L'actualité de la Nature

Faune et flore des champs

Coquelicots à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Au bord des champs, on peut faire de belles observations. Mais comment reconnaître les plantes et les oiseaux que l’on y rencontre ? Je vous ai sélectionné trois petits guides numériques gratuits, très pratiques et bien illustrés pour accompagner vos balades :

La clé des champs – Flore des bordures herbacées des milieux agricoles (2012)

Oiseaux des champs – Guide d’identification des espèces communes (2012)

Guide d’identification des messicoles, par Tela Botanica

Le miroir de Vénus (Legousia speculum-veneris) dans les blés à La Roche-Guyon © CACP – Gilles Carcassès
Faisan de Colchide © CACP – Gilles Carcassès
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La saperde perforée

Saperda perforata – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Saperda perforata, une espèce en extension vers l’ouest

Cette saperde d’Europe centrale est longtemps restée une rareté alsacienne, connue seulement de la région de Haguenau, dans le Bas-Rhin ; sa première mention dans cette localité date de 1866. Elle a gagné le Haut-Rhin en 1974, puis est signalée dans les Hautes-Alpes en 1995, elle est ensuite observée dans l’Allier et dans la région Centre en 1997. Aujourd’hui, elle semble bien établie dans les Alpes et le centre de la France et est attestée en Seine-et-Marne et dans l’Oise. Elle aurait été vue aussi dans les Yvelines et en Essonne.

Carte de répartition de Saperda perforata, par l’INPN

Je suis content de pouvoir ajouter le Val d’Oise au domaine de ce superbe coléoptère. Mon observation viendra verdir la carte de répartition de l’espèce sur le site de l’INPN lorsque la donnée sera intégrée, l’an prochain sans doute.

La saperde perforée est inféodée aux peupliers. Sa larve se développe sous l’écorce des arbres morts. Il paraît que lorsque la larve consomme le bois d’un peuplier tremble, l’adulte est de couleur grise.

Source :

Extension en Île-de-France de Saperda perforata, par Philippe REISDORF, Pierre ZAGATTI et Nicolas MOULlN (2012)

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Le lamier pourpre

Lamium purpureum, le lamier pourpre – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Ces jours-ci, le lamier pourpre illumine les bords des chemins ! On aura reconnu les caractéristiques indicatrices d’une Lamiaceae : la tige carrée, les feuilles opposées décussées (décalées de 90° à chaque entre-nœud), la fleur à deux lèvres, comme une gueule grande ouverte qui paraît-il évoque Lamia, une ogresse de la mythologie grecque. Cette espèce est facile à reconnaître avec ses jeunes feuilles franchement pourprées.

Les jardiniers connaissent bien le lamier pourpre, car c’est une adventice fréquente des potagers. On peut utilement lui épargner la binette en hiver en la laissant jouer son rôle de couvre-sol qui protège de l’érosion et évite la battance de la terre par les pluies. Au moment de la préparation des planches pour les semis de printemps, elle sera très facile à éliminer.

Autre bienfait : elle fleurit toute l’année, offrant en continu des ressources alimentaires aux insectes auxiliaires.

La dispersion de ses graines est aidée par les fourmis, qui sont attirées par une excroissance charnue à la base des akènes. Celle-ci constitue une source précieuse de lipides pour leurs larves. Aussi elles les collectent et les transportent dans leur fourmilière pour l’élevage du couvain.

Sources :

Lamier pourpre, le cœur sur la feuille, par Sauvages du Poitou

Lamium purpureum, par Ephytia (INRA)

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Un canard qui boite de l’aile

Canard colvert à l’aile déformée – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Le syndrome des ailes d’ange

Dans le cadre du comptage annuel des oiseaux d’eau, nous avons observé dans l’étang du parc du château de Grouchy ce canard colvert à l’aile anormalement basse. La dernière articulation de l’aile est tournée vers l’extérieur. Cette infirmité, qui semble plus toucher les mâles que les femelles, est une maladie d’origine alimentaire ; elle empêche l’oiseau de voler. Ne pouvant fuir efficacement les prédateurs, son espérance de vie est forcément très limitée.

Halte au pain !

Qu’a-t-il donc mangé qui ne lui a pas réussi ? Du pain, tout simplement ! L’excès de pain chez les jeunes canards engendre ces malformations osseuses.

Dira-t-on jamais assez qu’il ne faut pas donner du pain aux oiseaux d’eau ?

Sources :

Ne donnez pas du pain aux cygnes et aux canards, un article de la LPO PACA

Nourrir les oiseaux – Règles de bonne conduite pour ne pas les mettre en danger, un article de Lac de Créteil

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La couleur bleue chez les lépidoptères

Reflet bleu vif

La couleur bleue chez les papillons est souvent le résultat d’une iridescence liée à des microreliefs de surface. Elle apparaît alors intensément sous certains angles seulement. C’est le cas par exemple chez le mâle du Petit mars changeant.

Apatura ilia, le Petit mars changeant – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Chez les Lycaenidae, les mâles de beaucoup d’espèces ont une coloration bleue plus ou moins étendue. On nomme parfois ces papillons des « azurés » :

Polyommatus icarus mâle, l’Azuré commun – Cergy © CACP – Marion Poiret
Aglais io, le paon de jour – Cergy © Gilles Carcassès

Chez le paon du jour, les écailles bleues sont limitées aux ocelles.

Les chenilles aussi !

Certaines chenilles ne sont pas en reste, comme celle de ce sphinx tête-de-mort :

Acherontia atropos – Loire-Atlantique © Jean-Pierre Moulin

La chenille de ce papillon de nuit migrateur affectionne particulièrement les feuilles de pomme de terre. C’est l’une des plus grosses chenilles que l’on peut rencontrer en France. Elle est ordinairement d’une teinte jaune, ornée de larges rayures bleues. Bravo au photographe d’avoir su repérer cette forme rare sur le terre-plein d’une route nationale !

Voir aussi notre article :

Petit papillon vert, quel est ton secret ?

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Deux volucelles au verger de Grouchy

Les cirses maraîchers en fleurs attirent de nombreux insectes. Au parc du château de Grouchy à Osny, j’ai observé ces deux espèces de volucelles attablées sur la même plante.

Un abdomen à moitié translucide !

Volucella pellucens – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

La volucelle transparente vit aux dépends des guêpes. Elle s’introduit dans le nid souterrain de la guêpe commune ou de la guêpe germanique en trompant les occupantes avec des phéromones. Sa larve est un ectoparasite du couvain.

Le faux frelon, et le vrai

Volucella zonaria – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Avec ses 2,5 centimètres de long, la volucelle zonée est l’une de nos plus grandes mouches. Comme la volucelle transparente, elle pond sur la paroi des nids d’hyménoptères sociaux. Sa ressemblance avec le frelon européen lui est peut-être utile pour parasiter incognito les nids de cette espèce ?

Vespa crabro, le frelon européen © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez nos articles :

Sur le cirse maraîcher

Volucelle que vous croyez

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La phalène anguleuse

Ne dirait-on pas un visage souriant ?

Timandra comae, la phalène anguleuse, (les anglais disent « veine de sang ») – parc de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Quand il est au repos, ce papillon aligne ses ailes de façon à faire parfaitement coïncider la ligne rose qui barre ses ailes antérieures et postérieures, donnant ainsi l’illusion d’une ligne continue. Comme pour de nombreuses autres espèces de Geometridae, les motifs sur les ailes ont sans doute pour effet de tromper des prédateurs.  Dans la photo ci-dessus, les lignes du papillon ne sont-elles pas en rapport avec celles des herbes sèches sur lesquelles il se tient ? Même quand on l’a vu se poser, il n’est pas si aisé de le retrouver, immobile dans son environnement, malgré sa couleur claire.

Timandra comae, la phalène anguleuse, est commune dans les prairies humides. Sa chenille consomme des rumex et d’autres Polygonaceae.

Ici, c’est une femelle, car ses antennes sont fines et non largement plumeuses comme celles des mâles de son espèce.

Retrouvez d’autres articles sur les papillons Geometridae :

Fausse brindille

Le géomètre à barreau

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Les fausses fraises de Grouchy

La fausse fraise de Duchesnea indica – parc de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Les belles petites fraises !

Qui n’a jamais été trompé par ces jolies fraises des bois qui n’en sont pas ? Cette plante pousse en sous-bois, s’étale par ses stolons, porte d’appétissants fruits rouges et brillants. Même les feuilles rappellent celles des fraises des bois. Mais voilà, ces fruits n’ont pas du tout le parfum de la fraise et sont vite recrachés. Comment reconnaître le faux fraisier ? Regardez bien l’involucre, cette couronne verte sous le fruit, elle est bien plus grande que celle du fraisier. Et si la plante est en fleurs, c’est facile, celles-ci sont jaunes comme des boutons d’or et pas blanches.

C’est une plante d’origine asiatique, classée invasive au niveau 3 sur une échelle de 5 par le Conservatoire botanique national du Bassin parisien (1). Elle a été introduite en Europe au 17ème siècle comme plante décorative pour tapisser des plates-bandes. On la retrouve fréquemment dans les parcs des châteaux et sa présence dans un milieu naturel est souvent une bonne indication du passé historique du lieu. Si j’ai trouvé cette plante dans une partie boisée du parc de Grouchy, c’est sans doute qu’à une certaine époque elle y a été plantée pour agrémenter les jardins du château.

Dangereuses ou pas ?

Ces fausses fraises sont-elles consommables ? Considérées comme comestibles sans intérêt selon certains, ou comme légèrement toxiques selon d’autres sources, il conviendra de rester prudent, de s’abstenir et d’apprendre aux enfants à les reconnaître.

(1) Catalogue de la flore vasculaire d’Ile-de-France par le CBNBP

La légende des fraises de Grouchy

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La rosette

Miltochrista miniata – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Encore un papillon de nuit qui vole le jour ! J’ai croisé dans le parc de Grouchy à Osny ce petit rose joliment décoré sur une feuille de cirse maraîcher. Sa chenille ne consomme pas cette plante, mais les lichens qui poussent sur les troncs des chênes.

On l’appelle communément la Rosette, allez savoir pourquoi ?

Miltochrista miniata appartient à la famille des Erebidae, comme l’Ecaille marbrée récemment observée dans ce parc.

Chenilles mangeuses de lichens, de mousses et d’hépatiques par Rémi Coutin

 

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Le ganoderme plat

Bravo à Patrick, Murielle et Eric qui, les premiers, ont résolu l’énigme. Et merci à Marie-Louise pour son expertise !

Ganoderma applanatum – parc de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

30 milliards de spores en 24 heures !

Cette poudre de chocolat est en fait un dépôt de spores d’un champignon de souche. L’exceptionnelle production de spores de Ganoderma applanatum s’accompagne semble-t-il d’une infime élévation de température suffisante pour créer un courant ascendant local entrainant les spores sur la végétation environnante.

De la fumée sans flamme…

L’encadrant du chantier d’insertion Espérer 95 qui travaille pour l’agglomération au parc de Grouchy m’a assuré avoir observé avec étonnement ces étranges volutes spontanées au-dessus d’une grosse souche colonisée par ce champignon.

Une petite mouche galligène est spécifique de ce champignon

Galles sous le carpophore du ganoderme plat © CACP – Gilles Carcassès

Une petite mouche jaune, spécifique de ce champignon, crée des galles à sa face inférieure. Il s’agit d’Agathomyia wankoviczii, de la famille des Platypezidae. La présence de ces galles suffit pour confirmer la détermination du champignon. Ironie de la nature : un champignon parasite des arbres, lui-même parasité par une mouche !