L'actualité de la Nature

Le Petit mars changeant

Brève rencontre au parc de Grouchy

Apatura ilia, le Petit mars changeant © CACP – Gilles Carcassès

Il est descendu de la cime des arbres, a longé d’un vol rapide une allée ombragée du parc de Grouchy et s’est brièvement posé à terre pour chercher à boire. Clic-clac : deux photos réflexes, et le voilà reparti tout en haut d’un frêne.

Un bleu incroyable

Son reflet bleu métallisé est aussi spectaculaire que fugace. Il faut juste la bonne incidence pour l’apercevoir. Dés qu’il se tourne un peu ou relève les ailes, la magie disparaît. Ce reflet bleu violet est le fait d’irisations dues au microrelief des écailles qui recouvrent ses ailes. Les femelles ne présentent pas ces irisations.

Le Petit mars changeant – Osny © CACP – Gilles Carcassès

On voit que ce papillon a sorti sa trompe jaune et s’intéresse à une tache d’humidité pas plus grosse qu’une tête d’épingle, peut-être une gouttelette d’urine d’un insecte, qu’il aura repéré à l’odeur. Il n’est pas rare qu’il se pose sur la peau humaine pour en pomper la sueur.

Sur les peupliers « sauvages »

La chenille du Petit mars changeant consomme des feuilles de peupliers mais on la trouve aussi sur les saules. L’adulte se nourrit du miellat des pucerons dans les arbres. L’espèce est un bonne indicatrice de la richesse de biodiversité des boisements humides ; elle s’adapte mal aux peupleraies modernes à l’ambience trop sèche.

Un autre papillon indigène aux ailes fortement irisées

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Reconnaître les libellules

Pour briller en société, rien de tel que de savoir différencier au premier coup d’œil les trois espèces de Libellula de la faune française.
Il suffit de savoir quoi observer : ce sont les taches sombres sur les ailes !

Démonstration :

Libellula quadrimaculata, la libellule à quatre taches (mâle) – parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

Libellula quadrimaculata : immanquable, la tache sombre aux nodus (au milieu, à l’avant de chaque aile).

Libellula fulva, la libellule fauve (femelle) © CACP – Gilles Carcassès

Libellula fulva : extrémité des ailes (plus ou moins) assombrie et une tache peu étendue à la base de chaque aile.

Libellula depressa, la libellule déprimée (femelle) – parc du château de Menucourt © Gilles Carcassès

Libellula depressa : une tache étendue et bien visible à la base de chaque aile.

La plus difficile c’est la libellule fauve, parce que les taches sombres à l’extrémité des ailes ne sont pas toujours présentes. Mais il faut bien regarder les taches à la base des ailes : elles sont vraiment moins étendues que chez la libellule déprimée (surtout pour l’aile antérieure).

Chez Libellula quadrimaculata les deux sexes sont semblables, pour les espèces Libellula fulva et Libellula depressa, les mâles matures sont teintés de gris ou de bleu.

Application :

Quelle est l’espèce de cette Libellula mâle ?

Libellula mâle © Gilles Carcassès

Vous avez vu, c’est facile : Libellula depressa

Et celui-ci ?

Encore une Libellula mâle – étang du parc de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Enfantin : petites taches = Libellula fulva.

Et celui-là ?

© CACP – Gilles Carcassès

Aucune tache : ce n’est pas une Libellula, celui-ci est un Orthetrum. C’était un piège.

Retrouvez nos articles :

Les libellules pour les nuls

La libellule déprimée

Libellules

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La Goutte de sang

En traversant à pieds la belle prairie de la plaine de Lameth à Osny, nous avons réveillé ce petit papillon de nuit.

La Goutte de sang © CACP – Mathilde Barbosa

Un papillon nommé Goutte de sang

Quand il s’envole, il montre le rouge vif de ses ailes postérieures. Encore un truc pour décontenancer les prédateurs. Pour les avertir aussi, car ce papillon est toxique !

Tyria jacobaeae, la goutte de sang – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Aimable, il a pris la pose sur un tronc. Tyria jacobaeae est une écaille, de la famille des Erebidae. Il ne faut pas confondre cette espèce avec les zygènes, qui arborent aussi cette gamme de coloris. Ils appartiennent à une famille différente, les Zygaenidae.

Zygaena carniolica, le zygène du sainfoin © CACP – Gilles Carcassès
Pied de séneçon de Jacob © CACP – Gilles Carcassès

Des chenilles aussi voyantes que le papillon

Nous avons cherché les chenilles de la Goutte de sang, qui vivent sur le séneçon de Jacob. C’est uniquement sur celui qui pousse sur le trottoir que nous en avons trouvé.

Chenille de Tyria jacbaeae © CACP – Gilles Carcassès

Les chenilles les plus jeunes étaient dans la partie basse de la plante et consommaient les feuilles, les plus âgées se régalaient des boutons floraux. Comme le papillon, la chenille de Tyria jacobaeae est toxique. Ses rayures noires et jaunes sont aussi un avertissement pour les oiseaux.

Retrouvez nos articles :

Les zygènes

Plaine de Lameth, gestion différenciée à Osny

Source :

La Goutte de sang par insectes-net

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Gestion différenciée à Osny

Ophrys apifera – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Cette orchidée sauvage est l’ophrys abeille. Souvent elle ne s’exprime pas dans nos espaces en herbe, car elle ne fleurit pas si sa tige est coupée par la tondeuse. J’en ai vu de beaux exemplaires en fleurs à Osny, dans la plaine de Lameth. Cette pelouse était encore l’an dernier tondue régulièrement, mais cette année la ville a décidé de laisser s’exprimer la biodiversité.

« fauche retardée = nature préservée » – Rue de Marines à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Pour expliquer le nouveau mode de gestion aux riverains et usagers, des panonceaux ont été installés.

Plaine de Lameth à Osny © CACP – Gilles Carcassès

De larges allées tondues invitent à la promenade. Un bien bel espace !

Retrouvez nos articles sur les prairies urbaines :

Le choix de la prairie

Gestion des prairies, maintenant on sait

Le protocole Florilèges prairies urbaines

et notre guide d’identification des orchidées de Cergy-Pontoise et du Vexin français (à télécharger)

 

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Le siffleur du Chili

Encore un joli canard exotique au parc de Grouchy

Cette fois-ci c’est un siffleur du Chili. Difficile de ne pas le repérer car c’est un bon siffleur et il siffle généreusement au printemps. On n’entend que lui…

Le canard siffleur du Chili, Anas sibilatrix au parc de Grouchy à Osny © CACP – Corentin Pinheiro

Anas sibilatrix est un canard de surface originaire du Chili et d’Argentine. Cette espèce présente un bec gris-bleu à pointe noire qui rappelle beaucoup celui de notre canard siffleur européen.

Des oies d’ornement, ça existe aussi

Oie à tête barrée (à gauche) et bernache nonette © CACP – Corentin Pinheiro

La bernache nonette repérée l’hiver dernier a une nouvelle copine, une oie à tête barrée. Cette espèce essentiellement chinoise migre en hiver vers l’Asie du Sud.

Toutes ces bêtes peu farouches sont des échappées d’élevage et semblent très à leur aise sur l’étang du parc de Grouchy. Il faut dire que c’est un très bel endroit.

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Suivons les vulcains

Vulcain au parc de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Natureparif porte à notre connaissance un programme de suivi international de la migration des vulcains. Pour participer, il suffit de s’inscrire sur l’un des portails régionaux du réseau VisioNature (pour l’Ile-de-France : http://www.faune-iledefrance.org/) et d’y consigner vos observations.

Toutes les informations sur ce programme de sciences participatives sont ici : insectmigration. On peut aussi utiliser des applications mobiles à télécharger dans ce site.

Retrouvez notre article sur le vulcain, cet incroyable migrateur.

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Nonnette

Groupe d'oies au château de Grouchy © Gilles Carcassès
Groupe d’oies devant le château de Grouchy à Osny © Gilles Carcassès

Qui domine de la tête et des épaules ce troupeau de bernaches du Canada ? C’est une oie domestique. Mais regardez bien au premier plan, devant cette grosse oie, cette bernache plus petite avec une bavette noire : c’est une bernache nonnette.

Bernache nonette © Gilles Carcassès
Bernache nonnette © Gilles Carcassès

Outre sa petite taille et sa bavette noire, on remarque son front blanc et son dos gris bleuté nettement barré. Cette espèce niche en Arctique et hiverne sur les côtes en Ecosse, Angleterre, Allemagne, Pays-Bas… En Ile-de-France, les rares oiseaux observés sont essentiellement échappés de captivité. Parfois, une vague de grand froid nous apporte quelques troupes de nonnettes sauvages. La reproduction de bernaches nonnettes en liberté n’a encore jamais été observée dans notre région, ce qui n’est pas le cas de la bernache du Canada, qui est une espèce invasive.

Bravo à Mathilde Vassenet, Peaupaul et Florent Roubinet, les trois premiers à avoir identifié les deux intrus !

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Les abeilles domestiques sont-elles bénéfiques pour la biodiversité ?

« Installer des ruches, c’est bon pour la biodiversité. » Cette affirmation, souvent entendue, est-elle vérifiée ?

Ce document de synthèse incite à une grande prudence sur ce sujet. Si les abeilles ont un rôle très important pour la pollinisation des végétaux, leur présence en grande quantité peut avoir des effets néfastes sur les populations des espèces d’abeilles sauvages : compétition alimentaire pour le pollen et le nectar, risque de transmission de maladies, modification des relations spécifiques entre certaines plantes et des abeilles sauvages.

Aussi, les auteurs préconisent de freiner l’installation de nouveaux ruchers dans les espaces naturels protégés, et même en milieu urbain où une certaine diversité d’abeilles sauvages arrive à se maintenir si la concurrence exercée par les abeilles domestiques n’est pas trop forte. Faudrait-il instaurer des seuils et des quotas ? Les auteurs de l’étude s’y refusent ; les situations sont trop variables et complexes pour qu’on puisse appliquer des règles. Reste le bon sens : l’essentiel est d’offrir à la faune des habitats variés de qualité, de bien soigner les abeilles domestiques, et d’agir avec mesure en tenant compte des spécificités des territoires.

Eucera sp. - Osny © Gilles Carcassès
Eucera sp. – Osny © Gilles Carcassès

Avec d’aussi longues antennes et cette douce fourrure, voici un mâle du genre Eucera, un représentant de la famille des Anthophoridae. Ces abeilles sauvages printannières creusent des terriers dans les zones sablonneuses ; elles sont inféodées à des plantes de la famille des Fabaceae. J’en vois régulièrement (surtout des femelles) visiter les fleurs des vesces des haies. Les mâles butinent de façon mois spécifique et jouent même un rôle important dans la pollinisation des orchidées du genre Ophrys.

Eucera mâle - Osny © Gilles Carcassès
Eucera mâle – Osny © Gilles Carcassès

Il existe en France près d’un millier d’espèces d’abeilles sauvages. Retrouvez nos articles sur deux espèces communes à Cergy-Pontoise :

Colletes hederae

Anthophora plumipes

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Sur le cirse maraîcher

Floraison de Cirsium oleraceum - Saint-Ouen l'Aumône © Gilles Carcassès
Floraison de Cirsium oleraceum – Saint-Ouen l’Aumône © Gilles Carcassès

Le cirse maraîcher (Cirsium oleraceum) est présent sur notre territoire dans les vallées de la Viosne et du ru de Liesse, ainsi qu’au bord de l’Oise, dans les endroits marécageux. C’est un chardon assez élevé, aux grandes fleurs pâles et aux feuilles larges.

Voici trois bestioles surprenantes et peu courantes que l’on peut observer sur cette plante. Ces photographies ont été prises au parc de Grouchy à Osny.

Tephritis conura - Osny © Gilles Carcassès
couple de Tephritis conura – Osny © Gilles Carcassès

Ce très joli diptère est Tephritis conura, il est inféodé à cette plante. La femelle pond dans ses boutons floraux.

Cixius cunicularius - Osny © Gilles Carcassès
Cixius cunicularius – Osny © Gilles Carcassès

Cixius cunicularius est un homoptère de la famille des Cixiidae. Il affectionne les bords de rivière, tout comme le cirse maraîcher. On le trouve sur la végétation basse.

Cassida rubiginosa - Osny © Gilles Carcassès
Cassida rubiginosa – Osny © Gilles Carcassès

Cet insecte déguisé en tortue verte n’est pas une punaise, mais bien un coléoptère de la famille des Chrysomelidae (vaste famille !). L’avant, c’est du côté des antennes. Ses larves consomment les feuilles de divers chardons, dont le cirse maraîcher.