L'actualité de la Nature

Pas de soucis à l’université ?

Et pourtant si !

Le Souci, Colias croceus – Campus de l’université de Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

Ce joli papillon ne fait pas honneur à son nom. Tranquillement occupé à siroter du nectar de luzerne, il s’appelle pourtant le Souci.

Il est assez commun dans la région. La chenille se nourrit principalement de fabacées, comme les trèfles et les luzernes. Apparemment, l’adulte en est friand aussi. Plusieurs individus voletaient parmi les luzernes qui fleurissent aux abords du campus de l’université de Neuville. On le voit principalement en fin d’été et même encore à la mi-octobre. Jusqu’ici il ne parait pas poser de soucis… si ce n’est de le différencier de ses deux compères le Soufré et le Fluoré.

Jaune safran

Parmi les Colias, le genre auquel appartient notre petit compagnon, trois espèces se rencontrent en Île-de-France : Colias croceus (le Souci), Colias hyale (le Soufré) et Colias alfacariensis (le Fluoré). Étymologiquement il apparaît que Colias serait un des surnoms de Vénus (déesse de l’amour et de la beauté) et croceus fait référence à la couleur jaune du safran. Effectivement, l’élément qui permet de différencier facilement le Souci des deux autres Colias est ce jaune franc, bordé de noir, de la face supérieure de ses ailes. C’est d’ailleurs un jaune orangé qu’il partage avec l’autre Souci : la fleur des champs.

Le Souci, Colias croceus – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

Mais, le Souci (papillon) se pose rarement les ailes écartées. Pour en apprécier les couleurs, il faut aller le voir se promener au-dessus des luzernes encore fleuries en cette saison.

Sources :

Le Souci, par lepinet.fr

Le Souci, par Quel est cet animal ?

Base de données régionale CETTIA

Retrouvez dans nos articles :

Quelques papillons également vus à l’université

Quelques fabacées

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Bilan des observations 2019 sur le campus de Neuville

Durant le dernier trimestre de l’année scolaire nous avons accompagné un groupe d’étudiants pour inventorier la faune et la flore du campus de l’université de Neuville.

Ces résultats devront leur servir à proposer des aménagements pertinents pour favoriser la biodiversité existante sur le campus.

Voici quelques-unes de nos trouvailles :

Suivi temporel des oiseaux communs

Lors du protocole STOC (Suivi temporel des oiseaux communs) les étudiants, accompagnés de leur professeur et de sa lunette d’observation ont dénombré pas moins de 29 espèces d’oiseaux sur le campus.

Animation STOC – Neuville © CACP – Gilles Carcassès

Parmi elles, la fauvette à tête noire, une espèce protégée à l’échelle nationale, a particulièrement bien démontré son talent pour le chant.

Fauvette à tête noire mâle – Neuville © Christophe Guego

Florilèges – prairies urbaines

Lors du protocole Florilèges les étudiants, équipés de la Flore des prairies urbaines et de l’application PlantNet, ont identifié une trentaine d’espèces peuplant les espaces verts du campus.

Animation Florilèges – Neuville © CACP – Gilles Carcassès

L’espèce la plus rencontrée dans les carrés était le coquelicot (Papaver rhoeas) !

Le coquelicot – Neuville © CACP – Gilles Carcassès

PROPAGE

Lors du protocole PROPAGE (protocole papillon gestionnaire) les étudiants ont pu observer 10 espèces de papillons de jour et 3 papillons de nuit. Ils ont notamment vu le Demi-deuil, une espèce d’intérêt patrimonial à l’échelle de la région.

Demi-deuil sur fleur de luzerne – Neuville © CACP – Gilles Carcassès

Sauvages de ma rue

Grâce au protocole Sauvages de ma rue et à son application dédiée, les étudiants ont pu dénombrer pas moins de 20 espèces différentes sur quelques mètres du trottoir du mail Gay Lussac.

Animation Sauvages de ma rue – Neuville © CACP – Gilles Carcassès

Parmi elles, la vipérine (Echium vulgare) nous a fait l’honneur de ses couleurs.

Echium vulgare, la vipérine commune © CACP – Gilles Carcassès

Les coccinelles du campus

Lors d’une grande chasse aux coccinelles sur le campus, les étudiants ont déniché 6 espèces de coccinelles différentes …

Chasse aux coccinelles à Neuville © CACP – Emilie Périé

… dont la très rare coccinelle à onze points Ceratomegilla undecimnotata !

Ceratomegilla undecimnotata – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Les résultats complets (en cliquant dans l’image)

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Les blattes de jardin

Juvénile d’Ectobius vinzi – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Pourquoi sont-elles inoffensives ?

Comme leur nom l’indique, les blattes de jardin vivent dans les jardins, et il ne faut pas les confondre avec les espèces qui vivent dans les maisons. Pour autant, il peut arriver que quelques blattes de jardin s’égarent dans les habitations, mais elles ne sont pas capables de s’y reproduire. Si on les rencontre, il suffit de les remettre gentiment dehors.

Apprenons à reconnaître les blattes de jardin

En Ile-de-France, les blattes de jardin sont pour l’essentiel du genre Ectobius et on peut en rencontrer cinq espèces. Découvrons-les classées par ordre de fréquence.

Ectobius vinzi

Cette espèce a été séparée d’Ecobius pallidus en 2012. D’origine méditerranéenne, elle s’est parfaitement adaptée aux conditions urbaines. Aujourd’hui, c’est elle qui est très majoritairement observée dans les jardins de l’agglomération parisienne. Sa forme juvénile parée d’une barre blanche transversale est facile à reconnaître.

Juvénile d’Ectobius vinzi dans un involucre de noisette © CACP – Gilles Carcassès

Voici l’adulte :

Ectobius vinzi femelle adulte avec une oothèque © Gilles Carcassès

Comme le font les autres Ectobius, cette femelle transporte sa ponte dans une oothèque.

Ectobius pallidus

C’est une blatte toute blonde, un peu plus grande que la précédente et plus ou moins parsemée de points bruns. Cette ornementation est particulièrement visible sur les juvéniles.

Juvénile d’Ectobius pallidus – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Ectobius sylvestris

Cette espèce de couleur sombre vit en lisière des boisements. Son pronotum est noir uni avec un liséré blanc au contour bien net.

Ectobius sylvestris – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

Les deux autres espèces sont plus rarement observées en Ile-de-France. Ectobius lapponicus ressemble à Ectobius sylvestris mais a le pronotum moins contrasté. Le pronotum d’Ectobius lucidus est sombre avec une marque claire centrée dans le sens de la longueur, en forme de Y pointe en avant.

Bien sûr, si l’on veut identifier avec certitude les différentes espèces d’Ectobius, rien ne vaut une bonne loupe et une clé de détermination sérieuse !

Retrouvez nos articles :

Bébé blatte

Blatte de jardin

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Du sang sur le séneçon ?

Ce bien joli papillon porte bien ses noms. Comme toutes les espèces vivantes décrites par les naturalistes, on lui en connait au moins deux : son nom vernaculaire (chez nous en français) et son nom scientifique (en latin).

En français : La goutte de sang

La goutte de sang, Tyria jacobaeae © CACP – Emilie Périé

L’éclatant rouge dont sont revêtues ses ailes lui donne en effet l’aspect d’une goutte de sang tombée dans les fleurs qu’il butine. Ce côté macabre est sans doute le gage de sa survie. Dans la nature, les couleurs éclatantes sur les animaux sont souvent signe de toxicité. Et c’est son cas. Le rouge flamboyant agit comme un panneau stop pour les oiseaux qui voudraient le gober. On dit qu’il est aposématique.

En latin : Tyria jacobaeae

Tyria jacobaeae, chenille – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

La chenille de ce papillon de nuit est inféodée à une plante en particulier : le Séneçon de Jacobée ou en latin Jacobaea vugaris, dont elle a l’air de raffoler. Cet individu là, goulûment attablé à une fleur de séneçon n’avait pas l’intention de s’interrompre pour un shooting photo.

Le séneçon de Jacobée, Jacobaea vulgaris – Neuville-sur-Oise © CACP – Emilie Périé

Le nom scientifique du papillon le relie à sa plante hôte : pratique pour le retrouver.

Prise en flagrant délit de boulottage de séneçon !

Sources :

Tyria jacobaeae, par insectes-net

Retrouvez notre portrait de la goutte de sang :

La goutte de sang 

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Vive le trèfle porte-fraise !

Strawberry fields forever ?

Champs de « fraises » à Vauréal © CACP – Emilie Périé

Des champs de fraises à Vauréal ? N’en déplaisent aux Beatles, il ne s’agit ici que du trèfle porte-fraise, Trifolium fragiferum.

Portrait d’un trèfle qui ramène sa fraise

Trifolium fragiferum, le trèfle porte-fraise – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Ce trèfle indigène qui rampe et s’enracine au niveau de ses stolons aériens forme de jolis tapis dans les pelouses sèches. Certains pépiniéristes le proposent en godets comme couvre-sol de pied d’arbres, ou comme base pour créer une pelouse naturelle en situation difficile. La plante supporte très bien le piétinement et les sols tassés. Autre avantage, ses fleurs roses très nombreuses sont mellifères !

Trifolium fragiferum, en fruits et en fleurs – Vauréal © CACP – Emilie Périé.

Quand ses fleurs sont passées, ses inflorescences ressemblent à de petites fraises rondes, pâlottes et duveteuses.

Le trèfle des prés lui ressemble, mais il est plus haut et surtout ses têtes florales sont accompagnées de petites feuilles, alors que celles du porte-fraise ne le sont pas.

Trifolium pratense, le trèfle des prés – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez d’autres plantes indigènes tapissantes :

Les bugles

La piloselle

Le lamier blanc

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Le cuivré commun

Lycaena phlaeas sur des fleurs de tanaisie – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Aux abords du campus de Neuville-sur-Oise, nous observons régulièrement sur les fleurs de tanaisie le cuivré commun. Ce papillon de la famille des Lycaenidae a pour plante-hôte les rumex. On le trouve dans les formations végétales où sont présentes les différentes espèces d’oseilles sauvages : pelouses, friches, prairies humides, tourbières… Le mâle a un comportement territorial et décolle au moindre passage d’un papillon dans son champ de vision.

Lycaena phlaeas – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Celui-ci était en compagnie d’un oedemère noble.

Source :

Le cuivré commun, dans l’atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France

Retrouvez d’autres Lycaenidae :

L’argus bleu nacré

L’azuré des nerpruns

Collier de corail

L’azuré de la luzerne

L’azuré porte-queue

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Chasse aux coccinelles à Neuville-sur-Oise

Le 21 juin 2019, nous organisions pour un groupe d’étudiants et de professeurs de l’Université de Cergy-Pontoise un inventaire des coccinelles des espaces naturels proches du campus de Neuville-sur-Oise.

Coccinella septempunctata, la coccinelle à sept points – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Sans surprise, nous avons rencontré en divers endroits la coccinelle à sept points, une des plus communes de la famille.

Harmonia axyridis – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès
Harmonia axyridis – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Sur les chênes chevelus du mail Gay Lussac, nous avons trouvé ces deux belles formes de la coccinelle asiatique, une noire à points jaunes et une jaune à points noirs.

Adalia bipunctata, forme à 2 points noirs – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès
Adalia bipunctata, forme à 4 points rouges – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Adalia bipunctata est une espèce très variable, nous l’avons vue dans trois formes différentes, également sur les chênes, mais aussi dans les friches, sur les tanaisies.

Hippodamia variegata, la coccinelle des friches, sur une feuille de tanaisie © CACP – Gilles Carcassès

Les tanaisies, souvent attaquées par des pucerons, sont de bonnes plantes pour l’observation des coccinelles. Hippodamia variegata est une petite coccinelle allongée, dont les points sont majoritairement situés sur l’arrière des élytres. Son pronotum présente un motif en noir et blanc qui me rappelle une tête de panda.

Ceratomegilla undecimnotata – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Une autre espèce fréquentait les tanaisies : la très rare coccinelle à onze points, Ceratomegilla undecimnotata.

Vibidia duodecimguttata © CACP – Gilles Carcassès

Il nous manquait encore les coccinelles à points blancs ! En examinant les feuilles des arbres, une étudiante a capturé la petite Vibidia duodecimguttata, une mangeuse de champignons. Vue du dessus, six points blancs forment une couronne.

Trois autres coccinelles déjà observées sur le site n’ont pas été retrouvées lors de l’inventaire. Les voici :

Psyllobora vigintiduopunctata – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Psyllobora vigintiduopunctata, la coccinelle à vingt-deux points consomme aussi des moisissures.

Oenopia conglobata, – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Oenopia conglobata, la coccinelle rose, est une carnassière qui chasse dans les arbres les psylles et les pucerons, mais on l’observe parfois sur les plantes basses en lisière.

Propylea quatuordecimpunctata, la coccinelle à damier – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Propylea quatuordecimpunctata, la coccinelle à damier, a deux générations par an. On la rencontre en avril puis en plein été.

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Une coccinelle rare au campus de Neuville

Ceratomegilla undecimnotata – Neuville–sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Cette coccinelle méridionale, classique en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie, semble en expansion récente vers le Nord. Ces douze derniers mois, elle a été signalée quatre fois en Ile-de-France sur Cettia, la plateforme naturaliste de l’Agence régionale de la biodiversité : à Roissy-en-Brie (77), Gagny (93), Choisy-le-Roi (94) et Gonesse (95). Cette espèce a même été vue en baie de Somme, ce qui semble être sa limite nord actuelle.

Ceratomegilla undecimnotata – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Ceratomegilla undecimnotata est utilisée en lutte biologique, elle est vendue pour lutter contre le puceron jaune du laurier-rose, sous le nom commercial de Coccilaure, une souche réputée incapable de voler et donc de se disséminer dans la nature.

Quatre adultes ont été trouvés sur des tanaisies dans une friche en face de l’université à Neuville-sur-Oise. Il serait intéressant de surveiller le site pour voir si ces coccinelles s’y reproduisent.

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La fauvette à tête noire

Sylvia atricapilla, la fauvette à tête noire © CACP – Gilles Carcassès

Un petit oiseau qui a de la voix

Depuis quelques semaines déjà, les fauvettes à tête noire sont arrivées sur le territoire, et elles le font entendre.

Ce petit passereau migrateur remonte du Sud où il a passé l’hiver vers le mois de mars pour se reproduire et nidifier en France. Cependant, on peut observer la fauvette à tête noire toute l’année en Île-de-France car de plus en plus de couples décident de passer l’hiver chez nous.

Mais pour construire un nid, il faut d’abord s’installer. Et la conquête d’un territoire n’est pas une activité de tout repos. Lors du premier atelier STOC des inventaires à l’université de Neuville nous avons assisté à une querelle entre trois mâles. Entre deux courses poursuites, chacun choisit son perchoir pour donner de la voix et affirmer son contrôle du territoire. Le chant de la fauvette à tête noire est énergique, flûté et agréable à l’écoute.

Une jolie silhouette

Fauvette à tête noire femelle © CACP – Gilles Carcassès

Sylvia atricapilla est nommée en français la « fauvette à tête noire » en référence à la couleur de la calotte … du mâle. La femelle, au comportement plus discret, arbore une casquette brune.

Fauvette à tête noire mâle – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Le bec de la fauvette à tête noire est fin, caractéristique des insectivores. L’automne venu, cet oiseau consomme des baies. Avec les grives, c’est l’une des rares espèces à s’intéresser au baies du gui.

Sources :

La fauvette à tête noire, par Oiseaux.net

Données INPN

Reconnaître le chant de la fauvette à tête noir, par le Studio des trois becs

La fauvette à tête noire, par Oiseau libre

Retrouvez d’autres articles :

La fauvette grisette

Le rossignol du Japon

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Belle buse blanche

Buse – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Ce n’est pas pour rien qu’on la dit variable. Cette buse est vraiment très blanche. Depuis plusieurs années, je vois une buse, ou parfois deux, dans le secteur du bois de Neuville quand j’arrive le matin pour prendre mon travail. Celle-ci, pour une fois, m’a fait la grâce de ne pas décoller quand j’ai ouvert la vitre de ma voiture pour la photographier.

Ce rapace diurne consomme beaucoup de petits rongeurs dans les prés et les champs et est très utile pour en limiter les pullulations. Il niche dans les arbres, souvent en hauteur. Il faudrait à l’espèce plus de bosquets et de haies avec de grands arbres pour mieux s’établir dans notre territoire.

Source :

Buse variable, par Oiseaux.net

Retrouvez dans cet article un autre rapace vu au bois de Neuville :

Un rapace aux aguets