L'actualité de la Nature

Les inventaires du parc du château de Mencourt

La Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise a décidé de procéder à un inventaire de la faune et de la flore du parc du château de Menucourt. Cet Espace Naturel Sensible, lieu de promenade prisé des habitants de l’agglomération, est en effet une réserve de biodiversité et constitue un maillon essentiel de la trame verte et bleue du territoire.

Voici quelques habitants du parc, photographiés lors nos investigations.

Pyrrhosoma nymphula © CACP – Gilles Carcassès

La petite nymphe à corps de feu est un agrion printanier qui fréquente les ruisselets et les petites pièces d’eau.

Mononychus punctumalbum © CACP – Gilles Carcassès

Le charançon de l’iris des marais est reconnaissable à son point blanc central. Ses larves consomment les graines de cet iris.

Chiasma clathrata © CACP – Gilles Carcassès

La chenille du Géomètre à barreaux consomment les trèfles et d’autres légumineuses.

Larve d’Acilius © CACP – Gilles Carcassès

Cette larve aquatique aux pattes rameuses ciliées est celle d’un Acilius, coléoptère proche des dytiques. La larve et l’adulte chassent de nombreux petits animaux de la mare.

Retrouvez d’autres articles sur la faune du parc du château de Menucourt :

Grande chasse aux insectes

Le rossignol du Japon

La mante religieuse

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L’aeschne bleue

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Exuvie d’odonate – Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

Cette exuvie était fixée sur une feuille d’acore dans l’un des petits bassins du parc du château de Menucourt. Assurément une grande libellule, mais comment déterminer l’espèce ?

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Le masque de l’exuvie © CACP – Gilles Carcassès

Le masque de la larve de la libellule sert à capturer les proies pendant sa vie aquatique. Ses proportions sont un critère de détermination. La forme des yeux et la longueur des épines de l’abdomen doivent être également observées pour avancer dans la clé. J’ai utilisé celle de Guillaume Doucet de la Société Française d’Odonatologie.

Extrait de la page 64 – clé de détermination des exuvies d’odonates (Guillaume Doucet) © CACP – Corentin Pinheiro

En plaçant l’exuvie sur la planche du genre Aeshna (dessins grandeur nature), j’ai pu confirmer ma détermination. Il s’agit d’une exuvie de l’espèce Aeshna cyanea. Cette espèce forestière est l’une des plus communes du genre Aeshna.

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Ponte d’une femelle Aeshna cyanea sur la berge d’une mare forestière © CACP – Gilles Carcassès

La femelle de l’aeshne bleue porte bien mal son nom. Seul le mâle a des taches bleues.

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Aeshna cyanea – émergence © CACP – Gilles Carcassès

A la sortie de l’exuvie, le jeune adulte déploie ses ailes et procède à des essais moteur avant de prendre son envol.

Retrouvez nos articles sur les exuvies :

Qui se cache derrière le masque ?

La sortie de l’empereur

Naissance d’une cigale

Le mini-monstre du tilleul

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Rossignol du Japon

Bravo à Thierry, Patrick et Florent qui ont les premiers identifié l’oiseau mystère.

Leiothrix lutea, le rossignol du Japon – Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

Le rossignol du Japon, échappé de captivité, est capable en quelques endroits de se reproduire dans la nature. Il affectionne les boisements humides et niche dans les ronciers ou les touffes d’herbes des sous-bois. Il inspecte avec vivacité le feuillage et les branchages, à la recherche d’insectes, comme le font le rouge-gorge et la fauvette à tête noire. Mais il est capable aussi de sauter pour attraper ses proies en vol, ce qui lui confère, semble-t-il, un avantage lui permettant de coloniser les sites qui lui sont favorables. Il s’est ainsi installé dans le Sud-Ouest de la France, en Picardie, en Alsace, sur la Côte d’Azur, dans le Val d’Oise (essentiellement dans le Vexin et en forêt de Montmorency). Il y en aurait une quarantaine de couples en Ile-de-France, et peut-être 5000 individus en France. La première observation francilienne remonte à 1993.

Leiothrix lutea © François Lelièvre

Cette espèce est envahissante à La Réunion.

Un article d’Ornithomedia sur le Leiothrix jaune

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Ero, l’araignée pirate

Cocon de Mimetidae - Menucourt © Gilles Carcassès
Cocon de Mimetidae suspendu sous une feuille de buis – Menucourt © Gilles Carcassès

On devine par transparence des œufs dans ce cocon. C’est celui d’une araignée du genre Ero, de la famille des Mimetidae. On les surnomme les araignées pirates. Elles ne tissent pas de toile mais squattent celles des autres araignées. Par les vibrations qu’elles provoquent, elles miment l’arrivée d’une proie ou d’un partenaire sexuel. L’araignée légitime propriétaire de la toile se précipite. L’araignée pirate la saisit, et la mord à la patte en lui injectant son venin spécial pour araignée : foudroyant. Et puis, elle la mange.

Le cocon de soie est protégé par une solide cotte de mailles faites de fils solides dont l’araignée pirate a le secret. Ces bouclettes sont peut-être destinées à gêner l’approche de parasites qui voudraient pondre dans le cocon.

Ero, araignée pirate par Ed Nieuwenhuys

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Grande chasse aux insectes à Menucourt

Organisée par la bibliothèque de Menucourt et le Comité de Défense de l’Environnement de Menucourt, la sortie de samedi 5 novembre 2016 au parc du château a permis aux enfants du village d’observer toutes sortes de petites bêtes. Armés chacun d’une boîte loupe, ils ont retourné des feuilles, soulevé des écorces, fouillé dans la litière, inspecté les troncs des arbres et les tiges des hautes herbes…

Au tableau de chasse : 3 espèces de coccinelles, des punaises, des crustacés, des psoques, des araignées, des limaces, des coléoptères, des mouches, des chenilles, des escargots rigolos, des collemboles et même une petite grenouille…

Ectophasia crassipennis © Gilles Carcassès
Ectophasia crassipennis © Gilles Carcassès

La belle Ectophasia crassipennis, une mouche dont les larves parasitent les punaises, était toute engourdie par le froid sur une inflorescence sèche de berce commune.

Ponte sur une feuille morte © Gilles Carcassès
Quel beau trésor : une ponte dorée sous une feuille morte © Gilles Carcassès

Ces œufs sont aussi bien rangés que les cellules dans les rayons de la ruche. Il s’agit sans doute d’une ponte de punaise.

Larve de cadrinal © Gilles Carcassès
Larve de cardinal © Gilles Carcassès

Toute plate pour se faufiler sous les écorces, cette larve de cardinal est prédatrice des petits arthropodes qui vivent dans le bois pourri.

Asellus © Gilles Carcassès
Asellus © Gilles Carcassès

Après la découverte des cloportes, crustacés terrestres, voici l’aselle, crustacé d’eau douce qui vit dans le bassin du parc. Elle ne nage pas sur le côté comme les gammares.

Le livre de la chenille © Gilles Carcassès
L’histoire de la chenille © Gilles Carcassès

Pour conclure la séance, la bibliothécaire a raconté des histoires à l’aide de livres animés. Vous l’aurez deviné, la chenille finira par se transformer en un magnifique papillon multicolore aux reflets irisés (Oh !…)

Livre animé de lma bibliothèque de Menucourt © Gilles Carcassès
Livre animé de la bibliothèque de Menucourt © Gilles Carcassès

Maintenant, le soleil s’est couché, il est temps de rentrer chez soi et de laisser le parc du château aux papillons de nuit.

Agenda

Découvrez les insectes à Menucourt

En collaboration avec la cellule Biodiversité de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise et le Comité de défense de l’Environnement de Menucourt (CDEM), la bibliothèque municipale de Menucourt organise dans ses locaux le samedi 5 novembre de 10h à 11h pour un public familial, un atelier « la place des insectes dans la nature ».

Vous pourrez également voir à la bibliothèque jusqu’au 12 novembre une de nos expositions sur les insectes.

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Le même samedi 5 novembre 2016 de 15h à 17 h, une sortie à la découverte des insectes est proposée par le CDEM dans le parc du château. Elle est destinée aux enfants de plus de 5 ans accompagnés d’un parent.

Pour tous renseignements et inscriptions : 01 34 46 97 22

Le parc du château de Menucourt © Marion Poiret
Le parc du château de Menucourt © Marion Poiret
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Le pou des arbres

Cette minuscule bestiole aux ailes joliment zébrées sur une feuille de buis m’intrigue. Qu’est-ce donc ? Un puceron, un psylle ? Non, c’est un psoque ! Les psoques (les représentants de l’ordre des Psocoptères) sont des insectes peu évolués : ils existaient déjà il y a 250 millions d’années.

Graphopsocus cruciatus © Gilles Carcassès
Graphopsocus cruciatus – parc du château de Menucourt © Gilles Carcassès

Ils se nourrissent de lichens, d’algues ou de champignons qui se développent sur les feuilles et les branches des arbres. Ce sont donc d’inoffensifs nettoyeurs.

Graphopsocus cruciatus © Gilles Carcassès
Graphopsocus cruciatus sur une feuille de buis © Gilles Carcassès

Graphopsocus cruciatus est une espèce très commune et très facile à reconnaître avec son dessin caractéristique sur les ailes. On la rencontre sur de nombreuses espèces d’arbres et d’arbustes. On surnomme ce psoque le pou des arbres, en référence aux poux des livres qui sont d’autres espèces de psoques qui mangent des moisissures et vivent dans les maisons. Ceux-là n’ont pas d’ailes et ressemblent vaguement à des poux.

L’art de ranger les psoques

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Ca grouille !

Que d’agitation vendredi 26 Juin dans le parc du château de Menucourt ! Chants des grenouilles, des bernaches et des foulques ; têtards, tritons, charançons, petits polissons et moult questions…

C’est la dernière journée de la classe d’eau de l’école Louis Bourgeois de Menucourt. Nous avons l’opportunité d’observer avec les enfants du CP au CM², les petites bêtes qui peuplent l’étang et les bassins.

 

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Triton palmé mâle © Marion Poiret

8h30, nous préparons le matériel : installation de la longue vue au-dessus du plan d’eau, pêche à l’épuisette dans l’un des bassins. 9h30, arrivée des bambins de l’école. Après quelques consignes, un premier groupe part regarder les oiseaux avec Gilles.

Un autre observe avec moi les bacs remplis d’eau dans lesquels nous avons disposé le produit de notre pêche… Là, parmi les crustacés, les mollusques et les insectes, le triton palmé fait fureur : « Wouah, regarde, des lézards d’eau ! ». « Ooh, ils sont trop mignons ! ».

 Je les invite à chercher parmi nos figurants, la larve du triton. Agée de quelques jours, cette larve qui ressemble à un têtard de grenouille ne mesure que 8 mm ; elle est bigrement difficile à trouver.

© Gilles Carcassès
« On voit ses petits yeux. Trop chou. Mais qu’est-ce que c’est les petits trucs qu’elle a sur la tête ? » © Gilles Carcassès

 Ces branchies extérieures qui lui donnent l’air un peu échevelé lui permettent de respirer et restent en place pendant le stade larvaire.

 La nage des dytiques dans l’eau a également beaucoup de succès. Le mode de déplacement des larves très allongées est franchement comique : « mais pourquoi les petites pattes remuent-elles tout le temps ? ».

 J’en profite pour faire un peu de pédagogie en leur faisant compter les pattes de ce coléoptère aquatique : « il y en a 2 sur le dytique, me répondent-ils… ». Aïe, ce n’était pas la réponse attendue ! Les pattes postérieures du dytique adulte, transformées pour la nage et frangées sont effectivement bien plus développées que les autres. Nouveau décompte ensemble : cette fois-ci, tout le monde est d’accord, il a bien 6 pattes, ni plus, ni moins, comme tous les autres insectes.

Je les emmène ensuite découvrir quelques habitants dans la végétation des berges de l’étang.

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Le charançon de l’iris a une pièce buccale modifiée pour pomper le suc de la plante : le rostre © Marion Poiret

 La femelle utilise également son rostre pour percer les capsules de l’Iris jusqu’au niveau des graines afin d’y introduire ses œufs.

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Alors, le charançon, combien de pattes ? © Marion Poiret

 Les dragons de la source

Les chrysomèles du rumex