L'actualité de la Nature

La phalène anguleuse

Un subtil camouflage

Timandra comae, la phalène anguleuse, (les anglais disent « veine de sang ») – parc de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Quand il est au repos, ce papillon aligne ses ailes de façon à faire parfaitement coïncider la ligne rose qui barre ses ailes antérieures et postérieures, donnant ainsi l’illusion d’une ligne continue. Comme pour de nombreuses autres espèces de Geometridae, les motifs sur les ailes ont sans doute pour effet de tromper des prédateurs.  Dans la photo ci-dessus, les lignes du papillon ne sont-elles pas en rapport avec celles des herbes sèches sur lesquelles il se tient ? Même quand on l’a vu se poser, il n’est pas si aisé de le retrouver, immobile dans son environnement, malgré sa couleur claire.

Timandra comae, la phalène anguleuse, est commune dans les prairies humides. Sa chenille consomme des rumex et d’autres Polygonaceae.

Ici, c’est une femelle, car ses antennes sont fines et non largement plumeuses comme celles des mâles de son espèce.

Retrouvez d’autres articles sur les papillons Geometridae :

Fausse brindille

Le géomètre à barreau

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Méfiez-vous des faux bruns !

Crottes roses sur un pélargonium – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Belles crottes colorées

Voilà la signature d’une larve d’insecte qui mange les fleurs et perce les boutons de ce pélargonium. Et je sais qui est le coupable : c’est le brun du pélargonium ! Ce papillon venu d’Afrique du Sud sévit dans la coin depuis une dizaine d’années. Ses chenilles ne sont pas faciles à repérer car elles sont en tenue de camouflage. J’en trouverai sûrement une dans un bouquet floral.

Boutons floraux de pélargonium percés par une chenille © CACP – Gilles Carcassès

Sur un pédoncule floral, je trouve effectivement une bestiole bien mimétique.

Surprise ! Ce n’est pas la chenille du brun du pélargonium, c’est autre chose ! Mais quoi ?

Chenille de Cacyreus marshalli  © Gilles Carcassès

Une chenille de Brun du pélargonium, ça ressemble à ça : dodue, vert tendre rayée de rose, délicatement poilue. Et pas du tout de petites cornes sombres sur le dos ! Il m’a fallu l’aide de plusieurs experts pour identifier ma bête : c’est une chrysalide de Pterophoridae, probablement Amblyptilia acanthadactyla. 

Les chenilles de ce papillon mangent un peu de tout : lavande, euphraise, calament, romarin, menthe, ancolie, épiaire, germandrée, géranium, chénopode, bruyère, carline, myrtille…

Si vous voulez savoir à quoi ressemble un papillon de la famille des Pterophoridae, il y en a un dans cet article : La faune de la sente des prés à Eragny (dernière photo).

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La rosette

Miltochrista miniata – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Encore un papillon de nuit qui vole le jour ! J’ai croisé dans le parc de Grouchy à Osny ce petit rose joliment décoré sur une feuille de cirse maraîcher. Sa chenille ne consomme pas cette plante, mais les lichens qui poussent sur les troncs des chênes.

On l’appelle communément la Rosette, allez savoir pourquoi ?

Miltochrista miniata appartient à la famille des Erebidae, comme l’Ecaille marbrée récemment observée dans ce parc.

Chenilles mangeuses de lichens, de mousses et d’hépatiques par Rémi Coutin

 

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Le tabac d’Espagne

Argynnis paphia, le Tabac d’Espagne – forêt de Marly © CACP – Gilles Carcassès

Mâle et femelle sont au parfum

Un papillon orange de grande taille traverse l’allée forestière et se pose sur une feuille de châtaignier au soleil. Le zoom de l’appareil photo me montre les stries noires longitudinales et épaisses sur l’aile antérieure, typiques d’un mâle de Tabac d’Espagne. Elles sont le siège de cellules spécialisées dans l’émission de phéromones destinées à stimuler les femelles. Celles-ci, par l’extrémité de leur abdomen, émettent également des substances aphrodisiaques à destination des mâles.

Ce papillon, le plus grand du groupe des nacrés, butine volontiers les fleurs de ronces et de berces dans les clairières des forêts. La chenille, quant à elle, est spécialisée dans les violettes.

Au fait, pourquoi donc Tabac d’Espagne ?

Encore un effet du réchauffement climatique ? Pas du tout, ce nom lui fut donné au 18ème siècle par analogie avec la couleur ocre du tabac en poudre, spécialité de Séville, qui contenait un additif argileux destiné à améliorer sa texture.

Retrouvez dans ces articles les portraits d’autres papillons de jour :

L’Argus vert

Le Petit mars changeant

La Petite tortue

Le Collier de corail

Le Vulcain

Le Flambé

La Carte géographique

Le Brun du pélargonium

La Belle-dame

Le Paon de jour

L’Aurore

Source :

Clé de détermination des nacrés, mélitées et damiers de Champagne-Ardennes

Autres sources :

http://www.lavieb-aile.com/article-les-androconies-des-hesperies-influence-sur-les-noms-propres-des-thymelicini-124987094.html

http://www.lavieb-aile.com/article-zoonymie-du-papillon-le-tabac-d-espagne-argynnis-paphia-124693433.html

 

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Pyrale du buis : l’envol des papillons

Ils résistent encore à l’envahisseur

Un petit coucou aux amis des Hauts-de-France encore épargnés par la pyrale du buis. Voilà à quoi ils peuvent s’attendre !

Buis ravagé par la pyrale – Plaisir © CACP – Gilles Carcassès
Cydalima perspectalis © CACP – Gilles Carcassès

En touchant l’arbuste je fais décoller de nombreux papillons. Ce sont les adultes de la deuxième génération de l’année, la première émergeant en avril-mai.

Un papillon tout neuf mais mal en point

Celui-ci, pas très vif, se pose à hauteur de mes yeux et se laisse approcher de tout près. J’en profite pour le photographier sous tous les angles.

Un trou sur le côté © CACP – Gilles Carcassès

En fait, il est mal en point et son abdomen présente un trou sur le côté. Que s’est-il passé ? Un accident ? Une maladie ? Serait-ce le trou de sortie d’un parasite ? Si oui, ce serait plutôt une bonne nouvelle… pour les buis.

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La cucullie de la scrophulaire

Scrophularia auriculata – Poissy © CACP – Gilles Carcassès

Les scrofulaires croissent au bord des étangs et sur les rives des ruisseaux. Il en existe deux espèces en Ile-de-France, celle-ci aux tiges quadrangulaires nettement ailées est la scrofulaire à oreillettes.

Des oreilles de souris ?

Deux souris aux aguets © CACP – Gilles Carcassès

Leurs curieuses fleurs évoquent des oreilles de souris.

Cucullia scrophulariae, la cucullie de la scrophulaire © CACP – Gilles Carcassès

Une chenille d’une grande beauté

Parfois, on fait de belles rencontres sur cette plante, comme cette chenille de Cucullia scrophulariae.

Sur les scrofulaires, on rencontre aussi parfois le brèche (Cucullia verbasci) qui lui ressemble beaucoup. Pour différencier ces deux chenilles, il faut observer la forme des taches. Et la brèche a de petites stries noires verticales sur chaque segment. Elle est plus fréquente sur les molènes (Verbascum sp.)

Cuccullia verbasci sur une molène © CACP – Gilles Carcassès

« D’aussi belles chenilles donnent sans doute de magnifiques papillons ? », me demanderez-vous. Pas du tout, les cucullies sont de petits papillons de nuit gris assez insignifiants.

Retrouvez notre article :

La brèche et le bouillon blanc

 

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Le temps des chenilles…

Si les gais rossignols et les merles moqueurs ne les mangent pas avant, ces chenilles noires sur les orties feront de bien jolis papillons.

Mais il se trouve que plusieurs espèces de papillons pondent sur l’ortie et engendrent des chenilles à dominante noire. Voici comment reconnaître trois espèces communes en observant ces chenilles.

Aglais io, le Paon du jour © CACP – Gilles Carcassès

Avec de petits points blancs et de longues épines, c’est le Paon du jour (cliquez sur l’image pour mieux voir les points blancs).

Aglais urticae, la Petite tortue © Gilles Carcassès

Une double bande jaune sur le dos : c’est la Petite tortue.

Araschnia levana, la carte géographique © CACP – Gilles Carcassès

Toute en barbelé avec deux « cornes » rigolotes sur la tête, voici la Carte géographique.

Et maintenant les papillons :

Aglais io, le paon de jour – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
Aglais urticae, la Petite tortue – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
Araschnia levana, la carte géographique – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez nos articles :

Le petit monde des orties

La carte géographique

Paon, dans l’œil !

Notre exposition sur les papillons

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Belles écailles

Callimorpha dominula (l’écaille marbrée) – Osny © CACP – Gilles Carcassès

L’écaille marbrée

Ce gracieux papillon volait d’arbre en arbre dans le parc de Grouchy à Osny, laissant entrevoir ses ailes postérieures rouges. En zoomant très fort, j’ai pris cette photo qui m’a permis de le déterminer. L’écaille marbrée est une espèce protégée en Ile-de-France. Elle affectionne les boisements plutôt humides et sa chenille consomme des orties, des rumex, des ronces, des consoudes, divers arbustes. Elle n’a qu’une génération par an.

Voici sa chenille, rencontrée dans le Jura :

Chenille de Callimorpha dominula © CACP – Gilles Carcassès

Comme le papillon, elle est très colorée et contrastée.

L’écaille chinée

On peut rencontrer à Cergy-Pontoise une autre grande écaille, c’est l’écaille chinée, nettement plus commune.

Euplagia quadripunctaria vue au Verger à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

On voit souvent cette espèce butiner des fleurs de couleur mauve notamment celles des eupatoires.

Ecaille chinée sur une menthe en fleurs © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez notre article sur une autre écaille :

La goutte de sang

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La courte vie du papillon

Lymantria dispar © Sylvain Daguenet
Lymantria dispar, la chrysalide, l’adulte et la plaque de ponte © Sylvain Daguenet

Un papillon qui ne se nourrit pas

Une chenille de bombyx disparate, repue de feuilles de chênes, s’est nymphosée sur une ardoise en une ravissante chrysalide noire à touffes de poils bruns. A peine éclos, le papillon femelle a commencé à émettre des phéromones pour attirer les mâles de son espèce. Fécondée sur place, elle a pondu plusieurs centaines d’œufs dans un feutrage constitué des poils de son abdomen. Epuisée, elle va mourir, son devoir de reproduction accompli. Comme les autres espèces de la famille des Lymantriidae, ces papillons ne se nourrissent pas. Au total, ce papillon de nuit aura vécu quelques heures et parcouru à pattes dix centimètres depuis son émergence. Bien la peine d’avoir des ailes !

Le bombyx disparate, par insectes-net.fr

Retrouvez notre article sur l’Etoilée, un autre représentant de la famille des Lymantridae

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Le Petit mars changeant

Brève rencontre au parc de Grouchy

Apatura ilia, le Petit mars changeant © CACP – Gilles Carcassès

Il est descendu de la cime des arbres, a longé d’un vol rapide une allée ombragée du parc de Grouchy et s’est brièvement posé à terre pour chercher à boire. Clic-clac : deux photos réflexes, et le voilà reparti tout en haut d’un frêne.

Un bleu incroyable

Son reflet bleu métallisé est aussi spectaculaire que fugace. Il faut juste la bonne incidence pour l’apercevoir. Dés qu’il se tourne un peu ou relève les ailes, la magie disparaît. Ce reflet bleu violet est le fait d’irisations dues au microrelief des écailles qui recouvrent ses ailes. Les femelles ne présentent pas ces irisations.

Le Petit mars changeant – Osny © CACP – Gilles Carcassès

On voit que ce papillon a sorti sa trompe jaune et s’intéresse à une tache d’humidité pas plus grosse qu’une tête d’épingle, peut-être une gouttelette d’urine d’un insecte, qu’il aura repéré à l’odeur. Il n’est pas rare qu’il se pose sur la peau humaine pour en pomper la sueur.

Sur les peupliers « sauvages »

La chenille du Petit mars changeant consomme des feuilles de peupliers mais on la trouve aussi sur les saules. L’adulte se nourrit du miellat des pucerons dans les arbres. L’espèce est un bonne indicatrice de la richesse de biodiversité des boisements humides ; elle s’adapte mal aux peupleraies modernes à l’ambience trop sèche.

Un autre papillon indigène aux ailes fortement irisées