L'actualité de la Nature

Connaissez-vous les mélitées ?

Mélitée (Melitaea sp.) © CACP – Gilles Carcassès

Les mélitées, les damiers et les nacrés sont ces papillons de jour dont les ailes sont orange, parfois tachées de blanc, et quadrillées ou pointillées de noir. Ces espèces sont de détermination difficile si l’on ne prend pas soin d’observer le dessus et le dessous des ailes. En effet de nombreux critères prennent en compte l’ornementation du revers des ailes. Une excellente clé permet alors de s’y retrouver sans trop de peine : elle décrit 21 espèces de damiers, mélitées et nacrés présents en Champagne-Ardenne. A part quelques raretés, ce sont les mêmes espèces qu’en Ile-de-France.

Une vue du dessous :

Melitaea cinxia © CACP – Gilles Carcassès

Et une du dessus !

Melitaea cinxia © CACP – Gilles Carcassès

Les 7 espèces de mélitées de la clé sont assez sélectives quant à la nourriture de leurs chenilles, on cherchera donc ces papillons dans les endroits où croissent leurs plantes hôtes :

Melitaea athalia : sur les mélampyres, les plantains, les véroniques
Melitaea aurelia : sur les plantains
Melitaea cinxia : sur les plantains, parfois les véroniques
Melitaea diamina : sur les valérianes
Melitaea didyma : sur les plantains et quelques scrophulariacées
Melitaea parthenoides : sur les plantains
Melitaea phoebe : sur les centaurées, les cirses, les bardanes, les plantains

Une autre mélitée, probablement Melitaea nevadensis, vue dans le Tarn © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez d’autres papillons du groupe des nacrés :

Le petit nacré

Le tabac d’Espagne

L'actualité de la Nature

Sur les feuilles des ormes

Superbe chrysomèle jaune et noire

Xanthogaleruca luteola, de la famille des Chysomelidae © CACP – Gilles Carcassès

Sur les feuilles des ormes, on rencontre souvent Xanthogaleruca luteola la galéruque de l’orme. C’est une sacrée grignoteuse !

Galéruques de l’orme qui digèrent leur repas de feuilles (Xanthogaleruca luteola) © CACP – Gilles Carcassès

Sa larve est moins élégante. C’est en retournant les feuilles qu’on peut la voir affairée à décaper méthodiquement de larges plages en ménageant les nervures et l’épiderme supérieur.

Larve de la galéruque de l’orme © CACP – Gilles Carcassès

Mais sous les feuilles des ormes, on peut aussi observer de nombreuses autres espèces !

Poilue à deux bosses

Voici la chenille du Trident, une noctuelle très commune, qui consomme également les feuilles d’autres arbres (saules, chênes, aubépines…)

Chenille du Trident (Acronicta tridens) © CACP – Gilles Carcassès

Epineuse à dos blanc

Chenille du Robert-le-Diable (Polygonia c-album) © CACP – Gilles Carcassès

Cette chenille aux couleurs caractéristiques est celle du Robert-le-diable. Elle aussi est polyphage : on peut la trouver sur les saules, les ormes, les orties et le houblon. Le papillon est facile à reconnaître avec ses ailes aux bordures découpées :

Robert-le-Diable – sur une touffe d’orties au bois de Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Je crois distinguer le profil grimaçant de Robert le Diable dans l’ombre portée sur la feuille d’ortie.

Moustachu aux yeux verts

Et celui-ci, aux palpes poilus, c’est un habitué des ormes également ?

Le Crambus des tiges (Agriphila tristella) © CACP – Gilles Carcassès

Cette pyrale endormie a seulement trouvé là une cachette. Sa chenille ne consomme que des graminées.

Retrouvez nos articles :

La galéruque de l’orme

Robert-le-Diable

Pyrales

La téchla de l’orme

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Le réveil du Vulcain

Les Belles jardinières – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Au jardin partagé des Belles jardinières, il y a toujours quelque chose à voir.

Tephritis vespertina – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Sur les choux cavaliers, les chenilles de la piéride ne sont plus là, mais une mouche Tephritidae se chauffe au soleil. L’extrémité de l’aile est noire avec un petit point blanc : il s’agit de Tephritis vespertina, dont la larve vit dans les capitules de la porcelle enracinée, une astéracée très commune dans les pelouses.

Je suis des yeux un papillon à l’allure sombre. Il finit par se poser sur le pignon de la maison de Patrice.

Papillons sur un mur © CACP – Gilles Carcassès

C’est un vulcain. Ce papillon a passé l’hiver à l’état adulte, abrité dans une cavité ou sous un tas de feuilles. Les premiers rayons de soleil de février l’ont réveillé.

Vanessa atalanta – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Lorsqu’il étale ses ailes, on voit le grand motif orange presque circulaire, ponctué dans sa partie arrière de petites taches noires avec des écailles bleues.

Ces deux belles espèces sont allées rejoindre l’atlas de biodiversité participatif de Vauréal.

Autres articles :

Qui mange quoi ?

Suivons les vulcains

Sources :

Vanessa atalanta, dans l’Atlas des papillons de jour et zygènes d’Ile-de-France (Cettia)

Database of Insects and their food plants

Non classé

Le Petit nacré

Issoria lathonia, le Petit nacré – 23 juillet 2018 à La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

D’une exploration nature sur les crêtes de La Roche-Guyon le 23 juillet 2018, j’avais rapporté des images de deux beaux papillons que je vous ai présentés dans ces pages : le Flambé, et l’Argus bleu nacré. En triant mes photos, je constate que mon chemin a croisé aussi celui d’un Petit nacré. Il mérite aussi son article !

Le Petit nacré © CACP – Gilles Carcassès
Issoria lathonia aspire le nectar d’une fleur de scabieuse © CACP – Gilles Carcassès

Les grandes taches blanches, brillantes et bien contrastées au revers des ailes postérieures sont caractéristiques du Petit nacré.

Cette espèce dont les chenilles consomment des violettes n’est pas menacée mais elle est cependant peu commune en Ile-de-France. On peut observer ce papillon migrateur dans notre région jusqu’à la fin octobre.

Sources :

Le Petit nacré, par l’Atlas des rhopalocères d’Ile-de-France (Cettia)

Comment identifier les nacrés, par FontainebleauBlog

Retrouvez notre article sur la liste rouge des rhopalocères et zygènes d’Ile-de-France :

Plus du tiers des papillons d’Ile-de-France menacé ou disparu !

et un autre papillon de la même sous-famille :

Le tabac d’Espagne

L'actualité de la Nature

Robert-le-Diable

Un papillon très facile à reconnaître

Polygonia c-album, le Robert-le-Diable © CACP – Gilles Carcassès

Le Robert-le-Diable est un papillon commun facile à observer en lisière forestière. La forme découpée des ailes est tout à fait caractéristique.

Robert-le-Diable © CACP – Gilles Carcassès

Mais pourquoi Robert-le-Diable ?

Peut-être ce papillon évoque-t-il par son aspect les flammes de l’enfer ? Ou bien le profil de la tête d’un Robert historique ? Bien malin celui qui connaît la véritable origine de ce nom !

Polygonia c-album – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Le revers de son aile postérieure est marqué en blanc de la lettre c, d’où son nom d’espèce en latin « c-album ».

Et sa chenille ?

La chenille du Robert-le-Diable sur l’ortie dioïque © CACP – Gilles Carcassès

La chenille du Robert-le-Diable est tout aussi caractéristique que le papillon : elle est marquée d’une grande tache blanche sur le dos. Sa plante-hôte préférée est l’ortie, mais on la rencontre aussi sur le houblon et sur les feuilles de ligneux comme le noisetier, l’orme ou les saules.

Ce papillon hiberne à l’état adulte et on peut le rencontrer dès les premières belles journées de mars. Il a deux générations par an. En automne, on peut voir la deuxième génération se préparer à l’hivernage en se gorgeant de sucre sur les fruits tombés au sol dans les vergers.

Retrouvez un autre article sur ce papillon :

Bouh, fais moi peur !

Sources :

Polygonia c-album dans l’Atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France

Le Robert-le-Diable par André Lequet

L'actualité de la Nature

Petite ou grande tortue ?

Ces deux papillons se ressemblent beaucoup !

Pour ne plus les confondre, il suffit de retenir le détail qui les différencie facilement :

Les deux tortues (famille des Nymphalidae) © CACP – Gilles Carcassès

Notons aussi que la grande tortue, comme son nom le laisse deviner, est plus grande que la petite tortue. Cette dernière a aussi des couleurs plus vives.

Des deux espèces, la grande tortue est la moins observée en Ile-de-France.

Nymphalis polychloros, la grande tortue © CACP – Gilles Carcassès

Les chenilles de la grande tortue consomment des feuilles d’arbres : saules, bouleaux, ormes, peupliers, cerisiers…

Aglais urticae, la petite tortue – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Les chenilles de la petite tortue consomment des orties.

Retrouvez nos articles :

La petite tortue

Le déclin des papillons de jour

Reconnaître les chenilles sur l’ortie

Sources :

Aglais urticae, par l’Atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France

Nympahlis polychloros, par l’Atlas des papillons de jour et des zygènes d’Ile-de-France

L'actualité de la Nature

Le tircis

Pararge aegeria, le Tircis – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Le Tircis est un papillon commun, répandu partout en France. On le rencontre dans les trouées de soleil des clairières en forêt, souvent au bord des chemins. Le mâle se tient posté au soleil sur la végétation basse ou sur les feuilles des arbres. Il attend le passage d’une femelle, et pourchasse les autres mâles de son espèce. Certains mâles n’adoptent pas ce comportement territorial et préfèrent vagabonder.

Pararge aegeria – Jouy-le-Moutier © Gilles Carcassès

La chenille du Tircis consomme des graminées forestières, surtout des pâturins, mais aussi le dactyle et des brachypodes. Il y a deux générations par an.

C’est l’un des rares papillons de jour à ne pas voir ses effectifs décliner.

Retrouvez notre article :

Le déclin des papillons de jour

L'actualité de la Nature

Quelques insectes des Noirs marais

Le parc des Noirs marais est un espace naturel humide au cœur de la ville d’Osny. L’endroit a fait l’objet d’une réhabilitation en 2016 et 2017 par la commune qui assure son entretien selon un plan de gestion réalisé par un bureau d’études spécialisé. Sachant que la ville d’Osny souhaite inventorier la faune et la flore de cet espace, je m’y suis rendu pour participer au recueil des données d’observations.

Papillons de jour, gros et petits…

Vanessa cardui, la Belle-dame – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Qui butine l’eupatoire en fleurs ? C’est la Belle-dame, un infatigable migrateur.

Celastrina argiolus, l’azuré des nerpruns © CACP – Gilles Carcassès

Et voici l’azuré des nerpruns, intéressé par les salicaires qui poussent dans le fossé.

Cacyreus marshalli, le brun du pélargonium © CACP – Gilles Carcassès

Cette bardane au bord du chemin qui longe le talus de la voie ferrée est visitée par le brun du pélargonium. Sa chenille vit aux dépens des pélargoniums des balconnières des riverains ou des jardinières de la ville. Cette espèce nous est arrivée dans les années 1980, en provenance d’Afrique du Sud, la patrie d’origine des pélargoniums.

Les ombelles de la berce, paradis des mouches !

Graphomya maculata © CACP – Gilles Carcassès

La berce commune au nectar généreux est très visitée par les mouches. Les larves de cette élégante Graphomya maculata vivent dans la boue du bord des mares et sont des prédatrices d’autres larves.

Volucella zonaria, la volucelle zonée © CACP – Gilles Carcassès

La volucelle zonée est une très grosse mouche qui parasite les nids d’hyménoptères sociaux, comme les guêpes et les frelons. D’ailleurs ne ressemble-t-elle pas à un frelon ?

Syrphus ribesii, le syrphe du groseillier © CACP – Gilles Carcassès

Syrphus ribesii est un bon auxiliaire au jardin, car ses larves dévorent les pucerons. C’est le cas de beaucoup d’espèces de syrphes.

Myatropa florea © CACP – Gilles Carcassès

Les larves de Myatropa florea apprécient les eaux très chargées en matière organique comme celles qui stagnent dans les cavités des vieux arbres. Le dessin sur le dessus de son thorax lui vaut son surnom de mouche batman ou syrphe tête de mort.

Tenthredo (marginella-thompsoni) © CACP – Gilles Carcassès

Et ceux deux-là ? Ce ne sont pas des mouches, mais des hyménoptères. La toute petite à gauche est une abeille sauvage indéterminée et la fausse guêpe est une tenthrède, Tenthredo marginella ou une espèce proche Tenthredo thompsoni, dont les fausses chenilles mangent les feuilles du lycope, une lamiacée des milieux humides.

Retrouvez nos articles sur ces insectes :

Belle-dame, étonnante migratrice

L’azuré des nerpruns

Le brun du pélargonium

Deux volucelles au verger de Grouchy

La mouche tête de mort

Dix petits syrphes

Quelques plantes des Noirs marais

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

En visite au potager fruitier de La Roche-Guyon

Un beau jardin productif conduit naturellement

L’an dernier, j’avais observé au potager fruitier de La Roche-Guyon un papillon rare en Ile-de-France, l’azuré porte-queue. Qu’allions-nous découvrir cette fois-ci ?

Au potager fruitier du château de La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Au bord de cette allée, trône un fenouil gigantesque. Si j’étais un machaon, il me tenterait.

Chenille du machaon (Papilio machaon) – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Effectivement, un femelle machaon a pondu sur ce fenouil et sa chenille est déjà bien développée ! Les plantes hôtes de cette belle espèce sont des Apiacées, essentiellement la carotte et le fenouil (sauvages ou cultivés).

Crioceris duodecimpunctata – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Sur un pied d’asperge, quelques criocères à douze points, timides, se cachent à mon approche. Leurs larves consomment les baies des pieds femelles de l’asperge.

Chenille de Polygonia c-album – La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès

Un peu plus loin, au bord de la Seine, une chenille de Robert-le-Diable, reconnaissable à la grande tache blanche sur son dos, consommait tranquillement une feuille d’ortie dioïque, sa plante hôte préférée.

Retrouvez nos articles :

Au potager fruitier de La Roche-Guyon

Le machaon, ou grand porte-queue

Bouh, fais-moi peur !

Le criocère à douze points

L'actualité de la Nature

L’Ariane et la Mégère

Ce sont les noms vernaculaires des femelles de deux espèces de papillons assez proches morphologiquement appartenant à la famille des Nymphalidae : Lasiommata maera (l’Ariane) et Lasiommata megera (la Mégère).  Les mâles portent des noms différents des femelles : le Satyre et le Némusien. Je vous laisse le soin de les apparier…

Lasiommata maera femelle (l’Ariane) – Pontoise © CACP – Marion Poiret

La Mégère se distingue de l’Ariane par la présence d’une bande fauve orangée, positionnée au dessus des ocelles sur la face supérieure des ailes postérieures. Sur les ailes postérieures de l’Ariane, seules les ocelles sont entourées d’un halo coloré.

Lasiommata megera, femelle (la Mégère) – 2008 Haute-Vienne © Alexis Borges

Les mâles de ces deux espèces présentent un bande sombre marquée en travers de l’aile antérieure.

Les chenilles des deux espèces, nocturnes, se nourrissent de graminées.

En cette journée un peu fraîche de début juillet cette Ariane est venue se réchauffer derrière la  vitre de la maison – 2017 © CACP – Marion Poiret

Si Lasiommata megera est une espèce commune, Lasiommata maera est assez rare. Elle se maintient néanmoins assez bien en zone urbaine et périurbaine.

Sources :

Lasiommata maera – Observatoire francilien de la biodiversité
Lasiommata megera – Observatoire francilien de la biodiversité

Retrouvez des articles sur les papillons :

Plus du tiers des papillons d’Ile-de-France menacé ou disparu

La couleur bleue chez les lépidoptères

Notre exposition sur les papillons

Petit papillon vert, quel est ton secret ?

L’azuré porte-queue

Le déclin des papillons de jour

Le grand paon de nuit