L'actualité de la Nature

Le grèbe castagneux

J’ai cru voir une pantoufle flotter sur le bassin Blanche de Castille à Saint-Ouen l’Aumône !

Tachybaptus ruficollis, le grèbe castagneux © Gilles Carcassès
Tachybaptus ruficollis, le grèbe castagneux (couleur de châtaigne) © CACP – Gilles Carcassès

Sa forme ramassée donne à cet oiseau une silhouette inimitable. C’est le plus petit de nos grèbes, et son régime alimentaire est surtout constitué de mollusques et de crustacés d’eau douce. Infatigable plongeur, le grèbe castagneux aime beaucoup jouer à cahe-cache avec les photographes.

Le reflet roux sur sa joue est un avant-goût de son plumage nuptial, illustré ci-dessous.

Le grèbe castagneux se reproduira-t-il cette année encore dans l'étang du parc du château de Menucourt ? photo prise en septembre 2014 sur le site. © Gilles Carcassès
Le grèbe castagneux en plumage nuptial et un de ses petits, vus en septembre 2014 au parc du château de Menucourt. © CACP – Gilles Carcassès
Grèbe castagneux - Saint-Ouen l'Aumône © Gilles Carcassès
Grèbe castagneux en plumage hivernal au bassin Blanche de Castille à Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

Le grèbe castagneux a la motorisation du hors-bord : deux pattes semi-palmées à mouvement alternatif à l’arrière.

On fait la course ? © Gilles Carcassès
On fait la course ? © CACP – Gilles Carcassès

En hiver, on voit souvent sur les grands étangs des rassemblements de grèbes castagneux migrateurs en provenance d’Europe du Nord et de l’Est.

Le grèbe castagneux, par le CORIF

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Datura

Datura stramonium en hiver - Saint-Ouen l'Aumône © Gilles Carcassès
Datura stramonium en hiver – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

Datura stramonium est une plante annuelle, probablement originaire du Mexique et depuis longtemps naturalisée en France. Cette plante pionnière se plaît dans les décombres, les remblais, les terres remuées. Elle est parfois adventice dans les jardins. Comme beaucoup d’espèces de la famille des Solanaceae, ses feuilles, fleurs et graines sont riches en alcaloïdes toxiques.

Sa consommation provoque des intoxications graves. En 2007, un jardinier alsacien débutant a fait en des beignets de ses fleurs, croyant avoir fait pousser dans son jardin des pieds de courgettes !

Fleur de datura © Gilles Carcassès
Fleur de datura © CACP – Gilles Carcassès

Un autre, en Anjou en 2008, a cuisiné ses feuilles, persuadé qu’il s’agissait d’épinards. A ces cas anecdotiques de confusions navrantes, heureusement non mortelles, s’est ajouté la présence accidentelle de la plante, signalée en 2010, dans une boîte de conserve de haricots verts, qui s’est traduite par le retrait de tout un lot de boîtes. (1)

Datura stramonium en végétation © Gilles Carcassès
Datura stramonium en végétation © CACP – Gilles Carcassès

Le risque essentiel que fait courir cette plante pour la santé publique est la contamination potentielle de la farine de sarrasin (appelé aussi blé noir) dont on fait les délicieuses galettes bretonnes. Les graines de datura ont la même taille que celles du sarrasin et, de ce fait, le tri mécanique en est difficile. Les producteurs de sarrasin, conscients de ce risque, éliminent soigneusement cette plante si elle apparaît dans leurs cultures. Des contrôles sévères sont pratiqués sur les récoltes pour garantir l’absence de datura. (2)

Dans le foin, les feuilles sèches et les graines de datura peuvent entraîner des intoxications pour les chevaux. (3) Mais ces cas sont rares, car le datura ne pousse pas dans les prairies.

(1) Risque d’intoxication par les plantes et pratique officinale, thèse de Stéphane Rodallec, université de Nantes (2013)

(2) Le datura et la sécurité alimentaire, par le ministère de l’Agriculture (2012)

(3) Le datura et l’alimentation du cheval, par l’IFCE (2016)

L'actualité de la Nature

Le Vulcain

Vanessa atalanta, le vulcain - Cergy © CACP - Gilles Carcassès
Vanessa atalanta, le vulcain, vu le 15 février 2017 sur le chantier d’aménagement paysager du Verger à Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Le Vulcain, comme la Belle-Dame, est un grand migrateur. Chaque année les vulcains, par millions, partent du Maroc et remontent jusqu’en Europe du Nord par la vallée du Rhône ou en longeant les côtes atlantiques. Ils arriveront en Ile-de-France en avril au plus tôt. Ensuite, ils vont s’accoupler et pondre sur les touffes d’ortie que consommeront leurs chenilles.

Alors celui-ci ? C’est un hivernant. Au lieu de descendre en septembre avec tous ses congénères en Afrique du Nord, il a préféré passer l’hiver caché dans un tas de feuilles mortes, une cabane de jardin ou une cavité. Et un beau jour de février, parce qu’il ne gelait plus et que le soleil s’est montré, il a cru que c’était le printemps.

J’en ai vu trois en deux jours : à Pontoise, à Cergy et à Saint-Ouen l’Aumône. Et on m’en a signalé un à la ferme d’Ecancourt à Jouy-le-Moutier.

Vanessa atalanta, le vulcain CACP - Gilles Carcassès
Vulcain qui se chauffe au soleil – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

Chez les papillons, à la différence des oiseaux, ce sont des individus de générations différentes qui font le voyage aller et le voyage de retour. Et, mystère de la nature, ils empruntent les mêmes voies de migration.

Le vulcain par insectes-net

La migration des papillons par l’OPIE

L'actualité de la Nature

La pézize écarlate, champignon d’hiver

Parce que c’est l’hiver, et qu’un peu de couleur nous fera patienter en attendant le printemps, je vous offre ces quelques champignons qui brillaient au soleil de février.

Sarcoscypha coccinea, la pézize écarlate © CACP - Gilles Carcassès
Sarcoscypha coccinea, la pézize écarlate – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

La pézize écarlate est un champignon ascomycète de la famille des Sarcosyphaceae qui comprend 13 genres et 120 espèces dans le monde. Elle fructifie au sol sur le bois pourri et c’est l’un des rares champignons que l’on peut observer en plein hiver. J’ai trouvé ce petit groupe poussant dans la mousse au bord du superbe chemin qui longe le ru de Vaux, un des plus petits affluents de l’Oise.

Le ru de Vaux à Saint-Ouen l'Aumône © CACP - Gilles Carcassès
Le ru de Vaux à Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

L’endroit est calme et secret, c’est en limite de Méry-sur-Oise.

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Tous au bain !

grive draine - Saint-Ouen l'Aumône © Lycée jean Perrin
grive draine – Saint-Ouen l’Aumône © Lycée jean Perrin

La mare construite par les élèves du lycée jean Perrin à Saint-Ouen l’Aumône dans les espaces verts de leur établissement intéresse beaucoup d’oiseaux : chardonnerets, pinsons, verdiers, étourneaux, bergeronnettes des ruisseaux, pigeons ramiers, merles, grives draines et musiciennes se font régulièrement tirer le portrait par le piège photo installé sur la plage. Un héron est même passé voir l’état du garde-manger. Sagement, le lycée, qui veut étudier en classe la petite faune aquatique, n’a pas introduit de poissons. Le héron en a été pour ses frais.

Le lycée m’a envoyé ces quelques images des habitués de la plage.

Pic vert au bain - lycée jean Perrin à Saint-Ouen l'Aumône © Gilles Carcassès
Un pic vert fait sa toilette – Saint-Ouen l’Aumône © Lycée Jean Perrin
Pic vert mouillé © Gilles Carcassès
Pic vert tout mouillé © Lycée Jean Perrin

Après le bain, le pic vert s’ébroue et se sèche sur la plage.

geai © Gilles Carcassès
Un geai s’est posé sur le plongeoir © Lycée Jean Perrin

Pour le bain, le geai devra revenir : ce jour-là, le bassin est tout gelé.

geai au bain © Gilles Carcassès
Le geai s’asperge et fait des vagues © Lycée Jean Perrin

La glace a fondu, il est revenu.

Chat imprudent Pic vert au bain - lycée jean Perrin à Saint-Ouen l'Aumône © Gilles Carcassès
Un chat imprudent a brisé la glace du bassin – Saint-Ouen l’Aumône, le 4 décembre 2017 © Lycée Jean Perrin

Sa mésaventure ne l’a pas empêché de revenir roder à la plage !

Ca ne l'a pas empêché de revenir et il continue de pourchasser les oiseaux © Gilles Carcassès
Le chat du voisin continue de pourchasser les oiseaux © Lycée Jean Perrin

Encore raté !

Retrouvez nos articles qui retracent la genèse de cet espace de biodiversité :

La création de l’espace de nature

La construction de la mare

L'actualité de la Nature

Que fait-il là celui-là ?

Canard mandarin - Saint-Ouen l'Aumône © José Keravis
Canard mandarin – Saint-Ouen l’Aumône © José Keravis

Cela fait quelques semaines que ce drôle d’oiseau rôde sur les berges de l’Oise entre Pontoise et Saint-Ouen l’Aumône. Un abonné au blog a eu le réflexe de le prendre en photo avec son téléphone portable. Ce canard mandarin est très loin de sa Chine natale ! Il s’est peut-être échappé d’un élevage ou d’un parc animalier.

Cette espèce exotique se reproduit parfois sur nos plans d’eau franciliens. Ce fut le cas à Cergy-Pontoise en 2015 : voir les bébés dans cet article.

Canard mandarin mâle aperçu furtivement à l'Ile de loisirs de Cergy-Pontoise en 2013 © Gilles Carcassès
Canard mandarin mâle aperçu furtivement à l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise en 2013 © Gilles Carcassès

Il paraît qu’en Chine cet oiseau était symbole de fidélité et qu’on l’offrait aux jeunes mariés.

Le canard mandarin, par l’Inventaire National du Patrimoine Naturel

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Le hérisson de 22h18

Le passage du hérisson de 22h 18 © Lycée Jean Perrin
Plage de la mare, au lycée Jean Perrin à Saint-Ouen l’Aumône : le passage du hérisson de 22h 18 © Lycée Jean Perrin

Un piège photo, ça ne mord pas : c’est un appareil photo sur pied qui se déclenche automatiquement si quelque chose bouge dans les parages. L’éco-lycée Jean Perrin en a installé un, pour quelques jours, au bord de la mare que les élèves ont réalisée au printemps dernier. Le chat des voisins a été immortalisé sur la pellicule, ainsi qu’une pie, un pigeon ramier, un merle, une grive musicienne, une libellule et deux lycéens venus faire des prélèvements d’eau pour un TP de biochimie. Le plus beau trophée fut ce hérisson qui est passé plusieurs nuits de suite, entre 21 heures et 2 heures du matin. Sur un des clichés, on distingue même la silhouette de deux hérissons.

L’aventure a commencé le 15 décembre 2015. Ce jour-là, élèves et professeurs avaient tracé le périmètre de la future mare dans une pelouse rebaptisée « Zone d’accueil pour la faune ». Armés de pelles et de pioches et avec l’aide d’un niveau laser, ils ont réalisé entièrement à la main cet ouvrage magnifique.

La mare en cours de creusement en mars 2016 © Lycée Jean Perrin
La mare en cours de creusement en mars 2016 © Lycée Jean Perrin

Aujourd’hui déjà bien végétalisée, la mare accueille ses premiers insectes. Nous avons repéré sur la berge un Sympetrum striolatum et aussi de très nombreux syrphes de l’espèce Helophilus pendulus. Il paraît que des larves de plusieurs espèces d’odonates sont déjà en chasse au fond du bassin ! De belles découvertes en perspective pour le printemps prochain…

La mare du lycée Jean Perrin à Saint-Ouen l'Aumône © Gilles Carcassès
La mare du lycée Jean Perrin à Saint-Ouen l’Aumône © Gilles Carcassès
Abri pour hérisson © Lycée Jean Perrin
Abri pour hérisson © Lycée Jean Perrin

La digue intègre un abri souterrain préfabriqué pour les hérissons, débouchant au bas du talus, entre deux grosses pierres.

Les hérissons l’ont-ils découvert ? Pour l’instant, ils fréquentent la plage…

 

 

 

Le reportage sur la création de la mare dans le site du lycée

L'actualité des jardins

Maubuisson : 100 moutons font le mur

A la sortie d’une réunion à l’abbaye de Maubuisson, j’ai suivi un rouge-queue noir qui s’est perché un instant sur le faîte d’un vieux mur dans le domaine.

Rouge-queue noir - Abbaye de Maubuisson 30 09 2016 © Gilles Carcassès
Rouge-queue noir – Abbaye de Maubuisson © Gilles Carcassès

Des rangées de petits objets plus ou moins saillants entre les pierres ont attiré mon attention. Mais oui, ce sont bien des os ! Avant l’invention du fil de fer, on palissait les arbres fruitiers en attachant les branches directement à des pitons fichés dans les murs, et en les liant avec des brins d’osier.

Et parce que le fer était réservé à des usages plus nobles, il était courant d’utiliser, en guise de pitons, des os de mouton.

Mur à os- Abbaye de Maubuisson © Gilles Carcassès
Mur à os – Abbaye de Maubuisson – Saint-Ouen l’Aumône © Gilles Carcassès

Sur ce mur de 280 mètres de long, on compte deux à quatre rangées d’os répartis tous les mètres environ : ça nous fait plus de 800 os ! Et comme ce ne sont que des os droits (ceux des pattes), il aura fallu au moins 100 moutons pour équiper le mur !

Je dis ça, peut-être que je me trompe. Si ça se trouve, ce sont des os de chèvres.

Un autre « mur à os » particulièrement bien conservé sur Cergy-Pontoise

L'actualité de la Nature

Sur le cirse maraîcher

Floraison de Cirsium oleraceum - Saint-Ouen l'Aumône © Gilles Carcassès
Floraison de Cirsium oleraceum – Saint-Ouen l’Aumône © Gilles Carcassès

Le cirse maraîcher (Cirsium oleraceum) est présent sur notre territoire dans les vallées de la Viosne et du ru de Liesse, ainsi qu’au bord de l’Oise, dans les endroits marécageux. C’est un chardon assez élevé, aux grandes fleurs pâles et aux feuilles larges.

Voici trois bestioles surprenantes et peu courantes que l’on peut observer sur cette plante. Ces photographies ont été prises au parc de Grouchy à Osny.

Tephritis conura - Osny © Gilles Carcassès
couple de Tephritis conura – Osny © Gilles Carcassès

Ce très joli diptère est Tephritis conura, il est inféodé à cette plante. La femelle pond dans ses boutons floraux.

Cixius cunicularius - Osny © Gilles Carcassès
Cixius cunicularius – Osny © Gilles Carcassès

Cixius cunicularius est un homoptère de la famille des Cixiidae. Il affectionne les bords de rivière, tout comme le cirse maraîcher. On le trouve sur la végétation basse.

Cassida rubiginosa - Osny © Gilles Carcassès
Cassida rubiginosa – Osny © Gilles Carcassès

Cet insecte déguisé en tortue verte n’est pas une punaise, mais bien un coléoptère de la famille des Chrysomelidae (vaste famille !). L’avant, c’est du côté des antennes. Ses larves consomment les feuilles de divers chardons, dont le cirse maraîcher.