L'actualité de la Nature

Petit souci

Souci des champs, en fleurs fin janvier 2018, sur un trottoir à Poissy © CACP – Gilles Carcassès

Une adventice des vignes

Calendula arvensis, le souci des champs, est une espèce rare en Ile-de-France et son statut est classé « vulnérable ». Cette méridionale est arrivée en Ile-de-France à l’époque gallo-romaine en même temps que la vigne. Avec d’autres annuelles, elle fait partie du cortège des plantes adventices typiques des vignobles, qui comprend aussi des bulbeuses comme le muscari à toupet et l’ornithogale en ombelle, et des plantes à stolons comme le physalis et l’aristoloche clématite.

Muscari comosum, le muscari à toupet – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès
Aristolochia clematitis, l’aristoloche clématite – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Les vignes devaient être joliment fleuries avant les désherbants…

Devenue rare

En Ile-de-France, le souci des champs, autrefois très commun, n’est plus guère présent que dans l’Ouest parisien et le Hurepoix.

Il ne faut pas confondre Calendula arvensis, le souci des champs avec Calendula officinalis, le souci à grosses fleurs cultivé dans les jardins.

Source :

La vigne, par jardinsdesplantes.net

 

L'actualité de la Nature

Le dactyle aggloméré

Dactylis glomerata, le dactyle aggloméré – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Une graminée vivace aux larges feuilles d’un vert bleuté portant haut des épillets très serrés, regroupés en panicules dont la silhouette évoque des doigts : c’est le dactyle aggloméré. Souvent cultivé comme fourrage, il est fréquent au bord des routes.

Ce pied était en fleur (on voit quelques étamines jaunes qui dépassent) le 26 janvier 2018 près de l’Oise sur un talus bien exposé. Ordinairement, il ne fleurit qu’à partir du mois d’avril. C’est bien assez tôt quand on sait la responsabilité de la floraison de cette plante dans le rhume des foins qui touche les personnes allergiques aux pollens des graminées !

Le dactyle résiste très bien à la sécheresse, mais son feuillage très grossier et ses grosses touffes font qu’on ne l’utilise pas dans les mélanges pour gazon.

En culture, le dactyle est sensible à l’ergot de seigle, ce champignon responsable du feu de Saint-Antoine. Ses inflorescences peuvent être attaquées par des cécidomyies.

Ochlodes sylvanus, la sylvaine – Maurecourt © CACP – Gilles Carcassès

Les chenilles de plusieurs espèces de papillons de jour se nourrissent des feuilles du dactyle : la sylvaine, les hespéries de la houlque et du dactyle, la mégère.

Sources :

Dactyle aggloméré, trois doigts de poésie, par Sauvages du Poitou

Dactylis glomerata, par Ephytia

L'actualité des jardins

Avec du vieux, faire du n’œuf !

Cocott’arium : le projet prend son envol à Neuville

Ca y est, le premier Cocott’arium du Monde est installé à Neuville-sur-Oise, près de la mairie !

Aurélie Deroo © CACP – Gilles Carcassès

Aurélie Deroo est une jeune entrepreneuse engagée qui travaille depuis plusieurs mois sur ce projet original. Son prototype de poulailler collectif, qui ressemble à une grande volière, pourra héberger jusqu’à 10 poules.

Le projet a été pensé dans les moindres détails. Les habitants pourront déposer leurs déchets alimentaires dans un collecteur pour nourrir les occupantes. Du personnel en insertion ou bénévole assurera l’entretien du poulailler et la collecte des œufs. Les crottes des poules seront valorisées comme engrais et proposées aux agriculteurs locaux. Les enfants de l’école seront associés au projet et des animations pédagogiques leur seront proposées autour de l’univers de la poule.

Ainsi, ce poulailler géant incarne des valeurs fortes : écologiques, pédagogiques et solidaires. Le Cocott’arium, vecteur de lien social, est aussi un projet urbain qui répond aux besoins des consommateurs désireux d’acheter local et de manger sain.

Gilles Le Cam, maire de Neuville, a accepté d’accueillir le premier du genre dans sa ville, afin de permettre à cette créatrice installée à Neuvitec de tester son modèle économique en conditions réelles. Les habitants vont pouvoir s’approprier ce drôle de poulailler et (re)découvrir le plaisir de déguster des œufs frais dont ils connaissent la provenance, tout en recyclant leurs déchets alimentaires.

Voici le roman photos de l’aventure :

10 janvier 2018, top départ

Arrivée des premiers éléments © CACP – Gilles Carcassès

11 janvier 2018, ça prend forme

Montage de la charpente © CACP – Gilles Carcassès

19 janvier 2018, ouf, c’est prêt

Derniers tours de vis © CACP – Gilles Carcassès

26 janvier 2018, c’est le grand jour !

Inauguration du Cocott’arium – au premier plan, une jardinière des Incroyables comestibles © CACP – Gilles Carcassès

Un démarrage en fanfare et des discours émouvants sous un beau soleil…

Bravo à Aurélie qui vient de remporter avec son projet le trophée de « meilleur espoir féminin » aux Oscars de l’innovation de Val d’Oise Technopole !

Si vous êtes intéressé, contactez Monique la Cocotte !

L'actualité de la Nature

Les pollinisateurs nocturnes

Cirsium oleraceum en fleurs visité par un bourdon – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

L’éclairage, néfaste pour les pollinisateurs nocturnes

Une équipe d’écologues s’est récemment intéressée à l’effet de l’éclairage nocturne sur la pollinisation des plantes. Leur étude a montré une chute de 13% de la production de graines chez des cirses maraîchers (Cirsium oleraceum) éclairés la nuit par des candélabres, alors qu’ils sont aussi visités par des insectes pollinisateurs diurnes (comme le bourdon dans la photo ci-dessus). Ils en tirent la conclusion que l’éclairage a un effet négatif sur l’activité des insectes pollinisateurs nocturnes, et sur la biodiversité en général. On le savait déjà pour certaines espèces de chauves-souris.

Qui sont les pollinisateurs nocturnes ?

Les pollinisateurs nocturnes sont des papillons de nuit, des punaises, certaines mouches…

Ce Coremacera (diptère Sciomyzidae) serait un pollinisateur strictement nocturne. © CACP – Gilles Carcassès
Pleuroptya ruralis, la pyrale du houblon, la nuit, sur une fleur de clématite sauvage © CACP – Gilles Carcassès

Ce sont surtout des fleurs blanches qui sont pollinisées la nuit. L’émission de leur parfum en début de nuit renforce leur attractivité, c’est aussi le moment où leur pollen est le plus accessible. Ainsi les Platanthera, belles orchidées blanches de nos sous-bois, sont visitées par le sphinx de l’épilobe et sans doute d’autres papillons de nuit.

Platanthera chlorantha – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Comment concilier éclairage et biodiversité ?

La pollution lumineuse augmente chaque année sur Terre. Heureusement, les aménageurs et les gestionnaires peuvent s’appuyer sur les conseils « éclairés » de l’Association Française de l’Eclairage pour tenir compte de la biodiversité (voir les fiches 15 et 16).

Autres sources :

Pollution lumineuse : comment la nuit disparaît peu à peu – Les Echos.fr

Pollinisation de Platanthera chlorantha – un article de la SFO de Poitou-Charente et Vendée

L'actualité de la Nature

Chardon doré

Carlina vulgaris en hiver – Neuville-sur-Oise @ © CACP – Gilles Carcassès

La carline vulgaire affectionne les pelouses calcicoles, on peut aussi la rencontrer sur des friches et d’anciens terrains cultivés. Ses fleurs restent ouvertes sur la plante sèche, ce qui permet de détecter facilement sa présence même en hiver. Cet aspect hivernal a valu à la plante son appellation de chardon doré. La voici en pleine floraison, fin juillet, dans les coteaux crayeux de La Roche-Guyon :

Carlina vulgaris – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Sans être rare, elle est peu commune en Ile-de-France et semble en régression. C’est une plante-hôte pour la Belle-dame et la très jolie mouche Urophora solsticialis.

Urophora solsticialis femelle – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Pour faire un peu de tri dans les différents genres de chardons, je recommande la lecture de cet article illustré qui donne quelques clés pour la détermination et montre la grande diversité botanique des plantes que l’on nomme chardons : http://bota-phytoso-flo.blogspot.fr/2013/06/les-chardons.html

Retrouvez d’autres articles sur des chardons :

Le chardon roland

Le chardon des champs

Le cirse maraîcher

 

 

L'actualité de la Nature

La tenthrède du chêne

Fausse chenille – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Chenille ou fausse chenille ?

En sortant de la gare de Neuville, j’ai croisé cette drôle de chenille en train de consommer une feuille de chêne. Près de sa tête noire, on voit ses pattes thoraciques puis sous son abdomen sept paires de fausses pattes. Ah ah, plus de cinq paires de fausses pattes, cela ne peut donc pas être une chenille ! C’est la larve d’un représentant du sous-ordre des symphytes, ces hyménoptères qui n’ont pas la taille de guêpe (environ 860 espèces en France), sans doute du genre Periclista qui compte huit espèces en France. Ces ravageurs des chênes ne sont pas aussi problématiques que les chenilles processionnaires du chêne : au moins, elles ne sont pas urticantes !

Larve de Periclista sp. – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

Elle m’a rappelé cette autre fausse chenille hérissée de picots que j’avais vue dans une pâture de la ferme d’Ecancourt à Jouy-le-Moutier.

Retrouvez dans nos articles d’autres espèces de symphytes :

Les tenthrèdes (ou symphytes), par insectes.net

 

L'actualité de la Nature

Collier de corail

Aricia agestis, le Collier-de-corail, ou Argus brun – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Un argus brun, qu’est-ce ça mange ?

Les friches sèches installées sur les sols sableux près de l’Université à Neuville-sur-Oise sont propices au Collier-de-corail. Ce joli papillon de la famille des Lycaenidae y trouve en abondance les Erodium cicutarium (photo ci-dessous) que consomment ses chenilles. Celles-ci sont soignées par des fourmis de plusieurs espèces qui consomment leurs sécrétions et les protègent des parasitoïdes et des petits arthropodes prédateurs.

Comment le reconnaître

Sur cette photo, c’est un couple qui se forme. La femelle (à droite) a l’abdomen plus rebondi et les taches orange sont plus grandes. La marque noire au milieu de l’aile antérieure est également plus grande. L’abdomen du mâle est plus fluet, il atteint l’extrémité des ailes et se termine par un pinceau de poils. Chez les deux sexes, les lunules orange sont bien nettes et établies jusqu’à l’avant de l’aile antérieure, ce qui n’est pas le cas chez la femelle de Polyommatus icarus (l’argus bleu) avec laquelle on peut les confondre.

En Ile-de-France, on voit voler deux générations de ce papillon : en mai et en juillet-août.

Bec-de-grue (Erodium cicutarium), plante-hôte du Collier-de-corail – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

La fiche du Collier-de-corail dans l’Atlas des papillons de jour d’Ile-de-France, sur Cettia-idf

L'actualité des jardins

Un Erasmus pour les plantes vivaces ?

Une flore inhabituelle et pimpante colonise l’espace public aux abords de la gare de Neuville, sur le chemin de l’Université. Ces petites plantes se sont échappées d’un mur végétal et ont trouvé refuge dans les caniveaux et interstices du sol.

Trois plantes vivaces de rocaille…

Erigeron karvinskianus – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Voici le vaillant Erigeron karvinskianus, la « pâquerette des murailles », une mexicaine que l’on peut rencontrer naturalisée à Paris et en proche banlieue.

Campanula portenschlagiana (à vos souhaits !) ou campanule des murailles – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

La campanule des murailles, originaire des Balkans, est une vivace horticole incontournable des rocailles et des murets fleuris.

Centhrantus ruber variété blanche – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

La valériane rouge affectionne les expositions chaudes qui se rapprochent des conditions de son aire méditerranéenne d’origine. Elle est largement naturalisée en Ile-de-France dans les falaises, les abords des vieux châteaux, les villages fleuris. Ici c’est une variété à fleurs blanches.

… faciles à semer dans nos rues

Ces trois comparses, venues de loin, nous apportent la preuve qu’il est facile, par le semis d’espèces adaptées, d’apporter un peu de couleur et de gaieté à des fissures et pieds de murs même dans un environnement très minéral.

L'actualité de la Nature

Cassida, un ovni chez les coléoptères

Couple de cassides sur une feuille de tanaisie – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Au bord des bassins d’infiltration des eaux pluviales derrière l’Université à Neuville-sur-Oise, on trouve de beaux massifs de tanaisie. Cette plante vivace vigoureuse, à la forte odeur camphrée, a la solide réputation de repousser les insectes. Nos aïeux en plaçaient dans la litière, au chenil et au poulailler, pour combattre les parasites. On trouve sur internet quelques recettes pour soigner les plantes à base de tanaisie, mais cette espèce contient des composés toxiques pour l’Homme et pour cette raison elle n’a pas été homologuée comme substance de base par la Commission européenne. Elle n’est pas non plus dans le dernier tableau des produis de biocontrôle (version du 28 mars 2017). Aussi, je ne recommande pas son usage.

Un drôle d’insecte est capable de résister à son arsenal chimique. Sa forme en bouclier fait penser à une punaise, mais c’est un coléoptère, de la famille des chrysomèles. Il arbore le même vert franc que sa plante de prédilection : très discret, il n’est pas facile à observer.

Prudemment, la casside a sorti une patte, un oeil et ses antennes © CACP – Gilles Carcassès

C’est une casside, probablement l’espèce Cassida stigmatica, qui présente comme celle-ci trois taches brunes bien marquées à la base des élytres.

Casside sur le dos © CACP – Gilles Carcassès

J’ai retourné la bête pour vous montrer comment elle peut se cacher entièrement sous sa carapace.

Les cassides sont souvent joliment colorées. En Ile-de-France, on peut chercher Cassida murraea (rouge ou verte, tachée de noir) sur les pulicaires, Cassida azurea (bleue) sur les saponaires, Cassida viridis (verte) sur les menthes, Cassida vibex (verte et brune) sur les chardons… En tout, 38  espèces de cassides du genre Cassida sont répertoriées en France.

Retrouvez une autre casside dans notre article sur le cirse des maraîchers

L'actualité de la Nature

Les deux mini fleurettes du printemps

Avez-vous remarqué ce printemps ces tapis de toutes petites fleurs blanches au bord des voies ?

Draba verna à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

La drave printanière ne mesure que quelques centimètres de haut. Cette brassicacée (de la famille des choux) discrète croît sur les sols très secs et les talus sableux. En ville, on peut la rencontrer sur les trottoirs en grave, dans les zones qui ne sont pas trop soumises au piétinement.

Cochlearia danica à Neuville devant l’Université de Cergy-Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

Il ne faut pas la confondre avec le cranson du Danemark, à peine plus grand, qui se plaît sur les sols très salés des bords de routes.

Fleurs de Cochlearia danica – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

En observant de près, on remarque que les pétales des fleurs du cranson ne sont pas profondément découpés comme ceux de la drave, et que des feuilles sont présentes sur les tiges fleuries, ce qui n’est pas le cas chez la drave printanière dont toutes les feuilles sont en rosette au niveau du sol.

Retrouvez l’histoire du fabuleux voyage du cranson du Danemark