénétrez dans le monde des insectes, le 2 octobre 2014, au Moulin de la Couleuvre à Pontoise. Le CAUE 95 organise une journée de formation dédiée à la macrophotographie et à la détermination des insectes avec la participation de Gérard Blondeau et de Gilles Carcassès.

Shecodes albilabris © Gilles Carcassès
Sphecodes albilabris © Gilles Carcassès

Sous l’objectif de l’appareil photo, c’est un microcosme fascinant de textures, de couleurs et de formes qui apparait et permet d’appréhender l’écosystème complexe du jardin. Lorsque l’on sait quels détails essentiels prendre en photo, celle-ci devient un excellent outil d’identification de ces petites bêtes…

Sympetrum foscolombii mâle© Marion Poiret
Dessous gris bleu de l’oeil, pattes bicolores…c’est un Sympetrum fonscolombii © Marion Poiret

La formation abordera les grands principes de la macrophoto et les astuces de prise de vue ainsi que les détails auxquels il faut s’attacher pour la détermination entomologique. Un temps de chasse aux insectes et d’observation est prévu dans le jardin avec les animateurs.

Inscrivez-vous en ligne ici et pensez à prendre votre appareil photo !

Retrouvez les images ci-dessus dans nos articles précédents :

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Des clandestins dans notre hôtel ?

A Cergy, un groupe d’employés de l’immeuble administratif du Verger jardine régulièrement sur le temps de la pause de midi dans l’espace vert public contigu. A une extrémité du jardin trône un hôtel à osmies.

un prototype particulièrement inventif de composteur compostable auto construit combiné à un hôtel à insectes en osier et tronçons de bambou
un prototype particulièrement inventif de composteur compostable auto construit combiné à un hôtel à insectes en osier et tronçons de bambou

Une surveillance rapprochée de l’hôtel à insectes a mis en évidence une curieuse occupation : certaines cavités sont obturées non avec de la terre comme on pouvait s’y attendre de la part des osmies espérées, mais avec une touffe d’herbes sèches.

deux bambous sont obturés avec de l'herbe
plusieurs bambous sont obturés avec de l’herbe

Il se pourrait bien que la responsable soit Isodontia mexicana, une jolie guêpe noire aux ailes fumées qui a débarqué d’Amérique probablement par bateau et est présente en Ile-de-France depuis moins de 10 ans, semble-t-il. Elle se nourrit de nectar et fréquente volontiers les fleurs de certaines apiacées et astéracées, comme les astrances et les panicauts. Comme toutes les espèces de mœurs solitaires, elle n’est pas agressive.

Isodontia mexicana capture des sauterelles qu'elle paralyse et stocke dans son terrier pour nourrir sa descendance.
Isodontia mexicana capture des sauterelles qu’elle paralyse et stocke dans son terrier pour nourrir sa descendance.

La plantation des fleurs préférées de la belle permettra peut-être de l’observer l’an prochain au jardin.