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Les hirondelles de Grouchy

Allier entretien du patrimoine bâti et préservation de la biodiversité c’est possible !

Parc de Grouchy – 2019 © CACP – Emilie Périé

A Grouchy, la Ville d’Osny doit réaliser des travaux de rénovation de la toiture. La Ville a décidé de ne réaliser les travaux qu’à l’automne pour éviter de déranger les espèces nicheuses du bâti pendant la période de reproduction. En attendant, et pour prévenir les chutes de matériaux, la Ville a fait poser des filets de sécurité qu’elle a fait ajourer pour maintenir l’accès aux nids des hirondelles de fenêtre installées sur la façade du château.

Filets de sécurité © CACP – Emilie Périé

Carton plein !

Les hirondelles de fenêtre sont fidèles à leur secteur de nidification. Nous avons donc attendu l’arrivée des beaux jours pour nous assurer du succès de la démarche et en effet, 100 % des nids sont occupés, elles en ont même construit un nouveau. Belle réussite pour la protection de la plus grande colonie d’hirondelles de fenêtre de l’agglomération et belle démonstration de la mise en œuvre de la séquence Eviter – Réduire – Compenser avec ici l’évitement de l’impact sur les nids.

Hirondelle de fenêtre rejoignant son nid © CACP – Emilie Périé

Pour aller plus loin

La séquence Eviter – Réduire – Compenser, par le Ministère de la transition écologique

L'actualité de la Nature

Platycis minutus

Platycis minutus – Osny © Gilles Carcassès

Au bord des allées du parc du château de Grouchy, on trouve par endroits des tas de bûches entreposées depuis de nombreuses années. Le sol marécageux entretient une forte humidité dans le bois, ce qui favorise certaines espèces d’insectes. Platycis minutus est de celles-ci. Ses larves se nourrissent dans le bois pourri, et sans doute sont-elles prédatrices de larves d’insectes xylophages. Les adultes sont observés sur le bois mort surtout en août et septembre.

Ce coléoptère appartient à la petite famille des Lycidae. Huit espèces de cette famille sont présentes en France, Platycis minutus n’est pas la plus fréquente mais elle n’est pas rare non plus. On la rencontre en montagne et dans la moitié est de la France, sur du bois mort de sapin ou de hêtre, mais aussi sur le frêne. En l’occurence, je l’ai observée sur une bûche pourrie de frêne.

Platycis minutus – Osny © Gilles Carcassès

L’insecte était coopératif et m’a permis de le manipuler un peu. On voit ici que ses élytres sont côtelés et présentent une ornementation d’aspect grillagé. Les antennes sont noires avec l’extrémité orange.

Platycis minutus – Osny © Gilles Carcassès

Je lui ai suggéré de s’envoler, ce qu’il a fait de bonne grâce mais par trois fois il est revenu se poser sur ma veste. Soit il me prend pour une vieille bûche, soit il est attiré par les couleurs sombres ! Je penche pour la seconde hypothèse.

Attention à ne pas le confondre avec d’autres coléoptères à élytres rouges :

Les Pyrochroa

La callidie sanguine

Source (document à télécharger) :

Les Lycidae d’Europe Etat des connaissances pour la France, par Benjamin Calmont, Hervé Brustel et Valladares Lionel

L'actualité de la Nature

La houlque laineuse

Les prairies sont un lieu propice pour le développement des graminées. L’une d’entre elles est particulièrement agréable au toucher, lorsque nous traversons ces prairies. Il s’agit de la houlque laineuse. La connaissez-vous ?

Une prairie à Cergy © CACP – Emilie Périé

La houlque laineuse

La houlque laineuse, ou Holcus lanatus, est une espèce de graminées des plus communes de la région qui se retrouve sur des sols assez riches en nutriments. A Osny, nous les avons observées non loin d’une voie ferrée.

Jeunes inflorescences de houlques laineuses © CACP – Léo Micouin

La particularité de cette graminée est qu’elle présente des feuilles couvertes d’une pilosité douce au toucher. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle porte le nom de houlque « laineuse ».

Une inflorescence en plusieurs étapes

Les photos montrent les inflorescences de la houlque, à deux stades différents de maturation. Ainsi, il peut nous sembler voir 2 espèces différentes alors qu’il s’agit bel et bien d’une seule et même espèce.

Inflorescence mature © CACP – Léo Micouin

La gaine des graminées

Ici nous pouvons  observer  un  critère  commun  aux  graminées,  à savoir  la  gaine.  C’est  une  feuille  qui  s’élargit  à sa  base  de  façon  à embrasser  la  tige.

Gaine foliaire de la houlque laineuse © CACP – Léo Micouin

 

Sources :

Phillipe Jauzein et Olivier Nawrot, Flore d’Île-de-France, Editions Quae

Retrouvez d’autres graminées observables sur le territoire :

Le dactyle aggloméré

La fléole des prés

La graminée qui se moque de la sécheresse 

L'actualité de la Nature

Panorpes, les éboueurs de la nature

Drôle d’allure, ces mouches-scorpions !

Panorpa vulgaris – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

Voici une panorpe mâle, reconnaissable à son abdomen relevé et terminé par un volumineux organe copulateur. Il est facile de comprendre pourquoi on surnomme ces insectes des mouches-scorpions. Bien sûr, ça ne pique pas.

Sur cet individu, les ailes sont fortement tachées et la tache basale (la plus proche de l’attache de l’aile) est bien marquée : il s’agit de l’espèce Panorpa vulgaris.

Panorpa germanica – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Cette autre espèce a les ailes bien moins tachées que Panorpa vulgaris. La disposition des taches alaires m’orientent vers l’espèce Panorpa germanica, la plus commune des espèces de panorpes en France. A l’extrémité pointue de son abdomen, on voit que c’est une femelle.

Tête de panorpe – Courdimanche © CACP – Gilles Carcassès

La tête des panorpes a une forme allongée singulière, les mandibules et les palpes sont au bout de ce « bec ».

Les panorpes se nourrissent d’insectes morts ou blessés, ils n’hésitent pas à consommer les proies des araignées emballées dans leurs fils de soie. A l’occasion aussi ils profitent du nectar des fleurs et du miellat. Leurs larves carnassières vivent dans le sol.

On rencontre les mouches-scorpions dans les haies, les sous-bois, les jardins, les zones humides. Je les vois souvent sur les orties et les ronces, et au jardin dans les groseilliers.

Une toute petite famille

Le genre Panorpa ne compte que 7 espèces visibles en France. La détermination se fait par l’examen des taches et de la nervation des ailes, la forme du 6ème segment de l’abdomen du mâle, les organes sexuels. Elle est parfois rendue délicate par la variation des dessins alaires au sein d’une même espèce.

Sources :

Mécoptères de France et du Paléartique occidental, par Pierre Tillier (clés de détermination, photographies, atlas des différentes espèces)

Clé simplifiée des panorpes mâles, par Le Monde des insectes

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Stratiomys potamida

Stratiomys potamida en séance photo – Osny © CACP – Emilie Périé

Revenons sur une séance photo estivale pour faire les présentations avec cette bien jolie mouche : Stratiomys potamida.

Le général rayé

Le général rayé, Stratiomys potamida – Osny © CACP – Emilie Périé

Cette mouche est assez rare, ou du moins peu observée par les naturalistes franciliens. Elle ne fait l’objet que de 10 mentions dans la base de données régionale. Elle n’a d’ailleurs pas de nom français officiel. La traduction de son nom anglais Banded general qui donne « le général rayé » lui va plutôt bien. Le caractère rayé est assez évident, quant à l’aspect militaire il lui vient sans doute des deux fortes épines à la base de son scutellum (son dos). De plus, son nom latin Stratiomys signifie en grec « mouche soldat ».

Le terme potamida fait référence au fleuve. En effet, les larves de cette mouche sont aquatiques. Ce qui est assez cohérent avec le fait que nous ayons trouvé cet adulte aux Noirs marais, une des zones humides de Osny et donc un potentiel site de ponte.

Stratiomys potamida – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Vu de dos, cette mouche a une silhouette très particulière avec son abdomen court, large et un peu aplati.

Un amateur d’apiacées

Le A est important, cette mouche ne consomme pas de pavots. On la trouve plutôt sur les ombelles des Apiacées : les plantes de la famille de la carotte ou, comme ici, de la berce (Heracleum sphondylium). 

Stratiomys potamida butinant des fleurs de berce – Osny © CACP – Emilie Périé

Enfin, détail important, les yeux totalement disjoints sur la face et au sommet de la tête nous indiquent qu’il s’agit ici d’une femelle.

Sources :

Stratiomys potamida, par Quel est cet animal ?

Stratiomys potamida, par l’INPN

Base de données naturalistes CETTIA

Field Key to the Soldierflies of the Nederlands, par Menno Reemer (2014)

Galerie des Stratyomyidae (en Hollandais)

Retrouvez d’autres mouches de la même famille dans ces articles :

Deux plumes d’indiens

Actina chalybea

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L’héliotrope d’Europe

Une plante très rare

Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Heliotropium europaeum est une plante annuelle herbacée. Dans le Val d’Oise, la base de données du Conservatoire botanique national du Bassin parisien (Flora) n’indique que deux données de localisation : une à Vétheuil et l’autre à Asnières-sur-Oise. L’héliotrope d’Europe est une plante classée « très rare » dans la base de données régionale, elle est aussi une espèce déterminante pour l’inventaire ZNIEFF. Gilles et Emilie en ont découvert une station à Osny en septembre dernier, sur un talus ensoleillé dans le secteur du moulin de Busagny.

Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Gilles Carcassès

On peut la trouver dans les jachères, les friches urbaines et les pelouses piétinées. En effet, elle a la particularité d’arriver à pousser spontanément dans les espaces modifiés par l’activité de l’Homme. La plante est thermophile, elle affectionne les sols chauds et secs. Ce talus a toutes les qualités requises pour son développement.

Attention, l’héliotrope est toxique.

Son nom de genre, Heliotropium, fait référence au fait qu’elle tourne ses feuilles en fonction de la position du soleil dans le ciel. En réalité, cette particularité n’est pas réservée à l’héliotrope seule puisque c’est aussi le cas de nombreuses autres plantes.

Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Une inflorescence en queue de scorpion

L’héliotrope, tout comme le myosotis des marais (Myosotis scorpioides), présente une inflorescence dite « scorpioïde » : son extrémité se replie sur elle-même telle la queue d’un scorpion. Jusque récemment, les deux plantes faisaient partie de la famille des Boraginacées. Pour des raisons génétiques l’héliotrope a maintenant sa propre famille, celle des Heliotropiacées.

Inflorescence scorpioïde d’Heliotropium europaeum – Osny © CACP – Emilie Périé

Inflorescence scorpioïde de Myosotis scorpioides – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Sa cousine horticole

L’héliotrope du Pérou (Heliotropium arborescens) est utilisée en horticulture pour sa floraison colorée et parfumée. L’arbrisseau est cultivé comme plante annuelle pour garnir les massifs, mais attention aux gelées qui lui seraient fatales !

Heliotropium arborescens utilisé en massif fleuri © CACP – Gilles Carcassès

Source :

L’héliotrope d’Europe, par Sauvages du Poitou

L’héliotrope d’Europe, par Jardin ! L’Encyclopédie

Base de données naturalistes régionale CETTIA

Retrouvez d’autres plantes de la famille des Boraginacées :

La buglosse des champs

La vipérine commune

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Verbascum densiflorum, plante rare à Cergy-Pontoise

Un molène, rare et en double !

Verbascum densiflorum – Osny © CACP – Emilie Périé

De grosses fleurs jaunes, une plante bien dressée et des feuilles douces comme des caresses, pas de doute nous avons affaire à un molène (plantes du genre Verbascum) !

Tâche à nous maintenant de l’identifier parmi les 8 espèces présentes en Île-de-France. Les critères de différenciation sont assez simples, bien que peu ordinaires. Nous commençons par observer la couleur des poils des étamines ! Ici ils sont blancs. Le stigmate a une forme de massue et les feuilles sont très décurrentes : il s’agit bien de Verbascum densiflorum, le molène à fleurs denses, espèce rare en Île-de-France. Et nous en avons vu deux stations : une à Osny et une à Pontoise. Sur cette dernière d’ailleurs les individus avaient un port ramifié peu fréquent chez cette espèce. Que de trouvailles !

Verbascum densiflorum – Pontoise © CACP – Emilie Périé

Des feuilles à câliner

La plupart des molènes ont cette particularité d’avoir des feuilles extrêmement poilues qui les rend très douces au toucher. L’aspect cotonneux est même visible à l’œil. Cela leur donne un charme tout particulier.

Feuilles de Verbascum © CACP – Gilles Carcassès

Verbascum mangé par une cucullie © CACP – Gilles Carcassès

Sources :

La Flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

La base de données d’Île-de-France CETTIA

Verbascum densiflorum, par FLORIF

Retrouvez un autre molène dans cet article :

Le molène bouillon-blanc

L'actualité de la Nature

La galle de la graine de la carotte

Un ami photographe m’a fait découvrir le secteur du moulin de Busagny à Osny, un très bel espace naturel dans la vallée de la Viosne. J’y ai observé, dans une clairière, des carottes sauvages aux ombelles un peu irrégulières, certaines graines étant plus grosses et plus vertes.

Galles de Kiefferia pericarpiicola – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Une recherche documentaire m’a permis de comprendre que ces graines ont été déformées par la ponte du diptère Kiefferia pericarpiicola, qu’elles sont creuses et qu’elles hébergent la larve du moucheron. Cette cécidomyie s’attaque aux carottes, mais aussi au fenouil, aux angéliques, aux buplèvres, au persil, au panais, à la berce commune et aux graines de nombreuses autres Apiaceae… Mais je n’ai jamais détecté sa présence que sur la carotte sauvage. La larve, nous dit-on, passe l’hiver dans un cocon. J’ouvre une galle pour voir cette larve qui est ordinairement d’une belle teinte orange.

Galle ouverte de Kiefferia pericarpiicola © CACP – Gilles Carcassès

Surprise, ce n’est pas une larve qui se trouve à l’intérieur, mais une nymphe, peut-être bien celle d’un hyménoptère parasitoïde ! Normalement, la larve se présente ainsi :

Larve de Kiefferia pericarpiicola © CACP – Gilles Carcassès

Au passage, je saisis sur Cettia Ile-de-France mon observation : cette cécidomyie n’est pas rarissime, mais c’est une première observation pour l’Ile-de-France. Il faut dire que les chercheurs de galles de graines de carottes ne doivent pas être très nombreux…

Source :

Kiefferia pericarpiicola, par le site Bladmineerders.nl

Retrouvez les portraits d’autres galles :

La galle en bourse de l’orme

Carnet de galle

La galle des fleurs de tanaisie

L'actualité de la Nature

Les noctuelles

Invisibles mais belles !

Amphipyra pyramidea, la noctuelle cuivrée © CACP – Gilles Carcassès

Elles se font discrètes avec leurs couleurs ternes et leurs sorties nocturnes, pourtant les Noctuidae, ou noctuelles en français, sont la famille de papillons la plus riche en France. Plus de 830 espèces ! Parmi les 156 espèces identifiées dans le Val d’Oise par nos collègues naturalistes, nous en avons photographié une vingtaine sur Cergy-Pontoise ! En voici quelques-unes.

Les chenilles

La très grande majorité des noctuelles sont phytophages (elles mangent des végétaux). C’est d’ailleurs pour ça qu’elles sont le plus connues. La plupart sont inféodées à une espèce de plante pour la nourriture des chenilles, et quelques-unes d’entre elles ont des goûts assez proches des nôtres : tomate, chou, artichaut, maïs, betterave, salade… Elles ne se font pas beaucoup d’amis chez les agriculteurs, d’autant que certaines sont capables de dévorer une grande diversité de plantes.

Autographa gamma, plus de 200 plantes hôtes possibles ! © CACP – Gilles Carcassès

Les chenilles des noctuelles, comme les adultes ont souvent des couleurs variant du vert au gris, voire au marron.

Chloantha hyperici, la noctuelle du millepertuis – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

La logique voudrait que les chenilles marron vivent au sol et se nourrissent des parties basses des plantes (on dit qu’elles sont terricoles) et que celles qui vivent dans les feuilles soient vertes, pour se camoufler et échapper aux prédateurs. C’est très souvent le cas, mais certaines espèces font des fantaisies…

Cucullia verbasci, la cucullie du bouillon blanc © CACP – Gilles Carcassès

Les adultes

Après avoir passé l’hiver sous forme de chrysalides dans le sol, les adultes émergent et vivent quelques jours (de 2 à 10 selon les espèces) afin de se reproduire. Ils ne se nourrissent alors plus que de nectar et participent à la pollinisation.

Diachrysia chrysidis, la plusie vert-doré – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Leurs teintes vertes et marron leur permettent de se fondre assez bien dans la végétation et leur activité étant essentiellement nocturne, il n’est pas aisé de les repérer.

Trachea atriplicis, la noctuelle de l’arroche © CACP – Gilles Carcassès

Tyta luctuosa, la Funèbre – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Vues de près, leurs ailes sont souvent ornées de jolis motifs. Avez-vous déjà rencontré des noctuelles à Cergy-Pontoise ? Faites-nous part de vos découvertes !

Le Jour de la Nuit

Les noctuelles, comme les autres animaux nocturnes, peuvent être perturbées par la pollution lumineuse. Ce weekend, le 12 octobre 2019, a lieu une journée (et une nuit!) de sensibilisation aux problèmes causés par la pollution lumineuse et aux solutions que l’on peut y apporter.

Un petit geste pour nos amis nyctalopes ?  Commencez par visiter le site internet de la manifestation !

Sources :

Les Noctuidae, par Ephytia de l’INRA

Les Noctuidae, par Insecte.org

Pour en savoir plus sur la biodiversité nocturne :

Une conférence de l’Agence Régionale de la Biodiversité en Île-de-France

Retrouvez d’autres histoires de noctuelles dans nos articles :

L'actualité de la Nature

La renoncule à pinceau, plante rare à Cergy-Pontoise

Une plante rare et vulnérable dans la Viosne

Ranunculus penicillatus – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Ces fleurs blanches flottant avec légèreté dans la Viosne appartiennent à la renoncule à pinceau (Ranunculus penicillatus). Cette plante aquatique est notée comme étant extrêmement rare dans la région.

Elle est très proche de la renoncule des ruisseaux (Ranunculus fluitans) et les botanistes ne sont pas toujours d’accord sur la séparation de ces deux espèces. On manque encore d’information sur les populations de Ranunculus penicillatus mais on sait que Ranunculus fluitans est « vulnérable » selon la liste rouge régionale (elle pourrait devenir de plus en plus rare). Elle était pourtant « très commune » dans les flores anciennes. Il est probable qu’il en soit de même pour Ranunculus penicillatus.  De plus, elles se développent toutes deux essentiellement dans les eaux courantes, claires et non polluées. En trouver une si belle station dans la Viosne est une très bonne nouvelle. D’autant plus qu' »elle n’était pas là il y a trois ans », nous dit un habitant rencontré sur place.

Les collègues de la GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et protection des inondations) étaient avec nous lors de notre découverte. Nous comptons sur eux pour garantir la survie de cette station.

La reconnaître à coup sûr

Cette renoncule étant considérée comme « extrêmement rare » et « vulnérable » elle est suivie d’assez près par les botanistes de la région. Il ne faut donc pas commettre d’impair en signalant la mauvaise plante dans les bases de données régionales. Voici les éléments de la clé qui nous permettent d’être certains de notre identification :

  • Les pétales de cette renoncule sont blancs
  • Les feuilles sont toutes découpés en lanières filiformes
  • La plante « nage » dans le courant et atteint jusqu’à 6 mètres de long
  • Il y a des poils sur le réceptacle de la fleur.

Nous arrivons donc à Ranunculus penicillatus, la renoncule à pinceau.

Identifier la renoncule à pinceau © CACP – Emilie Périé

Affaire à suivre !

Sources :

La flore d’Île-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

La renoncule à pinceau, par FLORIF

La renoncule des rivières, par FLORIF

Liste rouge de la flore vasculaire d’Île-de-France