L'actualité de la Nature

Pammene aurana, la pyrale de la berce

Chocolat à l’orange ?

Sur une fleur de berce commune – parc du château de Grouchy (Osny) © CACP – Gilles Carcassès

Au bord d’un chemin dans le parc du château de Grouchy à Osny, j’ai rencontré ce curieux petit papillon bicolore sur une ombelle de berce.

Pammene aurana – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Visiblement il se délecte du nectar de cette fleur fraichement éclose.

Les rayons du soleil du matin font miroiter ses écailles :

Pammene aurana – Osny © CACP – Gilles Carcassès

A ses gros yeux et sa silhouette, je soupçonne la famille des Tortricidae, de petits papillons de nuit souvent nuisibles aux cultures. Malgré son look bien typé, j’ai un peu de mal à l’identifier car il n’est pas souvent photographié. Il s’agit de Pammene aurana, une espèce inféodée aux berces. Les chenilles se protègent dans des toiles collectives tissées dans les inflorescences de la berce commune puis consomment les graines de cette plante. Elles hibernent dans un cocon de soie dans le sol. L’année suivante, au début de l’été, les papillons émergent et gagnent les fleurs des berces.

Retrouvez d’autres belles découvertes faites au parc de Grouchy, dans ces articles :

Le pic mar

La saperde perforée

Deux plumes d’Indien

Encore vivante !

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A vos souhaits !

Achillea ptarmica – parc du château de Grouchy © CACP – Alexandra Marques

Condamnée à l’exil au bord des marécages,
Où sa racine baigne en des bas-fonds boueux,
La ptarmique jamais ne laisse les outrages
Des fanges polluer ses corymbes neigeux.
Et lorsque sec et gris son feuillage sévère
S’effrite en les bocaux d’un vieil apothicaire,
Elle reste la vierge un tantinet farouche
Et fait éternuer l’insolent qui la touche.

Henri Leclerc (1935)

Cette jolie plante était autrefois utilisée pour provoquer des éternuements, censés soulager les maux de tête, les névralgies de la face, les douleurs dentaires ou oculaires…

Achillea Ptarmica – Osny © CACP – Alexandra Marques

L’achillée ptarmique est une plante assez rare en Ile-de-France, en régression en raison de la disparition des prairies humides qui constituent son habitat. Nous l’avons vue au bord de l’étang du parc du château de Grouchy à Osny.

Il ne faut la pas confondre avec l’autre achillée, l’achillée milllefeuille, beaucoup plus commune, aux feuilles très divisées.

Achillea ptarmica est la plante hôte exclusive d’un diptère Tephritidae, Tephritis angustipennis . J’aimerais bien la voir, cette petite mouche !

Sources :

Les sternutatoires : la ptarmique : Henri Leclerc, in Revue de phytothérapie, mai 1952 [compte-rendu] Guitard Eugène-Humbert 

Diptères (Brachycères) par E. Séguy (1934) – p.156

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La coccinelle à quatorze points blancs

Calvia quatuordecimguttata – parc du château de Grouchy © CACP – Gilles Carcassès

1 – 3 – 2 -1, ce n’est pas la disposition des joueurs d’une équipe de foot à sept, mais bien celle des taches blanches qui ornent chacune des deux élytres de la coccinelle à 14 points. Cette coccinelle rousse à points blancs vit essentiellement dans les arbres à feuilles caduques. Elle y chasse des pucerons, des psylles et aussi des acariens. Celle-ci, je l’ai trouvée au sommet d’une eupatoire au bord de l’étang du parc du château de Grouchy à Osny, il est vrai sous des aulnes. L’adulte passe l’hiver dans la litière.

Une auxiliaire efficace pour les vergers

Calvia quatuordecimguttata fréquente souvent les pommiers, les poiriers et les pruniers, du moins ceux qui ne reçoivent pas de pesticides, car elle y est très sensible !

Source :

Calvia quatuordecimguttata, par Encyclop’Aphid

Retrouvez notre article :

Toutes les coccinelles à points blancs

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Le grand puceron de l’ortie, ami des jardiniers

Pucerons sous une feuille d’ortie – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Le grand puceron de l’ortie est inféodé aux orties. On ne lui connaît pas d’hôte secondaire, et ses colonies ne sont pas fréquentées par les fourmis.

Le grand puceron de l’ortie, Microlophium carnosum © CACP – Gilles Carcassès

Cette espèce peut être verte, ou rose, ou brun violacé. Ses longues cornicules effilées et sa cauda courte permettent de différencier Microlophium carnosum d’Aphis urticata, l’autre espèce de puceron inféodée à l’ortie.

Microlophium carnosum © CACP – Gilles Carcassès

Les individus ailés ont le dessus du thorax et de la tête sombre. Celui que l’on voit ci-dessus a plongé son rostre dans la nervure de la feuille pour en aspirer la sève. La femelle aptère à droite, d’un vert un peu plus sombre, est en train de mettre au monde une petite larve.

Une plante utile pour la protection des cultures ?

Eupeodes luniger © CACP – Gilles Carcassès

Ces pucerons sont la proie de larves de syrphes, en particulier Eupeodes luniger, de punaises anthocorides et de différentes espèces de coccinelles dont la coccinelle à deux points Adalia bipunctata et la coccinelle à quatorze points Propylea quatuordecimpunctata.

Des études ont cherché a prouver l’effet supposé bénéfique de l’ortie à proximité de cultures, en temps que réservoir de prédateurs de pucerons. Rien de probant, au contraire lorsqu’un effet est constaté, c’est l’ortie qui attire les coccinelles présentes sur les cultures !

Et les parasitoïdes ? Raté aussi : le parasitoïde le plus fréquent semble bien inféodé au grand puceron de l’ortie, il est donc incapable de réguler les pullulations de pucerons sur les plantes cultivées voisines.

Mais une autre étude a démontré que l’ortie pouvait constituer une source très intéressante de réservoir pour les champignons parasites qui détruisent les pucerons. Ah, tout de même !

Sources :

Microlophium carnosum, par InfluentialPoints

Mon massif d’orties mieux que les pesticides ! par Vincent Albouy

Retrouvez d’autres pucerons dans ces articles :

Le grand puceron du saule

Le puceron jaune de l’asclépiade

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L’hirondelle de fenêtre

Nous étions partis en reconnaissance au parc de Grouchy quand nous les avons repérées, perchées sous le toit du château et virevoltant au-dessus de l’étang : les hirondelles de fenêtre sont de retour !

Hirondelle de fenêtre, Delichon urbicum © CAPC – Gilles Carcassès

Urbaine, mais pas seulement

L’hirondelle de fenêtre affectionne les surplombs rocheux des falaises où elle peut construire son nid. Toutefois, comme l’hirondelle rustique, elle s’est adaptée au milieu urbain, ce n’est d’ailleurs pas pour rien que son nom scientifique est Delichon urbicum (urbaine). Elle s’installe volontiers sur les constructions humaines : bâtiments, ponts, arches … à condition qu’ils présentent des irrégularités ou des anfractuosités plus ou moins rocheuses sur lesquelles bâtir son nid.

Une colonie d’hirondelles de fenêtre niche sur la façade du château de Grouchy @ CACP – Emilie Périé

Une hirondelle à choyer

L’hirondelle de fenêtre n’est pas menacée et les populations sont encore assez nombreuses. Toutefois on enregistre un déclin certain des effectifs en Europe depuis le milieu du 19 ème siècle. Pour pouvoir continuer à observer cette messagère du printemps, il faut assurer la pérennité de son habitat. Si elle niche toujours en milieu naturel, les espaces propices à son installation deviennent de plus en plus rares. L’hirondelle de fenêtre est maintenant considérée comme « spécialiste du milieu bâti ». Mais il faut pour cela que le bâti reste accessible : avec des avancées de toits ou de fenêtre, des moulures en pierre et surtout, la garantie de ne pas voir le nid retiré lors des grands ménages de printemps, ce qui est strictement interdit !

L’hirondelle de fenêtre est une insectivore, à 100% de son régime. La cohabitation ne peut être que bénéfique !

Confusion possible

L’hirondelle rustique est également présente sur Cergy-Pontoise et ressemble à notre hirondelle de fenêtre. La rustique arbore une bavette rouge et un croupion noir, alors que celle de fenêtre a la gorge et le croupion blancs.

Sources

L’hirondelle de fenêtre, par Oiseaux.Net

Retrouvez d’autres oiseaux spécialistes du milieu bâti :

Le choucas des tours

Le rouge-queue noir

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Bugles

Au bord de l’étang du parc du château de Grouchy, les jardiniers chargés de la tonte ont épargné une large tache de cette plante tapissante à fleurs bleues.

Ajuga reptans, la bugle rampante – Parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Ils ont eu raison parce que les fleurs des bugles sont bien jolies et qu’elles sont visitées par les bombyles et les bourdons, équipés d’une longue trompe pour aller puiser le nectar au fond des corolles.

Il existe en fait deux espèces de bugles à fleurs bleues, visibles toutes les deux en Ile-de-France : cette bugle rampante, très commune, qui se plaît dans les sols humides et les situations ombragées, et la bugle de Genève, plus rare, qui affectionne au contraire les sols secs, sableux et ensoleillés.

Ajuga genevensis, la bugle de Genève – Saint-Martin-la-Garenne (78) © CACP – Gilles Carcassès

Les inflorescences de la bugle de Genève sont généralement plus compactes, et la plante est plus poilue. Les fleurs sont d’un bleu plus lumineux.

Un beau tapis de bugles de Genève sur une pelouse sèche © CACP – Gilles Carcassès

Ne pas confondre avec la brunelle, une autre Lamiaceae !

Prunella vulgaris, la brunelle commune – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Les fleurs de la brunelle (Prunella vulgaris), contrairement à celles des bugles, sont dotées d’une lèvre supérieure en forme de casque. La plante fréquente les lisières forestières, mais on la croise aussi dans les pelouses et les friches urbaines.

Brunelle ou prunelle ?

Prunella en latin se dit brunelle en français, avouez qu’il y a de quoi y perdre ses consonnes ! Et pourquoi pas prunelle ? Sans doute pour ne pas confondre avec le fruit du prunellier (Prunus spinosa). Et pourquoi pas Brunella ? L’INPN l’indique comme un synonyme de Prunella. C’est aussi un prénom, la version féminine de Bruno.

Des bugles horticoles

On trouve en pépinières plusieurs variétés du bugle rampant, utiles pour tapisser un coin à l’ombre. En voici deux assez faciles à trouver :

Ajuga reptans ‘Burgundy Glow’ © CACP – Gilles Carcassès
Ajuga reptans ‘Rosea’, dans mon jardin de Poissy © CACP – Gilles Carcassès

Retrouvez des portraits d’autres Lamiaceae :

L’épiaire des bois

Le lamier jaune

Le lamier amplexicaule

 

 

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Le troglodyte mignon

Le troglodyte mignon © CACP – Emilie Périé

En voilà un qui porte bien son nom ! Le troglodyte mignon, ou Troglodytes troglodytes, est un petit passereau qui est (selon moi) terriblement mignon.

Toujours la queue en l’air, de la taille d’un poing et arborant des motifs lui donnant un aspect gaufré, il est impossible à confondre avec un autre oiseau du territoire. D’autant plus que notre troglodyte mignon est le seul représentant du genre en Europe. Tous les autres Troglodytes sont américains.

Si « mignon » peut s’expliquer, pourquoi « troglodyte » ? C’est à cause de son type de nidification. Il construit un nid en forme de boule, avec une entrée latérale, et très souvent adossé à une paroi rocheuse : cela fait penser à une maison troglodytique.

Petit mais puissant

Tout comme dans la fable du Lion et du Moucheron, il ne faut pas sous-estimer le troglodyte du fait de sa petite taille. Il mesure 5 cm et ne pèse pas plus lourd qu’une pièce de 1 euro mais, cela ne l’empêche pas d’avoir du coffre ! Son chant résonne puissamment dans les bois.

C’est d’ailleurs la seule façon de le repérer, autrement, il est très discret. Le voici en plein chant.

Le troglodyte mignon en plein chant – Parc de Grouchy © CACP – Emilie Périé

Troglodyte et forestier

Le troglodyte est un habitant des forêts. Bien qu’il soit discret, il peut arriver qu’on le repère en train de fouiller le sol forestier à l’aide de son bec fin à la recherche d’insectes.

Sources

Le troglodyte mignon, par Oiseaux.Net

Le chant du troglodyte mignon

Petit mais costaud

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Les deux oreilles

En cette Journée Nationale de l’Audition nous vous avons préparé un sujet sur les oreilles. Non pas celles qui servent à entendre le réveil du printemps et les oiseaux chanteurs mais les oreilles que vous pouvez observer sur les arbres si vous vous promenez en sous-bois en ce mois de mars. Il s’agit bien entendu de champignons !

Les oreilles dans le lexique botanique

Lorsque des végétaux ont des organes aux formes arrondies, il arrive souvent que leur nom d’espèce soit auricula ou auriculata comme pour la scrophulaire à oreillettes : Scrophularia auriculata, dont les fleurs ressemblent à des oreilles de souris. Pour ces champignons, c’est le genre lui-même qui s’appelle « oreille » ! Plusieurs espèces sont regroupées sous le genre Auricularia.

Deux oreilles pour les feuillus

On connait au moins 6 espèces de champignons Auricularia mais seulement deux d’entre-elles sont présentes en Île-de-France, et nous les avons toutes les deux vues à Vauréal et à Osny. Il s’agit de l’oreille de Judas (Auricularia auricula-judae) et de l’oreille poilue (Auricularia mesenterica).

Ces deux espèces sont lignivores. Elles consomment principalement le bois des feuillus avec chacune leur régime préférentiel : on rencontre plus souvent Auricularia mesenterica sur les frênes et les érables, et Auricularia auricula-judae sur les sureaux. Les deux champignons ont, comme leur nom l’indique, une forme plus ou moins évidente d’oreille et une chair gélatineuse. Ils fructifient tous les deux à la même période : à la fin de l’hiver et début du printemps. Heureusement, leurs aspects permettent de les différencier.

A feutre ou à poils ?

L’oreille de Judas, Auricularia auricula-judae, a un aspect lisse et légèrement feutré.

Auricularia auricula-judae au parc du château de Menucourt © CACP – Gilles Carcassès

L’aspect feutré de l’oreille de Judas se voit mieux lorsque que le champignon est sec.

Auricularia auricula-judae sec – Vauréal © CACP – Emilie Périé

L’oreille poilue, Auriculia mesenterica a, quant à elle, la face supérieure toute hérissée de poils.

Auricularia mesenterica – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Vous pouvez maintenant dormir sur vos deux oreilles, vous êtes capables de les différencier ! Et surtout, n’oubliez pas, les oreilles sont au cœur de votre santé !

Sources

L’oreille poilue par MycoDB

L’oreille de Judas par MycoDB

Retrouvez les autres champignons de l’hiver

Les oreilles de la Terre

La pézize écarlate

Sortie champignons à Osny

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Retour sur une sortie champignons au parc de Grouchy le 6 mars 2019

Qui a dit « Les champignons, c’est uniquement en automne » ? Un groupe de membres de l’association Chemins et Rencontres d’Eragny-sur-Oise est venu prouver le contraire au parc du château de Grouchy mercredi 6 mars 2019, sous la houlette de Marie-Louise Arnaudy, mycophile expérimentée.

Sortie champignons – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Emilie Périé

Les nombreux troncs morts et tas de bois au bord des chemins ont permis de faire de belles observations de champignons spécialistes de ces milieux :

Collybie à pied velouté, Flammulina velutipes – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Ce champignon réputé comestible ressemble beaucoup à un faux frère très toxique : méfiance ! En cliquant sur la photo, on peut vérifier l’aspect finement velouté du pied.

Tramète versicolore, Trametes versicolor – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Le chapeau de la tramète versicolore présente des variations de gris et de noir, parfois avec du bleu. Chez les tramètes, le dessous du chapeau est percé d’une multitude de pores de petite taille.

Rhizomorphes de l’armillaire couleur de miel, Armillaria mellea – parc du château de Grouchy à Osny © CACP – Gilles Carcassès

Les rhizomorphes, filaments indurés de mycélium, sont partis à l’assaut d’un vieux tronc mort de peuplier, juste sous l’écorce. Il paraît que quand il est jeune ce mycélium est bioluminescent !

Coprin micacé, Coprinellus micaceus – Osny © CACP – Emilie Périé

Fragile et gracieux, le coprin micacé pousse en touffes serrées sur le bois mort et les vieilles souches. Il doit son nom aux peluches d’aspect micacé qui ornent son chapeau. En vieillissant ce champignon noircit beaucoup.

La sortie a aussi été l’occasion d’écouter et de reconnaître les chants des oiseaux forestiers : la sittelle torchepot, le rouge-gorge, le troglodyte mignon, le pinson, le geai des chênes…

L’examen de troncs tombés a permis de rencontrer quelques habitants du bois pourri cachés sous les écorces : la rhagie inquisitrice, un carabe, le petit silphe noir, une larve de tipule, des cloportes, des diplopodes, des collemboles sauteurs, des iules nonchalantes et d’autres mille-pattes.

Polydesmidae © CACP – Gilles Carcassès

Les Polydesmidae sont des diplopodes : ils ont deux paires de pattes par segment.

Rhagium inquisitor – Osny © CACP – Gilles Carcassès

La rhagie inquisitrice est un longicorne inféodé au bois mort des conifères. On trouve facilement l’adulte sous les écorces d’épicéa en hiver.

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La rhagie inquisitrice

Allée des épicéas au parc du château de Grouchy – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Au parc du château de Grouchy à Osny, la grande allée des épicéas est très prisée des promeneurs. Mais cet alignement est vieillissant et les jardiniers ont abattu ça et là les arbres morts, laissant le bois débité en lisière du boisement. Sous l’action des insectes et des champignons, ce vieux tronc coupé a perdu une bonne partie de son écorce qui s’est décollée et gît à terre.

De drôles de traces, sous cette écorce !

Loge de nymphose de rhagie © CACP – Gilles Carcassès

Sur l’envers de l’écorce, cette curieuse structure annulaire en fibre de bois fermait autrefois le creusement rond que l’on observe sur le tronc dénudé. Le tout assemblé formait la loge nymphale d’un coléoptère xylophage typique des conifères : la rhagie inquisitrice.

Un longicorne à antennes courtes ?

Caché sous un lambeau d’écorce, je débusque un adulte de cette espèce. Contrairement aux apparences, c’est bien un longicorne.

Rhagie – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Les marbrures de ses élytres aux côtes bien marquées, ses poils blancs et l’étroitesse de sa tête en arrière des yeux permettent de distinguer cette espèce. Rhagium inquisitor est commune partout où se trouve le milieu nécessaire au développement de ses larves : les troncs morts de conifères.

Rhagium inquisitor – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Cette rhagie dormait en compagnie d’un petit silphe noir, grand chasseur d’escargots :

Phosphuga atrata, le petit silphe noir – Osny © CACP – Gilles Carcassès

J’ai délicatement replacé ces insectes dans leur abri, où ils attendront sagement le printemps.

Retrouvez d’autres insectes xylophages du parc du château de Grouchy :

Extra plats

La saperde perforée

Source :

La Rhagie inquisitrice, par André Lequet