L'actualité de la Nature

Le bombyx du chêne

Lasiocampa quercus femelle © CACP – Gilles Carcassès

Un bombyx du chêne est venu un soir à la lumière de la terrasse. Je l’ai sauvé des griffes du chat, mais il en garde quelques séquelles. De couleur caramel blond avec des antennes fines, c’est une femelle.

Lasiocampus quercus mâle © CACP – Gilles Carcassès

Le mâle de cette espèce est nettement bicolore (caramel et chocolat). Ses antennes pectinées lui servent à pister les femelles : il est capable de repérer quelques molécules de phéromones sur de longues distances.

Chenille de Lasiocampa quercus rencontrée sur une feuille de viorne lantane – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

La chenille du bombyx du chêne est très poilue. Elle fréquente les chênes bien sûr, mais aussi les bruyères, les genêts, la viorne lantane, et de nombreuses autres espèces d’arbres et d’arbustes.

Source :

Le Bombyx du chêne, par André Lequet

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Mes belles nuits d’été

La chasse nocturne aux papillons : facile !

Le bombyx disparate

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Sur les feuilles des ormes

Superbe chrysomèle jaune et noire

Xanthogaleruca luteola, de la famille des Chysomelidae © CACP – Gilles Carcassès

Sur les feuilles des ormes, on rencontre souvent Xanthogaleruca luteola la galéruque de l’orme. C’est une sacrée grignoteuse !

Galéruques de l’orme qui digèrent leur repas de feuilles (Xanthogaleruca luteola) © CACP – Gilles Carcassès

Sa larve est moins élégante. C’est en retournant les feuilles qu’on peut la voir affairée à décaper méthodiquement de larges plages en ménageant les nervures et l’épiderme supérieur.

Larve de la galéruque de l’orme © CACP – Gilles Carcassès

Mais sous les feuilles des ormes, on peut aussi observer de nombreuses autres espèces !

Poilue à deux bosses

Voici la chenille du Trident, une noctuelle très commune, qui consomme également les feuilles d’autres arbres (saules, chênes, aubépines…)

Chenille du Trident (Acronicta tridens) © CACP – Gilles Carcassès

Epineuse à dos blanc

Chenille du Robert-le-Diable (Polygonia c-album) © CACP – Gilles Carcassès

Cette chenille aux couleurs caractéristiques est celle du Robert-le-diable. Elle aussi est polyphage : on peut la trouver sur les saules, les ormes, les orties et le houblon. Le papillon est facile à reconnaître avec ses ailes aux bordures découpées :

Robert-le-Diable – sur une touffe d’orties au bois de Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Je crois distinguer le profil grimaçant de Robert le Diable dans l’ombre portée sur la feuille d’ortie.

Moustachu aux yeux verts

Et celui-ci, aux palpes poilus, c’est un habitué des ormes également ?

Le Crambus des tiges (Agriphila tristella) © CACP – Gilles Carcassès

Cette pyrale endormie a seulement trouvé là une cachette. Sa chenille ne consomme que des graminées.

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La galéruque de l’orme

Robert-le-Diable

Pyrales

La téchla de l’orme

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Grand chef indien

Alucita hexadactyla © CACP – Gilles Carcassès

Les belles plumes que voilà !

Alucita hexadactyla est un papillon de nuit de la famille des Alucitidae, ses ailes sont laciniées en lobes étroits ressemblant à des plumes. Dans le genre Alucita qui compte 11 espèces en France, c’est l’espèce la plus commune. Elle a déjà été vue sur Cergy-Pontoise (Menucourt).

Ses chenilles consomment les chèvrefeuilles, notamment les fleurs. Les adultes rentrent parfois dans les maisons, attirés par la lumière.

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Les ptérophores, de bien étranges papillons !

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Le point de Hongrie

Erynnis tages sur une feuille de ronce © CACP – Gilles Carcassès
Erynnis tages, le point de Hongrie © CACP – Gilles Carcassès

Brun foncé dessus, brun plus clair dessous : facile à reconnaître

La chenille du point de Hongrie se nourrit de lotiers et d’autres Fabaceae. Ce papillon de la famille des Hesperidae est peu commun en Ile-de-France, mais pas menacé. Il est présent dans le Val d’Oise. On le rencontre dans les lisières forestières, les bords de champs, les friches, les prairies et les pelouses calcaires.

Retrouvez un autre Hesperidae dans cet article :

L’hespérie des sanguisorbes

Source :

Erynnis tages, par l’Atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France

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La phalène du buplèvre

Parmi les nombreux Geometridae de couleur verte, voici un papillon facile à repérer avec ses pointillés bruns en bordure des ailes : Thalera fimbrialis, la phalène du buplèvre. Notons aussi que ses ailes postérieures présentent une échancrure et qu’au repos, les lignes claires des ailes antérieures et postérieures sont largement disjointes. (Cliquez sur la photo pour observer les détails).

Thalera fimbrialis © CACP – Gilles Carcassès

L’espèce a été vue aux derniers inventaires éclair organisés par l’ARB Ile-de-France à Genainville et Omerville, dans le Val d’Oise.

La chenille de la phalène du buplèvre ne consomme pas que des buplèvres, on la rencontre aussi sur de très nombreuses plantes basses, elle est de ce fait assez commune.

Bupleurum angulosum, le buplèvre anguleux, une belle espèce rare, endémique des Pyrénées © CACP – Gilles Carcassès

On peut observer ce joli papillon de nuit, le soir près des maisons, car il vient à la lumière.

Retrouvez d’autres portraits de Geometridae :

Attention à la panthère !

La phalène picotée

La phalène anguleuse

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Pammene aurana, la pyrale de la berce

Chocolat à l’orange ?

Sur une fleur de berce commune – parc du château de Grouchy (Osny) © CACP – Gilles Carcassès

Au bord d’un chemin dans le parc du château de Grouchy à Osny, j’ai rencontré ce curieux petit papillon bicolore sur une ombelle de berce.

Pammene aurana – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Visiblement il se délecte du nectar de cette fleur fraichement éclose.

Les rayons du soleil du matin font miroiter ses écailles :

Pammene aurana – Osny © CACP – Gilles Carcassès

A ses gros yeux et sa silhouette, je soupçonne la famille des Tortricidae, de petits papillons de nuit souvent nuisibles aux cultures. Malgré son look bien typé, j’ai un peu de mal à l’identifier car il n’est pas souvent photographié. Il s’agit de Pammene aurana, une espèce inféodée aux berces. Les chenilles se protègent dans des toiles collectives tissées dans les inflorescences de la berce commune puis consomment les graines de cette plante. Elles hibernent dans un cocon de soie dans le sol. L’année suivante, au début de l’été, les papillons émergent et gagnent les fleurs des berces.

Retrouvez d’autres belles découvertes faites au parc de Grouchy, dans ces articles :

Le pic mar

La saperde perforée

Deux plumes d’Indien

Encore vivante !

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Deux « petits bleus »

En ile-de-France, on peut observer une bonne vingtaine d’espèces de papillons de la famille des Lycaenidae, dont certaines sont très rares. Elles sont souvent de détermination délicate.

Polyommatus icarus mâle – Cergy © CACP – Marion Poiret

Le plus commun d’entre eux, Polyommatus icarus, l’Azuré de la bugrane, fréquente nos prairies et pelouses urbaines, pour peu qu’il y trouve des Fabaceae, comme les trèfles ou les lotiers, nécessaires pour la nourriture de ses chenilles. Le mâle a le dessus des ailes bleu vif bordé de blanc, et chez la femelle elles sont brunes avec une rangée de petites taches orange. Or, un autre papillon de taille semblable fréquente les mêmes milieux et les deux sexes ressemblent beaucoup à la femelle de Polyommatus icarus. Il s’agit d’Aricia agestis, alias le Collier de corail, dont les chenilles apprécient les érodiums et les géraniums de nos prairies.

Heureusement, il existe un critère facile pour distinguer ces deux espèces communes. Il suffit d’attendre que le papillon ferme ses ailes et d’observer sur l’aile postérieure l’orientation des deux points noirs que j’ai cerclés de rouge sur la planche ci-dessous :

A gauche Polyommatus icarus, l’Azuré de la bugrane – A droite Aricia agestis, le Collier de corail © CACP – Gilles Carcassès

Voici quelques autres vues de ces deux espèces :

Couple de Polyommatus icarus – Ile de loisirs, Cergy © Gilles Carcassès
Polyommatus icarus femelle – Cergy © CACP – Gilles Carcassès
Couple d’Aricia agestis, le collier de corail © CACP – Gilles Carcassès

A l’avant, la femelle, avec son ventre rebondi. Le mâle la suit de près, la pointe de son abdomen dépasse de ses ailes.

Source :

Clé des Lycaenidae de Champagne-Ardennes, Romaric Leconte, Michel et Vincent Baudraz

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La thécla de l’orme

Satyrium w-album, la thécla de l’orme – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

En présence des salariés de l’association ACR, nous sommes allés inventorier la faune et la flore des parcelles que cette association gère selon les principes de l’agriculture biologique à Vauréal. Nous avons eu le plaisir d’y rencontrer ce papillon rare et protégé en Ile-de-France : la thécla de l’orme (Satyrium w-album). Comme son nom l’indique, la plante hôte pour la nourriture des chenilles est l’orme, la femelle y pond au niveau des bourgeons terminaux.
On reconnaît cette espèce au motif caractéristique en forme de « W » blanc bien anguleux sur son aile postérieure.

Nous avions aperçu cet élégant petit papillon au parc du château de Grouchy, à Osny, quelques jours plus tôt, mais il avait été moins coopératif pour la photo !

Sources :

Atlas des papillons de jour dans le Val d’Oise, par Alexis Borges et Xavier Houard, un ouvrage conçu par le Conseil départemental du Val d’Oise et l’OPIE

Satyrium w-album, par l’Atlas des papillons de jour et zygènes d’Ile-de-France

Retrouvez une autre espèce de la même sous-famille (les Theclinae) :

Petit papillon vert, quel est ton secret ?

D’autres observations dans les jardins d’ACR :

Une biodiversité étonnante dans les aubergines

La doublure jaune

L'actualité de la Nature

La doublure jaune

La doublure jaune – Jardins d’ACR à Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

La doublure jaune (Euclidia glyphica) est un papillon très commun, présent dans presque toute l’Europe et visible de mai à août. Même s’il s’agit d’un « papillon de nuit », il est actif le jour.
Ses ailes postérieures forment « une doublure jaune », agrémentée de bandes brun foncé.
Ce papillon affectionne les friches riches en Fabaceae car ses chenilles consomment des plantes de cette famille, comme le trèfle des prés ou le lotier corniculé.

Euclidia glyphica – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Selon les individus, les taches sont plus ou moins marquées. Ici, le papillon est posé sur un trèfle porte-fraise, plante hôte potentielle pour ses chenilles.

Source :

La doublure jaune, par Quel est cet animal ?

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Le cuivré commun

Lycaena phlaeas sur des fleurs de tanaisie – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Aux abords du campus de Neuville-sur-Oise, nous observons régulièrement sur les fleurs de tanaisie le cuivré commun. Ce papillon de la famille des Lycaenidae a pour plante-hôte les rumex. On le trouve dans les formations végétales où sont présentes les différentes espèces d’oseilles sauvages : pelouses, friches, prairies humides, tourbières… Le mâle a un comportement territorial et décolle au moindre passage d’un papillon dans son champ de vision.

Lycaena phlaeas – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Celui-ci était en compagnie d’un oedemère noble.

Source :

Le cuivré commun, dans l’atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France

Retrouvez d’autres Lycaenidae :

L’argus bleu nacré

L’azuré des nerpruns

Collier de corail

L’azuré de la luzerne

L’azuré porte-queue