L'actualité de la Nature

Les plantes rares de la mare de l’Hautil

La mare de l’Hautil – Triel-sur-Seine © CACP – Emilie Périé

A quelques centaines de mètres au-dessus de la ferme d’Ecancourt, sur la commune de Triel sur Seine, nous préparons une sortie biodiversité pour des élèves de seconde au lycée de l’Hautil. Juste à l’entrée de la forêt se trouve la mare de l’Hautil. Ce trou d’eau parfaitement circulaire ne paraît pas très naturel. Effectivement, les panneaux aux abords nous apprennent qu’il s’agit d’un site historique créé pour la pêche qui a également longtemps servi comme abreuvoir. Les bovins que l’on conduisaient à pieds depuis le Vexin sur les marchés franciliens faisaient étape sur la mare de l’Hautil pour s’abreuver. Pourtant, malgré la forte incidence de l’Homme sur l’aménagement du site, ce disque d’eau nous réserve quelques belles surprises botaniques.

Le millepertuis des marais

Le millepertuis des marais, Hypericum elodes – Triel-sur-Seine © CACP – Emilie Périé

Cette petite plante aquatique est extrêmement rare dans la région. On n’en connait plus que trois stations : une dans le Gâtinais, une en forêt de Rambouillet et une sur la mare de l’Hautil. Elle y avait été découverte en 2014 et paraît s’être bien installée. Y était-elle arrivée naturellement ? Nous ne saurons le dire. Toutefois la plante est protégée à l’échelle régionale, est classée déterminante ZNIEFF et est considérée comme « En danger » dans la liste rouge régionale de la flore vasculaire. Autant de bonnes raisons pour encourager ses fleurs jaunes et ses feuilles duveteuses à s’épanouir sur les berges de la mare.

L’hydrocotyle commun

L’hydrocotyle commun, Hydrocotyle vulgaris -Triel-sur-Seine © CACP – Gilles Carcassès

Bien qu’il s’appelle « commun » cet hydrocotyle est rare dans la région. Il est également déterminant ZNIEFF. Cette petite plante aquatique fleurit les berges de juin à septembre de toutes petites fleurs blanches. Ses feuilles peltées, en forme d’écuelle, persistent plus longtemps sur les berges de la mare et lui valent le nom d’écuelle d’eau. C’est d’ailleurs grâce à cette forme particulière des feuilles qu’on différencie l’hydrocotyle commun de l’autre hydrocotyle, Hydrocotyle ranunculoides, encore plus rare dans la région.

La succise des prés

La succise des prés, Succisa pratensis – Triel-sur-Seine © CACP – Emilie Périé

La succise des prés est assez commune dans la région mais typique des prés et bois humides et on l’observe assez peu sur Cergy-Pontoise. Ses fleurs bleues ou violettes colorent les hauts de berges entre juillet et octobre. Nous avons eu de la chance d’en trouver encore quelques-unes en fin de saison.

Et la faune ?

Bien qu’occupés à observer la flore des berges nous n’avons pas manqué la visite du héron cendré, du couple de martins-pécheurs et de quelques canards. Le site est réellement intéressant pour la biodiversité, les élèves du lycée de l’Hautil ne devraient pas être déçus !

Sources :

Retrouvez d’autres reportages sur les mares du territoires :

Mare forestière de Boisemont

Mare des Larris

Mare de la maison des Russes

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La succise des prés

Succisa pratensis – mare de l’Hautil à Triel © CACP – Gilles Carcassès

La succise des prés était autrefois très commune mais elle souffre de la raréfaction de son habitat, les prairies humides. J’en ai trouvé quelques pieds près de la mare de l’Hautil à Triel.

Succisa pratensis © CACP – Gilles Carcassès

Les feuilles de la succise sont entières, ce qui permet facilement de distinguer cette espèce de deux autres plantes voisines de la même famille des Dipsacaceae, aux feuilles profondément découpées : la knautie des champs et la scabieuse colombaire. Ces dernières apprécient toutes deux les prairies plutôt sèches et sont communes en Ile-de-France. Leurs fleurs sont très semblables. Pour les différencier, il faut observer les capitules défleuris.

Scabiosa columbaria © CACP – Marion Poiret
Scabiosa columbaria après floraison © CACP – Marion Poiret

Chez la scabieuse colombaire, les calices présentent cinq longues soies noires.

Knautia arvensis – Pontoise © CACP – Gilles Carcassès

Chez la knautie des champs, les calices présentent de 6 à 10 arêtes, et le réceptacle est hérissé de soies. Les capitules ont donc un aspect beaucoup plus velu que ceux de la scabieuse colombaire.

Ces trois espèces sont très favorables aux insectes pollinisateurs. Les knauties et les scabieuses sont d’ailleurs présentes dans la liste des plantes attractives pour les abeilles et les insectes pollinisateurs accessible sur le site de FranceAgriMer. Faites-leur une place de choix dans vos mélanges de prairies fleuries !